Yves Tchakounte

Sur internet, les Camerounais s’engagent pour la scolarisation des enfants vulnérables

La solidarité est-elle un vain mot ? Déjà dix jours que les élèves du primaire et du secondaire ont repris le chemin de l’école. Comme il est de coutume, les Camerounais se démènent pour assurer une bonne rentrée scolaire à leurs progénitures. Il existe également une mobilisation autour d’autres enfants : ceux qui risquent de ne pas connaitre une scolarité heureuse pour diverses raisons. Cette mobilisation est courante dans les associations communautaires. Mais, avec l’avènement d’internet et des réseaux sociaux, les Camerounais ont développé d’autres formes de solidarité plus souples et très efficaces basées sur le fundraising. De quoi s’agit-il ?

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L’équipe du forum facebook K-MER-A conduite par Willy Noupa dans l’orphelinat de Douala. Crédit photo : K-MER-A

La solidarité religieuse et/ou communautaire et ses limites

La solidarité autour de la scolarisation des enfants vulnérables a souvent été l’apanage des associations communautaires (les tontines), et des associations de types religieuses ou humanitaires. Pour chacun de ces types d’association, la solidarité ne s’organise pas de la même manière. Les associations religieuses et humanitaires bénéficient généralement d’une donation de mécènes qui sont soit des fondations, soit des entreprises citoyennes, ou même des églises. Quant aux associations communautaires, ou tontines, en plus d’une donation de mécènes, qui sont généralement les hommes d’affaires ou hommes politiques originaires de la communauté, il existe également un apport subséquent des membres de ladite communauté.

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La solidarité de l’équipe facebook JMSSD se manifeste par des présents dans les orphelinats de Douala et de Yaoundé. Crédit photo : JMSSD

La solidarité pratiquées dans ces types d’association a une portée très restreinte. Généralement, pour être bénéficiaire ou donateur, il faut faire partie du cercle restreint de l’association : membre de la communauté villageoise, ethnique ou religieuse. Bien que ces types de solidarité soient importants, il convient de signaler tout de même qu’ils ne concernent pas tout le monde. Une nécessité d’élargir le champ d’action de la solidarité s’imposerait pour lui donner tout son sens. Et le seul outil capable de briser cette frontière est certainement internet.

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L’équipe du Forum Facebook K-MER.A (Le Kameroun en Action) sur le terrain de la solidarité. Crédit photo : Forum Facebook K-MER.A. Matango Club

Les réseaux sociaux, à travers la création des forums de discussion, sont l’une des plateformes d’organisation de cette forme de solidarité qui va au-delà des communautés. Le caractère universel d’internet ouvre les portes à tous ceux qui se sentaient mal à l’aise dans ce type de solidarité communautaire. Sans dénier la place primordiale qu’occupent cette dernière, Internet vient juste élargir le spectre de donateurs!

Bien que cette forme soit également restreint de par son accessibilité (Smartphone, connexion internet, compte Facebook, etc.). Comment s’organise donc cette forme de solidarité qui prend de plus en plus d’ampleur ces dernier temps ? Comment des personnes aussi éloignées par la distance, et qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam, peuvent-elles s’accorder pour collecter et gérer des sommes d’argent, aussi modestes soient-elles ?

Le fundraising et la fin des frontières

La solidarité des Camerounais à travers internet a pour fondement le fundraising. Le fundraising désigne une forme de financement des œuvres d’intérêt général basée sur la collecte des fonds auprès de philanthropes. Pour faire simple, une partie de ressources de financement de la scolarité de certains enfants vulnérables sont issues de la collecte d’argent auprès des internautes à travers des forums Facebook dont ils sont membres. Plusieurs forums s’illustrent dans ce type d’activité, parmi lesquels K-MER.A, créé par Willy Noupa, et JMSSD, « Je Me Suis Souvent Demandé », fondé par Guy Olivier Moteng

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L’équipe du forum facebook JMSSD conduite par Guy Olivier Moteng dans les deux orphelinats de Douala et de Yaoundé. Crédit photo : JMSSD

Ces deux forums ont été créés à l’origine pour construire une solidarité agissante autour d’un objectif : secourir les âmes en détresse, plus particulièrement les enfants vulnérables. Pour ce faire, une annonce ou publication sur le forum suffit comme alerte.

La préparation de la rentrée scolaire étant un prétexte, la mobilisation devient évidente car la scolarisation des enfants vulnérables est considérée comme une œuvre d’intérêt général.

Ce type de solidarité agissante est basée sur le volontariat, et c’est en sens qu’il brise les frontières communautaires et religieuses. Chaque membre du forum contribue, à sa manière, à la constitution des fonds de solidarité. C’est ainsi que la diaspora qui a été longtemps considéré comme un monde entièrement détaché de son environnement peut justement, à l’occasion, démontrer son implication aux œuvres de bienfaisance.

Les sommes collectées vont souvent au-delà des espérances. Elles sont le fruit d’un geste anodin de transfert d’argent électronique via son téléphone d’un montant a priori insignifiant. La force et la puissance du fundrising vient justement de cette popularité qui traverse les frontières. 

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La solidarité de l’équipe facebook K-MER-A à travers les dons à l’orphinat de Douala. Crédit photo : K-MER-A

La solidarité pour les orphelinats de Yaoundé et Douala

Les internautes de K-MER.A et JMSSD agissent dans les villes de Yaoundé et Douala. Deux grandes villes du pays, où se trouvent beaucoup d’orphelins.

Si cette solidarité via internet fonctionne, c’est que les personnes chargées de collecter et de gérer des fonds entretienne la confiance, seul gage de leur crédibilité. Comment ? Grâce à une comptabilité saine. Cette comptabilité est un compte-rendu des dépenses, accompagné des images de la cérémonie de donation en présence des bénéficiaires.

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L’équipe facebook K-MER-A conduite par Willy Noupa à l’orphelinat à Douala. Crédit photo : K-MER-A

C’est ainsi que les pensionnaires du centre Daniel Rouffignac de Yaoundé, de l’orphelinat Meinrad Hebga et l’orphelinat Synergie Fraternité de Douala ont reçu la visite mémorable des membres des forums Facebook camerounais K-MER.A et JMSSD.

Leurs actions ont consisté essentiellement en apports didactiques par la donation des manuels et fournitures scolaires, sans oublier les produits de premières nécessité : produits alimentaires, sanitaires et corporels.

Mais, il y a également, et c’est le plus important, les parrainages des enfants par quelques membres de ces forums. Le parrainage consiste à prendre en charge les besoins d’un ou de plusieurs enfants pour une période donnée. A ne pas confondre avec l’adoption qui est tout autre chose. La difficulté avec cette technique de parrainage, c’est l’injustice qu’il crée au sein de l’orphelinat par rapport aux autres enfants non parrainés et qui ne bénéficient pas de ce traitement de faveur.

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L’équipe du Forum Facebook JMSSD (Je Me Suis Souvent Demandé) fondée par Guy Olivier Moteng en action de solidarité. Crédit photo : Forum Facebook JMSSD. Matango Club

In fine, c’est plus d’une centaine de volontaire venant au secours d’une centaines d’enfants vulnérables qui sont ravis de voir leur scolarité assurée pour cette année. Loin des accusations dont ils font souvent l’objet, les réseaux sociaux ne sont pas seulement un lieu de tintamarres, d’invectives, de polémiques et des jougs politiques. Ces deux exemples de mobilisations sont la preuve suffisante que les Camerounais, de tous les bords, sont réceptifs à toutes les œuvres d’intérêts publics.

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L’équipe facebook K-MER-A en compagnie des enfants de l’orphelinat à Douala. Crédit photo : K-MER-A

Le fundraising démontre l’impuissance de l’Etat

Mais surtout, ces solidarités venues d’internet viennent remplir un rôle que l’Etat, défaillant, ne remplit plus. La solidarité agissante basée sur le fundraising a toujours été considérée comme une forme de système qui se substitue à la fonction sociale de l’Etat. D’ailleurs, historiquement, son développement est généralement le fait du désengagement de l’Etat et de la diminution, voire de l’absence, des subventions octroyées aux structures d’encadrement des enfants vulnérables. Cette situation est encore plus préoccupante lorsqu’on se retrouve dans un pays comme le Cameroun où la déstructuration et le dysfonctionnement des services publics sont de plus en plus décriés.

Les fondatrices et fondateurs d’orphelinats sont les premiers à décrier ce manquement de l’Etat. Certains sont d’ailleurs unanimes et avouent qu’ils n’ont jamais reçu une quelconque subvention de l’Etat, plusieurs années après la création. Parfois, ces orphelinats reçoivent même des enfants que leur confient les services sociaux de l’Etat. Que faire devant l’absence, devant l’incapacité, devant l’impuissance de l’Etat à assumer ses responsabilités ? La mobilisation collective autour de la prise en charge des orphelins et enfants vulnérables devient un impératif.


Lettre ouverte aux évêques de l’église catholique du Cameroun

Le 24 août 2018, l’église catholique du Cameroun a adressé une « Lettre pastorale » au peuple chrétiens camerounais. Elle concerne essentiellement les précautions sur la présidentielle du 7 octobre 2018 et les législatives et municipales prévues en 2019. L’église exige des chrétiens d’« effectuer des choix qui ne sont pas en contradiction avec leur convictions ». Cette lettre a suscité des réactions parmi laquelle celle du laïc engagé Nyëbë Edoa. Il rappelle à son tour la nécessité, pour l’église, de faire disparaître les frontières du totalitarisme comme elle l’a fait pour le marxisme.

Lettre pastorale aux chrétiens camerounais_Échéances_Électorales 2018 Et 2019 FR by Yves Tchakounté on Scribd

Messeigneurs les Évêques, paix et joie du Christ !

Je vous salue par ces mots « paix » et « joie », qui résument aussi bien le message évangélique, que les aspirations nobles du peuple de Dieu qui vit au Cameroun, dans un contexte socio-politique très inquiétant. En effet, ce peuple a plus que jamais soif de paix. Et quelle paix ? La pax Christi, la seule qui puisse nous donner la vraie joie d’enfants de Dieu.

Notre Mère l’Église dont vous êtes les Serviteurs et Successeurs des Apôtres, a pour mission régalienne de sanctifier, d’enseigner, et de gouverner. Chacun de nous doit donc s’efforcer d’être saint. Car notre monde souffre principalement des crises de saints, capables d’être sel de la terre et lumière du monde (Cf. Matthieu. 5, 13-14). L’enseignement du Christ et la doctrine de l’Église dont vous êtes garants, chers Pères Évêques, demeure la voie certaine du Salut et de la libération de toutes sortes d’asservissements. Partout où souffre un chrétien, c’est toute l’Église qui souffre également. L’offensive pastorale doit commencer par la dénonciation publique des Hérode et Hérodiade, exactement comme le fit Saint Jean le Baptiste (Cf. Marc 6,18).

Notre Église au Cameroun, ne saurait donc faire fi de sa mission ô combien nécessaire, en ce moment important et décisif de l’Histoire du pays, dans la tourmente de l’oppression despotique. Car « l’ensemble des droits dans l’Église est essentiellement constitué des droits de l’homme. Tout ce qui est humain vient de Dieu et l’Église a le devoir de le protéger. […] les catholiques doivent jouir de tous les droits contenus dans la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme ».

À l’instar de l’Apôtre Paul à Athènes (Cf. Actes 17,16), je voudrais, au nom de notre communion fraternelle, que vos tourments devant tant d’idoles, fassent de vous de zélés défenseurs du Droit, de la Justice et de la Vérité. Ces idoles se nomment ici : corruption, tribalisme, favoritisme, infanticide, prêtricide, crimes rituels, détournements de deniers publics, injustices sociales, guerre illégitime…

Comme au temps du prophète Élie marqué par le syncrétisme religieux, de faux-frères (Cf. Galates 2,4) adorent simultanément ces idoles (véritables Baal) et le vrai Dieu (1Rois 18,21). Chez nous, ils occupent les premières places dans nos Cathédrales, et sont aussi membres de nos Conseils paroissiaux. Une telle imposture n’est pas tolérable. N’oubliez pas Messeigneurs, que corriger celui qui est dans l’erreur, est une œuvre de miséricorde spirituelle. Alors, qu’ils sachent qu’il est possible de faire la politique, sans avoir le sang aux mains, tout en espérant les laver le dimanche à l’eau bénite.

