Yves Tchakounte

Cameroun-Côte d’Ivoire : deux Charles, deux destins

Depuis les 1990 jusqu’à nos jours, les deux pays que sont le Cameroun et la Côte d’Ivoire ont connu et connaissent encore une effervescence d’une certaine ampleur due, peut-on l’imaginer, à un vide laissé par des leaders d’opinion d’antan à cette jeunesse si ambitieuse et si mal dans sa peau. Charles Atéba Eyene et Charles Blé Goudé, puisqu’il s’agit d’eux, n’ont pas été, pour moi, des leaders « emblématiques ».  Ils font partie des sortes de météores qui secouent un temps le peuple pour leur donner un espoir, peut-être vain, je peux me tromper, mais nul doute qu’ils ont été des leaders importants de leur temps et dont la jeunesse avait besoin pour se sentir exister.

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Ces deux grands hommes avaient la particularité d’irriter ceux qui leur prêtaient une oreille attentive. Cette particularité était liée à leur anticonformisme envers un camp considéré comme un pouvoir fort et puissant et donc seuls les plus courageux pouvaient avoir l’audace de se mêler de ces coups bas. Ils griffaient, ils mordaient, ils étaient véhéments, fougueux et même parfois vindicatifs. Tout ceci pour la manifestation de la « vérité » de tout ce qui se disait tout bas. Mais, de quelle vérité s’agissait-il ?

Tout d’abord, Charles Atéba Eyene est connu pour ses actions en faveur du parti au pouvoir au Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Il est connu pour avoir écrit avec un stylo ensanglanté une partie de l’histoire du Cameroun pendant les années de braise 1990, 1991 et 1992 où quelques étudiants ont eu maille à partir avec des groupes d’autodéfense créés par le pouvoir pour mater le Parlement (Organisation estudiantine où se retrouvait la plupart des leaders qui revendiquaient le mieux-être). Même si la participation de Charles Atéba Eyéné à ces groupes d’autodéfense est encore considérée comme une partie de sa vie qui reste encore à éclaircir, il n’en demeure pas moins vrai que sa mort ne le dédouanera jamais du rôle qu’il aurait joué à l’époque.

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Le 27 mars 2014, foule immense lors de la levée du corps de Charles Atéba Eyéné à l’hôpital général de Yaoundé

Des années sont passées et beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Depuis la sortie de son ouvrage « Les paradoxes du « pays organisateur »: élites productrices ou prédatrices : le cas de la province du Sud-Cameroun à l’ère Biya (1982-2007) » en 2008, il a commencé à séduire beaucoup de jeunes qui n’attendaient que ce son de cloche pour se faire une idée de sa souffrance. Dans cet ouvrage, Charles accuse les hommes du pouvoir et proches collaborateurs du président de la République d’avoir abandonné la région dont eux et lui sont originaires. C’était donc un paradoxe pour Charles et le peuple a vite fait de saisir cette perche pour montrer l’incapacité du régime à répondre à leurs attentes. Comme pour dire que Charles avait osé dire tout haut ce que les jeunes disent tout bas, ce qui s’apparentait à une rumeur. Plus fort encore, son dernier ouvrage intitulé « Le Cameroun sous la dictature des loges, des sectes, du magico-anal et des réseaux mafieux », paru en 2013, est venu confirmer cette idée selon laquelle la jeunesse camerounaise est emprisonnée sous le joug des loges et des réseaux sataniques. Ces idées ont valu à Charles des sympathies spontanées des jeunes Camerounais, broyés par un chômage ambiant, convaincus avoir trouvé les responsables de leur malheur.

Hier jeudi 27 mars 2014, la liesse populaire lors de la levée du corps de Charles Atéba Eyéné observée à l’hôpital général de Yaoundé m’a donné la chair de poule. C’était incroyable ! Yaoundé n’avait jamais connu ça depuis la mort du « Lion indomptable » Marc Vivien Foé en 2003. Cela m’a donc rappelé cette foule en furie hâte de démontrer à qui veut l’entendre qu’elle n’a pas perdu sa vigueur des années de braise. Cette déferlante populaire spontanée, solidaire et inédite est un message singulier, tantôt d’espoir pour les masses, surtout un avertissement pour nos gouvernants, mais assurément le dernier que nous lègue ce que beaucoup appellent encore « Le combattant » Charles Ateba Eyéné : « Le peuple camerounais dispose d’une terrible capacité mobilisatrice, il veille, il est debout, il est prêt… ». C’est donc la preuve d’amour d’une jeunesse abandonnée par le régime du renouveau envers un personnage malgré ses déboires historiques.

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Le 27 mars 2014, Charles Blé Goudé devant le box des accusés de la CPI à La Haye (Image Ivoire;net et AFP)

Autre décor, celui de la salle d’audience de la Cour pénale internationale, hier, 27 mars 2014, à La Haye au Pays-Bas. Dans le box des accusés, Charles Blé Goudé ancien ministre ivoirien, leader de la jeunesse patriotique ivoirienne, accusé de crimes contre l’humanité suite à la sanglante crise postélectorale qui a secoué la Côte d’Ivoire, pays de l’Afrique de l’Ouest vers la fin 2010 et début 2011. Personnage énigmatique lui aussi. Faisant partie des hommes du sérail comme l’autre, son défunt homonyme, donc. Mais à la seule différence que Charles Blé Goudé était ministre de Laurent Gbagbo. Contre quelle puissance combattait-il donc? L’Occident, et plus particulièrement la France, était et est encore le pire ennemi du peuple ivoirien. Rescapé des sinistres geôles de l’armée française installée en Côte d’Ivoire Charles Blé Goudé, « Le résistant aux mains nues », comme le clame mon ami ivoirien Armand Iré, était face à la Gambienne Fatou Bensouda procureure de la CPI à La Haye. Combatif, serein et fougueux, il a planté le décor de manière claire et audible en lançant qu’il est un « Pro-Bagbo et fier de l’être ».

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Charles Blé Goudé aussi sait rassembler la foule

Même si j’avais voulu être en face des puissances pour déverser ma gueule de loup, je n’aurais pas rêvé être à la place de Charles Blé Goudé pour affronter ce système d’instrumentalisation de la justice. Même si je suis d’accord avec l’objectif de son combat, je ne pourrais jamais épouser ses méthodes pour empêcher la puissance coloniale française de prendre possession des ressources africaines qui, pour moi, relève d’un faux courage par le fait qu’il fait exposer la vie de milliers d’Ivoiriens en les envoyant sous la gueule des chars. Répondre à la violence par la violence est un très gros risque que le camp de Gbagbo et Blé Goudé a pris pour se faire justice. Ces méthodes pouvaient se comprendre à l’époque de la résistance qui avait lieu au Cameroun entre les nationalistes de l’UPC et l’armée française dans les années qui suivirent ce que les colons appellent « l’indépendance » du pays. Il n’est plus question, au XXIe siècle, d’exposer la vie de tout un peuple sous le champ de la bataille physique pour avoir raison. La conséquence est que c’est le plus fort physiquement qui va gagner la bataille et tant pis pour les victimes, car c’est le vainqueur qui écrit l’histoire quitte à ce celle-ci soit rectifiée après.

