Yves Tchakounte

Réunification du Cameroun : marginalisation de la partie anglophone

Le décret du chef de l’Etat annonçant finalement la tenue du « Cinquantenaire de la réunification du Cameroun » le 20 février 2014 est finalement loin de dissiper les doutes de ceux qui avaient peu d’espoir à la concrétisation de cet événement national. Les festivités du « Cinquantenaire de l’indépendance » tenues en 2010 devraient être suivies par les festivités du « Cinquantenaire de la réunification » en 2011 pour respecter les dates du cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun francophone (1960) et de la réunification de la partie anglophone avec la partie francophone (1961). Ce qui avait donné naissance à la « République fédérale du Cameroun » avec deux Etats fédéraux.

Hôtel de ville de Buea : Symbole de la réunification du Cameroun ?
Un bel immeuble de l’Hôtel de Ville de Buea construit récemment (Photo: © C. T.)

Les questions qui subsistent, entre autres, est celle-ci : pourquoi avoir attendu 3 ans avant la tenue du Cinquantenaire de la réunification du Cameroun ? Les travaux de réfection des structures d’accueil de l’événement ont été les raisons officielles jusqu’ici entendues çà et là. Mais, il n’en demeure pas moins vrai que d’autres voix dissonantes et plus particulièrement de celles de la population de la partie anglophone estiment que ce retard est loin d’être dû aux travaux d’aménagement et de réhabilitation des infrastructures urbaines. En effet, la population et les leaders de la partie anglophone, plus particulièrement ceux du NCNC (Mouvement sécessionniste anglophone) estiment que ce retard est révélateur du climat de marginalisation dont est victime cette partie minoritaire de la population.

Réunification du Cameroun : un coup d’Etat des francophones ?

La marginalisation du Cameroun anglophone est une habitude, voire un système bien pensé qui est mis en place depuis fort longtemps et qui structure la gouvernance. Les leaders anglophones ont toujours considéré le traité de Foumban, d’octobre 1961, comme un coup d’Etat de la partie francophone sur la partie anglophone qu’ont organisé Ahidjo et Fontcha. Ces deux hommes d’Etat, par ailleurs président du Cameroun francophone pour le premier et première ministre du Cameroun anglophone pour le second, deviennent par ce traité de la réunification du Cameroun, président et vice-président respectivement de la République fédérale du Cameroun. C’est donc à ce moment précis qu’est scellé le sort du Cameroun anglophone afin de faire de ces habitants des hommes de seconde zone.

Cette marginalisation consommée, l’Etat unitaire sera alors proclamé en 1972. Ainsi, d’une « République unie », le  Cameroun devient une « République » tout court. Cette marginalisation continue et se manifeste dans les faits par une attention de moins en moins soucieuse du développement de cette région riche en ressources. Des richesses accaparées par la partie francophone. Dans les actes de nomination et de dotation en infrastructures, cette partie a toujours été reléguée en second plan dans les priorités de l’Etat « unitaire », estiment ces leaders. Que célébrons-nous donc ce 20 février 2014, si ce n’est pas une marginalisation de plus ?

Quelle solution pour régler cette réunification du Cameroun mal menée ?

Le retour du fédéralisme d’antan est la solution pour beaucoup de leaders anglophones et même francophones. Ce retour donnerait non seulement aux deux régions anglophones camerounaises (Nord-Ouest et Sud-Ouest), mais aussi et surtout aux autres régions riches en ressources, mais pauvres en infrastructures et en investissements (provinces du Sud, de l’Est et les régions septentrionales), une certaine liberté de choix des élus fédéraux. Le système fédéral, estime Jogn Fru Ndi leader du SDF, principal parti de l’opposition et originaire du Nord-Ouest, région anglophone, sera celui qui donnera la possibilité d’une grande marge de manœuvre aux dirigeants de chaque Etat fédéral de jouir des fruits de leurs richesses. Ainsi, même l’orthographe du nom « Cameroun » devrait subir une modification en passant de « Cameroun » avec « C » à « Kamerun » avec « K ». C’est donc ce Kamerun du temps du protectorat allemand de 1884 à 1916, que beaucoup de patriotes réclament à cor et à cri. Le Cameroun sous mandat de la SDN confié aux Français et aux Anglais était donc du banditisme pur et simple ; tout simplement parce qu’il était convenu dans le traité de 1884 que les Allemands devaient libérer le territoire 30 ans après. Le Kamerun, sous le mandat de la SND est donc considéré par des patriotes comme une invasion franco-britannique au cours de la conférence de Versailles de 1919.

Les parades militaires et civiles qui se dérouleront le 20 février 2014 marqueront l’apothéose de cette semaine remplie de symboles. A cette occasion donc, la journée a été déclarée fériée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire. Un décret présidentiel de remise de peine a aussi été signé le mardi 18 février 2014. Ainsi, certains prisonniers jusqu’ici célèbres à travers l’opération Épervier de lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics vont voir leur peine abrogée pour les uns et être libérés pour les autres. Des actes de réjouissance tout de même, mais qui sont loin d’apaiser les esprits si tenaces.

Vivement l’avènement d’un Etat fédéral !


L’amour, comme le jour, a aussi son crépuscule

Chérie

Écoute-moi bien

Le jour s’est levé et

Les jours trépassent rapidement

C’est vrai, je sais que je te dois beaucoup

Loin de moi, tu deviens le pollen si envieux

Les souvenirs vagues de ton visage me hantent

Je deviens fort dingue à penser qu’elle aussi reste perplexe

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Chérie

Soit forte, tiens bon

Le crépuscule est proche

Le lendemain sera meilleur

C’est comme ça que les jours nous pissent dessus

Ils viennent et repartent comme des voitures aussi

Si je pouvais jouer sur le temps, je le suspendrais, mais,

Mon cœur est comme le jour, il dort pour moi et se réveille pour toi

(Pour Marie Paule)

Charlot Yves TK


Après Valérie, est-ce le tour de Michelle ?

Beaucoup se rappelle comment la une de Closer qui avait annoncé une liaison avec l’actrice Julie Gayet, il y a un mois jour pour jour. Que le monde va vite ! Cette nouvelle avait fait le buzz dans toute la République française et du monde entier. Le Président Hollande lui-même avait averti les journalistes lors de son vœu de nouvel an aux média français en parlant de « vie privé ». Comme pour dire que la vie privée d’un individu, fut-il président de la République, doit être considérée comme relevant du cadre privé.

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Comme l’instinct masculin domine toujours la vie et suscite un intérêt particulier lorsqu’il s’agit d’un homme public de la carrure du président d’un pays respectable et respecté, il n’est pas toujours ne s’en remettre lorsqu’il s’agit de l’homme le plus puissant du monde. Evidemment, ce qui arrive à Valérie pourrait-il aussi arriver à Michelle qui du reste, est, contrairement à Valérie, mariée officiellement à Barack ? C’est ce que beaucoup de journaux annoncent aujourd’hui à l’instar du très sérieux Washington Post qui annonce une probable liaison (infidèle) entre Barack et Beyonce. Les américains vont-ils avoir leur Gayetgate ? Le photographe Pascal Rostain était en direct ce matin l’invité du Grand Direct des médias sur Europe 1 au micro de Jean-Marc Morandini annonce la une de Washington Post de demain.

Cette autre actualité fracassante ouvre alors le débat sur la problématique du statut de la première dame que la France avait soulevé un temps et qui a encore sa place de nos jours. Loin de là, ne faut-il pas s’interroger sur la capacité des hommes d’Etat à maîtriser leur instinct de masculinité, de maso ? Il serait illusoire de considérer que, même avec sa posture de chef d’Etat, un homme est toujours imprévisible et dangereux. On se rappelle encore que cette belle dame de Michelle, de par sa majestueuse personnalité a éblouie beaucoup de gens qui étaient loin d’imaginer que cet homme de Barack allait jouer cette salle coup à la jolie Michelle qui venait juste de fêter ses 50 ans d’âge dans l’allégresse. Beaucoup ont aussi sitôt fait d’idéaliser ce couple Barack-Michelle. En tous les cas, loin de moi de précipiter l’idée d’une rupture prochaine de couple que j’appellerai de « mythique », il faut déjà penser sérieusement à cette rupture. J’avais d’abord cru à du bluff lorsque les Français s’agitaient autour de la vie privée de leur président. Maintenant, je dois prendre tout ça au sérieux !

La dernière actualité de l’ancienne compagne de François Hollande est la plainte de Valérie contre le journal Closer pour « Atteinte à la vie privée ». Cette info est révélée par BFMTV.

Vivement, que Michelle commence déjà à penser à un prince charmant. Je suis candidat, d’ailleurs ! Rire…

TKC_YVES


Cameroun: Mêmes les handicapés ont droit au sourire…

Il n’est pas du tout aisé de penser que le bonheur c’est pour les autres. J’ai donc eu cette ferme conviction ce 30 janvier 2013 lors d’une cérémonie haute en couleur et riche en perspectives qu’a abrité le célèbre collège DE LA SALLE de Douala. Lieu circonstancié par sa référence sociale dans l’option de l’éducation et de la formation de la jeunesse camerounaise, ce collège n’a donc pas hésité d’offrir sa splendide gymnase pour accueillir les 50 personnes attendues pour la surprise de l’année.

