Yves Tchakounte

Les incongruités du code électoral camerounais

Depuis son adoption par le parlement en 2012, le Code électoral ne cesse de susciter des controverses. Des leaders politiques et la société civile ont à plusieurs reprises tenté un compromis sans succès. Même l’organisme chargé d’organiser les élections a, à mainte fois, émis des réserves sur ses défaillances, mais le pouvoir est resté campé sur sa position.

Le Cameroun va traverser l’une des étapes de la présidentielle en octobre 2025. La principale pomme de discorde est le consensus tant recherché sur les règles du jeu électoral. Il est de plus en plus décrié à chaque échéance électorale. Pour la présidentielle d’octobre 2025, les nerfs sont particulièrement tendus. Pour cause, à 93 ans – dont 43 ans de pouvoir – Paul Biya reste une curiosité dans le monde. Sera-t-il candidat ? Rentrera-t-il au village ? Cela reste une énigme.

Cette longévité est particulièrement le fruit d’un Code électoral taillé sur mesure. Plusieurs dispositions font de lui une source de conflits qui pourraient conduire le pays dans une crise sociopolitique regrettable. Le parti au pouvoir et l’opposition sont à couteaux tirés. Il serait fastidieux de faire l’exégèse complète de toutes les diatribes liées aux dysfonctionnements du système électoral. Nous nous contenterons ici de mettre l’accent sur quelques dispositions les plus critiquées et plus susceptibles d’être des sources de conflits. Nous avons sélectionné les dix éléments les plus pertinents. Les dix curiosités les plus problématiques sont analysées ci-dessous dans les moindres détails.

1- La composition du Conseil électoral, nomination de ses membres (article 12) et de la Direction (article 24) d’ELECAM

Cette disposition est relative au fonctionnement de l’institution chargée de l’organisation matérielle des élections. Elections Cameroon (ELECAM) est un organisme qui doit jouir d’une autonomie et d’une indépendance administrative. Elle est composée de deux organes : le Conseil électoral et la Direction des élections. Le Conseil comporte 18 membres et la Direction quant à lui à un directeur et un directeur adjoint. Ces personnalités sont tous nommées par un arrêté du Président de la République.

Le Président de la République qui est en même temps président du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), a seul le pouvoir de nomination. Une institution qui est chargée d’organiser le jeu électoral est censée être plus crédible en termes de parité. Pourquoi la problématique de la parité fait-elle débat ? Parce que les membres du Conseil et de la Direction d’ELECAM sont des membres du RDPC. Même si ces personnalités ont démissionné du parti la veille ou après leur nomination, leur indépendance reste questionnable. Une répartition monopartiste sur la composition de ce Conseil entraîne automatiquement les doutes légitimes sur son indépendance.

La solution suggérée par les partis politiques, parties prenantes du jeu électoral, est de diversifier l’origine politique des membres du Conseil électoral. Autrement dit, ces ils ne doivent pas être issus du parti politique au pouvoir et de ses alliés. Une répartition équitable entre les partis politiques représentés au parlement, aux Conseils municipaux doit compter pour la nomination des membres du Conseil électoral. Celui-ci à son tour est chargé de recruter le Directeur et son adjoint par simple appel à candidatures.

2- La majorité électorale (article 45)

Selon l’article 45 du Code électoral, la majorité électorale est de 20 ans au Cameroun. C’est le résultat d’une discussion âpre lors de la Tripartite d’octobre en novembre 1991 à Yaoundé qui a abouti à la Constitution votée le 18 janvier 1996, modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008. Cette discussion est la suite d’un conflit sociopolitique des années de braise de 1990 à 1992. Selon l’article 2 alinéa 3 de la Constitution, « le vote est égal et secret ; y participent tous les citoyens âgés d’au moins vingt (20) ans ». Cette disposition a donc été maintenue dans l’article 45 du Code électoral.

Il y a lieu de préciser que depuis cette légalisation de la majorité électorale, les réalités ne sont plus les mêmes. La majorité de la classe politique revendique la révision de cette majorité à la baisse. Ainsi, la mettre à 18 ans est plus réaliste compte tenu de l’âge médian de la population camerounaise. La pyramide de l’âge montre un volume plus élevé vers le bas de l’échelle. Autrement dit, le Cameroun présente une population de plus en plus jeune. Cette majorité doit refléter sa représentation au niveau politique.

Plus encore, la majorité civile est de 21 ans. Elle a été arrimée à la majorité civile en France en vigueur depuis 1792 et qui est descendue à 18 ans depuis 1974. Le Cameroun n’a pas voulu suivre le pas pour s’arrimer à 18 ans. Curieusement, la majorité pénale est fixée à 18 ans selon le Code pénal. Il devient ainsi urgent d’uniformiser la majorité au Cameroun (majorité électorale, majorité civile et majorité pénale) pour s’arrimer à la loi de 2016. Sinon, comment comprendre qu’un jeune de 19 ans par exemple, recruté dans l’armée, n’a pas le droit de vote ? Cette disparité de la majorité est source de conflits parce que le Code électoral exclut une grande partie de la population au vote.

3- Le calendrier électoral et la convocation du corps électoral (article 86)

Le calendrier électoral est connu d’avance. Le bon sens voudrait que le calendrier électoral des prochaines élections soit automatiquement connu. Il est organisé et fixé en fonction des dates des élections précédentes. Mais le Code électoral camerounais donne la possibilité au Président de la République de les proroger ou de les anticiper, ce qui ne permet pas aux acteurs politiques de se préparer. La publication du calendrier électoral immédiatement après la fin d’un scrutin est le gage qu’une seule personne n’est pas le maître du jeu.

Prenons un exemple pour illustrer cette malice du Code électoral. Pour ce qui concerne la présidentielle et les sénatoriales, le Président de la République doit convoquer par décret le corps électoral au moins 90 jours qui précèdent le vote selon l’article 86 du Code électoral. Cette disposition donne ainsi le pouvoir au Président de la République de fixer le jour du scrutin à la date de son choix à condition de ne pas aller au-delà de son mandat. Autrement dit, il peut anticiper plusieurs mois avant la date d’expiration de son mandat. Pour les législatives et municipales, il a le pouvoir de proroger (maximum 18 mois) avec l’avis favorable du Sénat. Lorsque le calendrier n’est pas connu d’avance, le Président de la République donne la possibilité à son parti politique d’avoir de l’avance sur les autres partis concurrents.

Les critiques ne cessent d’abonder dans le sens de retrait de ce pouvoir au Président de la République dans la maîtrise du calendrier électoral. Il peut cependant se contenter de convoquer le corps électoral. Le calendrier doit être le pouvoir réservé au Conseil électoral uniquement. Il doit donc être connu quelques jours après la fin des scrutins. Les modifications éventuelles faites en fonction des conjonctures ou des situations inattendues doivent être l’apanage exclusif dudit Conseil. Il n’est donc pas question de laisser au Président de la République l’opportunité de juger de la date des scrutins et d’être en avance sur les autres candidats comme lui.

4- La durée de la campagne électorale (article 87) et le financement des partis politiques (article 285 et 286)

La durée de la Campagne électorale est fixée par l’article 87 du Code électoral. Elle a lieu les 14 jours qui précèdent le jour du scrutin et s’achève la veille de celui-ci. Les partis politiques de l’opposition estiment que 14 jours sont très insuffisants pour battre campagne au Cameroun. Parcourir toutes les 475.442 m² du territoire travers les régions en se limitant ne serait-ce qu’aux villes principales est un parcours de combattant. Le réseau de communication (transport aérien, ferroviaire et routier) n’est pas uniforme et ne permet pas une circulation fluide en si peu de temps.

La durée de la campagne électorale impacte également sur le poids financier des partis politiques et des leaders, acteurs des scrutins. En d’autres termes, la nécessité de prolongation de la durée de la campagne électorale voulue par les leaders va multiplier les actions sur le terrain. Cela fera donc appel à un supplément de moyens financiers. Déjà que le mode de financement de la campagne sur une durée de 14 jours est inéquitable. La répartition du financement est faite en deux tranches. La première est faite de manière équitable et la seconde en fonction des résultats sur le terrain. Curieusement, le montant global pour chaque parti politique est fixé unilatéralement par le Président de la République

Il faut préciser que le parti au pouvoir a la possibilité de disposer des moyens de l’Etat. Ce qui fait de lui un mastodonte électoral en termes de mobilisation sur le terrain car ayant plus de moyens financiers et matériels que les autres partis concurrents. Les articles 87 sur la durée de la campagne électorale et 285 et 286 sur le mode de financement font du RDPC une machine à broyer. Pour limiter les dégâts, il devient important d’interdire l’utilisation des moyens de l’Etat pour les campagnes électorales. Il faut également donner au parlement le pouvoir de fixer le budget de financement des partis politiques ou alors de fixer un taux forfaitaire à introduire dans le Code électoral.

5- Le bulletin unique (article 88)

Selon l’article 88 du Code électoral, le matériel du vote est constitué des enveloppes et des bulletins de vote. Chaque candidat ou chaque parti politique dispose d’un bulletin particulier. Chaque bulletin a une couleur particulière, où figurent les photos, effigies ou sigles, noms des candidats. Chaque électeur introduit un bulletin de son choix dans l’enveloppe qu’il met dans l’urne. Cette méthode de vote existe depuis la période post-indépendance des années 1960. Les Camerounais ont toujours voté ainsi sans avoir changé de méthode.

Pourquoi cette méthode persiste toujours malgré ses insuffisances ? Parce qu’elle est la porte ouverte de toutes les fraudes électorales. Voici quelques exemples illustratifs. Avec plusieurs bulletins de votes, plusieurs irrégularités peuvent être constatées : la disparition ou l’insuffisance des bulletins des leaders ou des partis concurrents non favorables au parti au pouvoir ; l’achat des consciences des électeurs qui vendent leur vote en sortant de l’isoloir discrètement avec le reste des bulletins non choisis. Le bulletin manquant est la preuve que l’électeur l’a mis dans l’enveloppe. Cette méthode très ancienne de fraude est la plus répandue et la plus populaire.

Pour contourner cette méthode de fraude, il a été proposé par les partis politiques de l’opposition, le bulletin unique. Ici, on n’aura plus affaire à plusieurs bulletins appartenant à des leaders et des partis politiques distincts. Un seul bulletin sera imprimé. Il y sera inscrit, pour chaque type d’élection, les noms des candidats et des partis politiques en compétition, leurs sigles et leurs photos. Il suffit pour chaque électeur de prendre le bulletin, d’entrer dans l’isoloir, de cocher une case vide qui figure à côté du nom d’un leader ou du parti politique choisi. Cette méthode est d’ailleurs implémentée au sein des partis politiques de l’opposition lors des élections internes. L’expérience donne des résultats satisfaisants jusqu’ici.

