Yves Tchakounte

Journée internationale de la personne handicapée au Cameroun: les gesticulations politiques

Afin de favoriser l’intégration et l’accès à la vie économique, sociale et politique des personnes handicapées, une Journée Internationale des Personnes Handicapées à été proclamée, en 1992, par les Nations Unies, à la date du 3 décembre. Cette journée mondiale est par ailleurs l’occasion idéale de réaffirmer certains principes de base, trop souvent oubliés: « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Le respect de cette dignité due à chaque personne, valide ou non, implique la reconnaissance de droits fondamentaux comme l’éducation ou l’accès au travail. Il est important d’insister sur ces deux domaines compte tenu du fait que le souci principal pour toutes les personnes handicapées est de se libérer du joug infernal de la dépendance. Seuls, l’éducation et le travail peuvent donc permettre, à toutes personnes souffrant d’un handicap, à être indépendant et à se sentir utile pour servir son pays comme tout citoyen à part entière. La bonne organisation de ces deux domaines est donc une condition sine quo non pour que cette catégorie de personnes ne se sente pas marginaliser, discriminer ou stigmatiser. L’éducation et l’accès à l’emploi sont au coeur des enjeux de développement et de l’épanouissement de cette couche sociale minoritaires, fragile et fragilisée. Sur ces deux domaines précisément, il faut le dire de vive voix, les personnes en situation de handicap ne sont pas les bienvenues au Cameroun. Pour ne pas faire un récit volumineux sur la condition de la personne handicapée au Cameroun, j’ai choisi ici de mettre l’accent sur le dernier acte gouvernemental qui avait suscité un débat en son temps et qui reste encore d’actualité.

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Sit-in devant l’entrée du Premier Ministre le 07 Novembre 2011

Emploi: Le recrutement spécial de 25.000 jeunes diplômés dans la fonction publique

Dans son discours traditionnel à la jeunesse le 10 février 2010, le président de la République Paul Biya annonce le recrutement spécial de 25.000 jeunes diplômés dans la fonction publique pour juguler le chômage des jeunes. Ce discours avait fait couler beaucoup d’encre et de salive quant à l’opportunité de ce recrutement et aussi aux critiques selon lesquelles le recrutement des jeunes chômeurs à la fonction publique est une solution facile. La priorité devrait être le développement et l’assainissement du tissu économique pour inciter et susciter l’investissement privé. Malgré tout, le gouvernement de Paul Biya a décidé d’aller jusqu’au bout de sa logique et le 09 mars 2011, l’avis de recrutement a été lancé. L’affluence a été tel que les personnes en situation de handicap ont saisi l’occasion pour faire entendre leur voix. C’était alors une occasion en or pour enfin trouver de quoi occuper leur quotidien et arrêter d’être à la charge de leur famille et des amis. Le secteur privé étant trop complexe, l’Etat est considéré comme le sauveur, le bon samaritain. C’était sans compter le cynisme de ces fonctionnaires tribalistes et corrompus jusqu’à la moelle  épinière. En effet, c’est comme si tout était fait pour ne pas respecter la loi d’avril 2010 sur la protection des personnes handicapées qu’ils ont eux-mêmes mis en place. Les leaders des associations conduit par le GIC-HANDIC (Groupement Inter-Communautaire du Handicap), comme par intuition, se lancent dans une sorte de lobby et de pression pour attirer les fonctionnaires chargés du recrutement (Premier Ministère et Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative-MINFOPRA) à travers des lettres de mise en garde contre le non respect de la loi; mais aussi à travers les communiqués et des appels pour inciter des personnes en situation de handicap à déposer leur dossier de candidature.

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Handicapé manifestant du 07 Décembre 2011

La loi no 2010/002 du 13 avril 2010 portant protection et promotion des personnes handicapées

Comme beaucoup l’avait prédit, à partir du mois d’août 2011, les voyous de fonctionnaires ont donc publiés les listes des présélectionnés. Il fallait attendre que la publication de toutes les listes soit effective pour faire le bilan. C’est donc le 30 octobre 2011 que tout est bouclé et il est avéré que dans ces listes, seulement 50 jeunes diplômés handicapés ont été retenus sur un potentiel de 726 dossiers de jeunes diplômés de handicapés déposés. L’indignation et la frustration gagnent les rangs. Comme un seul homme, le 07 novembre 2011, une centaine de personnes handicapées, venant de toutes les régions du pays, y compris les recrues, prennent la direction de Yaoundé et assiègent le Premier Ministère qui assure l’étude technique des dossiers. L’entrée du Premier Ministre est noire de monde: c’est le sit-in. L’objectif est de perturber le passage du maître des lieux. Immédiatement, le secrétaire général du Premier Ministère consent à recevoir quelques quatre personnes pour prendre la doléance des personnes handicapées. Il a été démontré que la commission nationale de recrutement n’a pas tenu compte de l’approche handicap comme le stipule la loi dans tous les recrutements au Cameroun. En effet, la loi précise « qu’à compétence égale, la priorité de recrutement est accordée à la personne handicapée ». Cette loi va plus loin que la loi n° 83/013 du 21 juillet 1983 relative à la protection des personnes handicapées qui prévoit un quota de 10% pour les personnes handicapées dans les recrutements massifs pour les emplois publics et privés. Le chef de séant a reconnu l’erreur et a promis d’y remédier. Promesse a été donné de réexaminer les dossiers de toutes les personnes handicapées. Une conférence de presse a même été tenue le 09 novembre 2011 pour réaffirmer cette nécessité de donner aux personnes handicapées ce dont ils ont droit. Le sit-in est donc suspension pour attendre une autre publication.

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La grève de la faim du 30 Décembre 2011 au 7 Janvier 2012 au siège du droit de l’homme d’Afrique centrale et en face de l’ambassade des USA au quartier du Golf à Yaoundé

C’est le 09 décembre 2011 qu’intervient les listes dites « additives » qui, heureusement, a rectifié le tir en passant de 50 à 457 jeunes diplômés handicapés recrues sur un total de 726 dossiers, dont 269 dossiers rejetés. Ces chiffres ont été communiqués à l’association COMICODI qui souhaitait comprendre les raisons de la colère de ces personnes qui ne cessaient de manifester leur colère malgré la publication de ces listes additives. Une grève de la faim a été organisé par quelques mécontents pendant neuf jours, du 30 décembre 2011 au 7 janvier 2012 devant le siège de la représentation régionale des droits de l’homme pour l’Afrique centrale. Les raisons de ces rejets sont toutes invraisemblablement incompréhensibles. Il est reproché aux personnes handicapées dont les dossiers ont été rejetés leur « incompatibilité avec le poste de travail » qui est tout de même une violation des textes qui parlent plutôt de l' »l’adaptation du poste de travail ». Les décideurs cherchent plutôt la compatibilité du handicap de la personne au poste de travail à pourvoir, ce qui est une malhonnêteté intellectuelle. Ce qui réduit considérablement les chances de cette catégorie, dans un contexte où tout est fait sans tenir compte de l’approche handicap. C’est donc cela qui est le véritable frein à l’emploi des personnes handicapées au Cameroun.

Le 03 décembre sert donc à quoi?

Pour être sincère, la journée internationale des personnes handicapées ne servirait à rien si dans toutes politiques de gestion de la cité la dimension handicapé tiendrait lieu de subsidiarité. Les discours selon lesquels « les personnes handicapées savent même faire quoi? » sont encore dans les subconscients de ces fonctionnaires en mal de probité intellectuelle. Ces discours ont tendance à voir en la personne handicapée comme un éternel nécessiteux, une personnes encombrante, un éternel consommateur qui ne s’aurait acquérir une indépendance financière quelconque. Si c’est l’Etat qui est sensé être le protecteur de ces couches si fragiles, comment comprendre alors ce genre de discours de la part même de nos fonctionnaires? Devons-nous comprendre qu’au Cameroun, les personnes handicapées n’ont plus aucun protecteur malgré la clarté de la loi qui exige leur protection?

Cette 22ème journée donc le thème s’intitule: « Briser les barrières, ouvrir les portes – Vers une société inclusive et un développement accessible à tous » est fort évocateur sur la place qu’occupe les personnes en situation de handicap dans notre société. Les barrières ne peuvent se briser et les portes ne peuvent s’ouvrir que si l’on a en face des interlocuteurs qui font preuve de loyauté et d’intégrité pour que le « développement soit accessible à tous« . Comment faire dans ces conditions de clochardisation et de stigmatisation tout azimut? La seule solution, évidemment, reste la débrouillardise! Beaucoup parmi ces personnes handicapées s’en sortent très bien. Mais, le hic est que leur réussite cache mal ce climat délétère de la condition de vie pas du tout enviable de la majorité.