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Une présence remarquable

 

Avec la présence remarquable du délégué régionale du ministère des affaires sociales pour la région du Littoral et résident à Douala Monsieur Edjoa, les personnes en situation de handicap peuvent donc vivre en réalité ce qui était considéré comme un rêve. En effet, l’association « NOUS SOMMES LA » dirigée des mains de maître par la gracieuse Diane COLLIGNON, handicapée elle-même et résidente à Paris est bel et bien le chef d’orchestre de toutes cette ballade féerique. Depuis 2012, cette idée de venir auprès de ses compatriotes qu’elle a quitté depuis 13 ans la hantais. Comment pourrais-je être utile à mon pays? Se lamentait-elle à juste titre! Coïncidence fortuite et bien heureuse providence l’a conduit sur les chemins de l’association GIC-HANDY qui est bien représentée sur place à Douala et pilotée par Innocent SILAHE.

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Une vue de l’assistance

Ce 30 décembre donc, était l’apothéose de la concrétisation d’une promesse d’octrois à 16 personnes handicapées les moyens matériels et financiers pour entamer ou poursuivre leur petits métiers qui battaient en brèche depuis quelque temps. Ce soutien financier et en nature qui n’est d’ailleurs pas consistant, témoigne de la disponibilité et de l’attachement des pairs que d’aucun peut penser à tord comme une rigolade. Comme petits métiers qui a retenu mon attention, je peux citer entre autre, les secrétaires bureautiques, les fabricants et réparateurs de chaussures, la commercialisation du miel, la commercialisation des arachides et caramel en grande quantité, la commercialisation des produits de la téléphonie (Cartes de recharge, transfert de crédits, appels téléphoniques, etc.).

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Une vue des bénéficiaires

Malgré sa sobriété, cette soirée récréative du 30 décembre 2013 a été empreinte de beaucoup de promesses tant au niveau des bénéficiaires qui entendent gérer leur patrimoine avec rigueur, qu’au niveau des associations partenaires qui s’engagent à renouveler l’expérience jusqu’à la dernière lie.  Ainsi donc, le meilleur est dans le futur!

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Une vue du matériel offert

TKC_YVES


Cameroun: Prolongement du boulevard de la République, tout un quartier rasé!

Le début des hostilités pour le déguerpissement de la population était fixé à la date d’aujourd’hui 06 janvier 2014. Le délégué municipal Marcous Mandeki vient de vivre ce spectacle houleux de la destruction de son quartier d’enfance. Larme à peine voilée!

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L’état marécageux de Bonabo

Comme il est de coutume pour les projets de développement, on ne pourrait s’y opposer, mais il y a des préalables notamment le ré-classement ou le dédommagement des populations. Depuis le début les autorités sont déjà au 3e tracé avec autant de jalonnements. L’irresponsabilité de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), maître d’oeuvre, se fait ressentir.

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Le génie militaire de Douala en plein boulot

Bonabo, c’est donc le quartier chaud de Douala qui a été ciblé par les casses à grande échelle. C’est l’un des coins phares de Bépanda, jadis le plus grand championnat de vacances s’y déroulait et dans son stade ont défilé des sommités de l’art sportif et musical. Au lieu de se féliciter de cette casse, il était mieux et sage qu’il soit réhabilité, modernisé, développé et urbanisé mais, hélas, on achète pas l’intelligence !

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L’état des dégâts

Bonabo est impraticable en saison des pluies? Nous y sommes nés, y avons grandi et nous voilà toujours vivant. En saison des pluies, Bonapriso, Akwa et Bali (les quartiers les plus huppés de la ville) sont aussi victimes de très grandes inondations, de même que l’avenue Kennedy à Yaoundé. Mais fort heureusement personne n’a jamais demandé que ces quartiers soient rayés.

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Une famille épargnée

Bonabo est très vaste et ses limites s’étendent jusqu’à Bonabassem, Safari, Sable, Bonamouang (boulangerie barker’s), double-balles et petit wouri. Ce prolongement du boulevard de la République aboutira bien sûr au rond point MAETUR de Bonamoussadi (quartier résidentiel), la largeur de la route est de plus de 35m (incluant chaussée et trottoir) puis une autre superficie pour les jardins.

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Même l’immeuble du quartier a échappé belle!
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Et le snack Bar du coin est tombé en ruine. Belle fin!

 

 

 

 

 

 

 

Douala, comme il va!

TKC_YVES


Cameroun: Lutte contre la pollution. Un plaidoyer pour les foyers améliorés

Les festivités de fin d’année sont devenues des occasions de réceptions et de partages autour d’un verre et d’un repas copieux, signe de convivialité. Je profite de cette occasion pour lancer un vibrant appel de protection de la nature aux lecteurs que vous êtes. Ce message est non seulement un plaidoyer pour la protection de notre environnement, mais il est aussi un gage pour le maintien de notre santé et l’une des solutions pour réduire la pauvreté. C’est donc, au fond, un plaidoyer pour un humanisme à adopter dans les années à venir par les populations des pays donc le bois est devenu une source d’énergie incommensurable. Il sera donc question ici de montrer que nous pouvons préserver nos forêts en évitant la déforestation qui a des conséquences ô combien néfastes à la fois sur notre environnement et notre santé et par ricochet, sur notre survie.

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Le portage du bois de chauffe. Une activité pénible que nous devons désormais éviter

L’« Association pour la Recherche et la Promotion de l’Energie Durable en Afrique Centrale » en abrégé ARPEDAC, organisation à but non lucratif s’exerçant entre autre dans la lutte contre le changement et la protection de l’environnement invite les Camerounais et les Africains, pour l’année 2014, à adopter de nouveaux comportements. Comme tout changement de comportement est un exercice complexe et nécessitant un processus et une expertise dans la connaissance des gestes utiles et simples, ARPEDAC se donne donc pour mission de mettre à la disposition des populations et des pouvoirs publics quelques astuces nécessaires pour un environnement sain.

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La cuisson par le bois de chauffe:Pollution et déboisement. Une activité à éviter
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La cuisson par le bois de chauffe:Pollution et déboisement. Une activité à éviter

Parmi les nouveaux comportements à adopter, nous insisterons sur la technique des foyers améliorés qui doivent remplacer les foyers à trois pierres (biomasse). ARPEDAC se donne pour mission de plaider pour 2018 comme l’année butoir pour l’élimination totale des foyers « trois pierres » dans les ménages à faibles revenus au Cameroun et en Afrique Centrale. Pour cela il est Indispensable le Développement d’une Stratégie Durable d’Elimination Progressive des Foyers « trois pierres » en Afrique Centrale d’ici 2018. Pourquoi devons-nous lutter contre les « foyers à trois pierres » ? Le problème de la disponibilité de bois commence à se faire ressentir. Le bois de chauffe qui se voyait il y a quelques années dans l’environnement immédiat et direct des habitants se trouve maintenant à des kilomètres. Beaucoup de facteurs sont à l’origine de cette situation mais surtout l’exploitation sans réflexion des milliers de tonnes d’essence de bois pour les centres urbains par des gens peu scrupuleux. Le gaz GPL se fait de plus en plus rare et c’est le gaz GES qui s’installe. Les prix en consommation d’énergie grimpent du jour au lendemain créant davantage la « fracture énergétique » trop exorbitante. D’où le changement climatique observé de nos jours.

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Les frites de beignets. La cuisson par le bois de chauffe:Pollution et déboisement. Une activité à éviter

La biomasse sous sa forme la plus simple (bois) est l’énergie la plus utilisée en Afrique Centrale : au Cameroun par exemple, elle couvre 90 % des besoins énergétiques du pays, mais les ménages à faibles revenus utilisent le bois pour la cuisine (70%), les ménages à revenu moyen (20%) utilisent le charbon de bois, et les ménages à revenu élevé (10%) utilisent le gaz ou le pétrole. L’utilisation de biomasse se fait majoritairement par l’utilisation de foyers peu efficients « trois pierres », aussi bien pour le bois (consommé essentiellement en zone rurale et en périphérie ou banlieues), que pour le charbon de bois (consommé en zones urbaines). Au Cameroun, le Fond des Nations Unies pour la Population (UNFPA) estime que 12 .00.000 d’habitants sur 15.000.000 utilisent un foyer « trois pierres » qui est le moins efficace des modes de combustion du bois. Spécifiquement, le UNFPA estime que 73 % de la population du Cameroun vit en zone rurale et 100 % des ménages en zone rurale possèdent au moins un foyer à « trois pierres ».