La suite dans le prochain article.


Comment vulgariser la pratique du handisport chez la femme handicapée ?

Trois journées de sports dédiées aux femmes en situation de handicap : du 27 au 29 mars prochain à Yaoundé, Diversity Days se mobilise en faveur des femmes en situation de handicap. Quelle est la particularité d’un tel projet dans un contexte où le sport est autant une affaire d’hommes que de femmes ?

Le 8 mars, le monde entier vibre, comme chaque année, au son de cloche de la Journée Internationale des droits des femmes. L’occasion est venue, pour la société civile et les gouvernants, d’organiser des activités multiples et diverses pour célébrer les femmes. Il est question ici de mettre en évidence les qualités, les prouesses et les compétences qui montrent la capacité des femmes à se distinguer, à la fois dans les activités les plus pointues mais également celles du quotidien. Et le sport n’est évidemment pas en reste.

À l’occasion, on célèbre les réussites sociales, les victoires et même les échecs pouvant conduire aux leçons. Tout est mis en exergue ici pour montrer que les femmes et les jeunes filles ne doivent plus être considérées comme des apatrides de la société. Elles ne doivent plus être vouées aux gémonies et se voir confier les seconds rôles. 

Mais ce qui est encore plus captivant, c’est le fait pour une catégorie de femmes de montrer ces prouesses. Les femmes en situation de handicap sont ainsi mises à l’épreuve. Si nous pouvons décrier la marginalisation des personnes en situation de handicap en général, celle-ci reste encore plus préoccupante quand il s’agit des femmes.

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Diversity Days et ses organisateurs sur la pratique du handisport

Les débuts du handisport au Cameroun : des initiatives privées

Le mouvement sportif du sport pour personnes en situation de handicap en général est pour le moment une affaire du gouvernement. La Fédération Camerounaise de Sport pour Handicapés (FECASH) créée à Douala en 1998 est la première organisation sportive sous une initiative privée. Cette fédération regroupe quatre associations des personnes handicapées qui sont : Handisport Cameroun, Association Sportive des Aveugles et Malvoyants du Cameroun (ASAMC), Ligue Nationale des Sports pour Sourds au Cameroun (LINASCAM), Special Olympics (déficients mentaux).

Une initiative privée qui met en ébullition l’engouement des bonnes volontés qui souhaitent s’y investir. On peut citer l’exemple du Docteur Abeng Mbozo’o qui a mis à la disposition de cette fédération des installations personnelles.

Cette fédération, avec le temps, n’aura pas fait long feu pour des raisons évidentes d’autonomie financière. Les sponsors ainsi que le gouvernement ne s’y intéressent malheureusement pas. Cette situation préoccupante morose restera ainsi pendant des années. Ce qui n’empêchera pas les équipes handicapées de remporter des victoires lors des compétitions nationales ou internationales.

Les pouvoirs publics s’en mêlent

Cependant, en 2011, le gouvernement revient sur ses pas et organise le mouvement handisport au Cameroun. Pour animer le mouvement para-sportif, le gouvernement a mis en place des fédérations dédiées gérées par des fonctionnaires. Il crée donc le Comité National Paralympique Camerounais. Il comprend quatre fédérations. La FECASDEP pour les déficients physiques, la FECASDEV pour les déficients visuels, la FECASDI pour les déficients intellectuels et la FECASSO pour les déficients auditifs. Les fédérations regroupent les sports masculins comme féminin. L’objectif était de combler un vide sidéral dans ce domaine. Par la suite, comment ce mouvement a-t-il évolué ?

Le mouvement handisport évolue au gré des pouvoirs publics. Aucune initiative privée n’ose prendre l’engagement de s’y investir. Pour quelle raison ? Personne ne peut le savoir pour le moment. Les handisport sont jusqu’ici considérés comme des activités à caractère social. Ils ne mobilisent pas (encore) des sponsors au Cameroun comme les sports pour personnes valides. Ils restent donc aux crochets des pouvoirs publics. Dans ces conditions, il devient difficile de donner au handisport des actualités régulières qui font vivre le mouvement sportif, comme les Jeux paralympiques de Paris 2024.

Trois jours pour le handisport féminin

Cette initiative privée, créée en 2022, est une idée originale des personnes de poigne et avec la collaboration de Yves Wansi, Achille Gwem et Veerle Jensen Jacquemin. Elle est également soutenue par S.E Pauline – Irene Ngene, Ministre des affaires sociales, l’Ambassade d’Afrique du Sud au Cameroun, Unesco, l’AMT. June Langa et Karen Coustère parrainent cette troisième édition. Elle concerne les sports féminins pour les personnes en situation de handicap.

Pendant trois jours, les femmes en situation de handicap, vont démontrer leur prouesse en sports les plus variés. L’évènement a fixé trois objectifs :

  • D’abord, c’est une période de divertissement. Les femmes viendront partager des moments de joie et de réjouissance à se retrouver ensemble autour des activités sportives. Ce n’est pas souvent le cas au cours des rencontres habituelles et régulières dans le cadre des activités associatives. Les rencontres sportives ne sont pas des activités quotidiennes comme chez les personnes valides qui sont habituées à taper sur le ballon presque chaque semaine, si ce n’est tous les jours.
  • Ensuite, il faut vulgariser le handisport. Les difficultés liées aux infrastructures sont généralement les motifs du sous-développement dans ce domaine. Il faut donc un investissement conséquent pour accroître la motivation et susciter les passions. La pratique quotidienne du handisport est une question de politique de gestion de sports avant l’intérêt des initiatives privées. Diversity Days est donc l’occasion de susciter cet intérêt
  • Enfin, le projet est une mise en vitrine d’un domaine de sport que les partenaires ne visent pas beaucoup. Les raisons peuvent être liées au fait que les pouvoirs publics qui tardent à y donner un coup de fouet. Le secteur privé ne pourra être vraiment motivé que par les injonctions des pouvoirs publics. Le niveau approximatif du développement du handisport montre malheureusement que ce n’est pas encore le cas.

Le programme Diversity Days

Pendant ces trois jours d’activités handisport réservées aux femmes et filles en situation de handicap, l’accent ne sera pas mius exclusivement sur la pratique du sport. Le 27 mars, des experts animeront une conférence-débat dans les locaux de l’UNESCO à Yaoundé. Les intervenants évoqueront le rôle du sport dans l’inclusion, l’éducation, l’émancipation et l’intégration sociale.

Lors des deux jours suivants, sept disciplines handisports sont à l’ordre du jour : Cécifoot, Basket-fauteuil, Tennis-fauteuil, Goalball, Taekwondo, Mouv and speak et l’ascension du Mont Messa (1025 mètres).

En conclusion, le Diversity Days porte donc quatre enjeux : sensibilisation, autonomie, employabilité et lieux de sports. Le sport pour handicapés en général et pour les femmes et filles en particulier est un outil d’inclusion à quatre niveaux : la socialisation, l’autonomie, l’éducation et la vulgarisation.


Présidentielle au Cameroun : polémiques sur la candidature de Maurice Kamto

Le 31 décembre 2024, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), s’adresse au peuple Camerounais. À l’occasion, il annonce sa candidature pour la présidentielle d’octobre 2025. Depuis cette annonce, des polémiques enflent sur un probable rejet de sa candidature. Les débats houleux font des choux gras de la presse, et les médias sociaux s’y mêlent âprement.

Dans un article récent, j’avais promis de revenir dans les détails en cour sur les thèses relatives aux débats d’investiture de Maurice Kamto par le MRC. Malgré les explications et les assurances de Maurice Kamto, par ailleurs professeur de droit constitutionnel, avocat international, les esprits ne sont pas près de se calmer. Les interrogations fusent de partout et sans cesse. Maurice Kamto candidat ou pas candidat, tout y passe. Même les profanes en matière de droit constitutionnel s’en donnent à cœur joie. Ces discours ne sont pas seulement présents dans les médias classiques et les réseaux sociaux. Dans les familles, au quartier et même les amphis, tout le monde s’y mêle. À quoi renvoie cette annonce qui cristallise autant les passions ?

Les débats sur la loi électorale de 2012 à l’Assemblée Nationale

En 2012, un projet de loi sur le Code électoral est déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement. Il était souvent reproché aux hommes politiques de ne pas prendre les élections et surtout la présidentielle au sérieux. Par souci de pédagogie, il est important de commencer cet article en mettant en exergue la genèse du Code électoral promulgué en 2012.

Ce projet est le bienvenu en 2012 puisqu’il était souhaité et attendu par de nombreux Camerounais. Il est également innovant car il va désormais permettre aux acteurs politiques de ne pas s’égarer dans les textes qui organisent les élections. Avant 2012, chaque élection avait leurs textes particuliers, à savoir la présidentielle, les législatives, les municipales et les référendums. Cette situation faisait l’objet de beaucoup de confusions. Parfois certaines dispositions relevant des législatives se retrouvaient dans les textes relatifs à l’élection présidentielle. Dans un tel contexte, il devenait urgent de rassembler tous les textes, vérifier et corriger les répétitions, les non-dits, les contresens, etc.

Deux élections présidentielles ont particulièrement connu une affluence remarquable. En 2004, 16 candidatures ont été enregistrées. Et en 2011, le nombre de candidatures a augmenté. Ainsi, 23 candidatures au total sont enregistrées. Plus de deux tiers des candidats retenus n’étaient que de parfaits inconnus du public. Ils étaient ainsi considérés comme des aventuriers qui viennent embrouiller les discours et occuper inutilement l’espace public. Il faut restreindre le nombre de candidats à la présidentielle. Pour limiter la floraison des aventuriers, il fallait trouver une astuce pour une disqualification “naturelle”. Cette analyse sera limitée à deux amendements relatifs aux contextes ci-dessus.

Deux amendements âprement discutés

Ce projet de loi, longuement discuté en plénière, contenait plusieurs amendements. Particulièrement deux ont fait l’objet des remous dans l’opinion publique.

La première est relative au cautionnement. Les députés et le gouvernement ne s’accordaient pas sur la caution de chaque candidat pour son dossier de candidature à la députation. Malgré ce désaccord, un consensus a finalement été trouvé. Cependant, concernant la caution pour les candidats à la présidentielle, aucune objection n’a été formulée. Le montant de 30 millions contenu dans le projet de loi a été maintenu par les députés. Bien entendu, l’objectif est de limiter la floraison des aventuriers évoquée ci-dessus.