La seule astuce qu’on doit conseiller à toutes personnes en situation de handicap, c’est d’exister sans attendre une assistance quelconque qui viendrait de l’Etat. Il ne reste qu’à se surpasser, à montrer de quoi on est capable, à donner le meilleurs de soi malgré les difficultés. Je suis conscient que ce n’est pas facile. Ce n’est que par l’effort personnel que la réussite est garantie. Au moins là, on est sûr qu’on ne doit rien à sa patrie que les personnes handicapées sont prêtes à servir qui elles veulent.

TKC_YVES


Cameroun: NGONDO 2013 et le message des ancêtres au peuple Sawa

NGONGO 2013 vient de voir son apothéose ce dimanche 1er décembre. L’une des articulations la plus spectaculaire et la plus marquante, c’est la « Messe de l’eau ». C’est le point focal de la cérémonie et c’est aussi elle qui clôture toute la semaine du NGONDO de chaque année. La cérémonie de la « Messe de l’eau » est la plus courue du public de la capitale économique du Cameroun qu’est Douala. Il faut rappeler que le NGONDO est une tradition du peuple Sawa qui célèbre la culture et c’est l’occasion pour ce peuple de se retrouver pour célébrer l’art vivant et alerter le monde sur une question d’actualité, sur la sauvegarde et la pérennité de la tradition Sawa.

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La cérémonie de la « Messe de l’eau » a eu lieu généralement un dimanche. Elle marque la clôture des activités du NGONDO et c’est la raison pour laquelle sont toujours associées les personnalité de la ville, et même du pays, qui viennent honorer la tradition par leur présence. Danses, luttes traditionnelles, Election de Miss Ngondo, musique, gastronomie et bien d’autres merveilles qui meublent la semaine du NGONDO sont des curiosités qui ne font pas courir le public comme celle de la « Messe de l’eau ». Celle-ci représente le coeur de la tradition et c’est au cours de cette cérémonie qu’un message venu de l’eau sera délivré au peuple Sawa.

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En effet, la « Messe de l’eau » est précédée de la cérémonie d’intronisation du nouveau président du NGONDO qui aura un mandat d’un an pour diriger son peuple en lui montrant la voie de la sagesse. Cette sagesse est l’oeuvre des ancêtres venu de l’eau. Un initié est envoyé au fond du fleuve (il plonge en profondeur) avec une calebasse ou généralement un panier pour y récupérer le message délivré par les ancêtres destiné au peuple Sawa. Cette tradition a été respecté cette année et le président en exercice nouvellement installé est considéré comme celui qui aura la lourde charge d’amener son peuple à suivre les conseils des ancêtres. Le message de cette année est tout de même révélateur d’un constat qui appelle à une réflexion urgente.

Message: « Le peuple Sawa doit faire beaucoup d’enfants »

C’est en substance le message qui a été contenu dans le panier que nous a apporté le « facteur traditionnel ». Personnellement, j’ai un peu méditer sur cette nouvelle trouvaille de nos ancêtres Sawa. Du coup, je me rappelle que l’Occident a une population vieillissante, et que chez nous, le planning familial issu d’une politique de gestion rationnelle des naissance face à la crise économique et à une pauvreté criarde des familles, sont d’actualité. Je me suis rappelé aussi que l’Afrique, continent assez vaste que l’Europe a une natalité qui baisse de temps en temps malgré la vigueur de sa jeunesse et, a, par conséquent, besoin encore d’âmes. Les arguments de pauvreté peuvent-ils à eux tous seuls justifier la limitation des naissances de nos frères et soeurs Sawa? Difficile de le dire péremptoirement. Faut-il encore chercher à comprendre pourquoi des personnes aussi nanties puissent aussi limiter leurs naissances? Pour d’autres, le mimétisme des Sawa est vite trouvé comme argument. En fait, il s’est agit pour ce peuple que faire beaucoup d’enfants est synonyme « d’envahissement » de « désordre » si je peux me permettre les termes. Le nombre d’enfants, par intuition, était aussi un indice de pauvreté. Plus on a beaucoup d’enfants, plus on est pauvre. Le nombre d’enfants n’a jamais été démontré comme la cause de la pauvreté ou de la richesse d’une famille. Curieusement, la raison principale avancée par les tenants de la théorie du planning familial est que pauvreté et nombre d’enfants sont liés. Il faut donc dire que cette limitation de naissance pourrait être la cause du sous-peuplement et de la non représentativité, en terme de démographie, de certains groupements ethniques.

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Quelle mouche a donc piqué nos ancêtres pour les amener à comprendre que la force et le leadership d’un peuple sont aussi fonction du nombre d’âmes, après tant d’années et tous ces temps perdus qui ont donné du crédit à ces théories importées de planning familial? L’Afrique est donc surpeuplée pour prétendre à la limitation de ses naissances? Avec plus de 30 millions de Km², et une population de plus de 1 milliards, le continent en a-t-il encore besoin. Manifestement, oui. Peut-on penser du message de nos ancêtres Sawa! Il faut dire que la démographie est un enjeux politique qui est loin d’être un jeu d’enfants. Depuis 1970, la proportion de jeunes de moins de 15 ans était de 38 à 43%. Sous de l’effet du planning familial, cette proportion est à la baisse. Les prévisions nous font voir que de 1990 à 2025, la moyenne passera de 6 à 4 enfants par femme. Ainsi, à titre d’exemple, l’Afrique du Nord passera de 43 à 25% de taux de jeunes de moins de 15 ans. L’augmentation de la courbe de moins de 15 ans est une preuve de la forte natalité. La baisse de la courbe de cette couche est donc inquiétante.

Malgré tout, l’Afrique est et restera le continent de la jeunesse. Jusqu’en 1950, l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Europe étaient coude à coude avec une estimation de 40 à 43% que cette couche de la population représentait (de moins de 15 ans). Ce n’est qu’à partir de cette date que chacun de ces trois continents vont voir leurs destins divergents. Dès 1990, les africains de moins de 15 ans représentent 44% contre 35% pour l’Amérique Latine. En 2025, ces proportions vont baisser et représenteront 34% pour l’Afrique et 26% pour l’Amérique Latine, alors que l’Europe n’enregistrera que 16% de jeunes de moins de 15 ans. Comme analyse, ces hypothèses sur la perspective peuvent être remises en question par des événements nouveaux, des évolutions différentes. Il est donc avéré que le SIDA et le paludisme, les guerres de plus en plus répandues, les famines, l’absence d’infrastructures, la condition des femmes,  aient un effets désastreux sur l’évolution de la natalité.

Voilà donc ainsi dévoilé et analysé à notre manière, ce message de nos ancêtres adressé, non pas seulement au peuple Sawa premiers concernés, mais à tout le peuple africain. Comme pour dire que la force et la puissance d’un peuple peut aussi se démontrer par le nombre de ses âmes. L’infériorité numérique de ce peuple dans son propre aire géographique est donc mise sur la table pour relancer le débat du planning familial.

Jalatane o Mbale (Traduction: Communion dans la sincérité).

Vive la Messe de l’eau!

TKC_YVES


Un navire de guerre français au port de Douala : ingérence

La France contrôle son précarré par un positionnement stratégique dans le golfe de Guinée. Selon l’état-major des armées, « Un bâtiment de la marine nationale, le BPC Dixmude, avec à son bord quelque 350 hommes et une centaine de véhicules, est arrivé jeudi dans le port de Douala (Cameroun), au moment où la France s’apprête à intervenir en Centrafrique » a indiqué le journal en ligne www.237online.com. La source confirme que le navire restera sur place à Douala et que « cela fait partie des mesures conservatoires que les armées françaises sont en train de prendre, compte tenu de la situation en République centrafricaine ».

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Un petit détour dans les forums de discussion, les commentaires des Camerounais fusent de toute part et le premier qui a suscité mon attention est celui qui met en évidence la fragilité de l’armée camerounaise gérée par le régime de Biya en 31 ans de pouvoir sans partage. Cette information démontre à suffisance la naïveté de ceux qui ont vite fait d’affirmer que « Le Cameroun n’est la chasse gardée de personne ». Ainsi, voilà que le régime en place a été incapable de mettre sur pied une armée digne de ce nom capable de repousser toute agression extérieure comme l’a fait et le fait encore si bien la Syrie de Bachar El Assad. La France ne peut jamais avoir ce culot d’accoster son navire de guerre aux côtes syriennes. Voilà donc la différence entre un pays indépendant et un pays sous occupation malgré l’indépendance de façade que nous fêtons en fanfare comme des moutons.