Pour reprendre une fois de plus mon ami Armand Iré : « Les deux Charles avaient pour l’un et pour l’autre 42 ans. Jeunes et pleins de rêves de grandeur pour leur pays, leur continent et la société dans laquelle ils vivaient. Le destin de l’un a connu un frein naturel, celui de l’autre est contrarié par l’injustice et la méchanceté des hommes. Pourtant en eux se trouvent les germes d’une Afrique digne et fière, le combat des deux Charles doit être repris et continué ». Et un internaute dans un réseau social de prononcer la sentence suivante : « Pour moi Charles (Charles Atéba Eyéné, NDLR) restera toujours plus vivant que mort. D’ailleurs il n’est pas mort, car quand je ferme mes yeux je le vois toujours et j’entends même le son de sa voix à la télé dénonçant les incongruités de notre société. Tu es notre Sankara

Pour ne pas conclure, je salue la mémoire de l’homme Charles Atéba Eyéné. On ne peut se réjouir même de la mort de son pire ennemi. Ce monsieur s’en va avec plein d’énigmes. La mort, loin d’être la fin d’une vie, est plutôt la confirmation d’une existence utile et l’interpellation à une prise de conscience pour les vivants que nous sommes. La terre se referme sur Charles mais ses idées arment nos bras et nos cœurs pour un combat donc nous serons plus que vainqueurs. Comme l’a dit un grand homme, « L’homme tombe, le nom grandit » (Victor Hugo).

Tchakounte Kemayou 


Cameroun : Les raisons de la grève de la faim de l’étudiant Maben Henry de l’Université de Yaoundé I

Le 20 mars dernier, l’Association pour la Défense des Droits des Etudiants Camerounais (ADDEC) fait circuler par affichage et distribution un message de sensibilisation dans lequel il est strictement demandé aux étudiants de ne pas s’acquitter des frais pour l’obtention de la carte d’étudiant qui fait en ce moment l’objet de bras de fer entre l’association et l’administration universitaire.

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Les étudiants de l’Université de Yaoundé 1 et membres de l’ADDEC en pleine campagne de sensibilisation dans le campus

En effet, c’est depuis 1993 date de la réforme universitaire au Cameroun que la bourse a été supprimée et il a été institué une inscription payante de 50.000Fcfa par an et par étudiant pour chaque université d’Etat d’après le décret Présidentiel n°93/033 du 19 janvier 1993. C’est donc depuis le début de l’année académique en cours que le Recteur de l’Université de Yaoundé I, le Pr Maurice Aurélien Sosso, a mis en application, en plus des 50.000Fcfa officiellement reconnus, une carte biométrique payable à 1.000Fcfa pour chaque étudiant. Selon les dires du Recteur, cette somme de 1.000Fcfa demandée aux étudiants ne saurait être obligatoire. Curieusement, l’observation montre bien que seuls ceux qui ont été en règle par le payement de cette somme (1.000Fcfa) ont droit à la carte d’étudiant et les autres sont donc des laissés-pour-compte. Cette pratique a pour conséquence que seuls ceux qui sont détenteurs de cette carte ont le statut d’étudiant. Dans les faits, c’est donc une entorse et un non-respect au décret présidentiel de 1993.

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Les étudiants de l’Université de Yaoundé 1 et membres de l’ADDEC en pleine action avec leurs camarades

C’est précisément en 2008 que cette décision de l’institution de la carte d’étudiant a été imposée aux étudiants selon un arrêté Ministériel N°08/0249/MINESUP du 11/11/2008. Cet arrêté indique en son article 3 alinéa (1) que : « Est considéré comme étudiant d’une institution Universitaire publique, le candidat qui a réuni quatre conditions » parmi ces conditions, nous avons, justement, en quatrième position cette énonciation : « La détention d’une carte d’étudiant en cours de validité, délivrée par l’autorité compétente ». Cet arrêté ministériel vient donc, en 2008, mettre en cause le statut de l’étudiant de l’université publique accordé par le décret présidentiel en 1993. Plus grave encore, le payement d’une assurance à 5.000Fcfa pour chaque étudiant entre aussi dans le même registre.

Beaucoup d’étudiants qui confirment que l’établissement de la carte d’étudiant coûtant 1.000Fcfa est volontaire et non obligatoire s’insurgent en même temps du fait que, dans la pratique, ils se retrouvent butés par les conditions d’accès à certaines prestations universitaires qui exigent aux étudiants demandeurs une carte d’étudiant. Par exemple, l’accord entre l’assureur AXA ASSURANCE et L’Université de Yaoundé I indique à l’Article IV alinéa (b) que « L’identification se fait à l’aide de la carte de l’Etudiant (…)» ; à l’alinéa (c) il est stipulé que « Le gestionnaire des bons de prise en charge au centre Médico- social de l’Université de Yaoundé I dispose d’un registre dans lequel il note entre autre le numéro de la carte de l’étudiant », dans l’article VI Alinéa (I) «  (…) Toute signalisation d’hospitalisation devra ressortir (…) le numéro de la carte de l’étudiant ». Il faut également tenir compte du fait que depuis longtemps des institutions sanitaires comme le Centre Pasteur du Cameroun permettent à l’étudiant de bénéficier d’une réduction (entre 30% et 50%) dans sa prise en charge sur simple présentation de sa carte d’étudiant en cours de validité.

In fine, des rumeurs faisant état de ce que l’attribution de la « Prime à l’excellence » (Aide annuelle accordée par le Président de la République aux meilleurs étudiants et au cas sociaux des universités au Cameroun) sera conditionnée par la détention d’une carte d’étudiant circule en ce moment dans le campus.  Il faut dire que l’Université de Yaoundé I n’est pas seule dans la logique de ce que l’ADDEC appelle « La subordination des étudiants » ou encore « La volonté de musellement ».

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L’étudiant Maben Henry. La nuit tombée, refuse de partir et décide de dormir à la belle étoile à l’entrée du rectorat et est soutenu par ses camarades.

Le message du 20 mars dernier publié par l’ADDEC avait donc pour but de sensibiliser les étudiants sur la violation du décret présidentiel par l’arrêté ministériel qui se fait appliqué par le recteur de l’Université de Yaoundé I. Au cours de cette sensibilisation donc, les étudiant membres de cette association ont été perturbés par les gros bras du recteur. Le commissaire du 5ème arrondissement de Yaoundé a interpellé le sieur Maben Henry qui a été relâché plus tard. Vexé, cet étudiant a décidé de se coucher à l’entrée du rectorat et et il refuse de s’alimenter.

Vivement la fin du cafouillage !

Tchakounte Kemayou 


Curiosité à Kinshasa : deux robots dirigent la circulation

Je me suis mis à la télé très tôt ce matin, comme il ne m’est jamais arrivé, et j’ai vu un reportage sur les robots que le ministère des Transports a décidé d’installer dans la capitale congolaise. C’est un reportage sur deux robots, implantés depuis quelques jours à Kinshasa, pour remplacer les agents de la circulation. Ces automates, 100 % congolais, sont censés faciliter le trafic routier. Ils ont été conçus par l’ingénieur congolais Isaie Thérèse. Fonctionnant à l’énergie solaire, les robots solaires sont équipés de plusieurs caméras, ouvrant la possibilité de surveiller le trafic et l’émission des billets.  Ils sont bilingues français-lingala, et, surtout, ils sont équipés de caméras qui filment les mauvais conducteurs et leur plaque d’immatriculation.