Quant au deuxième amendement, les députés ont exigé l’annulation du mandat impératif. La discussion tournait autour de la question à savoir “qui détient le mandat d’un élu ?Le parti politique qui l’a investi ou l’élu lui-même ? Il s’agit ici des articles concernant les conditions d’éligibilité des députés. Ils sont contenus dans le titre V concernant les dispositions spécifiques à l’élection des députés. Ainsi, “Est également déchu de sa qualité de député ou de suppléant celui qui, en cours de mandat, est exclu ou démissionnaire de son parti” a été supprimé pour non conforme à la constitution de 1996 qui stipule que “tout mandat impératif est nul”.

Les enjeux et conséquences de ces modifications sur la présidentielle de 2025

Ces mesures ont eu pour conséquences heureuses ou malheureuses la diminution du nombre de candidats à la présidentielle. De 23 candidats enregistrés en 2011, on est passé à 9 candidats en 2018. Pari réussi, on dirait ! Mais cette mesure continue de faire des remous pour la présidentielle d’Octobre 2025.

À la lecture des articles 15 alinéas (2) et (3) de la Constitution et 121 alinéas (2) du Code électoral, deux thèses s’affrontent et se font la guerre à travers des débats houleux. Avant de présenter ces deux thèses, voici le contenu de ces deux dispositions :

  • Constitution, article 15 (2) : “Chaque député représente l’ensemble de la Nation” ; (3) : “Tout mandat impératif est nul.”
  • Code électoral, article 121 (2) : “Le candidat investi par un parti politique non représenté à l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil municipal doit également remplir les conditions prévues à l’alinéa (1) ci-dessus applicables aux candidats indépendants. »

Selon le Code électoral, toute déclaration de candidature à la présidentielle est conditionnée par l’investiture d’un parti politique ou par la présentation de 300 signatures des personnalités publiques. Pour le premier cas de figure, le parti politique doit être “représenté à l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil municipal”. Ce qui fait problème justement c’est le fait que Maurice Kamto, candidat déclaré, affirme mordicus qu’il sera investi par son parti politique, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui n’a pas participé ni aux législatives ni aux municipales et régionales de 2020 ; ni aux sénatoriales de 2023.

Première thèse : le MRC ne peut pas investir de candidat à la présidentielle en 2025

Cette thèse est défendue par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, en compagnie de ses alliés, quelques leaders de partis politiques de l’opposition et leaders d’opinion. Pour les tenants de cette thèse, le MRC n’est pas éligible aux dispositions de l’article 121 (2) du Code électoral. 

L’argument mis en exergue ici est que le MRC a boycotté les élections législatives, municipales et régionales de 2020 et sénatoriales de 2023. Cela a donc eu pour conséquence l’absence du parti à ces institutions. En conclusion, pour cette thèse, le MRC est “non représenté à l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil municipal”. Il reste cependant deux options à Maurice Kamto : soit être investi par un parti politique “représenté”, soit obtenir les 300 signatures exigées.

Deuxième thèse : le MRC peut investir un candidat à la présidentielle en 2025

Cette thèse est particulièrement défendue par, évidemment, le MRC, ses alliés, quelques leaders de partis politiques de l’opposition et leaders d’opinion. Elle postule que le MRC est habilité à investir un candidat à la présidentielle de 2025. Les arguments développés ici sont essentiellement d’ordre juridique et surtout jurisprudentiel. Puisque selon la Constitution, “tout mandat impératif est nul”, le mandat d’un élu n’est pas détenu par le parti politique, mais par l’élu lui-même. Autrement dit, l’élu est député de la nation et non de son parti politique. L’élu qui démissionne de son parti politique après l’élection n’est pas déchu de son mandat. Il exerce son mandat même en cas d’adhésion à un autre parti politique. La représentation dans les institutions est relative à l’appartenance à un parti politique au moment de l’investiture et la candidature à un candidat à la présidentielle.

Pour cette thèse, aucune disposition ne conditionne l’investiture à la présidentielle par la participation des partis politiques aux élections législatives, sénatoriales, municipales et régionales. La seule condition est la “représentativité”. Le fait d’avoir en son sein les élus ayant démissionné de leurs anciens partis politiques, le MRC remplit de facto les conditions d’investiture. Un exemple relevant de la jurisprudence, est longuement développé. Ayah Paul Abine, démissionne du RDPC en 2008 et crée son parti politique, le Peoples Action Party (PAP). Il est le candidat à l’élection présidentielle de 2011. Sa candidature avait été rejetée par Elections Cameroon (ELECAM). La Cour suprême, siégeant en lieu et place du Conseil constitutionnel pas encore créé, valide sa candidature en vertu de l’article 15 (2) de la Constitution. Pour aller plus loin dans l’interprétation, l’avocat Christian Bomo Ntimbane, est péremptoire à propos : 

L’article 121 du code électoral prévoit que les partis non représentés aux parlements, conseils régionaux, municipaux… doivent obtenir les 300 signatures. Or aucun parti politique n’est représenté à ces instances pour parler de partis non représentés. Car le mandat impératif selon d’abondantes jurisprudences en matière électorale camerounaise est nul, y compris du Conseil constitutionnel lorsqu’elle était suppléée par la Cour suprême. Conséquence, cette disposition du code électoral qui exigerait que les partis politiques non représentés  aux instances sus-rappelées, aient 300 signatures pour présenter un candidat, est un non-sens, donc inapplicable. Sur le strict plan du droit, tout parti politique légalisé au Cameroun peut investir un candidat à l’élection présidentielle de 2025


Les polémiques sur un fundraising lancé par Maurice Kamto

Un fundraising pour collecter les fonds de la campagne présidentielle a été lancé par Maurice Kamto. C’était lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 30 janvier 2025 au siège du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), une banlieue de Yaoundé. Cette initiative inédite continue de faire jaser les détracteurs du parti. Le leader du MRC s’est longuement expliqué sur les opinions sceptiques concernant cette initiative.

Nous sommes le 30 janvier au quartier Odza, une banlieue de la capitale, Yaoundé. La conférence de presse a un seul objet à l’ordre du jour : le lancement du fundraising pour la présidentielle d’octobre 2025. C’est une promesse que Maurice avait faite le 9 janvier dernier. Pendant la conférence de presse, la principale attraction était le montant de l’estimation budgétaire. Bien entendu, les modalités de collecte et des précautions pour la sécurisation des fonds n’étaient pas en reste.

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Les quatre différents comptes du fundraising du MRC

Budget estimatif de la campagne et collecte

Le MRC a fait un budget de sa campagne présidentielle au montant estimatif de 6.169.682.000 FCFA (Six milliards cent soixante-neuf millions six cent quatre-vingt-deux mille francs CFA). Cette somme représente les dépenses cumulées de la campagne proprement dite, mais surtout de la prise en charge des scrutateurs. La campagne résidentielle comprend des charges comme la location des sites, le matériel et la logistique sans oublier la communication. La prise en charge des scrutateurs consiste à donner aux représentants du parti dans les bureaux de vote de quoi passer la journée.

Ce fundraising n’est réservé qu’aux Camerounais uniquement et résidant sur le territoire national. Ainsi, un total de quatre comptes a été ouvert. Il s’agit de trois comptes bancaires et un compte mobile money. Les Camerounais qui souhaitent contribuer pourront donc choisir entre United Bank for Africa (UBA), Afriland First Bank et NFC Bank. Le compte mobile money est ouvert dans la compagnie de téléphonie mobile MTN Cameroon.

Les contributions sont volontaires et les montants sont fixés selon la volonté de chacun d’eux. Cette information, à peine diffusée, a fait le tour des médias sociaux. Les détracteurs en ont fait leur dada. Les suspicions ont commencé à peser sur les fondements et la sincérité, voire la sécurité des fonds. Le leader du MRC n’a pas fait l’économie de ces critiques et bien d’autres en se prêtant au jeu des questions-réponses des journalistes.

La sécurisation des fonds et la transparence dans la gestion

Beaucoup de questions sont posées au leader pendant cette conférence de presse. Les plus récurrentes concernent notamment la sécurisation et la transparence dans la gestion. Il est question, pour les journalistes, d’avoir du leader des garantis dans ce sens. Kamto s’est heureusement prêté au jeu.

Le parti a pris le soin d’informer les autorités deux mois avant. Les ministères des finances (MINFI), de l’administration territoriale (MINAT) et le patron de la police (DGSN) ont reçu chacun une lettre d’information. Aucune objection n’a été relevée. Cependant, cette démarche du parti ne suffit pas pour une raison évidente. Le contrôle et la vérification des transactions dans ces comptes par les autorités ne garantissent rien. Le simple fait que la candidature du leader est vue comme un affront au régime RDPC (parti au pouvoir) peut mettre en doute la crédibilité de ce contrôle. L’immixtion des autorités est un choix risqué, mais qui ne risque rien n’a rien, comme dit l’adage.

L’État doit être impliqué pour des raisons de sécurité et de transparence. La guerre civile qui sévit dans les régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest impose au parti des précautions importantes dans la transaction des fonds. Cette transparence est également liée au respect de la loi qui interdit le financement international des partis politiques pour éviter les phénomènes de blanchiments d’argent. C’est justement la raison pour laquelle les Camerounais de la diaspora ne sont pas inclus. Mais une collecte, au niveau de l’Europe et de l’Amérique, sera initiée dans quelques jours. La clôture de la collecte sera publiée avec le montant réellement enregistré et perçu.

La probable non-candidature de Maurice Kamto rassure-t-elle les électeurs ?

Cette question a particulièrement suscité beaucoup d’intérêt chez les journalistes. Elle a la particularité de diviser l’opinion, même les plus avertis au sein des milieux universitaires et intellectuels.

Ces polémiques proviennent des interprétations diverses et opposées des articles 15 de la Constitution et 121 du Code électoral. Ainsi, selon le Code électoral, l’investiture d’un candidat par un parti politique est conditionnée. Le parti politique doit, au préalable, selon l’alinéa 2, être “représenté à l’Assemblée Nationale, au Sénat, dans un Conseil régional ou dans un Conseil municipal”. Sur ce point précisément, les divergences sont remarquables. En théorie, pour avoir des “représentants” dans ces institutions, les partis politiques doivent participer aux élections en investissant des candidats qui vont les représenter. Or, la Constitution stipule, dans son alinéa 3, que “Tout mandat impératif est nul”.