Que veut la France ? Pourquoi soutenir la RCA maintenant ? Je n’arrive pas à comprendre cette contradiction de la France. Quand Bozizé a invité le même Hollande à le soutenir face a l’invasion de la Seleka, le gendarme d’Afrique a laconiquement répondu que la France ne gère pas les problèmes intérieurs de la RCA. Une fois que le pauvre Bozizé tombe et se réfugie au Cameroun, 8 mois plus tard, il y a donc urgence de mettre de l’ordre a l’intérieur de la RCA. On a peur subitement du génocide en préparation. Or, Idriss Déby jouait le gendarme au Mali, et la France était aussi là-bas pour ramener l’ordre. Maintenant, l’épisode du Cameroun a commencé avec l’enlèvement de 7 otages Français, puis du prêtre, puis des incursions des forces Seleka à l’Est, et ironiquement, dans l’urgence, la France décide de stationner son bateau de guerre a Douala puis faire transiter ses hommes et son matériel de guerre sur notre sol.

Les positions moins tranchées contre la France postulent que les Camerounais ont toujours brillé par leur laxisme et leur inertie face aux cris du voisin qu’est la RCA. Qu’ont fait les pays limitrophes à la RCA en proie au désordre pour l’aider en à se stabiliser ? L’expérience du Mali a démontré les limites des Africains a solutionner par eux-mêmes les problèmes récurrents de sécurité et comme la nature a horreur du vide, une « ingérence » extérieure interviendra toujours, coûte que coûte. La présence française en terre camerounaise pour la direction de la RCA est une action condamnée par beaucoup, mais tous ignorent que le refus de sécuriser la RCA mettrait en péril cette paix tant vantée de 31 ans au Cameroun.

Les débats continuent et les Camerounais redoutent tout de même les scénarios similaires tant décriés en Côte d’Ivoire surtout, où beaucoup d’encre et de salive ont coulé soit pour dénoncer, soit pour apprécier l’intervention française qui a fini par déloger Laurent Gbagbo.

TKC_YVES


Halte! Au Cameroun, le SIDA fait encore des ravages. Vive le SIDA!

Le dimanche 1er décembre prochain, le Cameroun se joindra au monde entier pour se pencher une fois de plus sur le sort des millions de personnes dans le monde vivant avec le VIH. Comme il est de coutume en pareille circonstance, l’actualité est au bilan et commentaires sur les résultats obtenus dans la prévention et la prise en charge des citoyens de divers horizons. Les chiffres disponibles au ministère de la santé publique camerounais sont alarmants et ne rassurent sans doute pas.

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Les chiffres montrent que le Cameroun a une prévalence actuelle de 4,3% de la population totale et est répartie entre 5,6% chez les femmes et 2,9% chez les hommes. Le Cameroun est donc un des 20 pays prioritaires des programmes de soutien de l’ONUSIDA. Il reste classé pays à épidémie généralisée. Plus de 570.000 personnes pour une population de plus de 19.000.000 d’âmes vivent avec le VIH au Cameroun. D’ailleurs, plus de 3/4 des malades dans le monde se trouvent en Afrique du sud du Sahara. Voilà donc l’enjeux des dégâts qui nécessite une attention particulière de chacun de nous pour une vigilance accrue. S’il faut encore compter que chaque, pratiquement, plus de 40.000 malades sont enregistrés, l’urgence n’est plus à démontrer. Lorsqu’on pousse l’observation plus loin, il est avéré que la couche sociale pauvre est la plus affectée et représente plus de 82% des personnes concernées par le VIH. Alors que 50% des malades ont accès à ces soins. Mais, un peu plus de 122.000 malades seulement bénéficient des traitements efficaces. D’où la problématique d’accès aux soins d’antirétroviraux qui coûtent les yeux de la tête pour un pays dont le SMIG est pratiquement évalué à 28.000 Fcfa. Comme cette population n’a pas accès aux traitements, celui-ci est-il d’abord disponible en tout temps et en tout lieu? Ensuite, comment l’Etat réussit-il à financer ces traitements? Les malades sont-ils enfin satisfaits du service?

Les 3 et 4 juin 2013 à Yaoundé se sont tenues les 5e Journées scientifiques de l’Agence nationale de recherches sur le SIDA et les hépatites virales (ARNS, organisme français représenté par une antenne au Cameroun). Lors de ces journées scientifiques, une décision d’urgence est prise pour venir au secours des malades: la mise à la disposition de l’Etat camerounais de plus de 27 milliards de Fcfa pour pallier aux besoins de traitement en priorité. Ainsi, les traitements de première et de deuxième ligne sont mis à la disposition de 122.000 malades seulement.  Les statistiques datant de décembre 2012 peuvent être réparties de la façon suivante:

– Population Total: 20 549 221 (estimation juillet 2013);

– Taux de prévalence : 4,3% ( 5,6% chez les femmes et 2,9% chez les hommes)

– Taux de prévalence chez les femmes enceintes : 7,8%

– Taux de prévalence chez les homosexuels : 44,3% à Yaoundé et 24,2% à Douala

– Taux de prévalence chez les prostitués : 26%

– Taux de prévalence chez les hommes en tenu : 6%

– Montant alloué en juin 2013 : 27 milliards Fcfa (Agence nationale de recherches sur le SIDA et les hépatites virales (ARNS, organisme français représenté par une antenne au Cameroun))

– Montant des ressources publiques : 9,5 milliards de Fcfa

– Ressources partenaires internationaux : 64 milliards de francs CFA sur cinq ans, qui court depuis 2011 (Fonds mondial de lutte contre la SIDA, le paludisme et la tuberculose)

– Nombre de séropositifs : 570.000

– Nombre de malades indigents : 322.000

– Nombres de malades prix en charge par le fonds de la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments essentiels (CENAME, organisme publics sous tutelle du ministère de la Santé publique)

–  les ressources disponibles pour satisfaire ces besoins : 18 milliards Fcfa

– Prévision de prise en charge : 49%, donc à peu près 150.000 malades

– Nombre de malades éligibles aux ARV : 267.075 parmi lesquels 33.109 enfants

– Nombre d’infection annuelle : 40.000 en 2012, 46.000 en 2006 et en 2009

– Nombre de décès annuel : 32.800

– Nombre de centre de traitement agréé sur le territoire national : 155

Il serait donc fallacieux de prétendre à une satisfaction de la clientèle compte tenu de ce récapitulatif pas tout à fait reluisant de la situation des malades du VIH au Cameroun. Infrastructures et moyens financiers insuffisants sont parmi les griefs des ONG à l’encontre du gouvernement camerounais dans la prise en charge des plus indigents. De leur côté, les associations et ONG se battent comme de beaux diables pour, ne serait-ce que, sensibiliser la population pour une prévention efficace, mais aussi et surtout sensibiliser la population pour une meilleure prise en charge en prodiguant des conseils et des astuces pour assurer une bonne hygiène corporelle et de l’environnement des malades et séropositifs. Ainsi, l’association SunAids dirigée par Mme Lucie Zambou amis, depuis 2005, à la disposition du public un numéro vert (88 21 50 50) disponible du lundi au vendredi de 9H à 17H et accessible gratuitement aux réseaux de tous les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun. C’est l’innovation de cette année compte tenu du fait que ce numéro vert est resté inconnu du grand public jusqu’à ce jour.

Vivement, que les population en prenne conscience!

TKC_YVES


Le Cameroun et l’indiscipline caractérisée des autorités publiques

Comme j’ai toujours eu l’occasion de le dire, le Cameroun est gangrené par la peste des fonctionnaires visiblement incultes et indisciplinés. Il m’arrive souvent de vivre des situations un peu déconcertantes où des personnes généralement insoupçonnées se comporte honteusement et sans gêne au vu et au su de tous, même sous la barbe des personnes les plus averties. L’une des scènes les plus cocasses se passe sur la nationale Douala-Yaoundé le week-end du 16 et 17 novembre dernier. Sur la route de Yaoundé en quittant Douala, dans une voiture avec des amis, nous sommes au niveau du péage de Mbankomo. Nous apercevons de loin derrière-nous une longue file de voitures en cortège visiblement en partance aussi à Yaoundé. C’est le bruit des sirènes des deux motards d’escorte qui ont sérieusement attiré notre attention. Après quelques silence de réflexion et de renseignement, nous nous sommes donc aperçu que le cortège est en fait celui du DGSN (Le délégué Général à la Sureté Nationale) du Cameroun. Unes sorte de Directeur Général de la police Camerounaise, qui revenait de Douala après la visite du chef de l’Etat dans la capitale économique et ledit cortège est constitué d’une quinzaine de voitures qui franchissent toutes le péage sans payer.