« L’histoire ne pardonne jamais à un homme, à un parti ou à une Église d’être en retard d’une mutation », nous dit en guise d’avertissement Roger GARAUDY. Dois-je vous rappeler Messeigneurs, que les mouvements sociaux comme ceux que vit notre pays, ont toujours été propices aux conversions ou à l’éloignement de la Foi ? Par exemple aux États-Unis, pendant les luttes des Noirs pour leur libération et l’égalité entre Blancs et Noirs, ils sont nombreux les baptisés qui ont quitté l’Église. Dénonçant par-là l’hypocrisie des faux-frères Blancs. Ils sont devenus agnostiques, athées ou ont changé de religion.

Au Cameroun également, ce sont des chrétiens qui brulent les maisons d’autres chrétiens. Ce sont les chrétiens qui pillent, violent et massacrent leurs frères et sœurs dans la Foi. Les appareils répressifs (les forces de l’ordre, la justice de façade, etc.) sont tenus des mains de maîtres par des personnes se réclamant disciples du Christ, qui pervertissent l’usage citoyen de ces appareils, en opprimant froidement leurs coreligionnaires. Le Christ a-t-il donc si peu d’amis dans la chrétienté ?

Cependant, gagner les âmes pour le Christ, c’est aussi améliorer le mieux-vivre des fidèles, lutter pour éloigner, voire faire disparaître les frontières du totalitarisme, exactement comme l’Église combattit jadis le marxisme de toutes ses forces. Vous avez ce pouvoir ! Le peuple de Dieu qui est au Cameroun compte sur vous, Messeigneurs les Évêques.

Veuillez donc utilisez Messeigneurs, tous les moyens dont vous disposez (votre chaire, votre presse, vos relations…) pour l’accomplissement du rêve du Cardinal Christian TUMI, qui est celui de tout un peuple : un Cameroun et un Camerounais nouveaux ; c’est-à-dire juste. Le Cardinal affirmait à cet effet que : « Quand la justice n’est pas respectée, il ne faut rien attendre de bon de la part des citoyens. C’est leur demander l’impossible. C’est ici qu’il faut dire haut et fort certaines choses, au risque de choquer ceux qui ne veulent pas sortir des sentiers battus de toujours ».

Les Évêques ont toujours su, en temps opportun, éveiller la conscience collective. Évêque de Nkongsamba et défenseur des Droits humains à l’époque des « trains de la mort » des génocides Bassa et Bamiléké, Monseigneur Albert NDONGMO disait avec force aux fidèles du Christ: « La religion, le christianisme ne sont pas là pour professer un angélisme béat et naïf, une sainte oisiveté. Le croyant, le chrétien doit faire quelque chose pour la promotion, pour le développement de l’homme, de son pays et du monde. Le chrétien doit donc inscrire son action au sein de l’action nationale pour le développement de tout le pays ; il doit être efficacement présent à tout ce qui se construit, à tout ce qui fait progresser l’homme, le pays et le monde. Et c’est justement dans cette mission qu’est requise la fidélité à Dieu, pour voir si notre vie, notre action, notre mission (politique, sociale, économique ou religieuse) a été accomplie selon le plan de Dieu. Car Dieu a un plan sur notre vie ; Dieu n’est pas indifférent à notre action ». C’était le 16 août 1964.

Je ne saurais terminer sans vous confier à la maternelle protection de Notre-Dame du Pilier de la Paix, Patronne du Cameroun, la Vierge Marie.

Fraternellement !

En la Saint Jean-Baptiste 2018

Nyëbë Edoa, laïc.


Comment la minorité anglophone au Cameroun peut-elle défaire la tyrannie la plus vielle d’Afrique ?

Une élection suffit-elle pour renverser une tyrannie ? Cette question est au cœur des débats au Cameroun où la crise anglophone reste l’un des principaux enjeux de la présidentielle du 7 octobre 2018. C’est depuis novembre 2016 que cette crise, aujourd’hui transformée en guérilla, fait la pluie et le beau temps dans les deux régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest). La crise anglophone comme conséquence de l’échec de la gouvernance n’est qu’une lapalissade. Il devient donc évident, pour beaucoup, que le renversement du régime de Yaoundé reste l’une des solutions. Comment renverser donc une tyrannie vielle de 36 ans et tenue des mains de maître par Paul Biya, l’invétéré satrape ?

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Paul Biya, président du Cameroun tyrannie la plus vielle d’Afrique, au pouvoir depuis 36 ans. Crédit photo : Nyemb Popoli, caricaturiste camerounais

Pendant que les uns choisissent l’insurrection armée pour se débarrasser du tyran, d’autres s’apprêtent à l’affronter par les urnes le 7 octobre prochain. Nous sommes donc ici en face de deux solutions pour une même équation : la prise de pouvoir par deux armes, les urnes ou les kalachnikovs. Mais, ce qui est curieux ici c’est le fait que les deux stratégies sont portées chacune par deux communautés qui se distinguent par la langue officielle coloniale : le français et l’anglais. De quoi s’agit-il exactement ?

Il est question ici de montrer comment une communauté linguistique anglophone considéré comme minoritaire du fait du nombre de population (25% d’Anglophones et 75% de Francophones) serait-elle capable de renverser un régime considéré comme dictature depuis 1958. Comment un président élu à plus de 70% en 2011 est-il subitement considéré comme un obstacle à la résolution de la crise anglophone qui dure depuis 2016 ? Un regard à propos des débats sur la légalité et la légitimité du pouvoir de Paul Biya pour nous interroger sur la question de « majority rule ».

Les débats sur le respect des droits de la minorité au cœur de la crise anglophone

Depuis la convocation du corps électoral pour la présidentielle, le Cameroun vibre au rythme de l’une des propagandes politiques les plus mouvementés de son histoire. Cette période de précampagne est nourrie d’intrique de bas étage au point où certains vont même jusqu’à revendiquer de vrais débats d’idées sous le prétexte que les électeurs seraient sevrés depuis un bon bout. De mémoire d’observateur assidu de la scène politique camerounaise, je n’ai jamais connu de vrais débats d’idées en pareille circonstance.

Cependant, le seul débat et le seul combat qui ont un sens, c’est le respect des droits des minorités. Curieusement, toutes les tyrannies ont comme dénominateur commun, le piétinement des droits fondamentaux des minorités. Et dans un contexte de période électorale, on se fiche pas mal des débats sur l’idéologie ou le programme des candidats car en tyrannie les débats d’idées n’existent pas, non pas parce qu’ils ne sont pas intéressants, mais pour la simple raison qu’ils n’ont pas de sens, autrement dit, ils ne sont pas nécessaires, au sens marxiste du terme. Ce qui a un sens c’est comment faire pour restaurer la morale, le principe moral étant le respect des droits des plus faibles ? Par exemple, personne à mobilité réduite que je suis, ou si vous voulez, personne handicapée, l’un de mes principes qui m’est le plus cher dans la vie c’est bel et bien le respect des droits de la minorité qui est la majorité de demain. Le non-respect de ce principe fondamental fera de moi un rebelle. Aussi simple que ça.

Or, le tyran tire sa force sur le respect de la majorité qui lui donne la légalité pour gouverner. L’erreur fatale commise par les régimes tyranniques c’est de piétiner les droits de la minorité qui, victime de la stigmatisation, développera des stratégies de survie : c’est la légitime défense. La puissance de la tyrannie, fondée sur la détention de la violence d’Etat, rend le pouvoir de Yaoundé légal. Cependant, c’est le respect des droits des minorités qui rend ce pouvoir légitime. Ainsi, le non-respect de ces droits sera considéré comme une porte ouverte à la légitime défense. Cela veut donc dire que lorsque les minorités vont se lever pour revendiquer le respect de leurs droits, un régime qui s’assoit sur cette minorité pour régner, se sentira alors menacé et considèrera ces revendications comme un précepte pour le renverser. En tyrannie camerounaise, toute manifestation publique ou privée qui ne plaît pas aux autorités est considérée comme « trouble à l’ordre public » et interdit par un sous-fifre appelé « sous-préfet ».

Deux stratégies pour renverser la tyrannie

Il devient donc clair que la révolte de cette minorité peut mettre en péril le pouvoir du tyran. Conclusion, la stratégie de renversement de cette tyrannie peut se construire autour des revendications des droits des minorités. C’est ce que la minorité anglophone a compris depuis 2016. Pendant que les uns trouvent que les élections sont la solution, notamment les Francophones, les autres, les Anglophones, ont choisi les kalashnikovs. Deux communautés linguistiques, deux stratégies de renversement de la tyrannie. Tout compte fait, si le régime tyrannique de Yaoundé tombe par l’une ou l’autre stratégie, cela marquera le début d’un autre pan de l’histoire du Cameroun pour ne pas dire la révolution.

Ce qui est intéressant ici, c’est cette résistance anglophone qui mérite qu’on s’y attarde un tout petit peu. Chaque fois que le Cameroun traverse une crise sociopolitique qui entraîne des manifestations publiques, celles-ci se sont toujours soldées par des morts d’hommes. Tout simplement parce que la solution militaire a toujours été celle de la tyrannie. Cette frilosité est due évidemment à la peur. Cette peur et cette frilosité du satrape fait de la minorité un danger pour sa survie. Les gouvernants de la satrapie ont toujours cette impression que le soulèvement d’une minorité a un seul objectif : la révolution de palais. C’est la raison pour laquelle l’administration et l’armée ont gardé jusqu’aujourd’hui leur fonction coloniale : la répression.

La solution militaire et le pourrissement de la situation pour résoudre toutes crises socio-politiques ont toujours été l’arme du tyran. Cette stratégie avait l’avantage de décourager les jeunes manifestants. Je ne parle-là que des crises que j’ai vécues personnellement dans l’un des quartiers les plus populaires de Douala comme New-Bell, celles de 1991 et de 2008. Comme les jeunes manifestants n’avaient aucun soutien, ne serait-ce que financier, l’échec était prévisible.

Le manque de subsistance pour entretenir un mouvement social peut entraîner sa mort subite. Il suffit que les jeunes manifestants se sentent lésés que le mouvement se transforme et prend les allures d’un vandalisme à grande échelle. Le mouvement finira par s’éteindre (2008) sans atteindre son but (empêcher le tyran de modifier la constitution de 1996 pour faire sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel). Ou tout au plus, il finira par une compromission ou une négociation au rabais (Constitution de 1996 où les Anglophones n’étaient pas satisfaits) avec un régime qui est toujours en position de force (1991).

Soutenir un mouvement de renversement d’une tyrannie, celle la plus vielle d’Afrique, se fait à la fois sur le terrain et en dehors du terrain. Ça veut dire ceci : pendant que les uns mènent le combat de libération, je dis bien « combat de libération », les autres doivent le financer. La répartition du travail se fait de la manière suivante : les jeunes sur le terrain mènent le combat au Cameroun et la diaspora finance. Une sorte de division du travail, quoi. Voilà donc la bête noire de tous mouvements de libération : l’argent, le nerf de la guerre.

Hé oui ! Il a fallu du temps pour que les Anglophones comprennent cette stratégie : le pourrissement. Depuis décembre 2016, les Anglophones, avec le soutien de leur puissante diaspora, ont compris qu’il serait impossible de vaincre l’armée, la milice de Biya en les affrontant en face ou par les urnes. Le pourrissement et la militarisation choisis par Biya a comme effet de boomerang la déstabilisation de l’Etat par le Ghost town. Du coup, l’éradication du mouvement indépendantiste anglophone à travers les moyens militaires devient une hérésie. Pourquoi ? Parce que la guérilla a pour but de mettre l’Etat à genou en le soumettant, d’une part, à d’importantes charges liées à la guerre, et d’autre part, à la déstabilisation des sources de revenus.

Bien entendu, l’analyse reste valable une guérilla dont l’objectif consiste à se séparer d’une communauté où les Anglophones se considèrent comme marginalisés par la majorité Francophone. De toutes les façons, comme le dit l’économiste Dieudonné Essomba :

Dans cette histoire, ce ne sont pas les Sécessionnistes qui souffrent, mais les populations et surtout l’Etat. C’est l’Etat qui est harcelé à tout instant, c’est son autorité qui est démolie, c’est sa puissance qui est désacralisée. C’est surtout le doute sur ses capacités à assurer son autorité qui monte en force : les Villes Mortes imposées par les Sécessionnistes sont appliquées à la lettre, sans que l’Etat puisse les empêcher malgré ses efforts. Par ailleurs, ceux qui osent afficher ouvertement leur soutien à l’Etat sont enlevés et battus, voire exécutés.