Cette précision entraîne deux interprétations opposées et divergentes. Pour la première thèse, les élus ne sont que des “représentants” et par conséquent le mandat qu’ils détiennent n’est pas assujetti à leur parti politique d’investiture, mais plutôt à leur parti politique d’appartenance au moment du dépôt des candidatures à la présidentielle. D’autres intellectuels ne sont pas d’accord sur cette interprétation et postulent pour la thèse d’un mandat assujetti au parti politique d’investiture. 

Le MRC, ayant boycotté les élections législatives, municipales et régionales de 2020, la candidature de son leader investi serait hypothétique pour certains. Malgré les assurances de ce dernier, par ailleurs professeur de droit, constitutionnaliste et avocat de renommée internationale, les débats persistent. J’y reviendrai d’ailleurs dans un autre article pour donner plus amples explications sur ce débat qui enflamme l’opinion camerounaise et fait les choux gras de la presse depuis deux ans.

Les enjeux stratégiques et politiques de ce fundraising du MRC

Au-delà de cet aspect financier que ce fundraising revêt, des analystes pensent que la décision du MRC a deux conséquences. Elles sont soit négatives et surtout positives. 

Ce fundraising est une belle occasion pour mobiliser les Camerounais militants et sympathisants du MRC et de son leader, Maurice Kamto. Cette mobilisation se présente comme un test de popularité. Si les objectifs de la cagnotte sont atteints (un montant supérieur ou égal à 6.169.682.000 FCFA), deux explications sont possibles. Premièrement, cela signifie que Maurice Kamto est populaire et donc sa cote de popularité est élevée. Deuxièmement, sa victoire serait certaine et ne peut souffrir d’aucune contestation. Plus le montant est élevé, plus la crédibilité du leader est établie. Cette hypothèse est risquée dans la mesure où les objectifs non atteints ne vont pas seulement prouver que Maurice Kamto est impopulaire. Une campagne de sabotage risque de perturber sa campagne orchestrée par le régime dont les autorités, membres du RDPC, sont appelées à contrôler les transactions financières.

Le deuxième enjeu de ce fundraising est un peu plus complexe. L’hypothèse de la fraude électorale à travers la manipulation de la liste électorale est évoquée. Le nombre de contributeurs est-il fonction du nombre d’électeurs potentiels ? C’est une interprétation possible mais pas trop rassurante. Cependant, on pourrait se livrer à des hypothèses. Si le nombre de contributeurs est supérieur à un ou deux millions, peut-on comprendre que ce sont des potentiels électeurs acquis à Maurice Kamto ? Allons plus loin, si le nombre de contributeurs avoisine la barre de cinq millions, le nombre de voix comptabilisé par Kamto à l’issue du scrutin inférieur à un million serait questionnable. Ainsi, les autorités, proches ou membres du RDPC, désignées pour contrôler les transactions, n’auraient pas intérêt à divulguer les statistiques. Ce sera donc un jeu de ping-pong entre le RDPC et le MRC.


Cameroun : Pourquoi ELECAM ne publie pas la liste électorale nationale ?

La bataille sur la publication ou non de la liste électorale nationale a pris un véritable tournant cette année. Pour la première fois depuis 2012, les confusions d’interprétation relatives aux articles 80 et 81 du Code électoral vont enfin connaître un dénouement définitif. Le mardi 21 janvier 2025, le Conseil Constitutionnel a mis fin à cette confusion dans les élections organisées par ELECAM.

Le 30 décembre 2024, comme tous les 30 décembre, ELECAM informe le public, par voie de communiqué, sur la disponibilité des listes électorales. « Le Directeur Général des Élections informe l’opinion publique sur la disponibilité des listes électorales définitives dans les antennes communales d’ELECAM et au niveau des points focaux ELECAM de la diaspora. »

En plus d’être une routine, cette communication est en quelque sorte une réponse à tous ceux qui réclament la publication de la liste électorale nationale. La nuance repose sur les terminologies. Tandis que les acteurs politiques réclament « la liste électorale nationale » c’est-à-dire le fichier des électeurs inscrits, ELECAM se contente de publier « les listes électorales » par antenne communale.

Ces terminologies ont une incidence juridique importante. ELECAM a choisi de publier l’ensemble des listes communales qui sont disponibles dans « les antennes communales ». Autrement dit, la liste électorale nationale est organisée en plusieurs sous-listes scindées par antenne communale.

Il existe deux confusions créées par la loi électorale. D’une part, une sur les terminologies utilisées. D’autre part, la juridiction compétente pour statuer sur la clarification des terminologies. Cette confusion est liée à l’utilisation des termes « liste » et « fichier », et beaucoup plus par « les listes électorales » et « la liste électorales nationale ». En plus de confusions, le Code électoral est muet sur la juridiction compétente pour établir la différence entre les listes électorales ou la liste électorale et celle destinée à être publiée.

ELECAM a été critiqué par certains analystes qui lui exigent la publication de la liste (fichier) électorale selon l’article 80 qui précise « la liste électorale nationale ». Après ce manquement d’ELECAM constaté, les actions de recours ont suivi. Il a été interpellé par les trois acteurs qui ont fait des recours en sollicitant deux juridictions différentes.

La saisine du TGI de Yaoundé

Les saisines d’une juridiction pour attaquer ELECAM sur le non-respect de l’article 80 du Code électoral viennent de trois acteurs : l’avocat Camerounais Me Christian Ntimbane Bomo, par ailleurs candidat déclaré à la présidentielle d’octobre 2025, l’électeur Abdouraman Hamadou Babba et le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti politique dirigé par Maurice Kamto.

Le 19 janvier 2024, Abdouraman Hamadou Babba, engage une procédure judiciaire contre le Directeur Général D’ELECAM. Pour cela il saisit le TGI,Tribunal de Grande Instance de Yaoundé. L’objet de la saisine est de contraindre ELECAM à publier la liste électorale nationale. Ce constat avait été fait le 30 décembre 2023 où, au lieu de la liste électorale nationale, ELECAM publie plutôt les listes électorales par antenne communale. Après plusieurs renvoies, le 31 octobre 2024, le TGI, par la voix de son président Camille Faustin Alima, déclare qu’il est matériellement incompétent.

Pour se donner bonne conscience, le Directeur Général de ELECAM avait avoué son incapacité de publier la liste électorale nationale. La principale raison qu’il avançait était d’ordre pratique. En effet, il se trouve que, il ne serait pas possible, sur le plan matériel, d’afficher dans toutes antennes communales une liste électorale nationales contenant des millions de noms. Comment pourra-t-on procéder sur le plan pratique ?  Comment pourra-t-on procéder pour publier des milliers de pages sur de petits espaces physiques ?

Cette question avait déjà été débattue en son temps. En réponse, il lui a été objecté que « publier » ou « rendre publique » ne signifie pas forcément « afficher ». À l’ère du numérique, ELECAM peut solliciter plusieurs canaux de publication à l’exemple de sa plateforme. Cet argument avait fait son bonhomme de chemin jusqu’à ce que, aujourd’hui, l’organe n’a plus jamais évoqué cet argument d’ordre pratique.

La première saisine du Conseil Constitutionnel

Avant le TGI, le 2 août 2023, Me Christian Ntimbane Bomo avait saisi le Conseil Constitutionnel. L’objet du recours était « l’annulation du fichier électoral actuel en vue de sa refonte totale ». Quelques mois après, le Conseil Constitutionnel, dans sa réponse motivée par son rapporteur, le feu Pr Joseph Owona, avait estimé que les recours sur les opérations pré-électorales, à savoir les contestations sur le fichier électoral, n’étaient pas recevables. Autrement dit, le Conseil Constitutionnel n’est pas compétent en ce qui concerne les recours sur les opérations pré-électorales.

Cette décision de rejet du recours par le Conseil Constitutionnel n’est pas satisfaisante. Malgré tout, il sera de nouveau saisi. Cette fois c’est par un parti politique. Le 8 janvier 2025, le MRC, dirigé par Maurice Kamto, saisit le Conseil Constitutionnel. Le recour avait comme objet : le respect de l’article 80 du Code électoral en vigueur depuis 2012. Il s’agit ici de contraindre ELECAM de publier la liste électorale nationale. Cette disposition stipule ainsi qu’il suit :

« A l’issue des opérations de révision, et au vu des documents et données communiqués par les démembrements régionaux d’Elections Cameroon, le Directeur Général des Elections établit et rend publique la liste électorale nationale au plus tard le 30 décembre. »

La deuxième saisine du Conseil Constitutionnel

Le mardi 21 janvier 2025, le Conseil Constitutionnel, à la suite d’une saisine du 8 janvier 2025 par le MRC, a rendu son verdict. Il avoue, pour la deuxième fois, son incompétence. Par conséquent il renvoie le plaignant vers une autre juridiction compétence : le Conseil Electoral selon l’article 81 du Code électoral. Le Conseil Constitutionnel, dans sa décision, par la voix de son président Clément Atangana, affirme que : « Toutes contestations relatives à la liste électorale nationale doit préalablement être portée devant le Conseil Electoral, et en cas de rejet, devant la Cour d’appel compétente. »

Pourtant, selon l’article 81 : « (1) Le Directeur Général des Elections est chargé de la tenue du fichier électoral national. (2) Tout parti politique, Tout électeur, tout mandataire d’un parti ou d’un candidat peut saisir le Conseil Electoral de toute demande en réclamation ou contestation relative notamment à une omission, une erreur ou une inscription d’un électeur plusieurs fois sur la liste électorale. (3) En cas de rejet de la demande, l’intéressé peut former un recours devant la Cour d’appel du ressort d’Elections Cameroon qui statue en dernier ressort, sans frais ni forme de procédure, dans les cinq (5) jours de la saisine. »

Cette disposition de l’article 81 ne vise nulle part le contentieux sur la liste électorale nationale, particulièrement concernant sa publication. Le Conseil Constitutionnel vient ainsi de clore définitivement le débat en faisant une interprétation extensive en allant au-delà de l’omission, de l’erreur ou de l’inscription d’un électeur plusieurs fois sur la liste électorale. Donc, le Conseil Constitutionnel est allé plus loin en y joignant l’ensemble du contentieux sur le fichier électoral notamment celui de la publication du fichier électoral. C’est un pas important franchi dans le contentieux pré-électoral de 2025. Cette décision restera une jurisprudence.

Ce verdict est une victoire car bien que cela ressemble à un échec il a l’avantage de mettre fin à cette confusion.

La Cour d’Appel de Yaoundé doublement sollicitée

Vu les trois rejets des recours au TGI et au Conseil Constitutionnel, les parties plaignantes ne baissent pas les bras. Les conseils, du MRC conduits par Me Hyppolite Meli et de Abdouraman Hamadou Babba conduit par Me Belinga Ambara François, ont décidé de faire appel. Mais le recours devra passer par le Conseil Electoral. Abdouraman Hamadou Babba a informé l’opinion que son recours a été déposé ce jeudi 23 janvier 2025. La question qui reste posée ici est celle de savoir pourquoi cette juridiction n’a pas été sollicité pour un premier recours ?