Quand nous arrivons devant l’agent du péage, le chauffeur s’empresse de demander à l’agent:

– pourquoi toutes ces voitures n’ont-elles pas payé?
– Vous ne voyez pas que c’est le DGSN? Rétorque l’agent.

Nous nous enflammons en lui montrant alors la plaque visible pour tout le monde qui est à côté où il est écrit: « TOUT LE MONDE PAIE« . Nous avons ressentit qu’il était complètement gêné. Et le chauffeur de préciser:

– on n’a pas écrit « SAUF LE DGSN »
– Monsieur, me renchérit-il, il faut respecter les autorités payez et dégagez la voie.

Le retard que nous avons accumulé jusque là nous a contraint à laisser tomber en prenant de nous acquitter de notre devoir de citoyen. Alors, nous avons payé et nous avons continué la route.

Le lendemain au alentour de midi, vers le Péage de Boumnyebel, notre véhicule se trouvais juste derrière un pick up de la Police où se trouvaient des personnes appartenant au corps de la police camerounaise. Ils étaient visiblement à aux obsèques. Au volant se trouvait un commissaire principal de Police. Ce qui nous a d’emblée, c’est ce comportement des hommes en tenus qui utilisent des biens de l’Etat pour des voyages personnels (Abus de biens sociaux). Plus grave encore, ledit le véhicule franchit le péage sans payer.

Le même scénario de la veille que nous avions vécu au péage de Mbankomo nous reviens à l’esprit et le chauffeur de récidiver en questionnant l’agent du péage:

– Pourquoi cette voiture n’a pas payé?
– Vous voyez bien que c’est un véhicule de la police, répond-il poliment sans gêne.
– Je vois surtout que sur la plaque là bas on n’a pas écrit « SAUF LES VÉHICULES DE LA POLICE ». Lui dit le chauffeur en indiquant l’habituel panneau d’avertissement. Et il ajoute: Dans ce cas moi non plus je ne paye pas.

Le gendarme en faction est alors appelé en renfort et tente de jouer le médiateur en commençant par une injonction:

– Monsieur vous devez payer. Argue-t-il d’un ton autoritaire.

Le refus du chauffeur de payer a déclenché un brouhaha indescriptibles et il s’ensuit une violente altercation entre le gendarme, l’agent du péage et nous-même qui encouragions notre chauffeur à ne pas céder aux menaces. La conséquence est immédiate: le blocage de la voie avec une longue file indienne de véhicules à notre suite et un concert gratuit de klaxon. Tout ce spectacle inhabituel a attiré l’attention du commissaire Principal qui s’était arrêté pour acheter quelques fruits et aliments bon marché vendu aux abord de la chaussée. Il arrive donc à la rescousse, se fait expliquer le problème et pour toute réponse dit au gendarme:

-Laissez le partir avec sa malchance!

Notre chauffeur démarre alors en trompe sans payer. Personnellement, je n’en suis pas fier, mais je pense que s’il faut restaurer l’ordre et la discipline, l’exemple doit venir d’en haut.

Abus de pouvoir ou autorité:

L’abus de pouvoir ou d’autorité dans ce cadre précis relève du respect de la discipline sans discrimination ou ségrégation de quelles natures que ce soit. Ici, les hommes en tenues sont considérés comme des personnes privilégiées à qui personnes de peux exiger de respecter les lois de la République. Comment se fait-il que cette catégorie de citoyens viennent à ne pas de soumettre à la règle sous la barbe des personnes qui sont censées les faire appliquer?  Il est établi que ce genre d’attitude peut avoir de graves conséquences affectant l’intégrité de ce corps de métier d’avec la société toute entière.

L’abus de pouvoir ou d’autorité peut prendre diverses formes, dont les suivantes : Intimider ou harceler le personnel; Demander des faveurs ou services personnels; Faire pression sur le personnel d’un service pour l’amener à déformer la réalité des faits ou à violer les règlements. La frustration des autres citoyens qui vivent les faits, peut engendrer un désordre social avec comme conséquences fâcheuses des réactions violentes irréversibles.

Le Cameroun, comme il va! Shame!

TKC_YVES


Qualification au mondial de football 2014: Lions Indomptables du Cameroun, une victoire pour quoi faire?

Un bilan élogieux (?) donc après une victoire des Lions indomptables du Cameroun sur la Tunisie (4-1) cet après-midi sur le stade de Fandena de Yaoundé. Il faut quand même dire que cette victoire reste mitigée malgré l’enthousiasme et l’assurance mal contenue que les camerounais n’hésitent plus à brandir maintenant. Il ne fait aucun doute que personne, du moins la majorité vendait moins chère la peau du lion avant de l’avoir tué. Voilà qu’une simple prestation est venu brouillée le scepticisme de ceux qui avaient jurés ne plus faire confiance à ces « valeureux » lions qui, depuis maintenant quelque dix ans déjà étaient devenus subitement domptables.

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Samuel Eto’o et Rigobert Song jubilant en exécutant des pas de danse à l fin du match

Il n’est pas exagéré de dire que le football et en général le sport, à part les victoires mitigés, n’a rien apporté à un peuple qui a besoin de plus que du simple jeu. La politique a trouvé refuse dans le football à travers ses victoires pour cacher la misère d’un peuple qui ne demande pas grand-chose que des infrastructures pur exprimer les talents des jeunes prodiges. Et comme le peuple a soif de l’extase, il se content, à son tour, de ces victoires engrangées par les joueurs professionnels qui n’ont pas besoin des infrastructures du bercail pour s’exprimer. Les joueurs deviennent donc des pions pour servir de jeux d’échecs. Ainsi, Eto’o, en se laissant convaincre de revenir au sein des Lions, Mr  Biya a misé gros sur ce retour. Biya et Eto’o sont donc les deux grands manipulateurs de l’équipe nationale. Comme toujours, le vieux dictateur pense pouvoir s’accrocher sur une victoire de l’équipe nationale pour créer l’illusion que le Cameroun se porte bien.

J’emprunte ici les mots de mon compatriote Brice Nitcheu pour dire ce qui suit. Il faut maintenant revenir au fond des choses pour comprendre pourquoi les Lions étaient devenus peu avant de ce dimanche, la risée du monde sportif. 31 ans d’un pouvoir corrompu et prébendier, zéro stade construit. Zéro Coupe d’Afrique des Nations organisée. Même le Gabon et la Guinée Equatoriale, donc les populations réunies ne font pas le 1/10 de la population du Cameroun, ont construit de grands stades, et organisé  avec succès une Coupe d’Afrique des Nations. Plusieurs fois, les stades Omnisports de Douala et de Yaoundé ont été suspendus par la FIFA pour cause d’insécurité et de vétusté. Même le match d’aujourd’hui a été avancé d’une heure plus tôt pour cause de manque d’éclairage du stade Omnisport de Yaoundé. Le stade de Garoua est tombé en ruine. Les primes des joueurs sont généralement détournées par des bandits assis à la Fecofoot qui volent pendant que les joueurs risquent leurs tibias sur les stades. Même lorsque les Camerounais se sont mobilisés dans un élan sans précédant pour cotiser près d’un milliards de nos maigres FCFA pendant la Coupe du Monde des Etats Unis, ce pactole est resté « entre Paris et New York ». Les Lions étaient devenus depuis ces dernières années une vielle carcasse qui ne fait plus peur à personne, mais qui enrichi quelques saltimbanques et escrocs de tout acabit, et sert d’exutoire pour Paul Biya pour étouffer toute insurrection populaire. Dommage que le Cap Vert ait été éliminé sur faute de l’encadrement qui avait aligné un joueur suspendu. La population de Fandena allait revivre la déculottée de leurs pauvres Lions déjà maigres sous les pressions de la mauvaise gouvernance. Dommage! Ils auraient mis fin au cirque de ces Lions domptables. Vivement, à la prochaine occasion, mes chers cap-verdiens. C’est tout le Cameroun qui est à reconstruire. Pas seulement les Lions

Qu’est-ce qu’une victoire des Lions Indomptables apporte aux Camerounais? Rien. Mais, elle permet aux voyous à col blanc de la Fecafoot de se remplir les poches, et a Paul Biya de se maintenir au pouvoir. Pour moi, les Lions doivent perdre tous les matchs qu’ils jouent. Comment croire que dans un pays ou tout va mal, ou tous les secteurs sont foutus, le football seul doit prospérer?