Tchakounte Kemayou


Le Cameroun au cœur des violences faites aux femmes

Le féminisme (y compris le moins radical), s’est toujours insurgé contre tout ce qui fait des femmes, les bêtes de somme de l’humanité. Car même le siècle des Lumières qui a donné naissance aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, n’était pas moins misogyne. Raison pour laquelle les féministes condamnent avec véhémence, le moindre discours qui transgresse leurs droits et/ou leurs libertés.

Au Cameroun, à partir de la colonisation, de nombreuses actions féministes éclatantes ont été menées par des femmes pour leur libération, contre le colon français. Depuis les Indépendances, elles ont acquis progressivement de nombreux droits (vote, études, travail, etc.). À ce jour, les principales inégalités entre l’homme et la femme ont été réduites, mais il en faut davantage.

Si en temps de paix, les femmes souffrent de multiples maux de la part des hommes, (violences domestiques, sexisme, harcèlement sexuel, etc.) imaginez donc leur calvaire en temps de guerre ou de conflit armé comme tel est le cas actuellement au Nord-Ouest, au Sud-Ouest et à l’Extrême-Nord du Cameroun.

Cependant, le constat que l’on peut faire à présent est le suivant : les femmes semblent déboussolées par le tourbillon du je-m’en-foutisme, à propos de leurs propres malheurs ou ceux de leurs congénères. À telle enseigne que, je puis affirmer qu’au Cameroun, ce sont les hommes qui sont devenus plus féministes que les femmes.

En effet, quand l’affaire Bonita a fait scandale, ce sont les femmes qui la combattaient le plus, tant dis que les hommes majoritairement la défendaient. Ensuite la vidéo de l’exécution sommaire de deux mères avec leurs enfants dont un bébé a fait surface. Des femmes ont fait preuve de mutisme comme toujours ; les autres sont montées au créneau en parlant de « fake news ».

Actuellement, les mêmes femmes justifient ou défendent le criminel « homme en tenue » qui a violé arme à la main, une fille-mère de 17 ans qui allaite encore. Pour ces femmes manifestement victimes du syndrome de Stockholm, cette vidéo-témoignage est une théâtralisation.

La marche des femmes de Douala en juillet 1931 est un fait historique qui convient d’être évoqué ici. Lorsque le Haut-Commissaire Français Marchand augmentât l’impôt de capitation et l’étendit à toutes les femmes afin d’aider son pays durant la crise mondiale de 1929, les femmes, après plusieurs correspondances infructueuses auprès de l’autorité coloniale, refusèrent de payer l’impôt à elles exigé, et manifestèrent en marchant nues dans les rues de Douala.

Le Haut-Commissaire Marchand donna l’ordre à la police de tirer sur ces contestataires. Ce fut un carnage et la presse baptisa cet évènement la « fusillade des femmes de Douala ». À la métropole, certains journaux favorables à la cause des colonisés titraient du genre « on fusille les femmes au Cameroun ». C’était en 1931, ce qui n’a guère changé depuis lors, car le même système répressif français agit encore, exécute les femmes avec leurs bébés, par les sbires du papy-tyran, dont l’une des armes favorites est le viol.

Les femmes francophones sont bouche-bée. Pis, elles combattent celles qui ont le courage d’en parler publiquement. Quand dans une famille camerounaise il y a un cas de viol et/ou d’inceste, ce sont les femmes qui étouffent l’affaire pour protéger leurs maris, non sans accabler la victime, (même si c’est leur enfant) disant que c’est elle qui a cherché. Dans les établissements scolaires, lorsqu’un enseignant viole son élève, sa seule sanction est de lui faire changer d’établissement. Au travail lorsqu’une femme dénonce son patron-violeur ou harceleur, ce sont ses collègues femmes de la « promotion canapé » qui critiquent vertement la malheureuse insoumise. Etc.

Dans son « plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », le Gouvernement camerounais a écrit : « Pour ce qui est de la protection des couches vulnérables, des campagnes de sensibilisation sont envisagées contre les violences basées sur le genre (VBG), les mariages et grossesses précoces… ». Cependant, des dizaines de filles ont été violées individuellement ou collectivement par des membres des « Forces de maintien de l’ordre et de la paix » depuis novembre 2016. Aucun n’a été arrêté. Bien au contraire, ils sont absouts et protégés par leur hiérarchie.

Toutes les femmes sont publiquement muettes sur ces viols. Toutes, en commençant par Chantal Biya, « Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO », « Commandeur de l’ordre international de la protection civile », « l’auréate d’Or du Grand prix humanitaire de France » etc. Aux premières heures de la crise anglophone, Brenda Biya avait écrit ces âneries via son compte Twitter : « Ne Laissons Pas La Possibilité Au Diable De Boire Le Sang Des Camerounais Qu’il Cherche À Boire Depuis Des Décennies, Nous Sommes Tous Camerounais ». Depuis là, aucun mot sur les exécutions et les viols des femmes par les sbires de papa.

Le « féminisme » des femmes Francophones s’observe un seul jour : le 8 mars. Ce jour-là, outre le « défilé des femmes », celles-ci excellent dans toutes sortes d’orgies, principalement la beuverie et la fornication. Le reste de l’année que font-elles quand la phallocratie et les violences faites aux femmes dictent leur loi ? Que font la Première Dame et ses synergies africaines ? Que font l’OFRDPC et le CERAC ? L’ACAFEJ, Association Camerounaises des femmes Juristes ? Que font les « femmes en tenue » quand leurs compagnons d’armes abusent de leur autorité et violent les filles ? Que disent les épouses, concubines et maîtresses de ces violeurs assassins ? Où se cache l’intelligentsia féminine ? Etc.

Si nous étions dans une démocratie, j’aurais dit aux femmes que, leurs votes peuvent faire basculer une élection et changer la donne. Mais au Cameroun je ne crois pas au verdict des urnes. Alors je demeure stupéfait, face à l’indifférentisme quasi unanime et complice des femmes francophones, sur les viols et les exécutions dont sont victimes d’autres femmes au Cameroun…

Nyëbë Edoa


Et la Champions League tua la Coupe du Monde

Qu’il était imprévisible ce Mondial. On l’a rebaptisé le Championnat de toutes les surprises. En fait tout était prévisible. Il n’y a plus de grandes équipes. Il n’y a même pas de Nation. Il n’y a qu’une seule notion : la Champions league.

C’est quoi la Champions League ?

La tombe de l’idée fédératrice du sport, l’élitisme capitaliste anti progressiste mais perfectionniste. D’abord cette expression de la dictature eurocentriste de la globalisation s’est tellement imposée que les identités ont pris du recul.

Qui dit Champions League ne parle pas d’Afrique ou d’Asie où la même compétition existe, mais seulement et exclusivement de la compétition entre les clubs prestigieux d’Europe où les privilèges des clubs huppées ont tué la démocratie. Qui dit champions league dit Europe, petit Pseudo-continent d’Eurasie où se concentrent les bons joueurs, où il a été clair à partir des quarts de finale que la Coupe du monde était née pour signifier Coupe d’Europe et les autres n’y participent que s’ils infiltrent les joueurs dans ces multinationales appelées équipes nationales sommes toutes uniquement européennes au haut niveau.

Nous avons regardé cette coupe du Monde mentalement violées et polluée et conditionnées par la Champions League, celle qui a rempli nos écrans ces dernières années et celle qu’on voudrait voir la prochaine saison. On aurait dit que certains attendaient même que la revue mondiale finisse pour passer à la champions league où les 2-3-4 équipes que tout le monde aime allaient forcément finir au haut du tableau sans que les Joueurs, nos extraterrestres adorés soient dilués dans ces conglomérats mal assortis qu’on appelle équipe nationales. Qu’est-ce qu’on en a à foutre des équipes nationales si un frère peut servir un pays et son frère jumeau un autre qui se retrouve adversaire sur le terrain ?

Tous, fans, journalistes, parieurs, organisateurs, observateurs, agents ne pensions qu’à la valeur des joueurs qui sont susceptible d’être traduisible en codes inhérents à la champions league.

Bilan des joueurs de la Champions League au Mondial

L’Argentine n’a pas eu le loisir de présenter une équipe. Ils avaient un joueur qui fait des merveilles en club et en League. Alors, les autres bon joueurs de l’équipe ne nous intéressaient pas. Sans être dans la même poule, l’autre joueur qui nous frappait l’esprit est une entité à lui tout seul. Lui n’a ni équipe ni nation. Il joue seul. Il bat les adversaires seuls et quand il réalise un but ou un geste époustouflant, on ne pense pas à son pays. On pense à l’argentine. Non, pardon, à l’argentin qui pourrait faire pareil, mieux, gagner le ballon d’or, sauf que Oops, il n’a pas gagné la Champions league. Alors il peut rêver. Le mondial ne compte pas… On comptait les joueurs par équipe en se basant sur le niveau de prestige atteint en Champiosn league avec un club dans leur histoire personnelle.

La Pologne a tellement brillé par Lewandowski qui marque en Champions league au rythme de sa respiration que l’équipe n’est presque jamais arrivée au mondial, mise d’entrée de jeu en difficulté part le Sénégal.

Ah le Sénégal. Quel gâchis ! Un faisceau de Joueurs bons, intéressants parce qu’on en voit beaucoup en Champions League mais un dispositif de diasporés dont beaucoup ne sont devenus sénégalais que récemment justement parce qu’on les a vus en club européens et promus en sélection d’un pays où ils ont rarement mis les pieds. Tant pis, si ça tournait mal, on aurait quand-même remarqué des joueurs qui seraient révélés appétissants pour les clubs compétitifs en Champions League. Ah oui, ils avaient leur chance. Sadio Mané a joué une finale de Champions League. Koulibaly a flirté avec les quarts parfois. Alors pourquoi ce gardien ? On dira de lui qu’il était programmé pour être leur porte-malheur. Pourquoi ? Il joue en Afrique ! Bon, il peut aussi finalement décrocher un contrat en Europe et espérer jouer la champions league.

C’est ce qu’a fait Yurary pour le Danemark. Ce jeune Danois du père Tanzanien a pris son courage pour quitter la 3ième division allemande et accepter un contrat à Leipzig. La route pour émerger et le mondial pourraient l’aider parmi tant de siens qui goûtent déjà à la Champions League comme Schmeichel à aussi se taper un Club d’élite.

Les Islandais allaient où ? Un coach dentiste et un capitaine DJ ce n’est pas ce qu’on veut en Pro. Les joueurs qu’ils sont dispersé en Allemagne ou en Grèce ne pouvaient pas figurer au niveau de ceux qui jouent la Champions League. C’est une ligue dont le droit d’auteur est européen.

Le Panama qui ne connait que les petites ligues américaines ne pouvait pas rêver : DEHORS !

Les allemands ont compris que Lewandowski et Kagawa ne sont pas Allemands. S’ils marquent en club pendant que les équipes allemandes avancent en Champions League, ils ne sont pas de leur sélection nationale. Kagawa a honoré la sienne et Lewandowski se défendra pour garder sa place à Munich en disant que Neuer et Boateng aussi ont fait pitié.

La Colombie ne regrettera pas d’avoir essayé de garder l’esprit de nation. Falcao, Cuadrado et James connaissent la Champions league. D’autres la rejoindront. Le pays perd mais pas les joueurs. Il y a donc progrès n’est-ce pas ?

Ou tu joue la Champions League et on considère un peu ton équipe, ou tu fais comme le Costa Rica qui se défend avec orgueil et sait que le ballon sera souvent du coté du gardien pour qu’on sache qu’ils ne sont pas si mauvais que ça. Leur gardien c’est Navas. Lui c’est le portier du Real de Madrid, club né pour un jour disputer tout seul la champions league. C’est pour ça que Navas partira, remplacé dit-on par le gardien du Brésil qu’on courtise à Madrid tandis que celui de la Pologne ira se chercher à Turin. Ah ! c’était donc ça le Mondial !

Oui, c’était ça. Les Russes méritaient de sortir en 1/4 de finale. Quelle est cette sélection dont tous les joueurs évoluent au championnat local sauf 3 ? Qui les a vu en Champions League ? On sait qu’ils ont passé le premier tour parce que c’est Poutine qui a organisé leur combine à domicile. Pour penser avancer, ils devaient avoir des joueurs comme Modric qui a dominé à Madrid, ou Madzukic qui est grand à Turin. C’est pour ça que la Croatie les a battus. Leurs joueurs connaissent la Champions League… Diantre !