L’alinéas 2 de l’article 81 est pourtant explicite sur les détails. La Cour d’appel, agissant en second recours, est compétente sur « une omission, une erreur ou une inscription d’un électeur plusieurs fois sur la liste électorale ». Autrement dit, elle n’intervient que pour statuer sur des modifications à apporter dans la liste électorale. Les contentieux sur la publication de la liste électorale ne sont pas explicites.

Il faut par ailleurs préciser que le MRC, avant de déposer sa requête au Conseil Constitutionnel le 8 janvier, avait saisi ce même Conseil Electoral pour la deuxième fois le 7 janvier 2025. La saisine du Conseil Constitutionnel a été choisie en vertu de l’article 48 de la Constitution. Celui-ci stipule, à son alinéa 1 que, « le Conseil Constitutionnel veille à la régularité de l’élection présidentielle ». Selon la prééminence des textes, la constitution prime et donne au Conseil Constitutionnel ces compétences.

Pourquoi insister sur « la liste électorale nationale » et non « les listes électorales » par antenne communale ?

Contrairement à ce que prétend M. Erik Essousse, Directeur Général des Elections, le fait qu’un nom figure sur une liste affichée à l’antenne de la commune de Douala 5 ne signifie pas que ce nom figurera avec certitude sur la liste électorale nationale. Pourtant, celle-ci est considérée par le Code Électoral comme la seule liste ayant un caractère définitif.

La dissimulation de la liste électorale nationale par le Directeur Général des Elections a plusieurs conséquences. Celle qui est mise en exergue ici est celle d’empêcher toute visibilité sur l’évolution du nombre des camerounais effectivement inscrits. En d’autres termes, la dispersion de la liste électorale nationale en listes électorales par antenne communale rend difficile voire impossible le contrôle ou la prise en main de cette liste par les partis politique ou par un simple électeur. Et ce manquement comporte à son tour les conséquences.

La première conséquence est que, un électeur résident à Ngaoundéré et en déplacement à Douala ne pourra pas vérifier son nom dans la liste affichée dans son antenne communale située dans sa ville de résidence. La deuxième est également la conséquence de la première. Etant en déplacement, il est impossible à cet électeur de saisir le Conseil Electoral pour toute contestation. Tous ces manquements suscitent des suspicions sur la crédibilité d’ELECAM.

Une troisième conséquence et pas des moindres, est relative aux votes multiples. Un nom peut apparaître plusieurs fois. La meilleure façon de détecter cette fraude est d’avoir une vue d’ensemble du fichier électoral. Pour l’instant, l’attention est fixée à la Cour d’appel de Yaoundé pour d’autres épisodes qui pourront être plus palpitants encore. Mais la question démeure : ELECAM va-t-il publier la liste électorale nationale ? Wait and see !


Fraudes et défis des inscriptions sur les listes électorales au Cameroun

Comment contourner les fraudes électorales pendant les inscriptions sur les listes électorales ? C’est la principale question à laquelle toutes les forces alternatives se posent. La veille des échéances électorales de 2025 est une occasion de préparation et de stratégies. Pendant que le pouvoir est à la recherche du maintien, l’opposition s’organise pour une nouvelle république.

Inscriptions sur les listes électorales : enjeux et défis politiques

L’année 2025 sera celle de tous les enjeux politiques pour trois raisons au moins :

  • La première est tout à fait évidente : Paul Biya, à 42 ans de pouvoir en novembre 2024 et à 92 ans sonnés en février 2025, présente depuis longtemps des signes de fatigue. Le plus vieux président au monde n’est pas encore visiblement prêt à « aller se reposer au village ».
  • La deuxième raison est le fait que des voies alternatives qui se manifestent ne trouvent pas un terrain fertile pour leur déploiement. L’obstruction, attribuée aux pontes du régime de Yaoundé, laisse présager les lendemains trop compliqués.
  • Et la troisième est celle de la prise de conscience et de l’engagement citoyen dans le processus électoral. Cet engagement se manifeste par le fait que la population, considérée comme amorphe en pareille circonstance, s’est mobilisée. Cette mobilisation est visible à travers leur participation aux opérations postélectorales comme les inscriptions sur les listes électorales.
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Séance d’inscription sur les listes électorales à Mokolo dans l’Extreme-Nord

Le système électoral, depuis le retour du multipartisme en décembre 1990, n’a jamais été consensuel. Le pouvoir a toujours surfé sur sa majorité dans le parlement pour mettre au pas toute la classe politique camerounaise. Ce n’est donc plus une surprise d’assister à des contentieux électoraux à chaque fin du processus électoral. Ces contentieux ont toujours pour griefs les fraudes électorales. Celles-ci commencent toujours en amont. Dans le jargon juridique, cela s’appelle « fraudes préélectorales ». C’est justement pendant les inscriptions les listes électorales que ces fraudes ont lieu. Comment se manifestent-elles concrètement ?

Comment définir la fraude électorale dans la construction des listes électorales ?

Les fraudes électorales en amont appelées fraudes préélectorales commencent généralement par l’établissement et la conception des listes électorales. L’inscription sur les listes électorales est un processus capital dans les opérations électorales. Selon la loi du 19 avril 2012, modifiée et complétée par celle du 21 décembre 2012, l’organisation des élections comprend trois étapes : les opérations préélectorales, électorales et postélectorales. C’est l’inscription sur la liste électorale qui constitue la première étape du processus appelée « opérations préparatoires » (article 50). C’est généralement à partir d’ici que la fraude électorale commence.

La fraude sur les listes électorales consiste à biaiser les chiffres sur le nombre de personnes inscrites. L’inscription sur les listes électorales constitue donc une étape charnière du processus. C’est la raison pour laquelle les leaders des partis politiques de l’opposition et les ONG, ont choisi d’y mettre un accent particulier. En 2018, Cabral Libii, avec son mouvement « 11 Millions de Citoyens » en avait fait son cheval de bataille. Pour 2025, en restant dans la mouvance, un autre leader, Maurice Kamto, a pris les devants avec son parti « Mouvement pour la Renaissance du Cameroun » (MRC).

Inscriptions électorales : fraudes sur le nombre d’inscrits

Deux listes électorales différentes pour un même corps électoral. Comment comprendre cette différence qui viole la loi où une seule liste électorale doit être en vigueur ?

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Séance d’inscription sur les listes électorales au lieux dit Carrefour des sœurs Simbock à Yaoundé 6

Confusions des listes électorales ?

La fraude sur le nombre de personnes inscrites sur le fichier des élections au Cameroun est difficile à démontrer. Prouver à l’opinion que Elecam, chargé de l’organisation des élections au Cameroun, a falsifié les chiffres sur le nombre de personnes inscrites n’est pas du tout aisé. Aucun parti politique, même étant membre de la Commission de révision des listes électorales, selon l’article 52 du Code Electoral, n’a pas accès au fichier électoral. Comment démontrer que Elecam ne communique pas les vrais chiffres ?

Dans une communication à la presse, Maurice Kamto tance vertement Elecam de manipuler les chiffres sur le nombre de personnes inscrites. Il se base, au premier jet, sur un détail important. Lors des élections couplées (législatives et municipales) qui ont eu lieu le même jour, le 9 février 2020, le corps électoral était différent. Autrement dit, pour des élections qui se déroulent le même jour avec les mêmes électeurs, Elecam a présenté deux listes différentes pour les législatives et les municipales.

Par exemple, aux législatives, il y avait 6.900.928 inscrits, alors qu’aux municipales c’était 7.116.314 inscrits. Le corps électoral étant le même, il devient difficile de comprendre la différence entre les deux listes ?

La fraude est-elle découverte ?

Plus récemment, Elecam a tenu la première session ordinaire trimestrielle de son premier conseil en mars 2024. Ce jour, le nombre d’électeurs nouvellement inscrits se chiffrait à 144.817. La colère du président national du MRC vient du fait que c’est un chiffre qui, selon lui, ne reflète pas la réalité. C’est un chiffre en deçà de la capacité de mobilisation des Camerounais. La direction générale d’Elecam se défend en arquant que les électeurs sont lents à la mobilisation.

C’est la raison pour laquelle le parti a opté pour l’intensification des inscriptions sur la liste électorale. En concertation avec le parti, une collaboration est conclue avec les chefs d’antennes communaux. Cette intensification se manifeste par des campagnes de mobilisation des populations. Dans chaque commune, des équipes d’agents d’Elecam munies d’un kit d’équipements informatique descendent sur le terrain. Généralement, elles sont réquisitionnées par quelques partis politiques et ONG. Ainsi, les agents d‘Elecam, accompagnés quelques bénévoles, sont appelés à se rendre dans les quartiers pour motiver les électeurs.

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Séance d’inscription sur les listes électorales au lieux dit borne-fontaine Emana en face NEZAFI ç Yaoundé 1

Après la deuxième session trimestrielle tenue en juin, le nombre d’inscrit du corps électoral est passé à 7.823.434. Pour le troisième trimestre 2024, le MRC mobilisé sur le terrain fixe l’objectif à 8 millions. En attendant donc la tenue de la troisième session du conseil électoral, les inscriptions seront bouclées le 31 août 2024 pour cette année. Elles reprendront le 2 janvier 2025.

Quels sont les moyens de contrôle de la fiabilité des nouvelles inscriptions ?

Comme je l’ai dit plus haut, il est impossible aux leaders de partis politiques ni de la société civile d’avoir accès au fichier électoral. L’objectif de cette action serait de vérifier sa fiabilité. Cependant, quelques acteurs ont réfléchi sur la stratégie de contrôle. Les responsables du MRC sont formels. Elecam fait disparaître les noms dans le fichier électoral depuis sa refonte en 2012. Il faut alors trouver un moyen de le prouver. Une stratégie a été pensée et est en train d’être implémentée.

Les équipes de membres volontaires mobilisées sur le terrain ont été mises à l’œuvre. Chaque électeur qui s’inscrit est également enregistré dans un fichier manuel tenu par le MRC. Son identité est entièrement conservée : nom et prénom complets, centre de vote dans la commune. Ce fichier manuel est conservé pour vérifier la présence de ces électeurs dans la liste électorale le moment venu. L’accompagnement des agents d’Elecam par les partis politiques et la société civile sur le terrain des inscriptions n’est pas nouveau. C’est plutôt cette action de contrôle qui est une innovation.