Paul Biya et sa Fecafoot se sont investis personnellement pour un simulacre de motivation de 50 millions de nos Fcfa en cas de victoire. Ils ont en ont donc plein les poches! Pauvres camerounais qui croupit dans la misère et qui est utilisé pour servir un semblant de prospérité. Après l’extase, le traintrain quotidien va nous rappeler nos souffrances et sera donc médusé et l’apprendra à ses dépens, pour ce qui concerne la fourberie du dictateur. Je suis indifférent au sort des Lions, et d’ailleurs, j’ai toujours l’impression d’un soulagement lorsqu’ils perdent. J’espère que vous n’irez pas dire que je suis antipatriotique pour prier le Ciel que les Lions fassent pire qu’en Afrique du Sud où ils avaient fait une récolte de zéro point en se classant avant dernier du tournois.

Shame!

TKC_YVES


L’Université des Montagnes au Cameroun : L’éthique et l’humanitaire dans la pratique de la médecine

J’empreunte les mots de mon aîné et frère Basile Ngono pour qui l’université reste encore un lieu de civilisation. C’est l’un des secteurs où se manifeste le plus les crises que traversent nos sociétés. Il serait trop facile d’analyser cette situation en renvoyant dos-à-dos les gouvernants en mal de compétances et d’initiatives et une société camerounaise arc-boutée sur ses intérêts catégoriels et ethniques. Consciemment ou non, c’est à travers son système d’éducation et d’enseignement qu’une société se définit et c’est probablement le sens même de notre société qui est en cause. C’est à travers sa volonté de marquer la différence dans la consolidation des acquis de l’éthique que les étudiants sont, à partir de leur formation, confrontés aux réalités de la fonction de sacerdoce que requière leur profession. Le clientélisme et la corruption qui ont cours dans nos formations sanitaire ne doivent-ils pas amener les formateur à penser autrement une formation axée sur le droit à la santé du malade qui doit être la priorité chef le médecin? C’est d’ailleurs courant, ces derniers temps, de constater un retour en force de l’éthique dans le monde des affaires. Comment en sera-t-il autrement dans le monde de la santé? Au fait, même si l’éthique a pour principe le respect scrupuleux des lois en vigueur dans un pays, une localité, l’humanitaire est, pour la médecine, le respect de la vie qui n’a pas de prix. Le salaire de la médecine est donc la satisfaction d’avoir sauver une vie. La médecine ne saurait donc être qu’une conviction, c’est une passion et un sacerdoce. Cela doit donc être inculqué aux apprenants au cours de leur formation. Voilà le sens de « Campagne de santé et de Technologie » qui est une grande première au Cameroun.

Depuis ce jour et jusqu’au 17 novembre 2013, vont se dérouler dans la localité de BAMEKA dans les Hauts Plateaux dans la région de l’Ouest Cameroun, une campagne de consultations publiques médicales et bucco-dentaires. C’est un projet mis en place par l’Université des Montagnes (UdM). La particularité de cette université est sa vocation sociale prônée depuis sa création, 15 ans après. Appartenant à une association à but non lucratif, l’UdM a opté depuis 2011 pour l’innovation en s’investissant dans la même philosophie que l’association dont elle est issue.

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Cette campagne est à sa 3ème édition cette année et peut se prévaloir d’un bilan élogieux de 836 personnes consultées en deux éditions. 1200 consultations sont envisagées pour cette campagne qui se déroulera dans un site unique, celui du centre de santé intégré de DJUT, pour sa position centrale par rapport aux autres aires de santé du village. Comme toutes les précédentes, la campagne de 2013, a pour cible les zones rurales où les paysans n’ayant pas accès aux soins de santé sont plus exposés aux risques. C’est donc une vaste opération de consultations/soins bucco-dentaires le samedi 16 novembre 2013 ; Consultations spécialisées le même jour (Dermatologie, Neurologie, Gastro-entérologie, Cardiologie…) ; Dépistages divers (Hépatites, HTA, Diabète, VIH,…) avec prise en charge. Près de 45 étudiants tous bénévoles, dans les filières médicales/technologiques de l’UdM enrôlés et Une dizaine de médecins spécialistes prêts à intervenir. La population bénéficiera donc campagnes des consultations médicales et bucco-dentaires avec prise en charge en médicaments, dépistages de VIH, Hépatite…, consultations vétérinaires dans les fermes et élevages domestiques, partage des progrès technologiques, sous le haut patronage de sa MAJESTE TAKOUKAM Jean Raymond, feuh des Baméka.

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Les défis restes les mêmes avec la présence effective de l’Université des Montagnes, l’acquisition effective du fauteuil mobile dentaire de l’hôpital régional de Bafoussam. Toutes les forces vives intérieures et extérieures ont été priées d’apporter leur main forte tant sur le plan matériel, logistique que financier pour le succès de ce projet porteur pour le développement rural en faveur de la santé des enfants, des femmes et des vieillards. Beaucoup de dons de médicaments aussi ont été réceptionnés depuis le mois de septembre 2013 venant des bénévoles du Cameroun, de l’Europe et d’Amérique du nord.

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Enfin, cette Campagne de dépistage et de prise en charge dénommée « Campagne de santé et de technologie » édition de Bameka 2013 est une œuvre de bénévolat qui doit son existence et sa survie grâce aux soutiens de personnes et organisations humanitaires de :

-Tous les étudiants de 6 eme année CHIRURGIE DENTAIRE de l’Université des Montagnes encadrés par Dr Raoul BOUTCHOUANG, Dr Michael AGBOR et Dr Gladys DJOUSSE ;
-Deux vétérinaires français : Dr PIERRE DAVID et Dr PIERRE PELINARD accompagnés par le Dr NJAYOU AROUNA de l’Université des montagnes pour la descente dans les élevages;
-La participation des médecins, anciens de l’UdM sous la coordination du Dr Clovis KUETCHE, promotion 2011 de l’UdM ;
Italie : Mme Laurelle NGNEPEPJI (Italie), M. Patrick FOSSO (France, Allemagne et Belgique) ; M. Romaric SADEU, M. FOTSING FOMELA Florent (Afrique du sud) ; Dr Modeste MBA TALLA (Canada) ; M. Mesmin PE NGOU (U SA).

 TKC_YVES


Identité et expérience du virtuel au réel: Forum facebook camerounais LCCLC

Le monde du virtuel a toujours été, depuis l’avènement du web, considéré comme un monde d’interactions à la fois sur le monde et les autres utilisateurs du net à l’aide des avatars. Les forums sont par excellence des lieux de rencontres appelé communautés où plusieurs personnes construits de nombreuses relations sociales. Cette communauté virtuelle, à la différence d’une communauté dite réelle est basée sur le sentiment d’appartenir à un monde irréel qui ne peut être identifié que par un avatar, c’est-à-dire une image et le nom représentant l’autre dont l’identité physique pourrait être contestée. Sur ce fait là, l’identité devient donc problématique même par son caractère immuable. Pourtant, l’identité est un caractère de la personnalité dont chacun se revendique. La question qui se pose est celle de savoir si le net est si pervers et coriace pour ne pas donner l’occasion aux utilisateurs de toucher le doigts des vraies identités des paires en ligne.

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L’équipe LCCLC à l’orphelinat SOS VILLAGE D’ENFANTS à Balmayo

Facebook est le réseau social le plus développé en la matière et il représente plus de la moitié des utilisateurs sollicitant les réseaux sociaux sur la toile. Les camerounais, pour ceux qui sont connectés, disposant d’un compte facebook, sont au moins membres d’un forums de discussion. Evidemment, il serait utopique de s’hasarder sur les chiffres presqu’inexistants à l’heure actuelle sur le Cameroun. Seul, le taux de pénétration d’internet (1%) nous montre pourquoi les instituts n’y accordent aucune importance. Mais, il est indéniable de penser que ceux qui sont connectés en profitent pour s’inscrire dans les réseaux à l’instar de Facebook pour plusieurs raisons. Sans entrer dans les détails, je m’attarderais sur le besoin d’information et de communication. Ainsi, les forums d’intérêt général sont les plus sollicités. Du coup, aucun critère de sélection des inscrits n’est prescrit: du journaliste au citoyen lambda, des autorités politiques aux simples militants de la société civile, des cadres d’entreprises aux ouvriers qui possèdent une connexion internet soit au lieu de service, soit à domicile ou même les deux à la fois. Au fait, tout ce beau monde se retrouve dans des plates formes de discussion et d’échange sous le couvert d’un avatar pour partager les informations sur des événements d’une grande ampleur en passant par des faits de société et des blagues à mourir de rire.