La Croatie n’existait pas il y a 28 ans quand la Russie a commencé à sortir des cendres de l’URSS. Avec ses 4 millions d’habitants, et des Joueurs qui évoluent dans 11 Championnats européens différents, la Croatie qui a remplacé son coach à la veille du Mondial a la plus grande densité de footballeurs de l’événement. Ils ont fixé leur pays sur la carte du monde et dans la tête des gens.

Eto’o aussi avait quitté la zone Champions League avec le défi de l’amener au Dagestan… Non non non. Ce n’était pas pour l’argent. Lui a vieilli, est resté bon, n’est plus jamais revenu en Champions League et le Cameroun a sombré. Mais il était donc si bon que ça ?

Si Ighalo du Nigeria avait su que ça comptait autant, pourquoi il a laissé L’Europe pour la Chine ? Vous aussi auriez laissé 23 millions d’euros comme ça ? S’il jouait en Champions League, il aurait marqué ce but qui n’est jamais arrivé contre l’argentine ou bien ? Mais c’est l’Argentine qui est passée, avec sa pléthores d’habitués de Champions League qui ne servaient à rien que relever le défi de leur 10 qui selon nous a pour mission dans l’histoire de découdre avec le 7 du Portugal. Voilà pourquoi je n’ai jamais mentionné ces 2 joueurs et pourquoi je n’ai jamais eu pour eux une attention en cette compétition qui aille au delà des nations. Le rendez-vous karma a bien marché et les deux, comme l’Espagne, paradis de la champions league, ont été accompagnés à la porte de sortie aux huitièmes de finale, c’est-à-dire au tout premier des matchs où les extraterrestres doivent faire la différence.

Sala de Champions League n’a pas pu le faire avec l’Egypte. Neymar, autre pointure du Champions Leaguisme est encore en train de rouler en direction du Brésil pour une faute que personne n’a commise sur lui sur la ligne touche… C’est lui qui devait départager les belligérants de Barcelone et Madrid en imposant comme Cavani la voix de Paris aux quarts de finales. Les deux ont d’ailleurs introduit un record dans les esprits de ceux qui ne regardent que la Champions League partout… Il parait que ce sont les joueurs du PSG qui exécutaient les ténors de la champions League, l’Argentin et le Portugais pour être précis. En Huitième de Finale, parmi les justiciers, à côté de Cavani, le nom d’un prodige français de père Camerounais et de mère Algérienne a dominé la scène. Kyllian Mbappè aussi est du Club de la capitale de France.

La Champions League et la jeunesse des joueurs

La France a affiché l’équipe la plus lourde en banque, celle dont les Joueurs passent le plus sur nos écrans quand il y a Champions League. Elle est allée loin pour ça ou parce que c’était la plus jeune des équipes ou encore parce que cette multinationale est une nation ? Déjà en 2016, le coach Islandais aurait dit que ce n’est pas compliqué de jouer contre un pays qui vient en tant que pays mais quand tu dois rencontrer la France, tu prépares le match contre la France et elle se ramène avec l’Union Africaine à sa suite… C’est injuste ? C’est ça le secret ?

Ils sont jeunes les Français Champions du Monde. L’avenir nous le dira. Le présent jusque là parlait assez pour la Belgique. Mais quelle langue ses joueurs parlent au terrain ? Demandez aux Suisses. Les nations ne sont qu’un soupçon, une impression, un prétexte. Les Africains eux ont dans ces occasion une Nation qu’on appelle États Unis d’Afrique qui présente 5 équipes. Si les Africains s’étaient consacrés un seul instant aux Équipes AFRICAINES comme ils s’occupent de la France, sur 5 Pays, une Équipe Africaine serait allée loin…

L’autre deuxième équipe parmi les plus jeunes est l’Angleterre. Avec la France, si ces deux équipes ont aussi des joueurs de Champions League et sont arrivées dans le dernier carré c’est que leur jeunesse et leur fraîcheur y a aussi joué pour beaucoup.

En effet, voici le résumé de notre point de vue sur le Football qui gagne : « la meilleure équipe pour La Coupe du Monde a besoin de jeunes qui savent maintenir attention, ambition et concentration au haut niveau ».

Southgate n’a déçu personne. Dès le début il a dit que l’Angleterre était là pour apprendre et chercher à gagner en 2022. Si c’est avec un attaquant comme Sterling qui a marqué 2 buts en sélection en 44 matchs alors oui, ils ont du chemin. Lukaku est meilleur que Kane qui, devant les petites équipes, a marqué 6 buts en 7 tirs. Incroyablement, il a fini le mondial en jouant 650 minutes sans un seul but. L’Angleterre était donc en stage : Redoublants ! L’Angleterre a tout de même éliminé la belle Suède. La particularité de celle-ci c’est que dès qu’elle s’est libérée de son longtemps Porte-Fanion en Champions League Ibrahimovic, sorti justement du giron de la prestigieuse compétition et plus forcément très recherché, la Suède est devenue intéressante et compétitive : belle, courageuse, rageuse.

Le mauvais sort de la Champions League

Pas très beau, resté vaniteux et superficiel c’est le Brésil. Au premier écueil, il s’est désagrégé. L’absence de Casemiro contre la Belgique et les facéties de Neymar à elles seules n’expliqueront pas les déboires d’une Séleção qui a notamment renoncé à l’Identité, identité culturelle sportive cette fois-ci. On a un Brésil qui ne joue plus comme le Brésil parce que pour 23 Joueurs, 22 ne jouent pas au Brésil, tous venus se chercher en Champions League…

Construire une charnière défensive imbattable avec 11 titulaires performants ne suffit pas. Les cartons et les blessures sont impitoyables dans une compétition où on veut aller loin. La Belgique, quant à elle, Champions League ou pas, a d’abord sélectionné 23 Champions réussissant à exécuter des remplacements sans faire regretter ceux qui quittent le terrain parce que ceux qui proviennent du banc de touche sont autant bons. Tellement bons que le coach a choisi de laisser à Rome Naingolan, incontournable Champions Leaguier au sein de son club l’AS Roma qui a bataillé fort pour le garder sans y parvenir. Il ira à l’Inter de Milan retrouver la Champions League sans rentrer en sélection.

Thierry Henry savait tout ça et a bataillé fort pour faire partie du staff de la Belgique. Pendant 2 ans, Il a postulé plusieurs fois et finalement s’est retrouvé face à la France l’ancienne sélection dont il est le buteur le plus prolifique dans un pays où on lui a réservé un traitement indigne à la fin de sa carrière.

Tous ceux qui sont arrivés en coupe du Monde avec des prévisions boostées par la Champions League en vue du ballon d’or on trouvé mauvais sort soit parce qu’avec eux le ballon dort et en place de la Coupe du Monde c’est la Coupe des Morts quand Chacun d’eux plie bagages et sort sans donner rien de plus au sport.

Les stars de champions league sont toutes arrivées essorées, paumées, défoncées et coincées. Pour ça, la finale n’a pas été une surprise. Elle ne présentait en fait aucune favorite sur le papier. Son résultat n’ont plus n’a été révolutionnaire…

L’Espagne qui a voulu rester primadonna et a ramené sa prestigieuse équipe de Champions League a plié bagages avec son arrogance. Elle s’en est allée continuer après le scandale de son coach qui justement accompagne la sélection au mondial mais sabote secrètement l’honneur national pour une signature du club divin de Champions League à Madrid.

Pourquoi la Champions League a-t-elle perdu sa valeur ?

Les Espagnols pourtant ont déplacé l’attention des aficionados du Mondial en travaillant sur les transferts. Le plus Impressionnant des joueurs de Champions League a commencé à ne plus faire parler de son futur en club qu’on ne parlait des équipes restées en compétition après l’élimination de sa sélection. Quelle insolence éliminer le Portugal ! Depuis, nous avons un concert continu sur son transfert à Turin. On avait hâte que le Mondial finisse vite pour qu’on comprennent les couleurs de son destin… C’est fait !

Il est venu en Italie. Les Amoureux de champions league continueront leur transhumance, oublieront vite la coupe du Monde et reprendront les paris pour un joueur, un club, une compétition qui draine dividendes et passions perdant de son sens en vidant le sang des autres….

Moi ça fait longtemps que le foot italien ne me dit plus rien. Beaucoup continuent à en penser du grand bien. Mon rêve c’est le Football camerounais, le Sport Africain en général comme à l’époque. L’éducation Physique c’est quand on avait 50 minutes pour aller gambader sur un terrain à l’école en grignotant quelques minutes à l’heure de maths qui suivait… Le sport c’est quand on jouait dans le rue au quartier sans autre enjeu que les morceaux de viande dans la sauce du FuFu pour le gagnant ou les yeux des sœurs des perdants puisque les filles n’aiment que les victorieux. On acceptait, Sportivement… Le Foot c’est quand Fédéral de Foumban venait défier l’Entente de Ngaoundéré. Aux inter-poules tu ne pouvais pas aller jouer à Pouma parce que le public tirait l’ailier dans la foule et le massacrait de coups de cannes à sucre.

Au delà de ça c’est le business… La politique… Mon regret c’est quand je rentre au Cameroun pensant encore y trouver de la valeur, mais mes amis me snobent le soir pour aller dans des bars s’agglutiner autour de bouteilles de bière en dessous d’un écran où on voit courir des joueurs qui disputent la champions league européenne sans aucune idée de leur existence ni de respect pour leurs pauvres vies…

Personnellement je trouve le football européen ennuyeux. Mais vraiment ENNUYEUX… Tu as un ou maximum deux clubs par pays qui balaient tout et si la formule par club ne marche pas, les joueurs eux de toute façon fonctionnent comme des mercenaires. Ils dévastent tout ce qui est possible de remporter dans un pays et se transfèrent dans le prochain…

Si Le football doit récupérer de son potentiel et de sa signification, il faut qu’il sorte de la logiques de la champions league…

Mougoué Mathias Liønkïng 


L’ambiance chez les Bleus fait réagir les Africains

Ambiance féérique au sein des Bleus ce samedi 30 juin 2018 en Russie. Ce jour, la France affrontait l’Argentine en 8è de finale de la Coupe du monde de football. Après la victoire des Bleus (4-3) au stade Arena Kazan, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Les joueurs se sont livrés à quelques séances d’ambiances au rythme des musiques africaines dans le bus qui les ramenait à l’hôtel. La surprise ici ne vient pas des joueurs eux-mêmes, mais des Africains qui en ont fait des choux gras.

Cette vidéo d’ambiance aux rythmes des musiques africaines a soulevé des tollés chez beaucoup d’Africains. Les opinions aussi diverses que variées se succèdent sur la Toile. Elles mettent en exergue la pensée des uns et des autres fondés pour certains sur des préjugés. Les Africains avaient besoin d’un prétexte pour dire ce qu’ils pensent de l’équipe nationale française. L’occasion faisant le larron, ils se sont lâchés pour « vider leur sac ». Tout est dit sur les footballeurs, les sportifs en général, qui ont choisi d’autres cieux pour exprimer leurs talents. Ils sont vilipendés. Ils sont vivement critiqués pour avoir choisi de se mettre au service de la France, l’ancien colonisateur.

Dans les lignes qui suivent, voici une liste de clichés piqués ça et là sur les réseaux sociaux et dans les lieux publics. Mais avant, un petit tour sur la vidéo pour vivre l’ambiance en quelques mots.

Description de l’ambiance dans le bus

Tout commence dans les vestiaires. Malheureusement, en dehors de ce qu’on pourrait imaginer comme ambiance dans ces lieux après une aussi belle victoire, aucune image n’est disponible, sauf cette selfie de Lucas Hermandez se félicitant d’une mission bien remplie :

Ce qui fait le buzz depuis la fin du match, c’est une autre selfie vidéo qui circule sur la Toile. Les Bleus sont dans le bus qui les ramène dans leur camp à Istra. On les observe en liesse en train de mimer les titres les plus populaires en Afrique. Ils s’illustrent habillement dans un rythme endiablé de N’dombolo. C’est Pokba, Ngolo Kanté et autres qu’on voit se défouler avec d’autres titres célèbres comme Séka Séka de DJ Maréshall et Sentiment Moko de DJ Caloudji. Même la Sagacité du très célèbre artiste Douk Saga n’a pas échappé au playlist.

Voici une vidéo de l’ambiance comme si vous y étiez :

De l’aéroport vers l’hôtel, on a observé une autre ambiance menée par une foule de fans qui attendait dans le hall de Hilton Garden Inn Moscow New Riga. La chaleureuse accueil scandée par des salves d’applaudissements des fans n’a pas laissé les Bleus indifférents. Visiblement déjà fatigués par des séances de chants très mouvementés, leur sourire suffisait à témoigner l’appréciation de l’accueil.