Avec un potentiel de plus de 12 millions d’électeurs pour une estimation de 30 millions d’habitants, il est incompréhensible que le Cameroun stagne à moins de 7 millions depuis plus d’une décennie. Cette situation reste préoccupante. Pour beaucoup, elle serait le nœud gordien du siège de la fraude électorale si elle n’est pas résolue. Malheureusement, toutes stratégies de modification du code électoral pour l’arrimer aux nouvelles exigences n’ont été que des échecs.

Rendez-vous en janvier 2025 pour la suite.


Le droit camerounais protège-t-il la femme contre les violences conjugales ? 

Les cas de violences conjugales enregistrées au Cameroun depuis 2023 donnent froid au dos. Ce qui suscite le plus l’indignation collective, c’est le fait que ces violences conjugales entraînent le féminicide. Les médias sont en alerte depuis 2024. Les populations, de leur côté, s’indignent de la recrudescence du fléau. Les scientifiques, quant à eux, expliquent en indexant la nature du mariage de nos jours. Quant aux autorités, c’est l’observation, pour ne pas dire silence radio.

Cette recrudescence des violences conjugales qui aboutissent aux féminicides a atteint une situation aggravante. Les questions récurrentes que tout le monde se pose sont de savoir comment en est-on arrivé là ? Quelles sont les causes principales ? Plusieurs hypothèses fusent de toutes parts. Mais il n’est pas question ici d’en faire le tour afin de déceler l’exégèse.

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L’association des blogueurs du Cameron (ABC) s’engage contre les violences conjugales.

Violences conjugales et droits des femmes

Puisque la seule instance considérée comme la protectrice des plus faibles dans une République, c’est la justice, nous allons en examiner ses instruments. L’un des points importants qu’il faut relever dans la recrudescence des violences conjugales, c’est la faiblesse du droit camerounais concernant la protection de la femme dans le ménage.

En matière de droit, deux statuts sont à considérer : la femme non mariée et la femme mariée. Peu importe le statut, l’homme comme la femme sont égaux devant la loi. On peut se référer à l’article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et à l’article 3(1) de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Dans les violences conjugales, les féminicides sont observés sous ces deux angles, mais le statut de la femme mariée est le plus mis en exergue. Comment s’exerce la violence conjugale face aux limites du droit camerounais ?

Le texte fondateur de la liberté nuptiale est l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Les statuts de la femme avant le mariage

De prime abord, il est de notoriété, dans l’opinion, que la “chosification” ou encore le non-respect de la femme vienne de la tradition africaine. Au-delà même de cette tradition ancestrale, il y a également la tradition judéo-chrétienne qui fait son lit.

Situation de la femme avant le mariage

Dans ces traditions, la hiérarchie des représentations est bien définie. Elles font de l’homme, au détriment de la femme, le chef du ménage. C’est une donnée essentielle et non négligeable. Pour l’opinion collective, elle confère à la femme un statut de second rôle. Bien que les traditionalistes s’en défendent, l’opinion ne tarde pas à indexer cette idéologie de domination.

Dans ces conditions, l’idée et le statut de chef confèrent un droit de soumission et d’obéissance. Cette idéologie a été construite sur la base des faits bien précis. Illustrons-la par quelques exemples tirés des lois :

  • “Plus qu’une femme au foyer, la plupart des coutumes camerounaises l’ont depuis longtemps considérée comme un bien à vendre au prétendant et à partager au décès de son conjoint” (Alex-François Tjouen, p.138). Cette considération ce la femme commence avant le mariage.
  • Malgré les interdictions du Protocole de Maputo – Charte africaine des droits de l’homme et des peuples – d’envoyer les filles de moins de 18 ans en mariage mentionnées à l’article 6(6), au Cameroun, les filles peuvent aller en mariage à 15 ans selon l’Ordonnance n°81/2 du 29 juin 1981.
  • Les fiançailles ne sont pas juridiquement encadrées. L’article 221(3) du projet du Code des Personnes et de la Famille dispose que “les fiançailles n’obligent pas les fiancés à contracter mariage”. A priori, la femme semble être la plus perdante dans cette absence d’obligations. Au-delà d’un certain âge, il serait difficile à la femme de s’engager dans un autre projet de mariage si le fiancé n’a pas tenu parole après plusieurs années de fiançailles. C’est encore plus douloureux avec des enfants nés hors mariage.

Le cas particulier de la dot

Au Cameroun, la dot est définie comme l’ensemble des obligations que le fiancé doit respecter à l’honneur de la famille de sa fiancée avant le mariage coutumier. Les obligations varient selon les coutumes et les tribus. Elles peuvent être des dons matériels (nourritures, boissons, objets de valeur), des dons financiers. Elles sont surtout constituées des visites et des allégeances du fiancé à certains membres de la famille de la fiancée.

Bien qu’en droit on fait la différence entre les fiançailles et la dot, ce n’est pas le cas pour l’opinion collective. En fait, la dot est considérée comme les fiançailles officialisées. La tradition ancestrale, quant à elle, considère la dot suivie de la cérémonie coutumière comme le mariage. Ce qui n’est pas le cas du droit camerounais qui considère que le versement de la dot n’est pas une condition de validité du mariage. Il considère d’ailleurs la dot comme une vente avec la femme comme marchandise.

Ces pratiques concernant les fiançailles et la dot participent de la construction d’une domination de l’homme. Le pire est que la loi camerounaise ne les interdit pas et ne les encadre pas non plus. C’est la femme qui ainsi est exposée.

https://twitter.com/MinouChrystayl/status/1410160252037865475

Femmes mariées et violences conjugales à travers le droit

Ce pouvoir de “puissance paternelle” donnée au mari par la loi fait de l’homme le responsable du ménage : “le père exerce seul la puissance paternelle durant le mariage” (article 373 du Code Civil). Comment s’exerce cette puissance ?

La puissance paternelle et les violences conjugales : l’exemple de la polygynie

En filigrane, l’opinion collective interprète cette disposition comme le pouvoir donné à l’homme de donner à sa femme des “corrections” comme on le ferait à ses enfants.

Certaines traditions, considérées comme des coutumes déshumanisantes, donnent au mari le droit de correction sur leur épouse. Curieusement, les juges, malgré la force du droit qui interdit ces pratiques, ne réussissent pas à s’en départir. L’exemple le plus illustratif de ce fait, c’est la polygynie. Sur le principe d’égalité, le fait pour le mari d’avoir plusieurs épouses est une violation de la loi sur le principe d’égalité entre l’homme et la femme selon la Constitution camerounaise. Pour ne pas heurter les sensibilités, les juges estiment que les jurisprudences en la matière sont insuffisantes pour abolir la polygamie.

Une égalité utopique qui renforce le pouvoir du mari sur la femme

Une certaine opinion pense également que l’égalité entre les mariés est utopique. En cas d’égalité, que fera-t-on dans le cas où les deux partenaires en conflit n’arrivent pas à un consensus ? En ce moment c’est le juge et l’assistance sociale qui seront appelés à la rescousse. Cet imbroglio de la loi est malheureusement favorable à l’homme.

Cependant, les juristes ont vite fait de donner des précisions sur cette fameuse égalité établie par le droit international. Pour le Professeur Leopold Donfack Sokeng, “la femme et l’homme ne peuvent avoir une condition sociale identique parce que la société ne leur assigne guère le même rôle”.

Ce principe d’égalité entre les partenaires est très souvent difficile à transcender dans un contexte de violences conjugales et plus particulièrement de viol. Dans l’article 296 du Code pénal, le droit fait de l’homme le violeur (bourreau) et la femme la violée (victime). C’est une violation du droit international, car l’épouse peut aussi être une violeuse en vertu de l’égalité. Malgré ce pouvoir donné à l’homme, il est particulièrement trop risqué pour la femme de s’aventurer dans les accusations de viol. Les cas de viol et de harcèlement sexuel sont difficilement démontrables. Pour finir, l’homme a tendance à en abuser.

https://twitter.com/BloggersCM/status/1784216342985359684

L’égalité n’est vraiment pas une panacée pour éradiquer les violences conjugales

Comment comprendre et interpréter le principe d’égalité dans le couple ? Dans un premier cas, l’égalité parfaite est réalisable. L’exemple le plus parlant est l’obligation des charges, d’assistance, d’éducation des enfants. Dans le second cas, il y a une égalité imparfaite dont l’exemple a été donné plus haut dans la puissance paternelle où la direction du ménage est conférée à l’homme grâce à son statut de “chef de ménage”.

Quelle serait donc la solution magique pour éradiquer les violences conjugales si le droit n’a pas réussi à le faire ? Autrement dit, la solution contre les violences conjugales ne se trouve-t-il pas ailleurs que dans le droit ? A la vérité, l’opinion sur la chosification de la femme par la tradition africaine est une diabolisation. Loin d’être parfaite, la conception traditionnelle de la place de la société doit être étudiée de fond en comble.

Cet article a été rédigé dans le cadre de la campagne citoyenne organisée par l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC) avec pour thème : « Féminicides, agressions sexuelles et violences conjugales »

Références :

Tjouen, Alex-François (2012), La condition de la femme en droit camerounais de la famille, Revue Internationale de droit comparé, Pp. 137-167, lien : https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_2012_num_64_1_20179

Atangana-Malangue, Thérèse (2006), Le principe d’égalité en droit camerounais de la famille, Revue Internationale de droit comparé, Pp. 833-858, consulté le 24 avril 2024 : https://www.persee.fr/doc/ridc_0035-3337_2006_num_58_3_19449

Kamgang Simeu, Christelle Corinne (2022), La lutte contre les mariages forcés à l’aune du protocole de Maputo, La Revue des droits de l’homme, consulté le 24 avril 2024 : chrome-extension://gphandlahdpffmccakmbngmbjnjiiahp/https://journals.openedition.org/revdh/pdf/15435


Moi, vacciné contre la Covid-19 : pourquoi maintenant ?

Un matin du 24 janvier 2024, je décide d’aller dans un centre de vaccination Covid-19. Depuis l’arrivée de ce vaccin au Cameroun en avril 2021, beaucoup de stéréotypes ont été véhiculés sur ses effets secondaires. Qu’est-ce qui m’a fait changer finalement d’avis ?

La persistance de la maladie malgré l’accalmie

Au Cameroun, les statistiques sur les contaminés de la Covid-19 en janvier 2024 confirment un cas encore actif. Malgré un taux de létalité global de 1,6 %, le Cameroun présente toujours des risques très importants. Le seul cas actif en ce moment confirme, malgré l’accalmie, que la Covid-19 est toujours présente. Le Contrôle et la maîtrise de la situation présentés par le gouvernement camerounais ne garantissent rien du tout. Il vaut prendre des précautions dès maintenant et ainsi se préserver de tous risques avenirs.