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Pour cet ingénieur, l’idée vient du fait du comportement irresponsable des agents de police chargé de diriger la circulation et du non-respect des feux tricolores des automobilistes de la ville de Kinshasa. Les robots chargés de diriger la circulation présentent donc un double avantage :

Les robots flandrin bénéficient d’un facteur d’intimidation : les automobilistes, à la vue de ce robot qui constitue une révolution technologique dans leur environnement, témoignent de leur « respect » pour ces engins. Dans ce reportage, on entend l’un d’eux s’en expliquer ouvertement : « Ici nous respectons les robots. Les policiers, eux, quand ils sont là, ils en profitent pour nous arrêter. Ils nous arrêtent pour nous truander. Les robots, on les respecte, il faut en fabriquer d’autres. C’est une bonne chose ».

Les robots flandrin facilitent le paiement de la pénalité : certains automobilistes, par souci ou par habitude, violent les lois de la circulation sans scrupule, or les robots sont équipés de caméras qui enregistrent les plaques d’immatriculation des voitures. Les automobilistes concernés sont donc interpelés dans un contrôle de routine pour payer une contravention conséquente. L’avantage ici est de limiter la corruption à sa plus simple expression et l’Etat congolais trouve là une ressource importante. L’ingénieur souligne : « Nous sommes un pays pauvre et notre gouvernement cherche de l’argent. Et le gouvernement a besoin de récupérer l’argent dépensé pour la construction de routes ».

Eh bien, comme le disait Alain Peyrefitte : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ». Et moi je dis, « Quand l’Afrique aura les moyens de ses ambitions, attention pour tout le monde ».

Voir la vidéo ici: https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=itiR3RdswtU

Tchakounte Kemayou 


Cameroun : Yaoundé sous l’effet des « caméras espions »

Le 15 mars dernier, La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), une organisation non gouvernementale et dont les activités sont orientées dans la défense, la justice sociale et la non-discrimination, a fait parvenir au premier ministre une correspondance dans laquelle elle s’inquiète de cette frénésie sur l’installation de plus de 350 caméras de surveillance dans la ville de Yaoundé.

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La Direction générale de la sureté nationale (DGSN), avec le partenariat de la société CAMTEL (Cameroon Telecommunication), le partenaire technique chinois HUAWEI et la Communauté Urbaine de Yaoundé (Mairie de Yaoundé), initie depuis le début de l’année l’installation de 350 caméras miniaturisées de surveillance dans la ville de Yaoundé qui devrait s’achever à la fin du mois de mars pour poursuivre avec la ville de Douala. Dans le site de Cameroon-Tribune, journal gouvernemental, cet instrument est décrit comme « … des dispositifs semblables à des lampadaires solaires,[…] implantées dans des coins de la ville de Yaoundé. Ces lampadaires sont constitués d’un poteau sur lequel est fixée une plaque rectangulaire. Sur cette dernière est suspendue une caméra qui fonctionne en continu grâce à la combinaison entre énergie électrique et solaire. Les images prises par les caméras sont enregistrées et retransmisses à travers des écrans disposés dans une salle de contrôle à la DGSN ». La raison principalement officialisée est le souci de garantir au maximum l’ordre et la sécurité des citoyens de Yaoundé. Ainsi, tout est donc mis en place pour intimider les hors-la-loi, vandales, pickpocket, violeurs, braqueurs et autres fauteurs de troubles. Les grands coins les plus visés sont par exemple : carrefour de la poste centrale, carrefours Ngousso, carrefour Ekounou, carrefour Warda/Capitole, carrefour Mvog Mbi, carrefour Kolbisson, carrefour Etoudi, carrefour madagascar, carrefour Tsinga/palais des congrès, carrefour de la mort/Ekouldoum.

Les voix s’élèvent déjà partout dans l’opinion publique, soit pour encourager l’initiative comme les habitués des coins chauds de la capitale, soit pour décrier cette action qui n’est pas jugée opportune comme ces associations de la société civiles et plus particulièrement la COMICODI qui a alors pris les devants le 15 mars dernier. Elle affirme ne pas comprendre « véritablement le sens, l’utilité, et la destination de ces caméras, qui de toute évidence, se présentent de façon grossière, encombrante ». La COMICODI s’interroge donc sur le mobile du choix entre les caméras de surveillance, la construction des échangeurs qui rendraient la ville moins pénibles aux citadins, le remplacement des lampadaires vétustes, comme ceux des poteaux en zinc du capitole près du parc Sainte Anastasie et de ceux du boulevard du 20 mai qui donnent la nausée, les feux de circulation dans la ville de Yaoundé. Les lampadaires et plus particulièrement les feux de circulation sont devenus désuets et inexistants. Ce qui rend la circulation difficile, « … livrée à l’anarchie la plus parfaite et chacun circule à sens et à contresens ». Dépassées par les événements, même les agents de la police ne font plus l’affaire. La ville de Yaoundé, comme celle de Douala, sont de véritables bordelles et restent « … handicapées, défaillantes en infrastructures de base, plongées dans l’obscurité, l’anarchie tentaculaire et la régression accélérée ».

Tandis que le COMICODI croit savoir que les raisons de ce choix très bizarre reposent sur le fait que beaucoup voit « … les caméras espions installés à Yaoundé, comme une autre affaire de commissions sur des gros marchés qui font imposer des projets non prioritaires au pays, juste pour faire manger quelques gens puissants ou rusés », d’autres opinions estiment connaitre les véritables motivations de ces « caméras espions ». En effet, l’insécurité qui règne en Centrafrique et gagnerait les régions du Sud et de l’Est du pays, et la peur d’être envahi par les attaques de Boko-Haram dans les régions du Nord du pays rendent le pouvoir de Yaoundé très fébrile ces derniers temps. La visite avortée et taxée de rumeur plus tard du président Godlove Jonathan du Nigéria pour Yaoundé annoncé par certains journaux privés au Cameroun puis la visite (non encore officielle) de Paul Biya, président Camerounais annoncée à Malabo (Guinée Equatoriale) pour les jours qui viennent sont des signes qui ne trompent pas. Ces visites ne sont pas le fait du hasard car elles entrent nécessairement dans le cadre de l’actualité à savoir l’insécurité internationale et transfrontalière qui est susceptible de déstabiliser les Etats de l’Afrique centrale. Le pouvoir de Yaoundé a donc peur des incursions étrangères dans la ville à tout moment et veut donc se préparer à la répression. Voilà donc ce qui peut paraitre inexplicable pour les non-habitués des régimes totalitaires dont la seule préoccupation est le statuquo politique. Il faut le dire, pour finir, que les villes de Douala et de Yaoundé sont tout de même en retard en matière de développement d’infrastructures par rapport aux villes semblables et de même statut comme Malabo, Abidjan, Dakar et Libreville. Et le COMICODI de conclure amèrement que « Yaoundé doit quitter le statut d’un grand village où l’on arrange juste quelques pistes comme à Ekounou, pour entrer dans le statut d’une ville moderne où l’on trouve de grands boulevards bien éclairés avec des lampadaires modernes des feux et des échangeurs. L’installation même de un million de cameras espions et grossiers de surveillance ne fait pas une ville moderne. C’est l’inverse ».