Jusque-là, on était loin d’imaginer que ces ambiances, dans une équipe des Bleus, largement diffusées sur les réseaux sociaux, pourraient susciter de quelconques polémiques.

Quelques clichés collés aux Bleus noirs par les Africains

1. La domination des Bleus noirs

Les premières réactions des Africains sur cette vidéo sont unanimes sur la domination, pas seulement numérique, mais surtout psychologique des Noirs chez les Bleus. Ce sont les tenants de la thèse sur la loi du grand nombre. Ils s’opposent cette autre thèse qui postule que : « Les immigrés ou leurs descendants qui vivent en Occident, finissent par perdre leur culture à travers un processus d’intégration et de socialisation ». Le revers de cette intégration est malheureusement l’assimilation.

Cette vidéo donne l’occasion de confirmer l’hypothèse de la loi statistique du plus grand nombre qui réfute celle de l’intégration dans un environnement dominé par les étrangers majoritaires. Le nombre croissant d’immigrés dans l’équipe nationale de France imposera un changement d’habitus. Au finish, ce sont les Bleus blancs, minoritaires, qui vont finir par s’intégrer à la culture nègre importée au sein de l’équipe nationale française par les Bleus noirs. C’est comme un effet de boomerang. Que peuvent bien faire Griezman et ses compatriotes Français devant une horde de Noirs qui impose son rythme d’ambiance ?

2. Un total climat de méfiance

Il y en a qui se posent toujours la question de savoir pourquoi les joueurs ont-ils subitement décidé, pour cette Coupe du monde 2018, de se lâcher publiquement ? C’est la première fois, apparemment, que le public a droit à de telles scènes de liesse au sein des Bleus.

Si aucune information ne filtre sur l’existence d’une telle ambiance lors des compétitions antérieures, il y a de forts risques, pour René Ngono, enseignant à la retraite à Douala, de souscrire à l’hypothèse de l’autocensure. Comment une équipe française, avec une majorité écrasante d’Africains et d’Antillais, vivait-elle avant ? Est-ce seulement une autocensure ? René Ngono imagine bien que les Noirs étaient auparavant victimes de la culture des Gaulois :

Ils sont comme enfermés dans une sorte de caste ou de secte. Ce qui est certain, l’ambiance dans une équipe existe toujours après une victoire. Soit cette ambiance était rythmée par des sonorité africaine ou ne l’était pas. Mais le simple fait de ne pas les rendre public, témoigne de ce qu’il existait un climat de méfiance autour des Bleus noirs. Cela les empêchait de s’exprimer culturellement parlant.

3. Une stigmatisation vite oubliée

Le journaliste Français de Martinique Première, Serge Bile, d’origine ivoirienne, ne dit pas le contraire. Pour lui, les Noirs en sélection au sein de l’équipe nationale française de football manifestaient rarement de manière spontanée et en public leur joie aux sonorités nègres. C’est comme s’ils avaient eu peur d’exprimer leur différence collectivement :

Ils se coulaient généralement dans le moule, assignés à une relative discrétion en raison sans doute des attaques violentes dont ils étaient la cible de la part de ceux qui dénonçaient le trop plein de Noirs en équipe de France, qu’il s’agisse de politiciens comme Jean-Marie Le Pen et Georges Frêche ou d’un philosophe comme Alain Finkielkraut.

René Ngono conclut ses propos par une note positive :

Il ne faut pas simplifier cette ambiance. Elle est le symbole d’une rupture, voire d’une révolution des habitudes à la française qui caractérisaient l’équipe de France. C’est vraisemblablement une page de l’histoire qu’on vient de tourner

4. « La vidéo d’une bande d’hypocrites »

L’opinion populaire en Afrique considère les Bleus noirs comme des « enfants gâtés ». Étant fils d’immigrés, évoluant dans les club prestiges, ils ont fait le choix du luxe en optant pour l’équipe des Bleus. Ils sont considérés comme ceux qui ont déjà perdus leurs racines. En d’autres termes, lorsqu’on est né en France comme Kylian Mbappe, physiquement loin de l’Afrique, et qu’on y a passé toute son enfance, il devient pratiquement impossible de conserver les bribes de sa culture malgré la couleur de sa peau.

Les sportifs africains qui choisissent la France ou d’autres pays en Europe ont perdus leur identité d’origine. Ils n’ont aucun lien avec leur pays d’origine, qu’ils n’ont même jamais visité pour la plupart. Pour Junior Zogo, ancien Commissaire de police et vivant en exil,

Cette vidéo est faite pour narguer les Africains. Pourquoi ne pouvaient-ils pas mettre des sonorités françaises pour montrer leur amour pour la France qu’ils ont choisi de servir ? Des hypocrites qui croient aimer l’Afrique. Je vois leur sale jeu. Et ce n’est pas drôle du tout.

5. « Les petits complexés »

Cette vidéo témoigne-t-elle d’un amour débordant des Bleus noirs pour l’Afrique ? En tous les cas, le journaliste Xavier Messe estime que les sportifs qui vivent dans un confort douillet ont un devoir de solidarité envers un pays qui a besoin des talents de tous ses fils. Malgré la liberté qu’ils ont de choisir le pays qu’ils vont servir, le simple refus de servir son pays d’origine est considéré comme un complexe, une frustration. Le journaliste camerounais qualifie ce type de joueurs, parlant du jeune Kylian Mbappe, de « petits complexées » :

Les gens sont libres de faire leur choix, nous devons les respecter. Parallèlement à son refus d’être Camerounais, des millions d’autres humains sont très fiers d’être Camerounais. Ceux qui renient leurs origines pour des cieux bien bleus ne sont rien d’autres que de petits complexés dont nous pouvons nous passer allègrement. Mbappé en fait partie malheureusement.

Jacques Homssi, opérateur économique vivant à Douala, va même plus loin. Pour lui, la sortie des équipes africaines dès le premier tour de cette Coupe du monde 2018 doit les être imputée. Cette défaite collective prouve que l’Afrique perd ses talents au profit des pays riches.

6. « L’Afrique tue les talents »

Ici, les critiques sont plutôt dirigées vers ceux qui osent condamner les fils d’immigrés en les vouant aux gémonies. Pour eux, les talents ne peuvent évoluer que dans un milieu adapté aux meilleurs conditions de travail. Les résultats en dépendent. La plupart de joueurs, fils d’immigrés, qui évoluent en Europe travaillent dans un environnement qui répond aux normes de qualité. Ce qui n’est pas le cas des pays africains. Hamed Moukaïla, un fonctionnaire du ministère du sport et de l’éducation physique, avoue que :

La plupart des infrastructures dédiées à la formation des jeunes pour qu’ils expriment leurs talents sont dans un état vétuste si elles existent. La gestion financière des activités sportives manque toujours de rigueur. Si nous ne faisons rien pour eux ici, comment allons-nous les retenir ? Nous ne savons pas gérer les génies. En Afrique, on tue les talents.

Le reproche fait aux joueurs noirs en équipe de France est celui de refuser de venir sortir leur pays de l’ornière.

7. L’humanitaire pour se racheter ?

Alexis Ngos, informaticien, estime que « curieusement, ces joueurs ont tendance à venir en Afrique jouer au Père Noël. L’humanitaire n’est pas une preuve d’amour pour l’Afrique ». Cette tendance à faire de l’humanitaire en Afrique est bel et bien une preuve que les immigrés reconnaissent la nécessité de rendre service aux siens. Mais, est-ce suffisant pour leur donner un chèque en blanc ? Même les Blancs viennent faire de l’humanité en Afrique.

Revenir jouer en Afrique dans l’équipe nationale de son pays d’origine, c’est se surpasser. Beaucoup ne voulant pas faire cet effort, se rachète donc en faisant de l’humanitaire.

8. Les Français sont-ils reconnaissants ?

D’autres opinions se préoccupent plutôt du sort réservé à ces joueurs par la France et les Français. Pour elles, les immigrés ou fils d’immigrés ne doivent pas seulement se contenter de gros salaire. Ils doivent imposer le respect et la dignité qu’ils méritent pour service bien rendu. Pour Bernard Lakouzi, Banquier Canadien d’origine camerounaise,

Dans la gloire, les Français blancs sont prêts à embrasser les immigrés. La preuve, il n’y a qu’à observer leurs réactions à la moindre défaite des Bleus. Cette défaite, ils l’attribueront aux Noirs, aux Nègres. La France ne veut pas d’immigrés qui ne leur servent à rien.

Pour ce banquier, cette vidéo montrant la joie des joueurs noirs n’est que la face cachée de l’iceberg. Au fond, sont-ils satisfaits de ce que les Français pensent d’eux ? Emilie Payong, commerçante à Yaoundé et fan de foot, soutient aussi cette opinion et évoque le cas des médias français pour justifier son assertion :

Il n’y a qu’à suivre les médias français qui se gargarisent de la victoire des sportifs immigrés ou fils d’immigrés. Ils ont l’habitude de crier dans nos oreilles : « Les Français sont champions du monde ! ». En cas de défaite, ces mêmes médias les vouent aux gémonies avec des clichés négatifs : « Ces joueurs d’origine africaines… » et bla bla… Bref, ce ne sont plus des « Français », ce sont des « immigrés d’origine… ». D’ailleurs, si ça ne dépendait que de moi, je souhaite que la France n’aille pas loin dans cette coupe du monde au risque de nous polluer avec des louanges à n’en plus finir par ces médias.

9. La France, au-delà des préjugés

Pour conclure, le journaliste Serge Bile nous amène à considérer cette vidéo comme une sorte de révolution dans la mentalité des Bleus. Ils ont pris l’initiative d’oser et de faire tomber les tabous au sein de l’équipe de France. L’enseignement à tirer ici c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’assumer son destin quoi qu’on dise. Les Bleus noirs ont oser briser les barrières. Ils ont ouvert une autre page d’histoire du football français  et c’est tant mieux :

En fait, ces joueurs nous ont montré qu’il n’y a pas qu’une façon de faire bouger les lignes dans ce pays, celle qui consisterait uniquement à espérer et attendre nerveusement que les mentalités changent. Non !! Ces jeunes nous ont rappelé qu’on peut aussi ouvrir une fenêtre dans la tête de l’autre, dès lors qu’on n’a ni peur ni honte d’assumer d’où l’on vient et ce qu’on est, en conquérant sa part avec ses contreparties, un peu comme le musicien qui apporte sa petite touche, sa petite note personnelle, au jeu et à la musique finale de l’orchestre.

Pour le reste, les commentaires ne valent que ce qu’ils sont.

Peut-on se limiter à la vidéo pour juger ?

Le sentiment anti-français peut largement expliquer ces jugements hâtifs. Ce sentiment suffit pour se rendre compte que les Africains n’ont pas encore digéré ce paternalisme qu’ils imputent à la France dans la gestion de leur pays. L’ostracisme des Africains (certains) est observé chez tous ceux qu’ils jugent comme un suppôts de la France. Du coup, les Bleus noirs se retrouvent entrain de subir des griefs pour le simple fait de servir le « colon ».

Peut-on alors se limiter aux clichés pour émettre un jugement sérieux ? Peut-on se limiter à une vidéo éphémère de quelques petites secondes et livrer les immigrés à la vindicte populaire ? Tout avis sur une communauté ou un individu ne peut avoir du sens que s’il est fondé sur des preuves matériel et concrètes et non sur des morceaux ou des bribes de vie. Autrement dit, les préjugés ne se nourrissent que des rumeurs. Il faut donc faire attention au préjugé. Il est plus émotif que rationnel.

Voici un bonus vidéo de la fiesta.

Allez les Bleus !


Coupe du monde 2018 : l’Argentine se qualifie in-extremis face au Nigeria

Quand une équipe fait bloc autour de son entraîneur surtout contre la presse, elle donne des signes de solidité et santé malgré les résultats. Quand dans une équipe, un leader se lève et prend sur lui de la protéger contre la contestation, respect lui est dû parce que le message qui passe préserve unité et force mentale. Avec l’Argentine, rien de tout ça n’était encore arrivé et le Nigeria  en a profité un moment…

C’est l’hymne du Nigeria « et les compatriotes émergent » qui retentit en premier. Dans les tribunes se trouve le légendaire Kanu qui sait comment battre l’argentine. Tout de suite immortels comme dit leur hymne, chant à la liberté, c’est leur ambition après l’effondrement et la prétendue révolution des vestiaires sur laquelle le président de la fédération a jeté de l’eau pour éteindre le feu alimenté depuis BUENOS AIRES. Ce match promet beaucoup et sera décisif.