Cette option est bien ce qui caractérise « Le CAMEROUN C’est Le CAMEROUN » (LCCLC) forum facebook camerounais qui, depuis deux ans maintenant, vient d’ouvrir une nouvelle ère juste après la célébration, en Allemagne, en France et au Cameroun, de ses deux ans d’existence. Le Cameroun vient de boucler le tour des anniversaires ce week-end du 9 novembre 2013. Un forum qui a fait des vagues, qui connait des fougues de par la diversité de ses membres. Avec actuellement ses 13.500 membres, il a connu des sueur froides comme chaudes. Il a résisté à tous les soubresauts des sceptiques à n’en plus finir. Mais, il n’en demeure pas moins vrais que, comme beaucoup d’organisation physiques, ce forum virtuel a encore du chemin à faire pour se tirer d’affaire. Toutes ces célébrations ont donc été des moments forts du passage du réel au virtuel. Une réelle occasion de briser le virtuel et d’identifier des personnes cachées chacune derrière son avatar. Quelle occasion donc pour ceux qui souhaitent passer des moments historiques à la rencontre des personnes « inconnues » autour d’un verre à la découverte de la nature, de l’environnement riche qu’est le site touristique d’Ebogo à Balmayo, à 40 Km de la capitale Yaoundé.

Il faut l’avouer tout de même, loin d’être une innovation du LCCLC, un anniversaire ponctué par des visites touristiques dans les trois pays sont de véritables « trouvailles » ou « retrouvailles » sont une belle occasion de coutoyer des personnes qu’il serait difficile de rencontrer, de toucher, de parler, d’échanger et de partager un verre aussi facilement qu’on le ferait avec une quelconque connaissance. C’est l’occasion pour les uns de faire la connaissance des personnes ou des personnalités dont chacun pourrait rêver se frotter en toute modestie. Malheureusement, LCCLC n’a pas encore connu ces moments d’extase et d’émotions. A ma connaissance, il serait difficile pour une personnalité du forum de s’aventurer dans la « meule ». Il serait donc opportun, pour les organisateurs de mettre sur la table l »option d’associer une « star » ou « personnalité » camerounaise qui pourrait se frotter à son public en partageant les moments de ‘folies’ pour un week-end.

La première dimension, avant d’aller à Ebogo, et l’une des plus symboliques et les plus marquantes de cette célébration au Cameroun, c’est une courte visite à nos enfants de SOS VILLAGE D’ENFANTS à Balmayo à qui le forum a apporté du réconfort. Ces orphelins ont dons reçu des produits alimentaires que le directeur a réceptionné avec fierté. En quelques minutes, toute la délégation du forum, en compagnie des enfants, a redonné cet espoir qui fait vivre: embrassades, photos et encouragements. La dernière dimension et pas les moindres, c’est une soirée de gala arrosée de mets typiquement camerounaises, bien servis et accompagnés de vin de palme bien fermenté. Les partenaires de l’événement n’étaient pas en reste: Touristique Expresse pour son jolie car de transport, La Cave du Chef pour ses vins, X-Net Phone (marque de téléphone typiquement camerounaise), Shelby Delva pour ses sublimes hôtesses et enfin Rainbow Multi-service. La boucle sera alors bouclée par des tours de danses au Platinium Night Club de l’Hôtel Hilton de Yaoundé.

Au-delà des réjouissances comme il a été de coutume jusqu’ici, le vœux a été émis par un membre et pas le moindre, en la personne de Claude Abate, président de l’un des trois groupements des patronats du Cameroun appelé MECAM (Mouvement des Entreprises du Cameroun), pour qui il est temps de passer aux actions qui feront de LCCLC une différence en mettant la force de la jeunesse que compte le forum au service de la production de la richesse. Pour lui donc, en vrai homme d’affaire, il n’est plus question de se contenter à faire de l’humanitaire, car « Avant d’offrir, il faut d’abord produire ».

Belle conclusion, en somme.

TKC_YVES


Le 06 novembre 2013: 31 ans de pouvoir de Paul Biya sur fond de remous « ahidjoistes »?

Voilà donc une semaine après la célébration des 31 ans de pouvoir de l’actuel président camerounais Biya’a Bi Mvondo qui accédait alors à la magistrature suprême le 6 novembre 1982 par les grâces et la magnanimité de son chef Amadou Ahidjo qui est lui-même au pouvoir depuis 1958 avec le soutien de la France coloniale, l’actualité de la célébration a été polluée par les tintamarres des partisans de Ahidjo qui revendiquent la réhabilitation de sa mémoire. Le premier président de ce qu’on appelle aujourd’hui « République du Cameroun » a joué un rôle assez trouble et suspect qui fait dire à beaucoup qu’il peut être considérer, avec son successeur, comme un harki. Cette date est d’ailleurs mémorable à plusieurs égards compte tenu de sa symbolique funambulesque.

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Cette date marque une transition entre deux visions rébarbatives du système de gestion « gabegique » d’un territoire dont le projet macabre reste encore la transformation en République des Bantou-stands. En fait, pour dire qu’aucune transition n’a eu lieu. Un peu comme la France et l’Angleterre sont venues arracher le Cameroun aux mains des Allemands sous le fallacieux prétexte de nous libérer de la colonisation. C’est la même configuration qui a eu lieu le 6 novembre 1982 mais avec des scénarios différents. Le Cameroun avait donc juste changé de nom de son chef. L’homme du 06 novembre 1982 est donc celui que tous le Cameroun entier se rappelle de triste mémoire. D’ailleurs, les deux hommes étaient les chefs d’un même parti politique sauf que le premier chef avait créé l’Union Nationale Camerounaise le 11 septembre 1966 et le second n’a que changé de nom de l’UNC pour le rebaptiser RDPC pour dire Rassemblement Démocratique du peuple Camerounais. C’était le 24 mars 1985 à Bamenda. Voilà un peu pourquoi l’analyse de ce système est unique et indépendamment de son chef et répond aux mêmes éléments et à la même problématique. La question fondamentale est donc celle de savoir quelle étaient, ou encore, quelles sont les missions de ces deux hommes de pouvoir qui ont mis à sac toutes les matières grise qui sont passé au hacher?

Ces deux hommes sont le symbole de la transition de la colonisation à la néo-colonisation. Toutes les épopées historiques nous le feront voir de plus près. Les anciens administrateurs coloniaux comme le gouverneur San Marco ou le haut-commissaire Jean Ramadier sont des exemples de la tyrannie française compte tenu des témoignages qui démontrent qu’ils sont les maîtres et ouvriers de la fabrication des administrateurs nègres dociles à la France. Beaucoup de méthodes et techniques ont été et sont encore utilisées par le système néocolonial camerounais pour se maintenir malgré tout. Ces méthodes sont encore d’actualité et les deux hommes se distinguent par la façon de les appliquer. Nous avons les grands désastres comme : les massacres à l’Ouest qui succèdent à ceux du pays basa’a ; le train de la mort ; la répression des militants du Pdc en pays Eton, les tueries de centaines d’Arabes Choa dans le village Dolle en une seule journée ; la mise à mort par incendie des habitants du quartier Congo; les tueries de février 2008; les neuf disparue de Bépanda; etc. Sans oublier les techniques de persuasion, de torture et de répressions telles que: la brutalité policière ; la terreur du Cener ; le parti unique ; Tcholliré ; le refus du dialogue et de la réconciliation avec les nationalistes ;  le tribalisme d’Etat, Mantoum, l’interdiction de toute critique ; Yoko ; les lois d’exception et l’état d’urgence permanents ; la Bmm ; les passeports au compte-gouttes ; la corruption institutionnalisée et couverte par l’Etat ; les abus ; la peur au quotidien ; l’opération Épervier, etc. (liste dressée par Georges Ruben Yupissi). Comment ne pas se laisser convaincre par le récit de Ahmadou Ahidjo quand il décrivait lui-même celui qui fût son protégé (Biya’a Bi Mvondo) en le qualifiant de fourbe, apeuré, lâche et hypocrite?  Au fait, Ahidjo ne l’était-il pas lui-même?