Tchakounte Kemayou 


Cameroun : Paul Biya classé 9ème dans la liste des dictateurs du monde par Huffington Post

Huffington Post fait circuler en ce moment une liste de 16 dictateurs les plus cruels du monde inspiré à travers les données de l’OMS. Cette liste a comme caractéristiques majeures que ces présidents, qualifiés de dictateurs, sont vieux et malades. Dans cette liste, y figure au total sept présidents africains qui sont, pour les uns, au pouvoir depuis l’indépendance du pays et pour les autres, une deuxième génération de président de la République. Les indépendances ayant lieu depuis les années 1960, il faut donc dire que ce sont tous des régimes d’un demi-siècle maxi pour les uns et d’un quart de siècle mini pour les autres.

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Le régime de Paul Biya est troublant et révélateur de beaucoup de dysfonctionnement et de désorganisation volontaire qui ne laisse personne indifférente. Le dernier rapport du Département d’Etat Américain publié la semaine dernière est bien là pour montrer le bien-fondé de la place qu’occupe le président de la République Camerounaise. Ce rapport s’inquiétait précisément de la conduite des dossiers de certains prisonniers des détournements des deniers publics à l’exemple de Marafa Amidou Yaya.

A 82 ans, cet autocrate au pouvoir depuis 32 ans est considéré comme parmi les plus anciens du pré-carré néocolonialiste français et tient le pays d’une main de fer. Il contrôle donc tout : le système politique (l’exécutif), économique, judicaire et législatif malgré le discours démocratique que l’on peut prêter à son pouvoir. La science politique appelle ce genre de système un régime « totalitaire ». Paul Biya est donc considéré comme un « Tout-puissant ». En langage populaire camerounais ça se nomme le « Nom-Gui » qui signifie le « Roi ». Des sources anonymes rapportées par le média social en ligne Voix d’Exil affirment qu’« On ne peut lever la tête et manifester, au Cameroun, sans se faire tabasser par des éléments de la sinistre brigade d’intervention rapide (BIR), une milice à la solde du régime. Dans les prisons comme dans les commissariats, la torture est si répandue qu’elle s’est banalisée dans l’esprit des gens ». Plusieurs méthodes permettent au régime de résister et de se perpétuer malgré son impopularité : corruption, tribalisme, achat de conscience et répression. Ce régime n’a donc rien à envier aux régimes dictatoriaux balayé par le « printemps arabe ». La répression peut donc être sanglante. Le souvenir de la manifestation contre « la vie chère » (en février 2008) est encore frais dans la mémoire. Plus de 140 jeunes chômeurs, vendeurs à la sauvette, débrouillards et étudiants/élèves furent massacrés comme de vulgaires bandits alors qu’ils ne revendiquaient que le bien-être. Quelques années avant, en 1991 et 1992 (années de braise), le pays a connu des manifestations et des mouvements d’humeurs appelés « villes mortes » qui se sont soldées par un bilan de plus de 400 morts. Les victimes les plus célèbres des manifestations de février 2008 sont notamment Paul Eric Kingue, encore en prison, et Lapiro de Mbanga qui vient de rendre l’âme à Buffalo aux USA le 16 mars dernier. Plus récemment encore, après l’élection présidentielle d’octobre 2011, deux leaders de l’opposition progressiste Alexis Ndema Same et Albert Moutoudou, président et secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (UPC) (Albert Moutoudou, coauteur, avec Jean Chatain, du livre Kamerun, l’indépendance piégée, sur la guerre d’indépendance qui opposa l’UPC à la France coloniale (L’Harmattan)) ont été interpelés et se voient reprocher l’organisation d’un rassemblement contestant la légitimité d’ « Elections Cameroon » (ELECAM), organisme chargé de refondre les listes électorales et d’organiser les scrutins. Cette institution étant très contestée par la majorité des leaders, a donc été pointée du doigt pour avoir favorisé la réélection du dictateur Paul Biya.

En définitive donc, Paul Biya doit son maintien au pouvoir grâce, en 2008, à la modification de la constitution de 1996 fruit d’un dialogue appelé tripartite décidée après les années de braises de 1991 et 1992. Cette modification a été considérée comme une trahison à travers le non-respect de l’une des clauses de la tripartite qui limitait le mandat présidentiel à sept ans renouvelable une seule fois. C’est la levée du verrou de la limitation du mandat présidentielle qui a fait déborder l’eau du vase. La répression sanglante qui en est suivie est restée en travers de la gorge des jeunes les plus courageux. Le discours de circonstance du président de la République a mis un point d’honneur pour mettre hors d’état de nuire tous ceux qui, appelés « apprentis sorciers », oseraient encore montrer son nez dehors. Depuis cette date, la population camerounaise est donc victimes de cette répression psychologique qui hante les esprits. La peur dans le ventre de se voir flouer une balle dans la nuque par les « milices » du dictateur appelée « BIR » n’a pas encore été dominée. En attendant que la peur puisse changer de camp, la vigilance de la population est légendaire par le choix qu’elle s’est donnée de répondre aux abonnés absents sur des questions et les participations politiques.

Voici le classement complet de Huffington Post

1· Arabie Saoudite : Abdullah Bin Abdul-Aziz Al Saud, 88 ans, au pouvoir depuis 2005

2· Oman : Qaboos Bin Said Al Said, 73 ans, au pouvoir depuis 1970

3· Cuba : Raúl Castro, 81 ans, au pouvoir depuis 2006

4· Iran : Ali Hosseini-Khamenei, 73 ans, au pouvoir depuis 1989

5· Koweït : Jaber Al Hamad Al Sabah, 83 ans, au pouvoir depuis 2006

6· Laos : Choummaly Sayasone, 76 ans

7· Kazakhstan : Noursoultan Nazarbaïev A., 72 ans, au pouvoir depuis 1990

8· Guinée équatoriale : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 70 ans, au pouvoir depuis 1979

9· Cameroun : Paul Biya, 79 ans, au pouvoir depuis 1982

10·Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso, 69 ans, au pouvoir de 1979 à 1992 et depuis 1997

11· Fidji : Ratu Epeli Nailatikau, 71 ans

12· Angola : José Eduardo dos Santos, 70 ans, au pouvoir depuis 1979

13· Singapour : Tony Tan Keng Yam, 72 ans, au pouvoir depuis 2011

14· Ouganda : Yoweri Kaguta Museveni, 68 ans, au pouvoir depuis 1986

15· Côte-d’Ivoire : Alassane Ouattara, 70 ans, au pouvoir depuis 2011

16· Zimbabwe : Robert Mugabe, 88 ans, au pouvoir depuis 1987

Tchakounte Kemayou 


Cameroun : l’homme n’est plus. Lapiro, ndinga man. Lapiro, ngata man

« For begining for today, you must learn chapter for Ndinga Man .
Chapter one : no make erreur
Chapter two: erreur for mbutuku n’a Ndame for ndossss
Chapter three: mbut na sick….
Que des leçons de la vie tu as donné dans la blague et le sense!
 »

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Voilà donc un extrait tiré de celui que les Camerounais appellent affectueusement « Ndinga Man ». Son langage, issu du monde populaire, de l’homme de la rue, des bidonvilles, est considéré comme le langage de la révolte, de la révolution. Son « Pidjin » (langue populaire, une sorte de camfranglais, un mélange de français, d’anglais et quelques tournures langagières) est d’une excellente lisibilité et d’une facilité accessible dans laquelle beaucoup de Camerounais qui n’ont pas été à l’école se reconnaissent.