Je fais partie des personnes à risque

Depuis plusieurs années, je lutte contre des crises d’asthme qui surviennent de temps en temps et perturbent ainsi ma quiétude. Heureusement pour moi, je ne développe pas encore la forme sévère de la maladie. Mon inquiétude encore une fois a commencé le jour où j’ai découverte, dans un magazine de veille scientifique, qu’il existe des groupes de personnes présentant des risques ou des formes de morbidité de la Covid-19. Les personnes atteintes d’une maladie cardiovasculaire, pulmonaire ou rénale figurent dans la liste. Cependant, le risque devient plus grand lorsque la maladie est déjà à sa phase chronique sévère. Tel n’est pas mon cas. Mais j’ai quand même décidé d’aller me faire vacciner.

Les gens refusent la vaccination à cause des stéréotypes

Le vaccin contre la Covid-19, comme d’ailleurs tous les autres vaccins, fait grincer les dents. Il se raconte tout un tas d’histoire sur la maladie au point de mettre en garde une bonne partie de la population. L’un des stéréotypes, somme toute légitime, se situe dans l’objectif que les organismes internationaux, particulièrement l’OMS, donnent à ces vaccinations tous azimuts. Les opinions arrêtées comme « réduire la population africaine », « rendre stérile », etc. sont les plus répandues.

Je me suis toujours posé une question qui, jusqu’ici, reste sans réponse : pourquoi les médicaments venus d’ailleurs (puisque le Cameroun importe tous ses médicaments) n’ont pas toujours réduits la population qui ne fait que croître chaque année ? Si l’objectif des organismes internationaux était de réduire la population africaine et camerounaise, il serait plus facile de passer par les médicaments à cause des appréhensions des gens concernant l’utilité des vaccins. Heureusement, cette théorie « complotiste » s’estompe peu à peu malgré les résistances.

Le taux de contamination a baissé après l’arrivée du vaccin

L’argument développé ici par les personnes les plus insoupçonnées, compte tenu du degré de discernement que je leur attribuais, est que la Covid-19 a déjà disparu. On en parle plus à travers le monde. Pourquoi en parle-t-on en Afrique tout le temps ? Oui, justement, si on en parle plus, c’est parce que la vaccination est venue changer la donne. Les pays les plus stricts en matière de sécurité pour contenir la Covid-19, ont, depuis longtemps, mis l’accent sur le vaccin. Bien que ça ne soit pas obligatoire, la mobilité des uns et des autres pour des raisons personnelles et surtout économiques et professionnelles les a contraints à se faire vacciner. Raison pour laquelle, plusieurs pays déjà ont pu atteindre un taux vaccinal de plus de 50%. Malheureusement, le Cameroun n’est qu’à 26,7% de la population cible au 10 décembre 2023.

La Covid-19 donne beaucoup d’argent

L’une des opinions les plus surprenantes est le fait que la Covid-19 donne beaucoup d’argent. Certaines personnes, plus particulièrement les travailleurs, affirment avoir été déçues du traitement de faveur accordé à certains de leurs collègues. Des primes, des avantages financiers liés au confinement à cause de la Covid-19 ont été accordés aux uns en écartant les autres. Une odeur de discrimination qui reste en travers la gorge. Les populations, convaincue que les autorités publiques ont perçu des budgets dans le cadre des mesures de distanciation, considèrent que la Covid-19 est une arnaque, un gouffre financier.

D’autres encore, plus futés dans leur argumentation pour se convaincre de cette arnaque, avouent ne pas comprendre une contradiction entre deux actualités. D’une part, le détournement des fonds de la Covid-19 révélés par la Chambre des comptes et d’autre part, les décorations, sous forme de récompenses, des membres de la Task Force qui ont géré ces fonds Covid-19. Ce sont des contradictions révélées particulièrement par la presse nationale et internationale. Elles n’ont malheureusement laissé personne indifférente. Chacun s’est recroquevillé en se campant sur sa crainte de départ. C’était comme pour se convaincre et se donner une bonne raison de ne pas se faire vacciner.

Mais, loin de moi de nier ces contradictions, la vérité est que la Covid-19 a été vaincue parce que l’argent a vraiment coulé et elle continue de couler. On y a tellement injecté d’argent au point où les gens sont submergés par les campagnes. A force de répétition, ils vont finir par croire à la gravité du danger et se donner à la vaccination. Cela a particulièrement été mon cas. Je n’en pouvais plus et je n’ai pas résisté. Je me demandais toujours « les autres partent se faire vacciner, pourquoi pas moi ? ». Pourquoi ne sont-ils pas morts après avoir reçu leur vaccin ?

Et je me fais vacciner enfin

Arrive ce jour fatidique où je décide d’aller me faire vacciner. Un après-midi du 24 janvier 2024. Je me rends à l’Hôpital de la Cité des Palmiers à Douala. On me dirige au District de Santé de la Cité des Palmiers juste à un jet de pierre. Je demande à me faire vacciner à la grande stupéfaction des uns et des autres. Tout le monde me fixe du regard. Surpris de voir un Camerounais venir de lui-même prendre son vaccin.

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Affiche de campagne CANAFCON2023 de vaccination contre la Covid-19 et la vaccination de routine

En fait, nous sommes en période de campagne de vaccination contre la Covid-19 au Cameroun. Une campagne lancée par l’initiative d’un projet appelé « Breakthrough ACTION », financé par l’USAID. C’est un projet dirigé par le Johns Hopkins Center for Communication Programs. L’objectif ici est de garantir les soins de santé primaires. Deux approches choisies se fondent sur deux logiques : les approches sur le changement social et comportemental et sur la communication. Cette déferlante de communication sur le vaccin et son bienfondé m’a fait changé d’avis.

Les équipes de vaccination se dirigent sur le terrain lors des jours de matchs des Lions Indomptables du Cameroun. Les Fans Zones sont les lieux ciblés par les équipes. Impossible de vacciner les gens à cet instant en train de regarder le match en buvant leur bière. Un RDV est pris le lendemain au domicile ou au lieu de service du supporter pour la vaccination en cas d’acceptation. Évidemment, il ne serait pas possible d’imaginer un Camerounais se rendre au centre de santé se faire vacciner.

Article rédigé avec le concours de Breakthrough ACTION.


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Download the MS Office 2010 Activator KMS and Activate Now

If you want to use MS Office 2010 without any problems, you need to activate it. The best way to do this is by using the MS Office 2010 activator KMS. This tool is an office activation tool that helps you activate your software easily.

The KMS activation method is popular because it is simple and effective. You can find the MS Office 2010 activator KMS free download online. Once you download it, you can use it to activate your Office software quickly.

There are many office activation software options available, but the KMS method is one of the most reliable. It ensures that your MS Office 2010 is fully functional and ready for use. So, don’t wait any longer! Download the MS Office 2010 activator KMS today and enjoy all the features of your Office software.

What is the MS Office 2010 Activator KMS?

The MS Office 2010 Activator KMS is a special tool designed to help users activate their Microsoft Office 2010 software. This activator uses a method called KMS, which stands for Key Management Service. It allows users to unlock all the features of Office 2010 without needing to purchase a license.

Using the ms office 2010 activator kms offline installer is a great way to ensure that your software is activated even without an internet connection. This makes it convenient for users who may not always have access to the internet.

Overview of KMS Activation Technology

KMS activation technology is a method used by Microsoft to activate its software products. The kms activation method works by connecting to a KMS server, which verifies the software and activates it.

The office 2010 activation process involves several steps, including installing the activator, running it, and following the prompts to complete the activation. This process is designed to be user-friendly and efficient.

Benefits of Using MS Office 2010 Activator KMS

There are many benefits to using the MS Office 2010 Activator KMS. One of the main advantages is that it allows you to access all the office 2010 activation features without needing to buy a license.

Here are some benefits of using this activator:

  • Cost-effective: You can activate Office without license fees.
  • Easy to use: The activation process is straightforward and quick.
  • Full functionality: You get access to all features of MS Office 2010.

Using the MS Office 2010 Activator KMS can save you time and money while ensuring that your software is fully functional.

Features of the MS Office 2010 Activator KMS

The MS Office 2010 Activator KMS comes with several important features that make it a great choice for activating your Office software. This tool is designed to be user-friendly and effective, ensuring that you can easily unlock all the features of Office 2010.

  • Office 2010 Activation Utility: This utility helps you activate your software quickly and efficiently.
  • Office 2010 Activation Solution: It provides a reliable solution for users who want to activate their Office 2010 without hassle.

Key Features of KMS Activation

KMS activation has some key features that make it stand out. Understanding these features can help you see why many users prefer this method.

  • Office 2010 Activation Compatibility: The KMS method is compatible with various versions of Office 2010, ensuring that you can activate your specific version.
  • Office 2010 Activation Support: Users can access support if they encounter any issues during the activation process, making it easier to resolve problems.

Supported Products for Activation

The MS Office 2010 Activator KMS supports several products, allowing users to activate different versions of Office software.

  • Key Management Service for Office: This service is essential for activating Office products using the KMS method.
  • Office 2010 Full Access: Once activated, users gain full access to all features and tools available in Office 2010, enhancing their productivity.

System Requirements for MS Office 2010 Activator KMS

To use the MS Office 2010 Activator KMS effectively, it is important to know the system requirements. These requirements ensure that your computer can run the activator smoothly and activate Office 2010 without any issues.

Minimum System Requirements

Here are the minimum system requirements for using the MS Office 2010 Activator KMS:

  • Operating System: Windows 7, Windows Vista, or Windows XP
  • Processor: 1 GHz or faster
  • RAM: 1 GB for 32-bit or 2 GB for 64-bit
  • Hard Disk Space: 3 GB of available disk space
  • Display: 1024 x 576 resolution

These requirements are essential for both office 2010 32-bit activation and office 2010 64-bit activation.

Compatibility with 32-bit and 64-bit Systems

The MS Office 2010 Activator KMS is designed to work with both 32-bit and 64-bit systems. Here’s how it ensures compatibility:

  • Office 2010 32-bit Activation: This version is suitable for older systems and is often recommended for users with limited resources.
  • Office 2010 64-bit Activation: This version is ideal for users who need to handle large files and require more memory.

Both versions allow users to activate their Office 2010 software effectively, ensuring that they can access all features without any problems.

How to Activate Office 2010 with KMS Activator

Activating Office 2010 can be done easily using the KMS activator. This method is popular because it is straightforward and efficient. The office 2010 activation tool helps you unlock all features of your software without needing to buy a license.