Pour ce qui concerne le plan économique, les enjeux, depuis l’octroi du pouvoir au système néocolonial aux deux dictateurs, résident dans la problématique de partage équitable des richesses du sol et du sous-sol du pays. L’œuvre funeste de ces deux hommes est de mettre à la disposition de l’ancienne colonie qu’est la France toutes ces ressources pour faire prospérer leur économie et développer des théories de clochardisation et masturbation intellectuelles pour rendre les nègres, avec une économie extravertie,  totalement dépendants. Pendant ce temps, les esprits morbides demandent aux jeunes de se consacrer à l’agriculture où les subventions, quand elles existent, ne peuvent pas permettre la modernisation et la mécanisation. C’est donc un développement à peine voilée. Un témoignage assez poignant sur le bilan de Biya’a Bi Mvondo illustre bien le désastre économique que subit le Cameroun actuellement par ce système tant combattu : « Les véritables emplois que M. Biya a réussi à créer sont «le Ben skin (Moto Taxi), le Call Box (Points d’appels téléphoniques installés sur les trottoirs), le PMUC et les bars». Pendant que les motos taxis deviennent donc le secteur qui créé le plus d’emploi au Cameroun en ce moment, la Côte d’Ivoire, pays comparable au Cameroun, bien que sortant d’une longue guerre, a su à travers sa Société Ivoirienne de Bus, Sotra, créer une véritable entreprise qui aujourd’hui est une fierté pour les ivoiriens et qui renvois les bus usés à la SOCATUR (Société Camerounaise de Transport Urbain) pour aider les populations de Douala. Elle est côté à la bourse d’Abidjan, participe à la campagne de levée de fonds par le biais d’offres de bons du trésor ivoirien.  Cette société fabrique des Bus sur place à Abidjan et les exporte désormais au-delà des frontières Ivoiriennes. Le Gabon a déjà reçu dix de ses autocars pour son transport urbain plus des ingénieurs et conseillers ivoiriens pour la maintenance et la formation des Gabonais, sans oublié que les bus mercedes de 71 places utilisés pour le transport inter urbain au Cameroun sont montés en côte d’Ivoire. Le Nigeria et d’autre pays africains auraient passé des commandes dans le cadre d’une coopération sud-sud. » (Ernest Pekeuho)

L’actualité au Cameroun, depuis le retour de la fille cadette d’Ahmadou Ahidjo, Aminatou Ahidjo puisqu’il s’agit d’elle, est dominée par un grand tapage assourdissant dans les réseaux sociaux, sur la toile sur la question de la réhabilitation de feu le président Ahidjo. En plein célébration des 31 ans du pouvoir dictatorial de Biya’a Bi Mvondo, les remous des ahidjoistes sont-ils synonymes de réclamation d’une réconciliation? Si oui, pour quoi faire et pour qui? Une conférence internationale est même annoncée les 7 et 8 février 2014. Elle est organisée par L’Association« Justice Plus »et leCentre Africain d’Etudes Stratégiques pour la Promotion de la Paix et du Développement (CAPED) sur le thème «Au-delà des heurts et malheurs  historiques liés à l’exercice du pouvoir, comment la Nation peut-elle être reconnaissante à  Ahmadou Ahidjo?». Cette conférence nous permettra-t-elle de comprendre et de mieux saisir les enjeux d’une réconciliation, voire d’une « reconnaissance » du peuple, de la nation camerounaise à Ahmadou Ahidjo ? Le peuple camerounais est-il prêt à renoncer à tous ces crimes en pardonnant à la famille de l’ex chef d’Etat et même de l’actuel chef? Selon Daniel Yagnye, la question centrale et fondamentale reste la solution au « contentieux historique » cher aux nationalistes et qui pourrait apporter la paix et accorder le pardon tant souhaité des ahidjoistes.

Contentieux historique: de quoi s’agit-il?

Notre pays a connu la Colonisation allemande. Lorsque les allemands ont perdu la première Guerre mondiale, leur temps de permanence dans nos côtes était expiré mais les anglais et les français ont débarqué chez nous avec le prétexte que le Cameroun était une colonie allemande. Ils nous transformaient donc en butin de guerre. C’est par cet acte de piraterie (banditisme) politique que les anglais et les français s’installèrent au Cameroun. Ils officialisèrent cette présence par la Société des Nations (l’ONU actuelle). Il faut ajouter que d’autres territoires africains qui étaient des possessions allemandes seront prises par les français, c’est le cas du Togo.

Le Cameroun n’était pas une colonie française ou anglaise. C’était un territoire sous le Mandat des Nations Unies que la France et la Grande Bretagne devaient conduire vers l’Indépendance. Dans la pratique, la France dès son arrivée se donna comme mission de rester. Sa politique fut donc d’effacer les traces allemandes et de s’implanter. Les camerounais résistaient et ceci prit encore plus d’ampleur après la deuxième Guerre mondiale ou plusieurs des nôtres avaient pris une participation très active, financièrement, matériellement et humainement. L’Union des Populations du Cameroun (UPC) fut créé en Avril 1948. C’est le parti qui cristallisa le plus les aspirations du peuple à travers les revendications portant sur la Réunification et l’Indépendance Immédiates du Kamerun allemand.

Comme la France ne voulait pas de cette Indépendance, elle commença à pratiquer des actes illégaux, des actes qui n’avaient rien à avoir avec le Mandat reçu des Nations Unies. Ce sont ces actes, qui avaient pour objectif principal de la France, de « partir pour mieux rester » en créant un Etat laquais, qui font partie du Contentieux Historique. Vous pouvez appeler ce problème comme vous voulez, c’est peut-être là où réside votre difficulté. Dans notre pays, il y a eu une Guerre atroce avec des centaines de milliers de morts, des destructions massives, des déplacements de populations, sans parler du traumatisme psychique de nos populations. Le GROS du Contentieux commence en 1955 avec l’interdiction de l’UPC, un an après c’est la Loi Cadre (qui n’était en principe réservée qu’aux colonies et pas aux territoires sous Mandat), ensuite les génocides en pays Bamiléké et Basa’a avec les assassinats de UM et de MOUMIE. C’est la partie externe du Contentieux Historique car l’implantation de l’Etat laquais actuel ne s’est pas faite sans distorsions et sans grandes difficultés. La France a du jongler avec la complicité des anglais pour bâcler la Réunification. Le Cameroun vit aujourd’hui les conséquences comme la balkanisation et la transformation du pays en Bantou-stand avec en prime le problème anglophone.

Afin de se maintenir au pouvoir, conscient de son illégitimité et de son illégalité, l’Etat néocoloniale s’appuie sur le tribalisme, le mensonge, la violence et la corruption voire l’intimidation. D’ailleurs, la convocation du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a été convoqué à la direction de la police (Délégation Générale à la Sureté Nationale, DGSN) à Yaoundé à la suite d’une « convocation administrative » indique le communiqué du parti de Professeur Maurice Kamto. Ce communiqué précise que le chef de la police camerounaise tenait à faire une « mise en garde solennelle » au leader qu’il accuse de « porter atteinte à la sécurité publique et d’organiser la sédition par ses propos, ses agissements et son comportement ». Il faut rappeler que juste après les élections municipales et législatives du 30 septembre dernier, le MRC a déploré avec amertume les élections barbares que le Cameroun organise depuis belle lurette. C’est ce qui a fait dire à Kamto que le président Biya aura le choix entre  » engager très rapidement des discussions politiques sérieuses en vue de doter notre nation d’un système électoral crédible, garantissant le respect scrupuleux de l’expression de la volonté populaire ainsi que les engagements internationaux de notre pays, ou procéder à l’achat massif des armes pour affronter le peuple ». Et surtout, cette convocation fait suite à la publication du communiqué de la tenue de cette conférence citée plus haut dont le Professeur Kamto est l’un des panélistes. Le fantôme d »Ahidjo fait autant peur au régime?

Voilà donc le Cameroun comme il va!

Shame!

TKC_YVES


Réforme universitaire au Cameroun: Qui veut la mort de l’Université des Montagnes (UdM)?