Lambo Sandjo Pierre Roger, alias Lapiro de Mbanga, né en 1957, de nationalité camerounaise et père de 7 enfants, fut parmi les premiers Camerounais à s’attaquer au système. Sa mort survenue aux Etats-Unis où il était réfugié politique, des suites de maladie qu’il n’avait pu soigner pendant sa détention au pénitencier de New-Bell, prison tristement célèbre, à Douala. Le 24 septembre 2008, le tribunal de grande instance a condamné Lapiro de Mbanga à croupir durant trois années pleines dans les geôles du département. L’artiste a été reconnu coupable de « complicité de délit d’attroupement, complicité d’obstacle à la voie publique, et complicité de pillage en bande » : une avalanche de crimes au Cameroun. Il faut rappeler que c’est à la suite d’une crise appelée manifestation contre la vie chère en février 2008.  Lors de ce mouvement de contestation 40 jeunes gens (chiffres officiels), 150 (chiffres de la société civile) ont été froidement assassinés par l’armée de Biya.  L’artiste, a été accusé de « complicité de délit d’attroupement » comme pour dire que Ndinga Man a motivé les jeunes à un « pillage en bande ». C’est là où commence le malheur de l’homme fort de Mbanga comme sait si bien le dire son compatriote Jacob Nguini, le célèbre guitariste, ex-soliste de l’orchestre Rocafil Jazz de feu Prince Nico Mbarga, « Il s’agit d’un acte criminel de la part des autorités camerounaises. Lapiro est mort d’une maladie qui avait été détectée dès sa première année en prison… Un ordre explicite avait été donné de ne pas le soigner. Cette information avait été communiquée à Lapiro lui-même pendant qu’il était derrière les barreaux… Au moment où il est sorti de prison et il est arrivé aux USA, il était trop tard pour le sauver… Lapiro avait été curieusement libéré parce que les autorités camerounaises, qui connaissaient la vérité sur sa maladie, ne voulaient pas qu’il meure en prison… »

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Avant d’avaler sa pipe, il a été accablé, humilié sans pince rire. La sentence a été forte et sans appel. L’homme était condamné à payer 280 millions de F Cfa (426 857 €) au titre de dommages et intérêts à répartir entre la Société des plantations de Mbanga et le Centre divisionnaire des impôts de la même ville qui avaient porté plainte contre. S’il est vrai que cette condamnation était injuste il est aussi bien curieux de comprendre ce que voulaient les autorités administratives et politiques, pardon, que dis-je les autorités judiciaires en lui infligeant cette lourde somme d’argent. Comme le clame mon ami Jean-Claude Nyoug, « Comment parviendra-t-il à réunir une telle somme dans un pays rongé par le chômage, où gagner 20 000 F Cfa (30 €) relève d’un véritable exploit mensuel ? »

A vrai dire ces accusations ne datent pas d’aujourd’hui comme en témoigne Macaire Lemdja. Beaucoup « … ont commencé, avant son décès, à salir sa mémoire en l’accusant d’avoir été acheté par les services de renseignement pendant les années de braise (1991 et 1992, ndlr) ou l’ont accusé d’inceste et de pédophilie (article paru dans LAnecdote) devront avoir le courage aujourd’hui d’avancer à visage découvert ». C’était un moment terrible qu’avait traversé Ndinga Man à l’époque et personne ne pouvait imaginer l’homme de Mbanga encore debout malgré toutes vicissitudes de la vie. Que non ! L’homme est resté inflexible et égal à lui-même. Seulement à me rappeler de l’un de ses morceaux choisis, je pleure de rage :

« Na last time be time. Long crayon don be talk say les mêmes causes produisent les mêmes effets. Dan be say this who go do café na yi go do caca.”

Mon Dieu ! Quel courage avait cet homme de s’attaquer à l’homme du pouvoir, l’homme lion qu’il appelle « Man for Ngola ». C’est donc un artiste complet et tout un symbole.

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Je vous livre un texte d’une de ses chansons que j’affectionne beaucoup. Ce texte est une retranscription d’un compatriote camerounais nommé Vakunta :

Ancien chaud gars na mouilleur!

Step down! Démissionnez!

Because you dong over massacré constitution…

You dong over échouer

Subordination du pouvoir judiciaire na you!

Subordination du pouvoir législatif na you!

Manoeuvre politique avec impunité na soso you!

Step down! Démissionnez!

Because you dong over mouiller!

Insécurité généralisée—

 Chavoum dong hala for banque for Bonaberi

Fusils dong hala for Pont de Wouri

Dem dong meng your chef de terre,

Kamambrou for Bakassi

You dong over mouiller!

 Step down! Démissionnez!

Ngeme and chômage

Dong multiplié for dis mboko

Bendskinneurs, chauffeurs clandos,

Laveurs de voitures, tackleurs, sauveteurs

Bayam sellams, coiffeurs and coiffeuses ambulantes

For Marché Central, call-boxeurs…

Dem di pointer na for dong rain and for dong sun…

Preuve, dem di kick muna bébés

For maternité everywhere for we own kondre.

 No be youa boulot na sécurisation

Des personnes et de leurs biens?

A vrai dire this one na échec total

If you no fit garantir sécurité sep for nourrissons!

Step down! Démissionnez! You dong over mouiller!
RIP NDINGA MAN !!!

Tchakounte Kemayou


Cameroun: Le Pr. BIYOGO crée l’événement et bouleverse les convictions scientifiques établies

Du 13 janvier au 08 mars dernier, l’Université de Douala, et plus particulièrement l’Ecole doctorale de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH), et et d’autres institutions telles que l’Ecole doctorale des Sciences Humaines, Sociales et Educatives de l’Université de Yaoundé 1,  l’ESSTIC (Ecole des Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication, l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), l’Ecole doctorale de Théologie, des Sciences Sociales et de Technologie de l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC), ont connu une effervescence particulière. Les enseignants et doctorants de ces universités, sans oublier d’autres curieux venus d’ailleurs, ont eu droit à un séminaire doctoral initié au départpar la FLSH sur la méthodologie et l’épistémologie des sciences. A cet effet, c’est le gabonais Professeur Grégoire BIYOGO, diplômé de la Sorbonne et chaire de méthodologie et d’épistémologie de la recherche, qui était le maître de séant et l’invité du Doyen de la FLSH de l’Université de Douala, le Pr EFOUA MBOZO’O.

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Séminaire doctoral à la FLSH, à l’Université de Douala, animé par le Professeur Grégoire Biyogo
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Séminaire doctoral à l’ESSTIC, à l’Université de Yaoundé I, animé par le Professeur Grégoire Biyogo

Le Shemsu Maât (Le savant), comme se fait appelé lui-même, est venu au Cameroun pour une première étape d’une périple africaine pour donner aux étudiants, chercheurs et enseignants, sans oublier le grand public, les outils de scientifiques qui leur permettront de mieux appréhender les enjeux épistémologiques du monde de la recherches en vue de donner l’Afrique ses lettres de noblesse quant à la place que ce continent a occupé dans le monde de la connaissance. Pour ce faire, les grands canons de la méthodologie des sciences doivent être connus de tous. L’une des caractéristiques majeures de cette leçon d’épistémologie est la notion de « modélisation quinaire ». Ce concept, selon le maître de céans, est une théorie qui consiste à organiser tous travaux scientifiques autour de cinq axes principaux.