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Échantillon de foyer amélioré. Démonstration faite à la mairie de Yaoundé 2ème. Oeuvre de l’ARPEDAC

Pour ARPEDAC il est inadmissible qu’au 21eme siècle, les familles en Afrique particulièrement en Afrique Central utilisent encore les foyers « trois pierres », avec toutes ces conséquences néfastes, sur la santé, l’environnement, les finances des familles démunies. Il est sans ignorer que ces conséquences sont assez révélatrices et appellent à une prise de consciences collective de la communauté et des pouvoirs publics. Elles sont entre autre :

1. Une charge de travail en temps et en moyens financiers pour la recherche, la collecte et l’achat du bois de chauffage et qui se trouve être la principale tâche familiale des femmes et enfants ;
2. Les problèmes de santé, car les familles utilisent de manière inefficace le bois collecté ou acheté qui génère de la fumée et cause des maladies respiratoires (l’OMS estime que les fumées de cuisine provoquent la mort de 1,6 millions de personnes chaque année, dans le monde.) ;
3. Une charge financière pour les ménages qui payent les frais d’hôpital et achètent les médicaments ;
4. Réduction de temps consacré aux études et les autres activités génératrices des revenues pour des femmes et enfants.

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Foyer amélioré faite de briquettes et des épluchures de plantains
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Foyer amélioré faite de pierres volcaniques

 

Il existe des techniques simples, abordables et expérimentées : la technologie des foyers améliorés. Elle permet de réduire la consommation de 60 % au minimum de bois par comparaison à l’usage du foyer « trois pierres ». Ces technologies sont simples et fabricables localement. Un foyer amélioré est un fourneau pour cuisson des bois ou briquettes qui réduit d’au mois de 60% la consommation du combustible par rapport aux foyers traditionnels de trois pierres. Aussi, certains types de foyers améliorés ne noircissent pas la marmite ; Ils réduisent aussi des dégagements de fumées et les maladies causées par celles-ci, Ils réduisent la déforestation. En plus Les femmes et les enfants ne passent plus une partie importante de chaque journée pour la collecte de bois.

Il faut le dire d’emblée que les foyers améliorés ne sont pas des technologies nouvelles. Elles ont été auparavant un échec pour leur diffusion en masse pour plusieurs raison, notamment :

1. Les projets n’ont été que des expérimentations subventionnées, sans raisonnement entrepreneurial, et les phases de production et de distribution à grande échelle n’ont jamais débutées au Cameroun et en Afrique Centrale ;
2. Le gouvernement n’a jamais adopté une résolution pour appuyer et faciliter la mise en œuvre de la technologie des foyers améliorés dans les bâtiments au Cameroun ;
3. Le coût de revient de certains foyers améliorés est trop élevé. Malheureusement, ils s’adressent à un groupe cible aux revenus faibles ou très faibles dans des pays qui sont parmi les plus pauvres de la planète. Il faut donc, pour leur adaptation à grande échelle, une subvention du gouvernent ou des mairies localisées ;
4. Les foyers améliorés abordables sont peu connus par les familles démunies et manquent de l’expertise locale pour les fabrications ;
5. Le manque de stratégie nationale ou régionale pour la suppression progressive des foyers « trois pierres » respectivement au Cameroun et en Afrique Centrale ;
6. Le manque de sensibilisation sur les mécanismes tels que le « crédit carbone » ou Mécanisme de développement propre par les entrepreneurs ou les Agences nationales et régionales de promotion de la cuisson propre.

Il est indispensable une stratégie pour la suppression progressive des foyers « trois pierres » dans les ménages. Nous proposons un an (2014) pour développer une stratégie durable national et régionale pour l’élimination totale progressive des foyers « trois pierres » en Afrique Centrale d’ici 2018. Et 3 ans pour l’implémentation de la stratégie de suppression ; subséquemment, 20% suppression d’ici 2015, 50% suppression d’ici 2016 et finalement 80% suppression d’ici 2017, nous voulons plaider pour 2018 l’année butoir d’élimination totale des foyers « trois pierres » en Afrique Centrale.

ARPEDAC


Cameroun: un camionneur met en danger la vie d’un adolescent qui est entre la vie et la mort

ZINGUI Jean Pierre est un jeune adolescent qui a failli perdre sa vie. Le gamin est en danger actuellement et hospitalisé au CHU de Yaoundé. Le 04 décembre dernier, Zingui Jean Pierre, agé de 15 ans, orphelin de père et de mère se retrouve couché dans ce lit d’hôpital et ne comprenant pas ce qui lui arrive. Il a fait un accident sur le lieu de son gagne pain le 21 Novembre du coté d’Ebebda en grimpant sur un camion benne (de sable) de 10 roues. En effet ce jour, le camion à peine garé le jeune homme est monté par la roue arrière et le chauffeur ne l’ayant pas vu, a entamé une manœuvre de marche arrière qui a déséquilibré le gamin et celui-ci s’est finalement retrouvé au sol. Conséquence, le camion est monté surune jambe jambes au point de briser son bassin.

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Actuellement hospitalisé au CHU de Yaoundé, son état est critique et nécessite un scanner qui vaut près de 120 000Fcfa une intervention chirurgicale équivalent à 380 000 Fcfa et d’autres frais d’hospitalisation qui valent un peu plus de 100 000 Fcfa selon les sources hospitalières dudit centre. Bref, une somme de 600 000 Fcfa est nécessaire pour son opération qui doit normalement intervenir avant le 5 janvier 2014. Auprès de lui veille son frère aîné Onana et sa tante Séraphine Kouna qui fait des va-et-vient entre Ebebda et Yaoundé. Vraiment, cette fin d’année n’est pas de tout repos. Je ne peux pas faire l’économie de cette existence des services sociales de notre pays.

Par souci d’efficacité immédiate et par urgence, il arrive que les cas comme celui-ci nous empêche de voir plus grand. Pour notre gouverne, primo , pour des accidents de la voie publique, la couverture maladie tous frais payés , par l’assurance des véhicules est automatique, même dans un pays où les gouvernants sont des dormeurs comme le nôtre et ça, c’est le rôle de l’hôpital de soigner ce gamin quoi qu’il arrive, car l’urgence est vitale. Il appartient à l’hôpital de recouvrer par toutes voies de droits son dû chez des sociétés d’assurance concernées. Secundo, au cas où les véhicules ne sont pas assurés, l’hôpital se débrouille , par sa cellule juridique, de recouvrer son dû auprès des propriétaires de véhicules, par toutes voies de droit, y compris par la vente aux enchères des épaves. Si l’hôpital n’a aucun moyen de sauver ces gamins sans « pré-paiements » par un tiers-payant, il faut fermer cet hôpital. Mais, nous sommes là dans une situation de laxisme et de l’incompétence des services sociales qui devraient automatiquement, face à l’incapacité de l’hôpital, d’assurer la survie de cet orphelin. Les citoyens sont toujours appeler à assurer eux-mêmes, avec leur propre imagination pour dénouer les situations les plus urgentes et qui sont loin d’être des cas isolés.

Dans l’optique de donner du sourire à ce gamin, un geste de cœur, en cette fin d’année, est le bien venu. Le petit ZINGUI Jean-Pierre a besoin de ce cadeau de Noël qui est sa guérison. Une collecte de fonds a donc été lancée sur l’impulsion de Boutchouang Nghomsi dans un forum social facebook (Le CAMEROUN C’est Le CAMEROUN-LCCLC) en vue de permettre à ce gamin de voir 2014.

Voici les contacts:

00237 9981 9251 – 7714 0199 – 7629 9534 – 7148 5543 – 7652 4806

TKC_YVES


Libéraliser la vente des médicaments en France: Le Cameroun en avance dans l’illégalité

Il règne en ce moment un climat de tension entre les pharmaciens et les commerçants de grandes surfaces en France. Plusieurs journaux et quotidiens français ont annoncé hier que « l’Autorité de la concurrence » est d’accord pour la vente des médicaments en dehors des pharmacies et sans ordonnance médicale. Il faut rappeler que les pharmacies, en France comme au Cameroun, ont le monopole de la vente des médicaments. Cette situation de monopole ne fait pas l’unanimité entre tous les acteurs à savoir les personnels de la santé, les malades et les commerçants qui souhaitent aussi investir dans le domaine du médicament. Bien que les officines pharmaceutiques se trouvent incapables de satisfaire le marché, elles restent le lieu indiqué pour la médication.

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Marisol Touraine, ministre de la santé en France, a estimé, sans coup férir, que seules les pharmacies devraient continuer à détenir ce monopole. Il serait important pour moi de bien faire le distinguo entre la France et le Cameroun sur la politique de vente des médicaments. La position du ministre Français cadre bien avec les intérêts des couches les moins nanties de la population française, en ce sens que la libéralisation de la vente des médicaments dans les grandes surfaces entraînerait la baisse des prix des médicaments pour les malades. Au Cameroun, comme l’illégalité et la corruption sont les choses les plus partagées, les commerçant ambulants, au vu et au su de monsieur tout le monde, s’y est investit à cœur joie sans crainte ni représailles.