Tout a commencé le 18 avril 2013 date à laquelle la Commission ad hoc d’évaluation des facultés et instituts privés d’enseignement supérieur de formation médicale au Cameroun dirigée par le Pr Maurice-Aurélien SOSSO, ci-devant  inspecteur général des Services au Ministère de l’enseignement supérieur, publie les résultats de son enquête en concluant que « La formation médicale au Cameroun s’est progressivement détériorée ». L’état des lieux de la situation sanitaire au Cameroun est plus que déplorable. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiées en 2010, le Cameroun a un déficit de 4 médecins sur le radio comme le prévoit la norme universelle requise. Ainsi, au lieu de 1 médecin pour 1.000 habitants, le Cameroun compte actuellement et ce, depuis 2010, 2 médecins, 16 infirmiers et sages-femmes et à peine un demi-personnel de dentisteries pour 10.000 habitants. Le Cameroun est donc un mauvais exemple de gestion parce que les pays de même niveau de revenus affichent à la même période, 4 médecins, 14 infirmiers et sages-femmes et 1 à 4 personnels de dentisteries pour le même nombre d’habitants. La conclusion de la Commission SOSSO a été faite après avoir eu à descendre sur le terrain afin de s’enquérir de l’état de la formation des médecins au Cameroun. Ainsi, les 4 facultés universitaires de médecine (Yaoundé, Douala, Bamenda et Buea) et les 6 institutions privées d’enseignement supérieur que compte le pays ont été auditées de fond en comble afin de proposer une « thérapeutique appropriée » selon les termes du ministre Jacques FAME NDONGO de l’enseignement supérieur.

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Cette réforme de l’enseignement supérieur dans le domaine de la santé a créé et crée encore beaucoup de remous au sein de l’opinion nationale quant aux « thérapeutiques appropriées » que la Commission SOSSO a proposées. L’une d’elles, justement, est la fermeture de 4 institutions sur les 6 que comptait le Cameroun. Les 2 institutions qui restent fonctionnelles à savoir l’Institut Supérieur des Sciences de la Santé (ISSS) de l’Université des Montagnes (UdM) à Bangangté et Institut Supérieur des Technologies Médicales (ISTM) de Nkolondom sont astreintes à une réglementation qui s’appliqueront désormais aux institutions exerçants dans ce domaines. Mais, là où le bas blesse, l’UdM, la seule à prendre position jusqu’ici, ne s’accorde pas sur ces mesures qui peuvent avoir une incidence sur son fonctionnement. Ces mesures contraignantes sont entre autre :

-l’instauration d’un examen nationale : il va sans dire que  l’effectif arrêté à 800 places pour la mise en route de ces mesures laisse perplexe pour de simples raisons que c’est l’Etat qui organise le concours national. Le Ministère de l’enseignement supérieur vient de publier la liste des candidats admis dans toutes les institutions et malheureusement, les institutions privées n’ont pas assisté aux délibérations du concours ;

-l’attribution d’un numerus clausus que l’Etat fixe unilatéralement et arbitrairement à chaque établissement. Par conséquent aucune institution ne peut garantir la qualité des étudiants qu’il recrute, ainsi, les institutions privées se retrouvent avec des étudiants qui n’ont pas le niveau qu’elles souhaiteraient avoir. Comment procédera-t-on pour éviter d’envoyer les meilleurs dans les institutions de formations publics et les médiocres dans les privées ? Malgré les dispositifs pris pour donner aux candidats la liberté d’aller dans une institution de leur choix, cette mesure reste tout de même assez trouble et douteuse : « Tout candidat doit porter un choix préférentiel sur trois établissements de formations médicale, pharmaceutique et odontostomatologique parmi lesquels au moins un institut privé d’enseignement supérieur ayant reçu un avis favorable de la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé » ;

-Ensuite l’Etat plafonne les frais de formation à 1 million de FCFA pour chaque candidat qui doit seulement payer 50.000 FCFA. Et le reste, c’est-à-dire 950.000 FCFA seront versés par l’Etat comme subvention. Pourtant les frais de formation à l’UdM s’élevaient jusqu’ici à 1.295.000 CFA.

Si elles viennent à être appliquées, le hic dans ces mesures, c’est le fait qu’à la fois, l’Etat manque de crédibilité dans le déblocage des fonds d’une part, et d’autre part l’UdM aura un déficit de 295.000 FCFA par étudiant. Où l’UdM pourra-t-il prendre les sous pour combler ce trou alors que l’institution s’est engagée avec l’Agence Française de Développement (AFD) pour un prêt de 5 milliards de FCFA en vue de la modernisation de ses campus? Et l’un de ses dirigeants, Ambroise Kom de s’indigner à juste titre : « Les 950.000 CFA qui seront payés par le gouvernement sont incertains comme tous les paiements attendus de l’Etat camerounais. Or l’UdM fonctionne sur la base du cash que versent les étudiants. Simple manière de dire, vous pouvez fermer les portes. Telle est la rançon d’une expérience presque réussie au Cameroun ».

La question qui reste donc posée est celle de savoir qui veut que l’UdM « ferme les portes » ? Pour la petite histoire, depuis belle lurette, les concours officiels organisés par l’Etat au Cameroun ont toujours été l’objet de trop de suspicions, de méfiances et même d’intrigues car la corruption et le tribalisme d’Etat ont ternis leur image. L’une des conséquences est la frustration et le manque de confiance des jeunes camerounais qui ont décidé alors de s’exiler à la recherche de meilleurs formations universitaires pour se former. Ainsi, les institutions universitaires des pays occidentaux, sans oublier celles de l’Afrique de l’Ouest et du Nord étaient les plus convoitées. La demande étant donc supérieure à l’offre au pays et en plus la non crédibilité du système de gouvernance malgré l’ouverture, depuis six ans, à la faveur de la réforme universitaire de 1993, de la Faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques à l’Université de Douala, de la Faculty of Health Sciences (volet médecine) à l’Université de Buea, de la filière pharmacie et odontostomatologie à l’Université de Yaoundé 1, de l’Ecole de sciences et médecine vétérinaires à l’Université de Ngaoundéré, a ouvert la porte à la concurrence. Quelques initiatives privées ne pouvaient être qu’une aubaine dans ce contexte de « voyoutisme » de la gouvernance au Cameroun. Les institutions privées et plus particulièrement l’UdM, ont fait du chemin et montraient déjà les signes du succès. Ce constat a même amené un internaute dans un forum à dire des gouvernants qu’ « Ils ont confisqué le Cuss (actuellement devenue Faculté de Sciences Biomédicales de Yaoundé) où ils y font entrer leurs enfants médiocres. Maintenant que l UdM offre aux brillants enfants ne faisant pas partie de leur réseaux, la jalousie et la haine les pousse à tuer cette initiative privée ». il ne serait donc pas surprenant de constater que l’intérêt de l’Etat voyou n’est pas de sauver des vies, de résoudre le problème de déficit des médecins au Cameroun. La situation de la région de l’Extrême-Nord est plus qu’intenable et nous interpelle vue le communiqué du parti politique MRC de Mauric Kamto qui appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités à la suite des ravages du paludisme.

Les chiffres officiels du ministère de la santé publique sont sans appel. Le Cameroun enregistre 100.000 cas chaque année! C’est horrible! Comment ne pas s’offusquer de cette situation qui a assez duré? Comment ne pas tomber à nu devant ce qu’on peut appeler une catastrophe à peine voilée? Une ville comme Maroua, une localité urbanisée où les conditions de vie ne ressemblent nullement à un cadre organisé et bien entretenu, où sont passé les services d’entretien et d’approvisionnement en eau potable pour rendre la ville vivable? Lorsque l’alarme est signalée pour prévenir, les langues diaboliques sont prêtes à considérer que l’Etat n’a de leçon à recevoir de personne et que les esprits frustrés en profitent pour salir l’image du Cameroun. Voilà donc l’image du Cameroun exposé aux yeux du monde entier avec des morts en cascade comme un pays en guerre. Quelle honte!

Monsieur Mama Fouda, l’illustre ministre de la Santé Publique affirme donc sans pince rire, sur les ondes de la radio nationale que « Nous frôlons les 100.000 décès dus au paludisme par an ». Il ajoute que « le taux de mortalité est de l’ordre de 20 à 25% ». 10.000 cas enregistrés depuis les mois d’août et septembre et déjà plus de 600 morts dans notre conscience pour ne pas 1.000 morts selon les ONG et la presse locale. Merci monsieur le sinistre, pardon monsieur le ministre. Bravo ! Ainsi va le Cameroun…

Shame !

TKC_YVES