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Séminaire doctoral à la FLSH, à l’Université de Douala, animé par le Professeur Grégoire Biyogo
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Séminaire doctoral à la FLSH, à l’Université de Douala, animé par le Professeur Grégoire Biyogo

La théorie de la modélisation quinaire : une révolution des convictions scientifiques ; Cérémonie de dédicace du dictionnaire comparé égyptien/fang-beti :

Depuis 2005, date de sortie de son ouvrage intitulé « Traité de méthodologie et d’épistémologie de la recherche » chez le Harmattan, le Pr BIYOGO s’est fait le maitre à penser d’une posture païenne de la pensée universelle qui plaçait l’Afrique aux antipodes des origines de l’esprit scientifique, selon la conception de Gaston BACHELARD. C’est donc, ce que je peux appeler cette « révolution épistémologique » qui a fait l’objet de toutes les curiosités du monde scientifiques à Douala et Yaoundé. Pour le Pr BIYOGO, le temps est donc révolu de considérer l’Occident et particulièrement la Grèce antique comme les références en matière de l’innovation, de l’origine et de l’esprit scientifique. L’Afrique et plus particulièrement les données d’origine égyptiennes doivent être les fils conducteurs des recherches scientifiques, des mémoires et des thèses dans les universités africaines. C’est le devoir qui doit être celui de la jeunesse pour redonner au continent noire ses lettres de noblesse d’antan. Le périple du Shemsu Maât BIYOGO s’est achevé à Yaoundé par une séance de dédicace de tous ses 45 ouvrages scientifiques.

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Séminaire doctoral la FLSH, à l’Université de Douala, animé par le Professeur Grégoire Biyogo
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Séminaire doctoral à l’ESSTIC (Ecole Sup des Sciences, Techniques de l’Information et de la Communication), à l’Université de Yaoundé I, animé par le Professeur Grégoire Biyogo

Comme prévue, la cérémonie dédicace du dernier des 45 ouvrages du Shemsu Maât Grégoire Biyogo s’est tenue ce vendredi 7 mars 2014 à l’amphi 700 de l’Université de Yaoundé I. Présidée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur du Cameroun, l’éminent et fameux Pr. Jacques Fame Ndongo, en présence des plus grandes personnalités des universités Camerounaises, et des membres du gouvernement camerounais.

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La remise des distinctions et décorations par les soins du Shemsu Maât Grégoire Biyogo, Président fondateur de l’Université « Le Per Ankh de la Renaissance » et PDG des éditions Imhotep., Directeur de « Formation Doctorale du Centre Universitaire Européen De Management ». ici le Pr. Jacques Fame Ndongo, Ministre de l’Enseignement Supérieur, Chancelier des Ordres académiques.

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Cette cérémonie a été un véritable événement intellectuel qui a ouvert un débat franc entre le ministre, le Pr. Grégoire Biyogo, le célèbre politologue camerounais Owona Nguini et les autres universitaires. Éloquence d’un éminent Savant du monde Noir… Grand Dieu !…. Pr. BYIOGO a fait écrouler les sentiers battus dans lesquels est installée la recherche scientifique en Afrique. Le Sociologue camerounais Pr. Valentin Nga Ndongo (Directeur de l’Ecole Doctorale des Sciences Humaines, Sociales et Educatives de l’Université de Yaoundé I) l’a fort bien attesté, avouant en toute humilité que les conférences du Pr. Biyogo ont ébranlé ses convictions scientifiques qui faisaient son orgueil depuis des décennies. Et les retombées alors ? Là réside le plus grand challenge actuellement ! Comment la communauté scientifique du monde noir capitalisera toutes ces découvertes biyoguienne en vue de l’avènement de la troisième révolution copernicienne prédite par le Shemsu Maât sur la terre africaine?

Tchakounté Kemayou


Cameroon Business Forum : le Cameroun veut obtenir le meilleur classement de « Doing Business »

La 5ème édition de la Cameroon Business Forum (CBF) s’est tenue ce jeudi 6 mars 2014 à Douala. C’est une rencontre tripartite ((Etat du Cameroun, secteur privé et partenaires du développement) qui a pour objectif primordial d’assainir le climat des affaires afin d’améliorer le rang du Cameroun dans le classement annuel du « Doing Business ». Pour cette édition, le thème était intitulé « Accélérer la facilitation des procédures pour asseoir les jalons de l’émergence ». Chaque année, la Banque Mondiale publie un rapport sur le classement qu’elle appelle « Doing Business » qui donne des indicateurs sur la facilité de faire des affaires dans 180 pays. Le Cameroun se retrouve, en 2013, au 168ème rang mondial sur les 180 pays. Il a donc perdu 7 places par rapport au classement du 2012. Cette situation ne plaît pas au gouvernement camerounais qui a pris, depuis 2010, la résolution d’organiser un forum en vue de trouver des solutions dans l’assainissement du climat des affaires.

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La mission du Premier Ministre camerounais Yang Philémon à Douala revêt une double importance significative : impulser les affaires et améliorer l’image du pays tant ternie depuis belle lurette par ceux qui viennent faire des affaires, non satisfaits, repartent déçus et découragent par la suite leurs paires qui souhaitent investir au Cameroun. Yang Philémon insiste sur le fait que lui et sa suite viennent à Douala pour dire aux hommes d’affaires et partenaires du développement que le gouvernement vient vers eux les écouter afin de prendre leurs doléances en compte. Cependant, certaines informations restent méconnues par les acteurs chez qui la Banque Mondiale s’informe pour faire son classement. Les réformes qui ont été mises en place pour améliorer ce climat des affaires au Cameroun sont nombreuses. Ce qui fait au Premier Ministre que les progrès ont été réalisés, à savoir : promulgation le 18 avril 2013 de la loi portant Code d’incitation aux investissements au Cameroun ; la mise en place d’un centre pilote de dédouanement des véhicules (en 48 heures) au Port de Douala ; la création d’une agence des Petites et Moyennes Entreprises (PME), signature d’un décret portant extension des annonces légales à la presse privée camerounaise ; la dématérialisation des opérations du commerce extérieur, informatisation des documents d’urbanisme.

Cependant, les acteurs du monde des affaires restent toujours sceptiques, malgré les assurances de Yang Philémon. Ils soulignent des poches de résistance qui persistent encore à être bannies de l’environnement des affaires au Cameroun. C’est Monique Courchesne, représentante de l’IFC qui crève l’abcès en dressant un rapport mitigé de l’application des différentes recommandations en estimant que : « Sur 49 recommandations adoptés en 2013 couvrant 13 chantiers, dont 25 étaient nouvelles et 20 objets de reconduction, 20 seulement ont été exécutées, pour un taux de 41%. 17 sont en cours d’exécution, 4 n’ont pas encore débuté, 8 sont en requalification, ou ont été reportées » (Lire dans Cameroon Tribune). Quant aux hommes d’affaires eux-mêmes, c’est une déception totale après tant d’énergies mises pour booster les affaires. Pour Protais Ayagma, président d’un groupement patronal dénommé « Entreprises du Cameroun » (ECAM) qui affirme tout de même que « La seule réforme interne significative reste l’avènement des Centres de formalités de création des entreprises qui ont permis de regrouper en un lieu unique, l’ensemble des intervenants dans le processus de création d’entreprise. La deuxième réforme majeure a été la révision de l’Acte uniforme relatif au droit commercial général et de celui portant organisation des Sûretés » (Lire dans Cameroon Tribune). Depuis le dernier CBF en 2013, il n’y a pas eu d’avancée majeure. Il continue en disant : « Le recul de sept places s’explique par le fait que les recommandations ont été peu exécutées. 20 seulement ont été exécutées, et quand on dit cela, il faut voir s’il y a réellement eu impact. Ce qui n’est pas vraiment le cas. Deux concernaient le secteur privé. Il n’y en a qu’une qui a été exécutée, et ça date d’hier [mardi 04 mars Ndlr]. Il s’agit de la mise en place d’une plateforme entre secteur privé. Un code éthique devait aussi être mis en place, mais en l’absence de la plateforme, ça n’a pas été fait » (Lire dans Cameroon Tribune).