Une première mi-temps de Messi

Si du côté du Nigéria  Idowu se sent à l’aise, puisque étant à St Petersburg, où il est né, puis naturalisé Nigérian, l’Argentine , par contre, crée son aise en alignant Banega comme vrai animateur de l’entre jeu. De Messi, on attend surtout des buts pour ressusciter les espoirs. À côté de lui, un attaquant vrai, Higuain ! Mais à la 6ième ce sont Etebo et Ndidi les premiers à inquiéter La défense adverse qui réagit un peu rudement mais l’arbitre Chakir sait se faire respecter.

Renversement de front et Moses prouve sur Tagliafico (il a aussi un passeport italien) que même les joueurs avancés rentrent aider. Mascherano aussi rentre aider les siens et c’est lui qui sauve in extremis à la 14ième. Obi Mickel le Capitaine Nigérian pensait certainement à son Épouse Russe quand Messi s’échappe à la 17ième minute pour un but qui le restitue au Panthéon des Dieux du Football pour la joie folle de l’autre Dieu, Maradona, déchaîné dans les tribunes. C’est le quatrième but de Messi en coupe du Monde trois jusqu’ici devant le Nigeria . Par eux il a arrêté son compteur au dernier mondial, avec eux il le rouvre ici. On n’entend que le public argentin chanter dans tout le stade mais le match est encore long.

Les Supers Eagles gèrent le match après le but de Messi

Le coach Allemand Gernot Rohr compagnon de Bell Joseph Antoine à Bordeaux donne de la Voix, Le Nigeria  monte en pressing mais laisse toujours des espaces entre les lignes. Le Ballon filtre et le jeune gardien de 19 and Uzoho issu de la pépinière du Qatar pour arriver en force à la Corogne en Espagne  fait un miracle à la 29ième sur Higuain qui l’accroche au passage mais l’arbitre a tout vu. L’autre faute survient à la 32ième quand Balogun envoie au sol Di Maria lancé vers le but mais pas clairement. La lecture de l’arbitre est bonne: Coup Franc mais carton jaune. Seulement.

Le gardien se fait valoir. Il est dans le match. Le tir de Messi est dévié du tout bout des ongles et va lécher le poteau. Higuain, Messi et Di Maria soûlent La Défense Nigériane à la 38ième mais c’est sans compter avec la grande présence physique des Super Aigles. Ajouté à cela, c’est avec l’athlétisme que Musa va agresser à la 40ième Otamendi qui complique la vie à son Gardien Armani mais sur la remise en touche, Etebo gâche tout d’un tire dont l’histoire humaine se passera aisément…

Mascherano subit la puissance physique de Hyanacho et reste à terre… Touche pour des soins, tout de suite restituée aux nigérians qui restent haut et les argentins cherchent à respirer de touche en touche. Iheanacho resté à terre ne fait pas de théâtre. Il a bel et bien reçu un coup de genou en pleine figure. 2 minutes d’arrêts de jeu nous séparent de la pause. Mercado est juste chanceux sur la faute qu’il commet. Le choix d’un arbitre rigoureux comme Chakir d’économiser le carton jaune est discutable.

Les 45 dernières minutes nous diront…

Le réveil des Nigérians qui les Argentins à genou

On reprend avec Igalo sur le terrain. Après Udinese et Cesena en Italie  il est parti pour la Chine, un contrat de 23 millions d’Euros dans la poche. Le manque de sérénité de l’Argentine  n’échappe pas au Nigeria et devant les nigérians venus à la réception du corner frappé par Etebo, l’arbitre sévère punit Mascherano d’un penalty accompagné d’un carton jaune pour avoir tenté de violer Balogun. On ne force pas son adversaire pour danser un slow. Le même arbitre lors de la finale de Champions League 2015 ignora un Penalty similaire à la Juventus face au FC BARCELONE.

Victor Moses, froid, sûr, lucide NE RATE PAS ! 1-1 et les chances de qualifications sont du côté des NAIJA à la 50ième, surtout qu’après le poteau, de l’autre côté, la Croatie  mène 1-0 sur l’Islande  et ça redevient intéressant pour l’albiceleste mais pas pour sa défense qui se réfugie en corner sur incursion d’Igalo.

Les Nigérians martèlent maintenant au milieu de terrain et la tactique de la fausse timidité pour tout donner en deuxième mi-temps prend pied. Côté argentin, seuls les supporters chantent et Tagliafico confirme la souffrance devant Igalo qu’il abat. L’argentine  veut mettre le dossier sur le plan physique mais c’est comme inviter les puissants enfants de Nollywood à leur propre mariage… 🎊 🎈 🎉

San Pauli sort le grand jeu par un remplacement

Les sud-américains n’ont pas beaucoup d’alternatives et Messi doit inventer mais c’est Igalo qui joue les phénomènes et sème la panique devant les buts de Armani. C’est le coach San Pauli qui invente : dedans Pavòn et dehors Eteves. Pavòn fait tout de suite voir sa course mais Balogun le rattrape. Argentine  est en dispositif nettement offensif.

L’arbitre Chakir fait signe au gardien nigérian Uzoho qu’il ne tolèrera aucune perte de temps. Moses se transforme en défenseur quand Omeruo fait une faute sur Messi et sur la relance c’est Banega qui écope d’un carton jaune pour faute sur Ndidi.

Le Nigéria  se bat pour maintenir le score ou gagner, l’Argentine  souffre.

Ça insiste du côté de Pavòn mais les « HOGA » (nom populaire camerounais donné aux Nigérians installés au Cameroun) ont tout compris et jouent serré comme les fesses. Chacun participe comme il peut pour la possible qualification. Le capitaine Obi Mikel fait le ménage à la 70ième, Musa éblouit en dribble et sert l’accouant NdiNdi qui tire au dessus du décor. Au moment où on entend que l’Islande  a égalisé, Musa combine bien pour servir Igalo en face du gardien et son tir passe à la droite du dernier danseur de Tango qui prie. Pas assez pour éviter un nouveau soupçon de penalty… Le ballon a été dévié du bras. La salle d’assistance vidéo demande à l’arbitre de venir voir le replay et prendre ses responsabilités… Il établit qu’il n’y a pas penalty.

Meza est entré à la place de Di Maria, méconnaissable à la deuxième mi-temps. Sur une mauvaise passe interceptée de Meza à la 78ième, on ne comprend pas pourquoi l’arbitre ne sanctionne pas Mascherano qui commet une faute nette. Le ballon roule et Messi parmi 5 dans la surface fait juste frémir sans plus. Plus de clameur obtient l’occasion nette que Higuain envoie dans les nuages la minute d’après. Mascherano saigne, personne ne s’en aperçoit pourtant le règlement dit qu’il doit prendre l’initiative de sortir se soigner.

Les argentins pressent, commettant aussi beaucoup de fautes… « Je récupérerai tout ce temps » dit l’arbitre. Le gardien Armani reste froid et debout devant Igalo qui passe de très peu à côté d’un but déjà fait. Faute et sur le coup franc, Etebo fait rêver LAGOS… NON 🙅 PETIT FILET! 😳🙀

Rojo sort le grand jeu et délivre l’Argentine

Sur la relance, les Argentins réclament pour une possible fourberie de Moses coupable selon eux d’avoir fauché Di Maria en position avantageuse pour un but. Ni l’arbitre, ni son juge ne se laissent perturber et le ‘Silent Check’ leur donne raison. Tant pis, sur le centre qui revient de la droite, Rojo le défenseur gaucher croise du pied droit et punit le Nigeria . Messi explose de joie, Maradona dans les tribunes perd la tête avec un geste indécent.

Le Nigeria ne s’emporte pas et c’est bien. Pour une minute, l’Argentine doit tenir le résultat puisque la Croatie vient de lui faire la faveur de passer à l’avantage devant l’Islande 

Carton jaune rétroactif pour une faute de Obi Mikel sur Higuain. Musa sort pour Nwankwo. Encore deux minutes d’espoir pour les verts…

Messi prend un carton pour avoir perdu du temps et le Nigeria  repart. Peine perdu le gardien est bien placé. La sentence tant attendue est arrivée SANS APPEL et c’est le jour des résultats qu’on voit les larmes 😢 couler. Inutile de vous dire combien c’est ennuyeux d’avoir dans les oreilles l’habituelle rhétorique des commentateurs européens sur la naïveté, l’ingénuité et le manque de sens tactique des éternels Bébés Africains…

Vous savez que dans ces cas ma réponse ne se fait pas attendre et c’est… à suivre.

NIGÉRIA  1-2 ARGENTINE 

Mougoue Mathias Lionking


La solution à la crise anglophone au Cameroun n’est pas humanitaire, mais politique

C’est de notoriété publique : les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest Cameroun sont en proie à un conflit armé sans précédent et il faut une assistance humanitaire d’urgence. Si le Gouvernement a mis tant de temps à le reconnaître, c’est parce que l’expression « assistance humanitaire », même quand il s’agit d’une catastrophe naturelle, démontre l’incapacité des dirigeants à bien gouverner. Car bien gouverner c’est prévoir et anticiper.

 

L’enjeu principal dans ce genre de situation, est le prestige de l’État. Finalement le Cameroun va se faire assister par des agences Onusiennes (UNHCR, UNICEF, PAM…) ou des Organisations Internationales Non Gouvernementales et humanitaires (Catholic Relief Service, MSF, CARE, OCHA, OXFAM…) pour un problème dont l’existence a toujours été niée et occultée avec frénésie, par le Régime incendiaire de Yaoundé ; et à grand renfort médiatique. Cela explique donc sa tardive prise de conscience, après l’échec de ses méthodes contre-productives. Et pour sauver sa face, les séparatistes sont le bouc-émissaire idéal.

Comme le nez au milieu de la figure, la vérité est implacable, même si le Gouvernement essaie de la travestir ; les faits sont sacrés. La genèse de ce conflit est connue de tous. Son fond de toile est la violation flagrante des libertés individuelles par une minorité de jouisseurs, là où l’honnêteté et le dialogue devaient primer. Leurs mensonges et leurs crimes les rattrapent. En temps opportun, chacun d’eux rendra compte. Tout est archivé.

Le déni gouvernemental à propos de la crise anglophone (devenue une guerre civile) tous azimuts avait pour objectif, la cynique manipulation de l’opinion nationale et internationale, afin de réprimer violemment sous-silence tout dissident Anglophone. Espérant ainsi intimider les manifestants pacifiques et/ou les éliminer comme à l’accoutumée avec l’aide des tueurs légaux (agents secrets, BIR principalement). Légitimés dans cette macabre entreprise, non par la morale ou le Droit, mais par le sceau de l’impunité, de leur parodie de « justice » et de leur loi viciée sur le terrorisme. Mais c’était sans compter sur la détermination des Anglophones, le vrai patriotisme d’une minorité de Francophones, et les Réseaux Sociaux.

Leur funeste stratégie aboutira par exemple au discrédit de l’armée, qui par effet pervers, perd chaque jour sa crédibilité auprès du Peuple. Mais aussi, la volte-face des pourfendeurs des justes revendications anglophones, devenus subitement des fundraiser du « Plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest ». Quelle scélératesse !

Ces pompiers-pyromanes promettaient une « dératisation » en seulement deux semaines. Ce sont eux les vrais responsables de cette escalade de la violence. Que fait l’Union Africaine ? que dit-elle ? Qu’attend KAGAME (son actuel président, qui connait très bien les causes et les conséquences négatives d’un génocide) pour réagir ? Où sont les Panafricanistes pour destituer par la force s’il le faut (puisque c’est le seul langage que comprend) le vieux dictateur Suisse ? Miséricorde nous périssons ! À l’aide ! Au secours !

Je me souviens qu’au bahut, des enseignants d’éducation civique n’avaient de cesse de nous marteler avec leur prévention contre la délinquance juvénile. Personne pour mettre les citoyens en garde, contre les dangers de la délinquance sénile. Parce que cette dernière est bien plus grave que la première.

Lors des premières revendications des Anglophones, la solution était pourtant toute simple : le respect des Droits fondamentaux. Hélas, l’orgueil et le nombrilisme de la gérontocratie ont jeté le feu aux poudres et continuent d’alimenter les flammes, au propre comme au figuré. Si seulement le prix à payer de l’incurie des dirigeants n’était qu’économique et matériel. C’est la jeunesse qui paie cependant, le plus lourd tribut de cette délinquance sénile. Il nous faudra au moins deux bonnes décennies pour panser les blessures de cette sale guerre.