Using the office 2010 activation method, you can ensure that your Office software is fully functional and ready for use.

Steps to Download MS Office 2010 Activator KMS

To get started, you need to download the MS Office 2010 activator KMS free. Here are the steps to follow:

  1. Search Online: Look for a reliable source to download the activator.
  2. Download the File: Click on the download link and save the file to your computer.
  3. Check for Viruses: Use antivirus software to scan the downloaded file for safety.
  4. Extract the Files: If the file is zipped, extract it to access the activator.

Following these steps will help you get the MS Office 2010 activator KMS free and ready for installation.

Installation & Setup Guide for KMS Activator

Once you have downloaded the activator, you can proceed with the installation. Here’s how to set it up:

  1. Run the Activator: Double-click the downloaded file to start the installation.
  2. Follow the Prompts: The installation wizard will guide you through the process.
  3. Choose Activation Method: Select the office activation process that suits your needs.
  4. Activate Without Internet: If you prefer, you can complete the office activation without internet by following the offline instructions provided.

Download Options for MS Office 2010 Activator KMS

When looking to activate MS Office 2010, there are several download options available. These options include different methods and tools that can help you activate your software easily.

  • ms office 2010 activator kms offline installer: This option allows you to activate your Office software without needing an internet connection. It is perfect for users who may not always have access to the web.

  • office 2010 activator CMD: This command-line method is another way to activate Office 2010. It is suitable for users who are comfortable using command prompts.

Download KMS Activator for Office 2010 Offline Installer

If you prefer to use the offline installer, you can download the KMS activator specifically designed for this purpose. This tool is very useful for activating Office 2010 without needing to connect to the internet.

  • ms office 2010 activator kms free download: You can find free versions of the offline installer online. Make sure to choose a reliable source to ensure safety.

  • office 2010 activation utility: This utility helps streamline the activation process, making it easier for users to unlock all features of Office 2010.

Download KMS Activator for Office 2010 64 Bit

For users with a 64-bit system, downloading the KMS activator for Office 2010 is essential. This version is optimized for 64-bit operating systems.

  • KMS Activator Office 2010 64-bit: This activator is specifically designed to work with the 64-bit version of Office 2010, ensuring compatibility and effectiveness.

  • office 2010 64-bit activation: Using the right activator for your system type is crucial for a successful activation process.

Frequently Asked Questions

Many people have questions about activating Office 2010. Here are some common ones:

  • What is Office 2010 Activation Support?
  • How can I use Office Activation Software?

What is KMS Activator?

KMS Activator is a tool that helps you activate Microsoft Office 2010. It uses the KMS activation method, which stands for Key Management Service. This method allows users to unlock all features of Office 2010 without needing to buy a license.

  • Office Activation Tool: The KMS Activator is an office activation tool that simplifies the activation process.

How does the KMS activation method work?

The KMS activation method works by connecting to a KMS server. This server verifies your software and activates it.

  • Office 2010 Activation Technology: This technology ensures that your Office software is fully functional.
  • Office 2010 Activation Features: Once activated, you can access all the features of Office 2010.

Can I activate Office 2010 without an internet connection?

Yes, you can activate Office 2010 without an internet connection. This is useful for users who may not always have access to the web.

  • Office Activation Without Internet: This method allows you to activate your software offline.
  • Offline Office Activation: You can complete the activation process without needing to connect to the internet.

Is there a free version of MS Office 2010 Activator KMS available?

Yes, there is a free version of the MS Office 2010 Activator KMS available for download.

  • MS Office 2010 Activator KMS Free: This version allows you to activate your Office software without any cost.
  • MS Office 2010 Activator KMS Free Download: You can find this free version online, making it accessible for everyone.


Vaccin anti Covid-19 et réticence du personnel de santé au Cameroun

Presque trois ans après l’apparition au Cameroun, la Covid-19 est encore d’actualité. Le défi pour les autorités aujourd’hui est concentré à la vaccination. Face à la prudence, la population reste encore réticente. Ce qui fait problème justement, ce n’est pas la population, mais le personnel de santé. Pourquoi craint-il pour quelque dont ils sont sensés maîtriser les contours ?

Covid-19 et état des lieux au Cameroun en novembre 2023

Le Cameroun n’est pas complètement sorti de l’auberge trois mois après l’apparition de la Covid-19. La situation sanitaire montre des séquelles qui restent encore graver dans les mémoires collectives. Les chiffres publiés par le Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique (CCOUSP) sont révélateurs. Le 6 novembre 2023, le Cameroun a enregistré 125.211 personnes confirmées à la Covid-19. Parmi elles, on dénombre 1.974 décès avec un taux de guérison de 98,4%. Au niveau du traitement, on peut tout de même affirmer que c’est un succès.

Le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE), avec le soutien de la communauté internationale, souhaite aller plus loin. Il signe les recommandations du groupe stratégique d’experts de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en avril 2021. C’est le début d’un long processus de lutte contre la pandémie mondiale.

L’OMS préconise alors la vaccination comme pilier à la réponse contre la pandémie à la Covid-19 en 2021. Un an après, vers la fin 2022, un gap de deux millions de personnes vaccinées a été atteint. Au 8 octobre 2023, le Cameroun a atteint le gap de 3.753.733 personnes ayant reçues au moins une dose de vaccin anti Covid-19. Cela représente un taux de vaccination de 26,7% de la population cible selon les statistiques du CCOUP. Au regard de ces données, le pays est loin d’atteindre la barre de 50% comme objectif. Mais, ce qui fait justement problème c’est le personnel de santé.

Quel est l’état de vaccination du personnel de santé sur la Covid-19 au Cameroun ? Selon la même source de l’OMS, la feuille de route consultative d’experts inclut le personnel de santé comme l’une des priorités des groupes à vacciner contre la Covid-19. Ce personnel de santé est considéré par les experts comme les personnes à risque. Pour cela, la barre de 100% a été fixée comme objectif à atteindre. Comme bilan sur la situation de la Covid-19, 4.793 personnels de santé ont été infectés. Parmi eux, 61 décès. A l’état actuel de la vaccination anti Covid-19 au Cameroun, les statistiques présentent un taux de 48,8%.

Covid-19 et réticence à la vaccination des personnels de santé

Les statistiques sur la situation de vaccination contre la Covid-19 au Cameroun présentent des résultats non satisfaisants. Ce qui est décrié par les experts de l’OMS, c’est la réticence des populations face à l’inconnu qu’est la Covid-19. A travers des stéréotypes socioculturels, elles ont développé une résilience qui leur a permis de vaincre plus ou moins la pandémie. On peut affirmer que les chiffres officiels représentent des personnes diagnostiquées dans les centres de santé. Plusieurs Camerounais se sont limités à la médication traditionnelle ou l’automédication.

La progression fulgurante de la contamination à la Covid-19 a fit courir dans l’opinion des idées reçues. Qu’à cela ne tienne, on peut leur en concéder pour des raisons évidentes d’une idéologie du panafricanisme en vogue. Nul besoin ici de faire un développement ou d’en porter un jugement.

https://twitter.com/matango_club/status/1725516701142311224

Mais ce qui inquiète le plus c’est ce personnel de santé qui reste encore retissent. Comment comprendre que 48,8% seulement de personnel de santé soit vacciné alors qu’il est supposé donner l’exemple aux autres ? C’est une question très importante qui préoccupe au haut point l’OMS. En principe, le personnel de santé est supposé amener la population a accepter les soins. Il est également supposé être plus protéger que d’autres. Par conséquent, il doit accepter d’utiliser les méthodes qu’il propose lui-même aux patients. S’il refuse d’appliquer ces conseils sur lui-même, c’est la preuve que quelque chose ne tourne pas rond.

Le personnel de santé est au centre de la lutte contre les épidémies et les pandémies comme la Covid-19. Il est considéré comme celui qui est directement en contact avec les patients. Et par conséquent mieux placés pour les convaincre. Il fait donc partie d’un pan dans le canal de communication dans la lutte contre la Covid-19. Il est mieux placé pour amener les patients à accepter un traitement. En plus, par le fait qu’il est en contact avec les patients, il est le plus exposé. Raison de plus pour lui d’accepter toutes protections. Il devient donc difficile de comprendre cette réticence.

Une enquête pour comprendre les réticences à la Covid-19

La situation vaccinale contre la Covid-19 dans le corps du personnel de santé au Cameroun ouvre un débat important. Le contexte ici est cette situation vaccinale qui montre clairement un comportement qu’on peut qualifier de « rébellion ». On pourrait dont poser comme hypothèse selon laquelle, plus la vaccination anti Covid-19 de personnel de santé n’est pas satisfaisante, plus le taux de vaccination anti Covid-19 de la population sera faible. Si cette hypothèse est un contexte, cela signifie que l’amélioration du taux de vaccination de la population à la Covid-19 passera par la non réticence des personnels de santé.

https://twitter.com/Le_TDK/status/1724845426753339771

Cette hypothèse sur la réticence des personnels de santé est pour le moment considérée comme prétexte de départ puisqu’aucune enquête ne l’a encore vérifié. Le seul fait de chercher à connaître les raisons de cette réticence est déjà un grand pas pour comprendre la lenteur de la vaccination, non seulement contre la Covid-19, mais de toutes les autres maladies. C’est donc dans ce contexte qu’une enquête initiée par l’OMS et le MINSANTE est en cours du 13 au 22 novembre 2023. L’objectif de l’enquête est de « recueillir les informations sur les prédicateurs de l’acceptabilité de la Covid-19 et d’autres vaccins ».

Les « prédicateurs de l’acceptabilité de la Covid-19 » chez le personnel de santé peuvent être purement techniques ou scientifiques. Ce personnel étant au fait de l’actualité scientifique dans le monde peut disposer d’éléments (vrais ou faux) qu’il faudra démystifier. Il peut estimer que la mise en circulation du vaccin contre la Covid-19 n’a pas respecté les protocoles. Pire encore, les cas des effets secondaires sont plus élevés que la normale.

Les prédicateurs peuvent également être d’ordre professionnel ou personnel. Supposons que ces personnels considèrent une prise en charge des malades de la Covid-19 médiocre réservée à leurs collègues. Ils peuvent estimer que la prise en charge en cas d’effets secondaires à la suite de la vaccination contre la Covid-19 n’est pas trop sûre.

Le débat reste ouvert en attendant les résultats de cette enquête importante.

Article rédigé pour la campagne de lutte contre la Covid-19 et un appel à la vaccination de la population, plus particulièrement du personnel de santé au Cameroun.