Il y a tout de même un manque de volonté de la part des pouvoirs publics. Il faut taper en plein pieds sur le mil. La perde de 7 places dans le classement « Doing Business » 2013 depuis la tripartite du Cameroon Business Forum de février 2013 est une preuve suffisante pour rester sceptique quant au classement 2014 à venir de la Banque Mondiale. Il s’avère judicieux de préciser avec beaucoup d’insistance que c’est le privé qui crée la richesse. Le rôle de l’Etat doit demeurer dans la régulation stricto sensu. La croissance en dépendra inéluctablement. Et une fois de plus, Protais Ayagma de s’insurger du fait que le gouvernement camerounais, faute d’innover, a la faiblesse de copier des systèmes qui ont fait leur preuve : « Quand on dit qu’il y a facilitation, il faut aller jusqu’au bout, soutient Protais Ayangma. Il y a des pays où on n’a pas besoin de notaire, pour créer une entreprise. Ou alors, revoir à la baisse leurs honoraires… Les problèmes d’eau, d’énergie, la situation du Port autonome de Douala, sont autant de freins dans l’amélioration de la situation » (Lire dans Cameroon Tribune).

Tchakounte Kemayou


La question du statut de la femme africaine : quel regard ?

Le 08 mars de chaque année la Femme est célébrée dans le monde entier à travers ce que l’ONU appelle par un slogan marketing « Journée Internationale de la femme ». Le thème de cette année est intitulé « L’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous ». Le Cameroun n’étant  pas en reste, se joint aussi à l’ONU pour célébrer la Femme en rendant publique son thème de la journée qui est intitulé « Défis et réalisations des objectifs du millénaire pour le développement des filles et des femmes ». Il convient ici de remarquer la portée de ces deux thèmes qui soulèvent implicitement ou explicitement les problématiques de progrès/développement et égalité. Concepts si chers au développement dans un contexte africain en ces temps modernes. Cela m’amène donc à me poser la question de savoir ce que représente la femme africaine. Le statut de « sous-développement » et « d’inégalité » qui persiste dans notre société sont-ils le fait de la « déshumanisation » de la femme ou alors l’on considère la femme comme le levier de la modernisation de notre société ?

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La Femme comme servante

Cette conception de la femme en tant que compagnons servante de l’homme est encore plus répandue dans l’opinion des mâles et de certaines femmes. A titre d’illustrations, c’est la femme qui se lève tôt à 04 heures le matin, elle se met à la tâche ménagère et est la dernière à dormir. Parfois, c’est aux environs de 22 heures ou minuit qu’elle peut rejoindre son lit. Ceci après une rude journée de dures tâches de maison. Sa tâche commence d’abord par les enfants qu’il faut apprêter pour l’école : les laver, les habiller, leur servir le petit déjeuner, les accompagner à l’école non sans avoir donné les conseils aux bouts de chou sur l’environnement scolaire de plus en plus hostile. Monsieur le mari, pour garder la bonne humeur doit avoir son repas du bas-ventre avec sa femme dès 5 heures du matin avant de passer à table pour le repas du ventre avec les enfants. Il prend donc la route du boulot pendant que madame accompagne la progéniture à l’école. Elle reste donc seule à la maison pour s’occuper des tâches ménagères que la société a tôt faites de considérer cette occupation comme une profession. Elle lave, elle blanchit, elle cuisine, elle jardine, elle repasse, elle fait le baby-sitter, elle fait des commissions, elle garde la maison et que sais-je encore ? Beaucoup d’africains et plus particulièrement de camerounais comme moi ont eu comme « profession de la mère : ménagère » dans leurs diverses pièces officielles. Curieusement, c’est la seule « profession qui reste jusqu’à nos jour reconnue et officielle mais qui n’a pas de statut. Pour preuve, quelle est le salaire de nos mamans appelées pompeusement « Ménagère » ? Evidemment, l’opinion africaine considère ce statut de la femme comme « normal ». Son « rôle » c’est de rester à la maison, de servir de partenaire sexuel de l’homme et d’éduquer les enfants.

Il devient, de nos jours, tout à fait absurde d’avoir une conception de la femme sur le schéma décrit ci-dessus. La mondialisation et tout ce que cela comporte comme effets secondaires est venue remettre en question, dans un contexte de pauvreté, cette conception africaine sous le prisme du développement et du progrès. La première critique formulée à la conception de la femme ménagère est l’asservissement et la déshumanisation de la femme en la réduisant à une servante. La deuxième critique relève du fait que cette conception avait pour effet négatif de considérer la femme comme « la remplaçante » de l’homme et non comme « la compagne » ou « la complémentarité » de l’homme. Cette conception africaine et camerounaise a créé sa propre mort devant la poussée de la mondialisation. Celle-ci est donc venue avec des concepts innovants comme « l’égalité » entre l’homme et la femme.

L’émancipation de la femme africaine

La problématique de l’émancipation de la femme est donc le fait d’une culture de la conscience collective de la déshumanisation de la femme par les hommes en Afrique. Les raisons pour lesquelles les femmes sont considérés comme telles sont légion. La population étant considérée comme un marché potentiel dans un contexte de la mondialisation, la femme devient un objet marketing. Il devient donc nécessaire d’influencer l’opinion collective par le concept d’égalité homme/femme en considérant par exemple que la femme n’est pas née pour être « ménagère », elle peut aussi « travailler » comme l’homme et se prévaloir des droits et devoirs conférés à ce statut. Du coup la question qui se posait sur la paternité des tâches ménagère se pose et il devient donc légitime de les imputer aussi à l’homme. Il devient, en ce moment difficile de faire la nuance entre la responsabilité de l’homme et de celle de la femme dans le cas où celle-ci n’exerce aucune activité professionnelle. Quelle sera maintenant le statut de la femme en ce moment-là ? Celle-ci va-t-elle rester « ménagère » comme je l’ai démontré plus haut ?

Le concept de féminisme ne tombe pas du ciel comme un cheveu dans la soupe. Dans le contexte de mondialisation, la femme est devenue un objet de marketing sous plusieurs aspects : planning familial. Je me suis toujours posé la question sur le sens du financement de planning familial par la Banque mondiale. Est-ce pour le bien-être de la femme qui revendique ce droit de décider en toute âme et conscience le moment propice pour elle de concevoir ? Soit. Il serait tout de même absurde de refuser à la femme le droit de prendre une décision utile pour son bien-être. Cependant, peut-on par-dessus tout considérer la problématique de la guerre du nombre comme moins importante que le bien-être de la femme ? Autrement dit, la guerre du contrôle de la population mondiale dans le monde où la croissance des populations non européennes vécue en Occident comme une menace géostratégique est-elle moins à considérer que le bien-être de la femme ? Cette idéologie sur le fait que la population africaine et en particulier camerounaise est trop nombreuse n’est-elle pas utopique ? Elle est même, à la limite, une baliverne. Du coup, je peux comprendre le pourquoi de cette notion d’égalité homme/femme si chères aux féministes engagées.