La solution n’est pas ce plan d’assistance, ni aucun autre. Mobilisez 50, 100 milliards, voire plus, cela n’apportera pas la paix durable en zone anglophone. Une bonne partie de ces fonds sera encore détournée ; une autre servira à l’achat des armes et des munitions des sbires ; une autre pour les campagnes électorales en cours du parti-état ; le reste pour manipuler l’opinion en apportant quelques colis à une poignée de rescapés. Ensuite les médias nationaux corrompus entretiendront l’illusion de la sortie de crise et la pacification de la zone anglophone.

Ces phrases d’AKONGA ESSOMBA tracent bien les grandes lignes du véritable travail à entreprendre, pour donner une chance à la paix et à la réconciliation : « Le vrai pouvoir ignore la violence. Le vrai pouvoir construit la paix. Le vrai pouvoir promeut le développement de l’homme entier ». La solution est donc institutionnelle et politique ; non militaire ou humanitaire.

La réponse efficace qu’exige ce contexte, est la chute du papy-tyran, ainsi que la disgrâce de tous ses amis et l’abolition de tout ce qu’ils représentent : népotisme, favoritisme, corruption, injustice, détournement de deniers publics, tribalisme, occultisme etc. Des va-t-en-guerre notoires qui essayent de soulager le poids de leurs crimes par une duperie nauséabonde : voilà le vrai rôle de ce plan d’assistance humanitaire.

Les réfugiés Anglophones au Nigéria ont raison de protester contre cette assistance qui pue l’odeur des milliers de cadavres de leurs familles décimées par les sbires. À titre de rappel, leurs exodes et migrations ont vraiment commencé, après la centaine de manifestants tués le 1er octobre 2017. Votre plan d’assistance qui impute ce chaos aux séparatistes, est une insulte officielle et implicite à l’endroit de leurs morts et de la Nation entière. Tant dis qu’il tente très maladroitement, d’acheter la conscience des victimes civiles Anglophones.

Vous ne manquez pas de toupet d’accuser les séparatistes qui se défendent et protègent les leurs, de pratiquer des « exactions contre la population » et de porter « atteintes aux activités économiques ». Des images montrent pourtant des sbires en tain d’incendier des maisons, posant fièrement devant leurs forfaits. Sur d’autres images, les mêmes sbires volent le bétail et les récoltes non sans détruire les champs des « terroristes ». Les humiliations et viols collectifs et individuels qu’ont subis les filles Anglophones par vos « membres des Forces de Défense et de Sécurité », était-ce donc une stratégie pour vos « campagnes de sensibilisation contre les violences basées sur le genre (VBG) » ?

Tous les soldats qui tombent dans ces deux régions ne meurent pas pour la patrie. Ils sont sacrifiés par les kleptomanes sur l’autel de la soif du pouvoir. Chevrot dit si justement à cet effet que : « La pire rançon du pouvoir est la faculté d’en abuser ». La radicalisation des Anglophones est due au fait qu’ils n’en pouvaient plus d’être asservis. Alors ils résistent et résisteront toujours : c’est le propre de toute minorité qui refuse de se laisser phagocyter. Ces séparatistes ou « terroristes », étaient des manifestants pacifiques principalement issus de la classe prolétaire, qui réclamaient le droit à une vie digne.

Lorsque grâce aux Anglophones nous obtiendrons le Fédéralisme et nous l’aurons, tout comme grâce à eux nous avons déjà obtenu une pâle démocratie et le multipartisme, les mêmes « con-patriotes » ou leurs progénitures s’attribueront tout le mérite de leur sacrifice. Le moment vient au grand galop où chacun de nous devra répondre en son âme et conscience à cette fatidique question : quand le roi-fainéant et ses princes massacraient les Anglophones, pourquoi ne t’es-tu pas opposé ?

Nyëbë Edoa


Mondial 2018 : le réveil du Nigeria, pas trop tard

D’ordinaire quand les européens disent d’une outsider qu’elle est une équipe sympathique c’est qu’on s’attend à ce qu’elle n’aille pas loin mais fasse divertir… Aujourd’hui, entre le Nigeria  et l’Islande , ne sachant qui choisir, on évite d’appeler ces derniers sympathiques pour faire comprendre qu’on attend du concret des nigérians qu’on juge extravagants dans leur tenue… En termes euro football business ça signifie simplement qu’on leur souhaite bonheur rien qu’en cette rencontre pour que l’argentine  ait encore beaucoup de chances contre eux en dernier match de poule…

Une première mi-temps terne pour le Nigeria

L’arbitre Conger de Nouvelle Zélande est à son début en cette Coupe du Monde. À la deuxième minute, le gardien des aigles verts, Francis Uzoho (Du Deportivo La Coruna), a déjà chauffé ses gants sur un coup franc de Sigurson qu’il envoie en corner. Pour un gardien c’est mieux parce qu’il entre dans le match surtout si au début du championnat il était prévu que le titulaire fût Ikechukwu Ezenwa (du Club nigérian Enyimba). Mais l’Islande ne veut pas attendre… Elle revient souvent en attaque en recourant à la récupération au milieu de terrain. Le gardien nigérian aura du boulot apparemment. Moses, aile droite du Chelsea, obtient un corner à la sixième minute mais juste de quoi permette aux adversaires de vérifier leurs mécanismes défensifs. Les deux équipes risquent beaucoup et il ne faut pas s’attendre à un match d’intensité ou de haut niveau technique.

Le coach allemand du Nigeria  Gernot Rohr, ex de Niger  et Gabon , donne souvent des indications tactiques aux siens. C’est sur ses conseils que Moses récupère une balle en défense pour lancer Iheanacho vers un centre que Musa, à la réception, gaspille. Il est titulaire aujourd’hui et n’a pas encore pris ses marques. Il se fait de nouveau trouver distrait sur une incursion verticale de Moses à la 18ième.

Regarder Ekong et Omeruo dialoguer avec des courtes passes en défense sans trop se faire préoccuper par Sigurðsson confirme la lenteur du match. Moses risque gros à la 20ième quand un tir dirigé vers les buts se fracasse sur son abdomen pas loin des bras qui auraient pu causer un penalty. Il reste à terre un moment. Par la suite, son gardien loufoque mais efficace dans ses sorties comme en club à la Corogne en Espagne  lui frappe le ballon sur la tête : corner.

ETEBO tente de faire monter l’équipe mais les islandais n’aiment pas qu’on approche leur défense. Eyjolfsson vole un ballon à Balogun à la 30ième et celui-ci a besoin de la collaboration de Ekong pour éloigner le danger. Les Rapaces n’ont pas compris que les balles hautes et longues sont les proies faciles pour les centraux islandais.Première mi-temps terne à Volgograd où le Nigeria  cherche sa première victoire en 3 matchs depuis 2014 au Brésil .

Odemwinge avait permis de battre la Bosnie le 21 juin 1914 avant que l’équipe ne capitule devant la France  en huitièmes de finale. Balogun doit de justesse éviter qu’une balle aérienne ne favorise Bjarnuson et surprenne son gardien. Sævarsson met en touche à la 38ième, et curieusement, c’est Musa l’avant-centre du CSK MOSCOU qui fait la remise. Justement, personne pour inquiéter le gardien Hannes Thor Halldorsson…

À la 40ième Bjarnusson ne profite pas assez d’une bévue nigériane dans la surface. Sur sa passe, Sigurjónsson ne réussi pas à s’y prendre. Musa qui ne marque pas au mondial depuis Argentine  3-2 Nigeria  en 2014 accumule des fautes en attaques tandis que même sur les gradins des spectateurs sont surpris  et s’impatientent. Le match est soporifique et c’est le moment que Udowu jusqu’ici très en ombre choisit pour prendre le premier carton jaune. Sur le coup franc venimeux de Sigmundson, Finnbogason ne trouve pas la microseconde du tap-in. Ce 0-0 ne servant vraiment à personne, on s’attend à un match différent en seconde période.

Le doublé d’Ahmed Musa à la 2ème mi-temps

C’est l’Islande  qui recommence avec une balle centrale haute et le Nigeria , à la récupération, affiche son dynamisme avec une chevauchée de Etebo qui arrive fatigué au moment du tir plus de 65 mètres quand-même hein . Ebouhei, Hollandais comme Ekong, a remplacé Idowu mais possède les mêmes caractéristiques.

On attend encore qu’une équipe rompe la monotonie. Moses met le turbo à droite à la 48ième et trouvant les nordiques découverts, il veut la mettre au deuxième poteau pour Etebo, mais Musa fait montre d’excellentes capacités techniques. Il intercepte en course le cuir en demie volée du droit puis perfore les filets du même pied. Très beau but. Son troisième dans une coupe du monde et des Nigérianes lui envoient par vagues des demandes de mariage. L’Argentine , le prochain adversaire, se frotte les mains tandis que Ragnar Sigmundson est au sol. L’attaquant Nigerian lui assène un coup de genou au moment de courir jubiler pour son but.

Le numéro 6 de l’Islande  a désormais un bandage sur la tête et doit changer son maillot tout en Sang. Les arrêts de jeu seront très longs à la fin du match. Les super Eagles jouent maintenant fluide et lucides. Le tir de Ndidi à la 57ième a besoin de toute l’élasticité du gardien Halldórsson pour être passé en corner au dessus de la barre. Tandis que la clap dance des fans islandais commence dans les tribunes, sur le terrain les latéraux et La défense centrale du Nigeria sont de plus en plus sollicités.

Un tacle ingénu de Ndidi offre une chance à l’Islande à travers le mannequin Gíslason qui joue en D2 de Bundesliga en Allemagne pour 2500 euros par mois. Ragnar Sigurdsson n’a pas tenu longtemps avec le crâne bandé. Il sort à la 64ième pour permettre à Ingason né en 1993 de faire son 21ième ticket en sélection. C’est les ouest-Africains  qui se battent jusqu’ici tant mieux que mal. Les pôle-Nordistes n’ont pas changé leur attitude. Et le coach Hallgrímsson pense sûrement à faire entrer Böðvarsson comme il l’a fait contre l’Argentine.

Seul Sigurson a un pas différent par rapport aux siens, mais son tir va chercher les nuages à la 68ième. Le capitaine Obi Mickel, très expérimenté, sait comment gérer le temps qui passe. Moses reprend de l’espace à la 70ième mais n’arrive pas à servir Musa. Le corner de Iheanacho qui suit offre à Balogun une occasion de faire comprendre que le match a changé. 3 minutes plus tard, Etebo reçoit de la semelle sur la gauche, offre l’occasion du doublé à Musa mais la transversale renvoie un ballon que l’attaquant va rechercher une minute plus tard. Il rentre dans la surface en vitesse, fait une circumnavigation de La défense, fait affaisser le gardien par le dernier dribble et le voilà meilleur buteur de l’histoire du mondial des Géants d’Afrique.

La confiance reprend chez les Nigerians

2-0, deux buts pour lui comme contre l’Argentine  il y a 4 ans. Musa a attendu cette occasion depuis le début, pour faire voir son action préférée, vitesse, dribble, but en finesse. C’est lui l’auteur des 3 derniers buts du Nigeria en phase finale de la coupe du monde. Les défenseurs blonds pêchent en fondamentaux. Les coachs ne recommandent pas de gagner la ligne de fond quand le gardien est dribblé, mais de chercher à agresser le porteur de balle.

Les islandais frustrés multiplient les fautes inutiles en attaque. Emeruo sauve trop tard une action anodine quand l’arbitre Vidéo (VAR) a déjà rappelé le central pour un tackle de Ebouhei : penalty ! À ce moment, je signale à ma rédaction que je serre les fesses pour que le tireur loupe son tir et le sort que je jette a payé . Le Nigeria respire avec Ighalo qui entre et étale sa course ‍.

Uzoho le gardien nigérian quant à lui n’est pas techniquement parfait mais essentiel. À seulement 19 ans, il a le temps de s’améliorer. La dernière minute commence avec le Nigeria  qui peut compter sur le double avantage pour gérer le temps additionnel qui sera long. C’est pour ça qu’un changement offensif est fait. Iwobi, neveu, de Okocha, entre pour Etebo. Bon porteur de balle, il a 6 minutes pour éloigner les ballons de son camps. Surtout que le capitaine, Obi Mickel boitille, est blessé et le coach Rohr a fini ses remplacements.