Les populations en France comme au Cameroun souffrent de la cherté des médicaments en pharmacie. Tellement les prix sont exorbitants. Le véritables problèmes se trouve au niveau de la non harmonisation des prix des médicaments d’une officine à l’autre. Au Cameroun, cet écart de prix peut s’évaluer à 20 ou 30%, voire plus. Pourquoi donc cette différenciation de prix si ce n’est de l’arnaque? C’est aussi, et heureusement pour les malades, une preuve suffisante que les médicaments peuvent être de plus en plus moins chers qu’ils le sont actuellement! Tandis que le débat actuel déclenché par l’Autorité de la concurrence de la bouche du président de l’Autorité Bruno Lasserre sur la libération « limitée et encadrée », au Cameroun, aucune enquête n’a été produite jusqu’ici pour étudier la faisabilité de la vente des médicaments en dehors des officines. La déliquescence de la situation sanitaire au Cameroun a laissé la place à la désinvolture et au désordre de toute nature de la formation du personnel sanitaire jusqu’au moindre infrastructures. La pauvreté ambiante a plongé la pharmacie, comme dans tous les domaines, pratiquement dans l’informel. Il faut l’avouer tout de même, l’Etat camerounais, incapable de résoudre l’équation de pauvreté des jeunes diplômés, se trouve coincé et se voit obligé, bon gré mal gré, de permettre cette auto-médication à la sauvette. Bonjour les dégâts!

Curieusement, les Camerounais ont l’air de bien se sentir dans cette auto-médication qui coûte moins chère(?). Il faut aussi noter que même les malades qui détiennent une ordonnance médicale vont difficilement en officine acheter leurs médicaments. Généralement, les dispensaires disposent une pharmacie interne qui pratiquent des prix vraiment concurrentiels. Ces pharmacies ont l’inconvénient de ne pas être suffisamment fournies pour satisfaire tous les besoins des malades. Les pharmacie informelles dites pharmacie de la rue ou familièrement appelées « pharmacie du gazon » à Douala (gazon est le rond point du marché central aménagé comme espace vert et qui est finalement devenu un lieu célèbre de vente de médicaments frelatés. Plusieurs fois rasé, cet espace a connu beaucoup de déboires de commerçants qui se plaignaient de ne pas avoir d’emploi et que cette activité faisaient vivre leur famille). Les pharmacies du gazon sont donc devenues des coups de pouce pour la population pauvre qui avoir trouvé une belle occasion de se soigner au prix de rien. Cette attitude a déjà été condamné par les médecins et les pharmaciens qui, malheureusement, crient d’abord pour sauver leur activité avant d’aviser la population des dangers qu’elle coure en faisant de l’auto-médication et/ou en choisissant d’aller, avec leur ordonnance, dans les gazons se faire médicamenter. Une solution avait été trouvé pour faire disparaître ces pharmacie de la rue: les génériques. Visiblement, loin d’être une solution, les génériques n’ont pas du tout été une panacée pour éradiquer ces structures informelles puisque celles-ci s’en ravitaillent aussi. Ces pharmacie de la rue doivent leur réputation dans la commercialisation des médicaments ou comprimés en détail. Pour soulager ses maux de tête, par exemple, l’individu qui le défaut de manquer une boîte de pharmacie familiale, ira dans la rue acheter 2 ou 3 comprimés. C’est donc en cas de persistance du mal qu’il devient urgent de consulter un médecin ou infirmier. Là aussi, les cabinets médicaux illégaux fonctionnant dans les conditions précaires font la pluie et le beau temps. Pas facile de se soigner au Cameroun.

Vivement que les autorités camerounaise prennent cette activité à cœur pour, non seulement sauver les pauvres malades, mais sauver l’activité pharmaceutique de plus en plus mal dans sa peau depuis deux décennies déjà.

TKC_YVES  


« Back to School « : une opération humanitaire d’accès à la scolarisation au Cameroun

Depuis le mois de septembre 2013, période faste de rentrée scolaire pour les élèves de la maternelle, du primaire et du secondaire, quelques localités des régions septentrionales du Cameroun ont connu une ambiance peu particulière. Régions les moins urbanisées, les moins scolarisées aussi, il est tout à fait légitime de se réjouir lorsqu’une structure privée se met au secours des couches sociales pauvres pour promouvoir l’accès à l’éducation des enfants.

La politique en matière d’éducation au Cameroun est plus que lamentable compte tenu du taux de scolarisation de cette partie du pays. Un pays où le taux de scolarisation au primaire s’élève à 30% au primaire et de 40% au secondaire est plus que voué à une décrépitude de sa jeunesse. Les régions du septentrion sont les moins nanties en alphabétisation et en scolarisation. C’est donc une preuve que l’Etat camerounais est donc incapable de préparer les jeunes populations pétries de forces et de talents à affronter les défis de la mondialisation qui exigent plus de dynamisme en matière d’activités intellectuelles et de rendement économique. Pour cela donc, l’éducation doit être, en plus de la santé, la priorité de tout Etat responsable et soucieux de son devenir. Heureusement pour la jeunesse camerounaise, les initiatives privées ne manquent pas à leur devoir d’assistance. Je voudrais ici partager avec vous les réalisations de l’une de ces initiatives privées que je salue en passant. Il s’agit de la Fondation MTN. Elle a fait une descente sur le terrain vers plusieurs localités du septentrion. La caravane ‘’Back to School’’ est un des volets du programme ambitieux de la Fondation MTN en faveur de l’éducation au Cameroun. La Fondation MTN se positionne, en effet, comme un partenaire essentiel de l’Etat, pour l’accès du plus grand nombre à une éducation de qualité au Cameroun. Elle entend, au cours des 5 prochaines années, investir massivement dans la construction d’écoles, le renforcement des capacités des enseignants et la promotion de l’excellence dans l’enseignement des sciences et des nouvelles technologies. La  caravane ‘’Back to School’’  va parcourir le pays en 11 étapes, pour apporter des fournitures scolaires à 5 500 orphelins et enfants défavorisés. Je vous livre ici mon expérience des quatre localités où les enfants issus de familles démunies n’allaient même plus à l’école.

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21 septembre 2013 – (Ngaoundéré)

La cérémonie qui se tiendra à la Délégation régionale des affaires sociales de l’Adamaoua, sera présidée par M. Tabue Tchiwaket Jean Thomas, représentant  le délégué régional du Minas (Ministère des Affaires sociales), en présence des amis de la Fondation MTN.

Lancée officiellement à Yaoundé le 16 août par la remise du matériel didactique spécialisé à 200 jeunes handicapés visuels, Ngaoundéré constitue après les sept régions visitées  au sud du pays, la première étape de la caravane ‘’Back to School’’  où plus de 2 100 enfants recevront le matériel nécessaire pour un bon démarrage de cette année scolaire 2013/2014.

Au total, plus de cent orphelins et enfants défavorisés tous pensionnaires des structures d’encadrement  « Saint Ange Gardien » et « Yves Plumey » bénéficieront du don de fournitures scolaires de la Fondation MTN.

Orphans and underprivileged children happy to receive Back To School kits

24 septembre 2013 – (Garoua)

Une cérémonie est prévue à l’esplanade de la Délégation régionale des affaires sociales du Nord (Minas).

A l’occasion, la Fondation MTN remettra des fournitures scolaires à plus de 100 orphelins et enfants défavorisés, tous pensionnaires de structures d’encadrement de la région du Nord, dont  le Centre d’accueil pour enfant en détresse, le Programme d’enfants en difficulté, l’Institut spécialisé pour déficients auditifs et le Centre de rééducation d’assistance sociale où plus de 2 100 enfants recevront le matériel nécessaire pour un bon démarrage de cette année scolaire 2013/2014.

26 septembre 2013 – (Maroua)

Une cérémonie est prévue dès 15h à l’Institution camerounaise de l’Enfance sous la présidence du Délégué régional du Minas et en présence des Amis de la Fondation MTN.

L’escale de Maroua permettra à la Fondation MTN de remettre des fournitures scolaires à plus de 100 orphelins et enfants défavorisés, pensionnaires de l’orphelinat Maison Daniel Brothier, la Belle Etoile et l’Institution camerounaise de l’enfance où MTN soutiendra la scolarisation de plus de 2 400 enfants défavorisés. La caravane lancée en août 2013 à Yaoundé boucle le tour des 10 régions du Cameroun avec l’étape de l’Extrême-Nord.

31 octobre 2013 – (Kousseri)

Une cérémonie est prévue dès 15h à l’esplanade de la délégation départementale de l’éducation de base.

Des enfants issus de la ville de Kousseri et de 7 autres communes du département du Logone et Chari dans la région de l’Extrême-Nord seront à l’honneur. Dans cette zone d’éducation prioritaire, la Fondation MTN remettra symboliquement des kits pour la rentrée scolaire 2013-2014 à 2 100 enfants démunis, en majorité des jeunes filles. Ces 2  100 orphelins et enfants défavorisés verront également l’intégralité de leur cycle primaire pris en charge par la Fondation MTN. Ils seront scolarisés de la Sil à l’obtention de leur certificat d’études primaires ; ils devront juste fournir l’effort d’aller à l’école et de réviser leurs leçons.

C’est grâce au personnel de MTN Cameroon que cette initiative se matérialise. En effet, au mois de juin2013, une campagne de collecte de fonds avait été lancée pour soutenir l’éducation de la jeune fille et des enfants démunis de Kousseri et du département du Logone et Chari, dans le cadre du programme social interne « 21 Days of Yello Care ». La forte mobilisation du staff autour de cette noble cause a permis la sélection de nos 2 100 enfants bénéficiaires.