Le contexte de pauvreté n’est pas pour faciliter la compréhension non plus. L’homme qui allait au boulot tôt le matin est considéré comme chef de famille. Détenteur de pouvoir d’achat, il est de ce fait considéré comme un homme puissant, donc, celui qui a le destin de la famille entre ses mains. Le chômage élevé de l’homme est donc signe que le glas a sonné pour lui. Du coup, la donne change et la femme se voit nantie d’un devoir de survie de la maisonnée. Elle est alors livrée aux petits commerces de la rue et de la trié appelé vulgairement au Cameroun « bayam sellam ». Ce pouvoir financier dévolu aux hommes change de mains. La question d’égalité homme/femme trouve son pesant d’or. La femme revendique alors cette « place » qui est la sienne et que l’homme occupe illégalement. Au fait, de quelle « place » s’agit-il ? Certainement de la compagne jadis peut-être jamais reconnue par la société pourtant le statut de ménagère ne lui a jamais été reconnu.

Il s’agit ici de reconnaitre que la femme est un être humain qui doit jouir des mêmes droits et devoirs que les hommes. Cette conception selon laquelle la femme est la maîtresse de la situation économique de la famille n’est pas fortuite. Elle est belle et bien un construit idéologique qui a pour objectif de donner à la femme des convoitises injustifiées et injustifiables. Les critiques apportées à la conception de la femme africaine sont justifiées. Il faut aussi le dire sans ambages, cette conception de la femme africaine décrite plus haut est trop biaisée et bafouée par le fait de l’esprit de domination exacerbée de l’homme africain moderne dit « civilisé » qui a réduit la femme à une servante. L’Afrique a toujours, et ce depuis des lustres, considéré la femme comme le centre de l’univers car mamelle nourricière de l’humanité. Pour preuve, d’où vient-il que dans notre génération la femme doit porter le nom de son mari alors que nos mères et grand-mères portaient ou portent leur propre nom?! Il serait donc injustifié que la conception de la femme africaine soit dénouée de tout son sens pour donner à la femme la place qui n’est pas la sienne.

Bonne fête mesdames !

Tchakounté Kemayou (TKC_YVES)


Cameroun : L’orientation académique des élèves, un projet social au service du développement local

Le 1er mars 2014 est une date mémorable pour un baptême de feu pour le moins spectaculaire. L’association dénommée « Le Ndé En Force ADI» en abrégé NEFA (Ndé, du nom d’un département de la région de l’Ouest Cameroun) vient donc d’inaugurer une série de séminaires annuelle d’orientation des élèves de la classe de Terminale de ce département. Durant 10 heures d’horloge, les participants ont eu droit aux conseils théoriques et surtout pratiques des procédés à mettre en œuvres pour un choix optimal quant à leur orientation professionnelle et académique après le Baccalauréat par des experts et étudiants rompus dans leurs domaines respectifs.

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Une vue des élèves participants et attentifs aux conseils de l’expert en tourisme Yves Pascal Honla

Le projet social dénommé « Coaching des élèves de Terminale du Département du Ndé » est l’œuvre d’un groupe de jeunes ambitieux et soucieux du développement durable de leur département d’origine. L’idée vient du fait d’un triste constat que les jeunes camerounais, surtout ceux résidants hors des grandes villes comme Douala et Yaoundé, n’avaient aucune information concernant les filières universitaires et les carrières à cours et à long terme que peuvent mener ces formations. Les désertions scolaires et les échecs répétés sont considérés comme les conséquences d’une mauvaise orientation pendant les études du secondaire. Il était temps de mettre à la disposition de ces jeunes élèves vivant pour la plupart en campagne des astuces et des outils qui leur permettront de faire le meilleur choix pour la réussite de leur cursus académique et leur carrière professionnelle. Pour ce faire, l’association « Le Ndé En Force » a mis les petits plats dans les grands en organisant ce séminaire de coaching avec à la clé des professionnels, doctorants et des hommes d’affaires qui sont venus partager leurs expériences si enrichissantes et si diversifiées.

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Une vue du panel d’experts et professionnels

Sous la coordination d’Arnaud Nana (Chef de projet), les 100 élèves, sélectionnés selon leur mérite au cours du 1er trimestre 2013 de l’année scolaire en cours, ont donc écouté attentivement les conseils des professionnels comme Achille Fumtchum (Télécommunication et Informatique), Frank William Batchou (Journalisme et communication), Olivier Kassi dit Kangol Ledroïd comme nom d’artiste designer (Art et culture), Olive Chabet (Gestion des Ressources Humaine (GRH)), Tchakounté Kemayou (Sociologie), Jean-Jacques Njoh-Mbappe (Génie civil et BTP), Yves Pascal Honla (Tourisme), Me Nkongho Tom (Avocat), Dr Simo (Pharmacie) et Hon. Djeuyong Frédéric (Entreprenariat). Les grands absents, à savoir les experts dans les domaines de la médecine et le génie agricole ont laissé tout de même un vide qui a été comblé par une ambiance et un enthousiasme que les experts ont suscité chez ces jeunes élèves soifs d’avoir leur Baccalauréat et d’intégrer le monde universitaire. Ces élèves sont donc des ambassadeurs auprès de leurs pairs. Les conseils qu’ils ont reçus seront retransmis avec la fidélité qu’on reconnaît aux meilleurs élèves. D’où le choix selon les résultats obtenus.

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Une vue des personnels enseignants des lycées et collèges de la ville de Bangangté

Il est, toutefois, à noter que c’est une 1ère expérience qui a tout de même connu un grand succès avec le patronage de la mairie de Bangangté, avec aussi et surtout les enseignants curieux qui souhaitaient avoir une idée de ce projet social qui a fait courir plus de 100 élèves. Cela n’a pas empêché le séminaire de tenir les promesses des fleurs et de susciter beaucoup d’intérêts des jeunes sur les métiers qu’ils n’ont connus que sur place.

La fin du séminaire de coaching a été marqué par la remise des attestations de participations aux élèves, une photo de famille, des discours de circonstance et plus particulièrement de celui de la Présidente Viergine Du Ndé qui, malgré l’accident survenu le 12 janvier 2014 de retour sur Douala après une mission sur Bangangté pour préparer l’événement, a tenu a remercier tous les participants et les sponsors et plus particulièrement AREA Cameroun, société d’assurance représenté par Rodrigue Kendo. Toute la logistique, la mise en place et la discipline des élèves participants est une oeuvre des mains chaleureuses de Ella La Rose qui a veillé au grain. Pour une meilleure organisation dans l’harmonisation et la synchronisation des articulations du séminaire, Armand Tankoua n’a pas été de tout repos. Il faut le dire sans hésiter, le concours des relais résidant sur place à Bangangté piloté des mains de maître par Flore Namedji a été incommensurable, sans oublier le très remarquable Emile Désiré Singeh à travers son cabinet de conseil en management « Go Ahead Africa ».

Vivement, à l’année prochaine !

Tchakounté Kemayou