Cette opération d’envergure dans l’Extrême-Nord du Cameroun est le fruit d’un partenariat entre l’organisation sociale « Be Yourself » et la Fondation MTN.

La Fondation MTN, première fondation d’entreprise au Cameroun, se positionne, en effet, comme un partenaire essentiel de l’Etat, pour l’accès du plus grand nombre à une éducation de qualité au Cameroun. Elle entend, au cours des 5 prochaines années, investir massivement dans la construction d’écoles, le renforcement des capacités des enseignants et la promotion de l’excellence dans l’enseignement des sciences et des nouvelles technologies.

Comme le disait Nelson Mandela, «  l’éducation est l’arme la plus puissante dont on peut se servir pour changer le monde ».  Une année d’éducation de plus est susceptible d’accroître de 10% les revenus d’une personne dans les pays développés. Mieux, en œuvrant pour une éducation de qualité intégrant l’accès du plus grand nombre d’élèves aux TIC à l’école, la Fondation MTN veut donner aux enfants du Cameroun les moyens de se familiariser dès aujourd’hui avec les exigences du monde de demain.

TKC_YVES


46664-Nelson Mandela : un chef ne meurt jamais il dort et veille aussi !

« Sur un personnage comme Nelson Rolihlahla Mandela, écrire des livres ne suffirait pas.» Voilà le commentaire qu’a fait mon épouse quand je lui ai dit que je devais signer un article sur Mandela. Et je crois qu’elle m’invitait à commencer un engagement qui pouvait s’inscrire dans la durée en raison du personnage plutôt que de dire « Il est tard (3 h30 du matin) Que vas-tu dire de plus  complet ou plus intéressant que les autres ? Viens te coucher ! »

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 J’ai essuyé la frustration de voir un Frère devenu Chrétien fondamentaliste s’éloigner de moi en 2009 quand enthousiaste du voyage que je préparais pour L’Afrique du Sud je lui ai dit que j’avais hâte de rencontrer le MESSIE MANDELA. L’emploi impropre selon lui du terme « Messie » ici l’a convaincu de me considérer comme diaboliquement possédé. Le messie ne peut qu’être biblique et la dimension d’un mortel a beau être planétaire il reste un impur et ne doit pas bénéficier d’une considération « idolâtrique ».  Pourtant la définition que font les différents dictionnaires du terme messie ne demande ni d’allégeance à faire à la Bible ni de latitude suffisante pour couvrir l’immensité de l’homme Mandela avec tous les défauts qu’il peut avoir eu… Je me le ferai suffire cependant.

Quand à Rome devant un parterre de 13 journalistes auxquels j’accordais une interview le 19 Octobre 2001 j’expliquais que mon personnage préféré de l’histoire était ce Nelson Mandela, certains m’ayant déjà suivi en ont profité pour insinuer que j’étais non seulement afrocentriste mais « afrosuprémaciste » (ils évitaient de dire raciste). Je les ai invités à considérer les interviews de ceux (blancs) qui m’accompagnaient et remarquer que tous (blancs) avaient cité Marilyn Monroe, Berlusconi, Shakespeare, Napoléon, Le Pape Jean Paul II, Madonna, Caravage, Bernini, et personne ne les avait taxés d’eurocentristes. J’étais pourtant sûr moi d’avoir l’avantage de citer un personnage qui mettait tous (ou presque) d’accord au-delà de l’appartenance ethnique. Pour les raisons que nous savons Mandela a été reconnu comme le politicien le plus clairvoyant et le plus illuminé du XXème siècle. Et pour cause je défie quiconque de me prouver que si un groupe d’Africains s’empare d’un coin de l’Europe, le colonise, le domine, assujettit bêtes et Hommes et le gère de façon autoritairement afrocentrée en se payant le luxe de noyer  dans le sang les révoltes des locaux et en se donnant la joie de jeter en prison les leaders de la rébellion, ils auraient survécu… Ne nous trompons pas. Nous nous connaissons les uns les autres.

Hors Mandela a pris sur lui le destin d’une Race. Il  a accepté la souffrance, le martyre, l’humiliation, et a cru en un objectif, celui de marcher longtemps mais de parvenir quand même à la liberté… Il entendait (et ceci ressort d’une interview de 1962) par cela le passage obligé pour la réconciliation et surtout la cohabitation pacifique. Je ne sais pas si cela aurait été possible dans une Europe envahie par des Noirs. En s’inspirant de Gandhi qui déjà lui n’était pas tendre avec les Noirs mais avait aussi lutté en Afrique du Sud il alla plus loin que le rêve de MARTIN LUTHER KING et se fit chantre d’un projet qui demandait de l’engagement… Il a en ceci anticipé largement le « YES WE CAN » de Barack Obama ! Mandela a donc eu une vision prophétique qu’il a prise pour une mission et s’est donné la peine de la parachever. Cela s’est passé sous nos yeux et si ca n’est pas messianique et crédible parce que nous l’avons vérifié, prêtez-moi  un autre mot pour le définir. Il a réconcilié deux mondes. Utiliser son succès pour confiner un Africain dans le nombrilisme plutôt que reconnaître sa dimension interculturelle est peu honorable.

Pour parvenir à imposer la justice pour tous au moyen de la persuasion d’une posture politique, Mandela a dû passer par la bataille pour certains, les laissés-pour-compte, il n’a jamais abandonné l’idée de la lutte armée. « L’emploi de la force légitime la réaction par la Force et c’est intelligent » disait Malcolm X.  Mandela l’a carrément matérialisé dans son entreprise en ajoutant : « Je retournais les armes de mes propres ennemis contre eux-mêmes ». Il a dû sacrifier sa tranquillité familiale, chose qui lui joue des tours aujourd’hui même pendant ses obsèques, et a d’abord réconcilié les Africains eux-mêmes de diverses souches et donc pas unis. Élevé par un chef qui pensait en faire son successeur sans en être le père il place la valeur de la tradition africaine au centre des chances de sortir vainqueur pour une Afrique du Sud qui au moyen de la réconciliation inventera plus tard inspirés par lui et Desmond Tutu des Concepts comme « Rainbow Nation » et « Ubuntu ». Il est Xhosa mais Luthuli le chef de son parti est Zulu. Il a fédéré autour de lui même les chefs des autres Nations comme Kenneth Kaunda en Zambie qui lui prêtent main forte et le renforcent dans son Combat. Son panafricanisme s’accroit quand il est contraint de quitter le pays et comprend que c’était l’occasion d’aller chercher du renfort avant de revenir porter un assaut virulent aux structures du pouvoir discriminant.

Il voyage en Éthiopie et bien qu’il se rend compte qu’à Addis-Abeba il y avait plus de chèvres dans les rues que d’êtres humains, en rencontrant l’empereur  Hailé Sélassié il est séduit et témoignant de ses yeux  de la fierté avec laquelle défilait l’armée éthiopienne, il comprend mieux ce qui avait fait de cet Etat le symbole pour les Africains surtout d’outre-océan (Rasta Jamaïcains en tête) de la victoire des colonisés sur les colons, du fait d’avoir barré la route au velléités coloniales Italiennes en infligeant a l’armée de Mussolini une cuisante défaite à Adua. Il Commence à mûrir l’esprit qui doit animer les Africains qui n’avaient rien à apprendre des autres. Sélassié Dieu vivant pour certains incarnait le messianisme qui fonda l’Unité Africaine et Mandela s’en nourrit à fond. Il Ajoute un chapitre à sa formation démocratique en remarquant qu’au Mali dans les avions on vendait des poules comme on vendait des arachides pendant que chacun se cherchait un siège. Il a appela ça «Vol démocratique». Il passe par le Ghana, la Sierra Leone, se fait aider financièrement par Sékou Touré qui venait de quitter la zone Franc-CFA, tandis que Senghor dont il ne comprend pas beaucoup l’attitude mais retient qu’au Sénégal il a mis le sénégalais au premier plan et surtout la sénégalaise au même plan que la française, lui permet d’avoir les passeports diplomatiques avec lesquels il peut voyager et se faire entendre. Il étudie dans les détails la guérilla camerounaise qui a vu tomber des têtes comme UM NYOBE, OUANDIÉ OU MOUMIÉ et parfait sa formation militaire au Maroc où s’étaient donné rendez-vous tous le révolutionnaires du continent, de Savimbi a Ngouabi ou Lumumba. C’est en Tunisie qu’il subit littéralement le charme du géant Soldat Noir comme pétrole Sudani qui à son passage pendant un défilé devant le régiment qu’il commandait  fut ovationné par tous, autorités et foule. On disait de lui qu’il avait guerroyé et mis en déroute tout seul une multitude de soldats ennemis. C’était un Héros National en personne. Mandela comprend par la suite que si Sudani très noir de Peau avait captivé son attention en Tunisie un pays d’Arabes c’est parce que lui Mandela Noir se reflétait en Sudani lui aussi Noir, chose qui semblait à lui-même raciste mais tout de suite il en profita pour y trouver un autre message… LE NOIR POUVAIT et DEVAIT ! C’est ce qu’on lui dira en Ouganda : «Vous avez frappé ceux qui dérangent les Noirs en sabotant des lignes de chemin de fer ? IL FAUT ENCORE LES FRAPPER ET ON VOUS AIDERA !»

C’est donc L’Afrique toute entière qui soutient Mandela et un Mandela AFRICANISÉ qui rentre en Afrique du Sud où l’attendaient Chief Luthuli et les autres pour entamer la dernière phase du combat, quitte à se faire arrêter, chose qui arriva définitivement (on pensait) en 1962. Mais il avait été initié et béni par Toute L’Afrique qui ne laissa rien. L ‘OUA ira jusqu’à imposer à tous ses États membres de rompre les relations diplomatiques avec l’Afrique du Sud. Ce fut fait. La seule chance de Yannick Noah de visiter le pays de l’Apartheid et y jouer fut son passeport français. Son pays le Cameroun ne traitait pas avec les racistes et Yannick y comprend vu comment on  le méprise qu’il est Noir. Il ne comprend cependant pas que s’il se trouve en Afrique du Sud malgré le boycott c’est que la France entretient encore des rapports privilégiés avec le régime ségrégationniste de l’apartheid. Mandela quant à lui reste en prison 27 ans dont 18 passés sur l’ile dite « Robben Island » avec le  numéro 46664, qui lui avait été attribué au moment de son incarcération et restera jusqu’à la fin, la façon de l’identifier. Pendant ces 27 ans ses compagnons et lui ont fait preuve d’une robustesse d’esprit hors du commun. Il assure lui-même sa défense et celle de ses amis pendant les procès de Rivonia où il élabore des stratégies qui ridiculisent le pouvoir. Il trouve le temps de passer son Doctorat en droit et de commencer à écrire son livre (Un long chemin vers la liberté publié en 1994 et traduit dans de nombreuses langues.) dont il fait sortir clandestinement les pages du manuscrit. Cela rappelle Malcolm X diplômé en prison qui profitait de toute petite lueur de lumière pour étudier et écrire.

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Les aînés savaient beaucoup de choses  sur Mandela qui n’a pas cessé de faire parler de lui, même prisonnier. Au milieu de années 80, avec l’implication de nouveaux sages européens à l’ONU, sa figure revient sur l’échiquier international au premier plan des sujets à l’ordre du jour. On sent un nouveau vent souffler sur le Monde, Le Rideau de fer s’achemine vers la fin, la guerre froide avec, la démocratisation avance les accords économiques basculent, la crise pointe et il faut associer les opprimés au progrès. Il faut libérer les chefs des révolutionnaires partout et entendre mieux les révolutions. C’est ce qui se passe en Amérique du sud, en Asie comme au Moyen Orient où Arafat n’est plus un terroriste mais un chef charismatique avec qui négocier.  Il est donc judicieux qu’on arrive à mettre l’accent sur l’Afrique où les coups d’Etat et les assassinats Politiques  avaient balayé une génération de trentenaires ou quadragénaires éclairés, en commençant par Lumumba du Congo dont se charge un certain Georges Bush Chef de la CIA. On arrive aux  N ‘Nkrumah du Ghana, Bouganda de la Centrafrique, Sadate d’Egypte, Amilcar Cabral de Guinée Bissau, et par extension, MALCOLM X, LUTHER KING Jr des USA, Samora Machel du Mozambique etc… La jeunesse connaît de nouveaux révolutionnaires car comme dit Fidel Castro, « Un révolutionnaire ne va jamais en vacances et la révolution encore moins ». UN NOUVEAU SYMBOLE EST NÉ POUR L’AFRIQUE en la personne de Thomas Sankara. Son destin va croiser celui de Mandela. On l’assassine en 1987 et cela accentue la recherche de panafricanisme des jeunes Africains surtout du Cameroun où il a fait sa formation d’officier militaire. Nous commencions tous à nous réclamer du combat de Sankara, nous nous intéressons à ce moment à celui qui peut encore fédérer nos âmes de cette façon panafricaine que n’incarnent que les grands. Les peu d’informations que nous avions nous aident. Mandela devient une connaissance du passé de nos ainés, mais un symbole présent pour nous. Nous avions enfin une télévision nationale. Ses images circulent. On admire son look, sa prestance, son élégance sportive, lui qui pendant sa détention a tellement subi d’abus et a changé de physionomie. Les travaux forcés, les pierres qu’il casse à la main et les cellules humides qui l’accueillent ont ruiné sa santé. Nous n’en savions rien. Son image que nous avions était celle de sa splendeur de batailleur.

Ce sont surtout les artistes qui nous impliquent profondément. Essindi Mindja fait un parallèle génial entre le tribalisme au Cameroun et la nécessité d’union pour aller (ce sont ses mots) « chasser ces blancs qui nous dérangent  en Afrique du Sud » au nom de Mandela. Il en  a besoin et l’Afrique avec. Lui, le regretté Essindi est comédien et professeur d’Histoire & Géographie de Lycées et Collèges d’Enseignement secondaire au Cameroun. Mais c’est une jeune chanteuse, une choriste de Manu Dibango, devenue soliste et guitariste de charme qui attire mon attention sur le cas Mandela avec une chanson en Anglais qui sublime son combat. KOKO ATEBA dans une émission télé « Tête d’Affiche » qui commençait le jeudi à 18 heures s’entretient avec Rémi Minko Mba et dit des choses dures sur elle-même qui passent en second plan quand elle égraine des notes en grinçant sur sa guitare, fond en chanson parlant du héros d’Afrique en passe de devenir notre nouvelle obsession et une icône mondiale atemporelle. Elle parle de ce Monsieur et dit de lui qu’il n’abandonnera Jamais. Notre curiosité augmente.  Nos consciences s’éveillent et suivent la Militante Camerounaise dans son œuvre de sensibilisation. Il y en aura d’autres. L’année d’avant La Princesse Dika Akwa avait fait pareil avec Cheikh Anta Diop tout de suite après son décès. Foly Dirane nous fait comprendre pendant son émission « Cocktail aux Décibels » qu’un jour la musique viendrait à bout de l’apartheid. Il présentait le Rasta Reggaeman Camerounais fraichement débarqué de Côte D’Ivoire ICE T COOL… Puis SAM FAN THOMAS produira Un MAKASSI Sur le même thème qui lui donnera notoriété continentale. Je me souviens des réunionnaises en Allemagne qui tombèrent amoureuse du Cameroun et des Camerounais rien que pour cette chanson, un Hommage á un Modèle interprété par un artiste talentueux (Guitariste, Chanteur, Danseur, Footballeur, Couturier)… Tamne Pius ne sera pas en reste. Le ton est donné. Le camerounais est intéressé et conscient des enjeux qui mettent l’Afrique sur un possible piédestal, celui d’un héros libéré et guide d’une nouvelle vision progressiste. Le Cameroun avait accordé l’asile politique pendant les années sanglantes de l’apartheid à l’artiste chanteuse et activiste Miriam Makeba décédée à Castel Volturno en Italie le 9 novembre 2008.. L’art se nourrit des moyens techniques que sont les medias pour sa diffusion. Si le combat de Mandela est rentré dans nos chairs et dans notre quotidien c’est aussi parce que les Journaux et l’information médiatisée commençaient à devenir des concurrents sérieux des livres surtout d’Histoire parfois cruellement et coupablement vides de regards introspectifs ou de point de vue africains ou simplement d’Histoire Africaine. Qu’importe. On pouvait combler ce vide du passé digne avec les pages que la dignité d’Un Homme s’apprêtait à écrire pour toutes les annales du Monde. Les journaux et media se chargeant de faire filtrer ce qu’on a su après le 11 février 1990 qu’il se tramait dans les coulisses. Plus la pression pour le Gouvernement Sud-Africain montait, plus l’attente devenait insoutenable et plus les initiatives pour la libération de Mandela se multipliaient et plus ça remplissait notre quotidien. Cela était dû au fait que dans sa prison ça mijotait chaud et vif.

Le chef de service Barnard approche Mandela pour négocier. Ils n’ont pas le choix mais veulent savoir s’il abandonnera la lutte armée. Pour cette raison, avant ces années 80 de grands changements, pendant que Michael Jackson devenait Blanc, Sankara devenait Mythe, L’Afrique préparait le retour du Multipartisme et Mandela s‘apprêtait à passer des étables aux étoiles du firmament… Mandela rencontre Botha et l’impressionne parce que pendant sa détention il a côtoyé de jeunes Africains comme ce professeur d’Afrikaner et de Hollandais qui lui a dit : « parler la langue de l’adversaire te donne un avantage ». Mandela s’adresse donc au Président en Afrikaner qu’il a appris en prison. Il rejette la proposition de droit de veto qu’on veut donner aux Blancs pour négocier sa libération. Arrivé aux affaires, De Klerk souhaite aller Vite. Plus tard, l’ayant rencontré, Mandela dira qu’il avait senti n’avoir pas le choix et était plus mû par l’idée d’entrer lui aussi dans l’Histoire… MANDELA EST DEVENU UNE MINE D’OR… Le toucher et l’avoir comme interlocuteur ou avoir son nom dans son histoire personnelle vaut son pesant de métal précieux. De Klerk qui n’était pas un progressiste abouti (mais qui je crois le deviendra) le sent et l’interprète politiquement de façon magistrale.

On avait annoncé la libération de Mandela pour le 11 février 1990, 7 jours plus tôt… nous qui déjà à la Mort de Sankara avions imposé des cours de politique contemporaine que nous appelions « Actualité » à Nos professeurs d’Histoire-Géographie et Instruction Civique voulûmes à nouveau que  le cas Mandela remplaçât pour nous ces cours malgré les promesses des profs de nous faire échouer aux examens de fin d’année. Ce danger n’existait pas car nous n’étions qu’au deuxième trimestre. On ignorait alors que la guerre qui menaçait d’éclater dans le Golfe persique et qui éclatera finalement le 2 Août allait par la suite occuper nos pensées au troisième trimestre pour le grand désarroi de nos enseignants à qui nous enlevions la possibilité de débiter les cours qu’ils avaient préparé. La Libération de Mandela que tout le monde prévoyait en Mondovision (chose qui a été non sans peine pour la police qui avait prévu d’en assurer la haute sécurité) ajoutait de l’enthousiasme à notre innocence d’enfants et de jeunes qui nous apprêtions pendant toute cette semaine-là à prendre à deux mains toute la liberté que notre pays nous donne annuellement de préparer à notre mesure en bénéficiant bien sûr de la collaboration de nos encadreurs, la fête qui nous est consacrée. C’était la semaine de la jeunesse, qui culminait avec la fête de la jeunesse elle-même et fortuitement F.W. De Klerk nous donnait une semaine pour nous déployer en fantaisie. Le thème était évident : Nos looks pendant le défilé et nos chants rendaient aussi hommage à côté de notre pays ou son président à Nelson Mandela. Heureusement que les informations le donnaient pour libre pas avant 14.h. On aurait donc eu le temps de défiler devant les autorités et de voir la fantasia des cavaliers du Lamido nous délecter de leurs belles chorégraphies avant d’aller, une fois consommés nos amuse-gueules d’après défilé et répondu présents au déjeuner familial suivre l’événement du siècle en direct. Pourtant L’après-midi du 11 Février comme celui de la fête du 20 mai (Fêter Nationale du Cameroun) d’ordinaire nous gâte par la variété des évènements récréatifs, culturels et les loisirs qu’il offre, sans oublier que pour un adolescent c’est le Day-Off de rêve qu’il a pour soigner ses amourettes. Généralement à N’Gaoundéré le clou de l’après-midi, la rencontre où on se donnait rendez-vous avec amies et copines c’était le stade avant le cinéma. Cet après-midi-là, comme souvent le stade avait commencé a recevoir du monde vers midi car personne n’aime non plus rater la finale du championnat de football des différents établissements scolaires. On ne pouvait surtout ne pas assister à l’affiche la plus classique. Le Collège de Mazenod, Notre établissement fidèle au top five des Établissement scolaires de la nation qui offrent le meilleur encadrement et les meilleurs résultats et le Lycée de la ville que nous définissions par dérision « Chine Populaire ». Nous n’avions pas le bénéfice des écrans géants à l’époque mais l’inventive Camerounaise veillait au grain. On avait d’accord rempli le stade mais chacun avait déjà stratégiquement ciblé une des cours des maisons alentour pour, une fois le signal donné courir voir Mandela « Revenir à la vie après 27 ans » pendant lesquels il a incarné le combat de nous tous. Le Camerounais de ces années-là n’était pas individualiste, du moins son égoïsme ne se prononçait surtout pas pour un téléviseur qui n’était pas à la portée de tous. On avait par endroit installé le petit écran devant la cour. Aliou Touré a bien pardonné que pendant quelques minutes je ne le voie pas jouer pour me fossiliser devant le téléviseur de chez Djiemeni Josiane et vivre le miracle. 14h44 l’incroyable se produit et mon idiotie de gamin ne comprit pas comment le jeune et prestant combattant auquel nous voulions ressembler en nous traçant la raie au milieu des cheveux sortait sous la peau d’un Monsieur visiblement vigoureux mais aux cheveux Poivre-Sel qu’on n’aurait pas tout de suite reconnu  si ce n’était parce que sa Compagne, épouse combattante et lieutenant de vie lui tenait la main ferme. WINNIE ET NELSON, toujours amoureux et finalement libres de nous divertir avec de la romance. On vit Plus tard l’archevêque Desmond Tutu danser sur Balcon… Le Monde faisait connaissance avec le vieillissant Mandela qui ce jour-là aussi avait commencé par sa culture physique avant de s’habiller pour sa libération. 73 ans… Il faut le faire. Il a vaincu la torture et l’injustice. À partir de ce moment, l’image Mandela a occupé nos journaux nos radios et nos écrans avec une constance jamais vue auparavant. On aurait dit que le monde était à ses pieds. Je voulus penser qu’il portait bonheur aussi à mon pays. Le parti au pouvoir nous avait fait marcher contre le Multipartisme anticipé. Le Congrès de Yaoundé avait été un succès et pendant que Mandela se promenait dans le globe pour alimenter tous de sa présence bénéfique, l’équipe Nationale de Football de Mon pays faisait des miracles pendant la Coupe du Monde en Italie avec notre demi-dieu, Notre Mandela Local, Notre vétéran capable Roger Milla en Vedette.

On ne voyait que du Mandela partout et ça ne gênait personne.  Johnny Clegg « le Zulu blanc » Sud-Africain et son groupe multiracial Savuka remettaient en chanson à la Jeunesse le Mandela qu’elle n’a pas connu. Le Groupe a cappella Noir Sud-Africain Ladysmith Black Mambazo et les Simple Minds au mythique concert de Wembley qui a rassemblé plus de spectateurs qu’une Finale de Coupe du Monde ont canalisé notre apathie en nous donnant des frissons avec leur musique et surtout leurs contenus évocateurs. Je  quittai le pays cette la même année pendant la coupe du monde, sans même attendre les résultats de mes examens. À Berlin l’euphorie Mandela se mêlait avec la joie des retrouvailles des familles allemandes qui fêtaient une réunification après une douloureuse séparation durée 45 ans. Pendant qu’on cassait les reliques de mur pour en emporter des morceaux à la maison on était soi-même star car tout le monde nous posait des questions sur Mandela et les lions Indomptables. Je faisais cadeau de mes maillots du Cameroun même à des inconnus. Mandela valait plus. J’ai vu des gens pleurer à chaque fois qu’il apparaissait  à la télé. Déjà avant de quitter le Cameroun j’avais vécu sans m’empêcher d’avoir la chair de poule sa rencontre émouvante avec de jeunes filles Sud-Africaines, membres d’une compagnie théâtrale  en visite à Berlin. Je crois me souvenir que pendant que les plus fortes ne contenaient pas leurs larmes, certaines s’étaient évanouies. Le personnage drainait des foules à Londres et partout où il passait. Il était aussi devenu un moyen pour les politiciens du Monde de se relancer. Margaret Thatcher pourtant hostile à sa libération l’accueillit comme un héros et le traita comme un fils en lui disant « Couvrez-vous, il fait froid à Londres. Le Monde a besoin de vous en santé»… J’ai suivi depuis cet instant les traces de Mandela pendant de années, déterminé selon moi aussi à entrer dans la cour des grands et à le rencontrer.

L’occasion me fut donnée le 14 Mai 1996, 6 ans après sa libération et à la fin de son mandat présidentiel quand il visita le Bundestag en Allemagne et y fit un discours mémorable. Entretemps j’étais devenu étudiant en Italie mais au bout de 3 années la poursuite de mon parcours me reconduit Allemagne. À la sortie du parlement à Bad Godersberg parmi les innombrables diplomates d’Afrique et d’ailleurs, parmi les politiciens Allemands et sans forcer le protocole, sans contrevenir aux normes de sécurité, tellement l’Homme était ouvert, je le retrouvai devant moi en train de sourire et de me tendre la main en disant à moi pas très à ma place avec mes dreadlocks, mon ensemble jeans à la mode déchiré par endroit, blouson comme pantalon, chapeau floqué MALCOLM X et Lunettes à la Spike Lee « how are you ? » j’étais pris au piège de son immensité. Je ne sus quoi dire ni quoi faire. Cet instant qui en réalité n’aura duré que quelques secondes fut et est encore l’éternité pendant laquelle mon exubérance s’assoupit et prit un coup terrible. Non, Je n’ai rien dit ni rien répondu au Divin Nelson Mandela. Ma main a été trop lourde pour se lever, aller à la rencontre de la sienne et la lui serrer. Plus tard j’ai revu la signification du mot « tétanisé ». Je l’ai vécue en plein! Lui ne pouvait pas attendre. Le protocole l’avait conduit vers des enfants Allemands qui eux plus inconscients que moi avaient pu ! Ils ont pu ce qui ne me fut pas possible. Ils l’ont salué. Une fois mes sens repris je lui ai couru après  et tout ce que j’ai pu faire c’est cette photo où il m’a encore adressé un sourire, cette photo dont j’ai conservé le négatif et cette photo que j’ai multipliée et expédiée à tous ceux qui me sont chers, cette photo que j’ai fait agrandir, Mandela qui me sourit de loin. Le même soir j’ai appelé au Cameroun et en Italie pour le raconter d’abord à mon Père et le narguer en lui disant « J’ai fait pour une fois ce que tu n’as pas fait… J’ai rencontré un mythe vivant … Qui ? Mandela… Tu l’as salué ? » J’ai raccroché. Pareil avec mes amis en Italie, Demba Diallo du Mali, Sassou du Tchad et Tous les Camerounais. Je crois avoir encore la photo agrandie dans note maison familiale à N’Gaoundéré au Cameroun. La mienne en Italie et le négatif aussi ont disparu avec le tremblement de terre qui a emporté mes 17 ans d’histoire en 32 secondes le 06 avril 2009.

Je ne me suis pourtant pas arrêté là… J’ai poursuivi Mandela où je pouvais puisque je voyage aussi beaucoup. L’Afrique Du Sud est parmi les pays où ma famille s’est établie, celui que Ma Famille a occupé de la façon la plus massive. L’occasion pour finalement y passer beaucoup de temps fut pour moi la Coupe du Monde de Football qui faisait finalement étape en Afrique en 2010. Nelson Mandela avait été l’artisan de la concrétisation de ce projet-rêve… Nous attendions ardemment que les équipes africaines y brillent de plein feu et surtout que nos Lions Indomptables arrivent au bout de la compétition. La déception de ne pas voir mes Lions traverser le premier tour et celle de voir les équipes Africaines tomber les unes après les autres jusqu’à la rocambolesque élimination du Ghana en quart de finale n’a cependant pas gâté ma Fête. Arrivé avec mon compatriote et exemple JP ESSO avec qui je me suis déjà retrouvé dans 4 pays de la planète au nom du Football camerounais j’ai vécu de moments incomparablement heureux en Afrique Du Sud. À la  joie de passer du temps avec tous mes frères et cousins s’est ajoutée l’expérience de la rencontre du Monde et des gens de tous les horizons. J’ai surtout savouré le bonheur de me confondre en Afrique Du Sud, devenant moi aussi un morceau de puzzle de cette Nation arc-en-ciel, laboratoire humain et naturel à ciel ouvert dans tous les sens. Une Expérience enrichissante comme peu d’autres. Je n’ai pas renoncé à faire mon travail d’Anthropologue que je me suis inventé. J’ai visité toutes les facettes de L’Afrique Du Sud que j’ai pues. J’ai vu de ses immenses Parcs Nationaux aux ghettos légendaires, au point de rencontre des deux océans (Indien et Pacifique) au cap, des rites de passage dans les villages aux  festivals tribaux en pleine capitale. J’y ai rencontré des amis que je ne voyais pas depuis 17 ans. Ayant ratissé Soweto à la recherche des témoignages possibles, J’ai fini par aller perturber une journée professionnelle du Président de la République Lui-même au Palais « Union-Building » mais il n’avait pas assez de temps pour moi. Mon plan secret était de rencontrer Nelson Mandela. Je l’avais loupé au concert d’ouverture à la fin duquel malheureusement il perdit dans un accident une de ses petites-filles. J’ai toqué à la villa de Winnie. Elle a demandé à ses collaborateurs de m’accorder le temps qu’il me fallait pour mes questions mais ne m’a pas expliqué la stratégie pour voir Nelson qu’elle rencontre quand elle le désire, chose que l’actuelle compagne de Nelson Graça Machel autorise avec grande dignité. J’ai absenté L’Archevêque Desmond Tutu hors secteur au moment de mon intrusion. J’ai attendu que Mandela se manifeste dans le restaurant qui appartient à sa famille. J’ai veillé devant sa maison de SOWETO. J’y ai passé un après-midi qui m’a permis de figurer dans la vidéo d’un Artiste de Hip Hop qui tournait juste en face, mais rien… À défaut de rencontrer la légende vivante, un Matin à Cape Town j’ai pris peu après 8 heures le bateau pour une Visite guidée a Robben Island. Une seule personne dans l’histoire a pu s’échapper de cette sinistre île de la mort. Il s’agit de Khoikhoi encore appelé Autshumato (mais les Sud-Africains le connaissent plutôt surtout comme Harry, die strandlooper.). C’était un interprète qui travaillait pour le compte des Hollandais au XVIIème siècle. Il s’enfuit à la nage en 1659, à sa deuxième tentative.

J’ai marché où Mandela a subi le pires humiliations. Chaque pas, chaque mur, chaque pierre avait un Histoire, celle du Dr Ahmed Kathrada, celle de Walter Sisulu, celle de Govan Mbeki, celle de Raymond Mhlaba Celle de Andrew Mlangeni, celle de Elias Motsoaledi, celle de Billy Nair, celle de Sonny Venkatrathnam, compagnon de prison de MADIBA  qui nous a raconté des souvenirs à geler le sang. Il m’a permis de me prendre en photo avec lui, il m’a accompagné dans la cellule de Madiba, là même où le Président Obama s’est recueilli récemment, il m’a fait asseoir sur le lit de Madiba, le temps de pleurer et méditer. Il m’a consolé et dit « It’s Over now » c’est fini, pense positif. Comme par miracle j’ai rencontré ce matin toujours sur l’île sans l’avoir programmé trois Camarades de classe du temps de mes études sur la campus de la « University of Miami ». Elles, deux blanches et une Afro-Américaine m’ont confirmé la puissante signification que ça avait de voir Mandela figurer en vrai à la fin du Film de Spike Lee « MALCOLM X » et prononcer cette Phrase « By any means Necessary » devant des enfants qui tour à tour se levèrent et dirent « I’m Malcolm X »,  Je suis Malcolm X. J’ai vu ce lien spirituel et mystique qui lie toutes les personnes Africaines d’origine de par le Monde se matérialiser en la personne de Madiba Mandela dont on sentait incroyablement la présence et l’énergie en ces lieux où tout parle de ses 18 ans de galère et grande ténacité. J’ai compris qu’il y avait un message d’unité et de paix. J’ai compris que ce géant parmi les Leaders Africains avait en lui la verve qui devrait animer tous ses pairs du continent et je me suis posé la question « WHAT IF ». Que ce serait-il passé si « par tous les moyens nécessaires » eux aussi bravant l’embargo ne l’avaient pas soutenu dans sa résistance musclée ? Je le dis en pensant au colonel Muhammar Ghedaffi qui a financé l ‘ANC le mouvement politique de Nelson Mandela même pendant que le Monde ne s’y intéressait pas suffisamment. Je me souviens que Le divin Madiba l’a appelé solennellement  « MY GOOD FRIEND » (mon Bon Ami), mots qui dans la bouche d’un sage signifient beaucoup. Je me suis senti frustré quand plus tard en racontant mes sensations aux jeunes Sud-Africains j’ai eu des réponses comme « Cesse d’idolâtrer u banal Être humain qui est aujourd’hui sénile n’a pas tous ses sens et est devenu gênant, sans même changer grand-chose à notre pauvreté ». Ma frustration double et j’espère qu’ils se rendront compte que quoiqu’on dise Mandela pour le monde, ce colosse planétaire mérite que le Monde entier s’arrête pour lui.

Maintenant que la mairie de Paris va je crois répéter l’exposition qu’elle lui avait  consacrée en juin 2013, encore une Exposition que vous pourrez visiter gratuitement ne serait-ce que pour vous rendre compte du Rôle de la France dans le destin de l’Afrique Du Sud et voir ses présidents se pavaner joyeux tour à tour aux Cotés de Mandela Libre, Maintenant que ses messages ont encore plus de sens, il va nous a quittés, on le sait mais on veut exorciser ce destin inévitable lui permettre de passer un mois ? Un jour ? Une semaine ? Une heure ? Encore parmi nous comme si ça le rendait plus vivant que jamais, comme si ça nous rassurait et comme s’il n’avait pas droit au repos. Moi, je continue à espérer que je le reverrai et aurait ainsi l’occasion de me rendre compte que je suis finalement adulte mais ai-je besoin de le revoir ? Mon professeur de thèse un Italien qui a été le premier à définir Mandela comme « Le politicien le plus illuminé de notre ère » a eu un tel rapport amoureux avec la terre d’Afrique qu’il a déménagé en Afrique Du Sud. Lui aussi a rencontré Mandela et comme moi son élève il a eu le choc de ne pas se sentir à la hauteur. Il m’a révélé ce qui nous est arrivé : « Quand tu rencontres une icône comme Mandela tout ce que tu peux faire et dire risque d’être Banal ! »

Dieu s’en va. Il nous manquera. Il ne nous abandonnera pas pour autant car comme ça arrive pour tout Seigneur, notre Culture Africaine aime croire que comme tout Ancêtre il sera là dans le vent, l’eau, le feu, le bois et la terre pour nous accompagner et intercéder pour nous chaque fois qu’il saura que même sans l’invoquer nous aurons  besoin de lui…

MANDELA EST MORT ? VIVE MANDELA… AMANDLA… NGAWETU ! QUE DIEU BÉNISSE L’AFRIQUE « nkosisikeleli Africa… »

Mougoué Mathias LiønKïng