Les Isabdsus rêvaient certainement de la seule rencontre de leur histoire avec le Green Eagles qui avaient perdu 0-3. D’abord, c’était un match amical et en 1981. 37 ans sont passés, les gars! Personne de vous n’était né, moi si .

NIGERIA  2-0 Islande 

Par : Mougoue Mathias Lionking


Mondial 2018 : une première victoire pour l’Afrique grâce au Sénégal

C’est le groupe le plus équilibré dans cette revue planétaire qui a déjà livré d’énormes surprises. Il n’est pas juste d’estimer que le petit poucet sera le Japon  même si la victoire à 10 contre 11 devant la Colombie  ne plaide pas complètement pour eux. Une Colombie  à traction  antérieure avec des joueurs comme Falcao, James Rodriguez, Bacca, Cuadrado a eu la pire malchance qui pouvait lui arriver. Perdre le défenseur Sanchez à la troisième minute pour une main dans la surface de réparation l’ampute encore plus du maigre potentiel défensif et rend la pente descendante à Kagawa star du Borrusia Dortmund et sa troupe de Ninjas…

SÉNÉGAL  2-1 Pologne 

Au Sénégal  prochain adversaire de la Colombie à en bénéficier d’abord en faisant mieux que le Cameroun  qui n’alla pas au delà d’un 0-0 avec les polonais du capitaine ‍✈️ Boniek en 1982 en Espagne . Aujourd’hui, les stars de l’ex pays communiste sont Lewandowski, Milik qui, outre à 6 autres du championnat italien, aura en face son libero Koulibaly du FC Naples qui ne sera pas supporté par Albiol comme en club. Ce n’est que par ces joueurs et des arbitres comme Rocchi que l’Italie absente pourra faire voir la valeur de son championnat.

Bien qu’on veuille insister sur le fait que le Sénégal  n’a pas la même organisation que le NAPOLI, je ne perd pas espoir qu’il démontrera qu’il est le meilleur défenseur du monde . Avec lui, de nombreux autres talents qui ont renoncé à la sélection du pays européen où ils sont nés ou où ils ont grandi pour la patrie. C’est le cas de Balde Keita (espagnol) Gomis, gardien de la SPAL (italien), et Niang (Français) celui-ci souvent adversaire de lui-même, on dit qu’il s’exprime trop en deçà de son potentiel. Le match s’annonce riche en couleurs, surtout du côté des représentants d’Afrique…

On écrit Pologne  vs Sénégal , les aficionados de Champions League lisent Robert Lewandowski vs Sadio Mané. Ce dernier a joué la finale de Champions…

L’arbitre de la fédération du Bahreïn  avait déjà dirigé le Ghana  à Konichiwa au Brésil  en 2014, ville  d’où vient Tiago Cionek de Famille brésilienne d’origine polonaise, aujourd’hui sur La pelouse. Il fera parler de lui dans le match.

Le Sénégal  n’a perdu aucun match durant la phase de qualifications, Tandis que la Pologne  en perdant un seul a dominé sa poule  avec Lewandowski comme meilleur buteur des qualifications dans l’absolu tous continents confondus…

Temps des Chants Nationeux au Spartak Stadium…

L’hymne polonais fut écrit à Reggio dans l’Emilia italienne comme hommage à Dobrovsky, général qui s’unit à Napoléon pendant la campagne italienne…  Le rythme est tout de suite présent avec l’hymne sénégalais: «Touchez toutes vos Koras, frappez vos Balafons », il parle de l’orgueil africain que le président Senghor écrit de sa main… 

Le gros des 2 équipes jouent dans des championnats relevés hors de leur pays

Le Sénégal  se taille la part du lion… Je parlais d’une Colombie à traction antérieure mais les Lions de la Teranga sont l’équipe qui a apporté LE PLUS d’attaquants au mondial: 8! Le coach Cissé qui conduit son pays à sa deuxième participation en a disputé la première il y a 16 ans en battant la France  championne du monde  d’entrée de jeu. Seule la Turquie  arrêta leur progression en quarts de finale. Il était le capitaine ‍✈️ du groupe guidé par le regretté Bruno Metsü à qui il a voulu rendre hommage…  Cissé, seul coach NOAR en Russie  est aussi le plus jeune… Très apprécié au pays, il est pour moi un modèle dont doit s’inspirer la jeunesse. À part mon admiration depuis toujours pour sa personnalité et le look commun (dreadlocks), son attention pour le social le distingue… 

Le Sénégal  fait valoir son côté athlétique et physique et avec de la vitesse en plus, il empêche les reparties de la Pologne  qui cherche à découvrir ses faiblesses en défense. L’autorité des Félins Africains  contraignent Krychowiak au premier carton (jaune) de la partie. Suite à une chevauchée fantastique de Diouf qui récupère le cuir depuis son couloir gauche en défense, Niang reçoit le ballon ⚽️ La Défense polonaise déjà éventrée, et gracie le gardien d’un tir moche en 18ième minute. Grzegorz Krychowiak ne fait pas mieux de la tête pratiquement seul  sur la repartie.

L’un des morceaux de son répertoire ne réussit pas à Lewandowski 3 minutes plus tard et c’est Sadio Mané encore en ombre qui se fait freiner. Les fauves veulent lancer de longues balles au delà de la ligne arrière adverse parce que l’attention défensive est disposée déjà depuis le milieu. En vue du premier résultat de le Journée, un nul peut convenir aux deux équipes et produire le match tactique qu’on n’espère pas.

N’empêche… Les Sénégalais font le show dans les tribunes et le coach demande à ses joueurs d’y mettre d’abord la tête. Ils ont déjà vu toutes les autres équipes jouer et cela les affecte un peu : longue attente.

Moussa Mbacke déborde à droite à la 33ième mais Diouf à la réception est hors jeu. L’herbe humide ramène très vite le ballon du côté opposé.. Bezezinski s’est habitué à mettre en difficulté le latéral Sané. Le ballon doit être mis en touche pour vérifier ce qui est arrivé à Ismaila Sarr. Mbaye Niang engage et gagne un duel physique sur le côté gauche à la 36ième pour réveiller le match et justement, sa passe réveille Mané qui prolonge sur Guèye, hésitant, il tire quand même, mal et la déviation de Cionek se charge de transformer en but 

Premier but encaissé pour la Pologne devant une équipe africaine, après le 1-0 à la Tunisie en Argentine en 1978, le 0-0 avec le Cameroun  le 12 juin 1982 en Espagne et le 0-0 avec le Maroc  au Mexique en 1986. Le but est effectivement attribué à Cionek, Brésilien de famille polonaise devenu polonais en 2012 alors qu’il était en Italie où il a joué pour Padova, Modena et Palermo.

La Pologne n’est pas entrée dans le match à dire vrai… Ça se voit aussi par le coup de tête que le géant SANE de 197 centimètres vient faire sur un corner dans la surface des rouges-jaunes à la 42ième. Niang et Sarr profitent du bon moment pour donner du travail à Krychowiak qui risque son deuxième carton jaune.

Alfred N’Diaye qui reste à terre dans la surface n’obtient pas ce qu’il espérait. Tout le monde aux vestiaires pour la pause après 2 minutes de d’arrêts de jeu…  Le coach Polonais sait qu’il doit ajuster sa défense et c’est pour ça que dès l’entame de la seconde manche Bednarek est préféré à Jakub Błaszczykowski. Ils rentrent à leurs vieilles habitudes que la presse nationale avait annoncé avant le match.

La coupe du monde  de Bednarek commence mal… Son premier contact avec SABALI le renvoie sur la touche se soigner. On commence à accumuler les minutes pour le temps additionnel. À l’image de REBUS, la Pologne  y croit et veut surprendre La défense du Sénégal dans le dos.

Ça va tellement vite que Salif Sane met au sol Lewandowsky…  Carton juste jaune parce que Mbacke avait récupéré la position pour empêcher que ce fût interprété comme claire occasion de but . Lewandowski s’applique dans le coup-franc mais le gardien N’Diaye répond en vol…  Sur la relance, Niang invite au Tir Mané… Le Sénégal  est présent et déterminé…  REBUS sait que Mbacke a fait du supplémentaire pour contraster Lewandowski dans l’action précédente puisqu’il s’est affaissé après…  Il le titille donc de plus en plus sur le côté et pour peu, à la 54ième sur un centre Krykowiak ne fait pas mouche…

À la 57ième Gruziński essaie aussi. Les Sénégalais jouent à 10 puisque Niang se tord la cheville gauche en descendant. Ses coéquipiers s’en prennent aux polonais pour n’avoir pas mis le ballon hors. Le règlement dit que c’est une décision qui revient à l’arbitre et celui-ci le rappelle à Diouf. Au moment où Sané se prend un carton jaune, une autre erreur des défenseurs polonais fait le bonheur de Niang qui se retrouve le ballon entre les pieds, dribble le gardien et enfonce le 2-0… Buuuuuuut… But . Tout premier but de NIANG en sélection!   Les polonais protestent mais l’arbitre avait bel et bien autorisé Le retour sur le terrain du lion  blessé.

À présent les joueurs d’Alioune Cissé font valoir leur vivacité athlétique et le ballon ⚽️ voyage souvent en attaque où Niang règne!  La Pologne  doit gravir à mains nues la montagne  qu’elle a elle-même mise en place.

Dzelinsky et PASDAN peinent! L’écrasante majorité des fans polonais sur les gradins n’arrive pas à surmonter les chants des Sénégalais!     ON DANSE même dans La Tribune d’honneur. Le Coach Cissé lève le poing comme s’il était encore joueur. Le coach Adam Nawałka est mal mentalement et pense à ces début difficiles de 2006 et 2006 où après 2 matchs sa sélection devait déjà faire les valises…

Le ballon  est souvent en touche et le temps qui court est le Meilleur allié du Sénégal. Milik essaie à la 70ième mais Koulibali et les siens font bonne garde. Les 197 centimètres de Salif SANE s’imposent sur plusieurs Ballons ⚽️ Le très ordonné Gueye prend un carton anodin à la 71ième et c’est l’occasion pour les reporters Italiens de dire leur étonnement sur la discipline tactique des Africains vu ce qu’on sait des équipes de leur continent. S’ils réfléchissaient sur la leur et s’apercevaient que les autres n’ont pas autant de temps pour dénigrer les européens, ils seraient au mondial… 

Dieu n’est pas bête… Kownacki remplace le décevant et déçu  Milik mais Cheikh Ndoye lui enlève son premier ballon avec La collaboration du colonel Koulibaly. Le Sénégal  respire et fait entrer MOUSSA KONATE un des buteurs des qualifications pour Niang qui est en douleur et a demandé d’être substitué pour se ménager.

Le dernier quart d’heure commence…

Rebus ne lâche pas sa course ‍♂️ sur la gauche mais Salif Sane en force en Bundesliga où il a fait 4 buts  en saison avec Hannover n’est jamais loin. Encore Rebus à la 78ième mais Kownacki qui reçoit trouve le gardien N’Diaye sur sa trajectoire. Le coach Cissé enlève sa veste pour accompagner la cadence des dernières minutes, observé par le très positif arbitre Nawaf Shukral du Bahreïn  C’est peut-être Kamen Klick habituel commandant qui a manqué à cette défense polonaise qui subit encore Sadio Mané, insatisfait de sa prestation…

La génération meilleure qu’a connu la Pologne ces 30 dernières années est elle aussi formée de trentenaires qui sont en train de fausser les espoirs en passant à côté du sujet. Les protestations de Ismaila Sarr à la 84ième pour un tacle de Rebus dans la surface obtiennent les reproches de l’arbitre et pas le pénalty. Il aurait pu écoper d’un carton jaune. Sur la relance, la distraction coûte un coup franc qui offre le but à Krychowiak et la Pologne réduit la marque quand il reste 3 minutes avant les temps additionnels.

Mauvaise figure du Sénégal  qui se fait surprendre sur son point fort : le jeu aérien. Il y a de la tension dans l’air et la Pologne  met le turbo. Krychowiak est à son troisième but en sélection. Sadio Mané se charge de faire monter les siens et à là 89ième Koulibaly fait une faute en attaque sur le corner qu’il se procure. On récupérera 4 minutes, moins que ce que les européens espéraient. Koulibaly balaie en défense. Corner et Kadim N’Diaye le moins Grand sur le terrain des XXL vole encore. La confiance revient… Le calme aussi. Sur le coup franc qui s’ensuit, Mané renonce à la tête plongeante et remet au centre, dommage, le troisième but n’arrive pas.

Les polonais foncent mais N’Diaye a mangé du Sénégal Thieboudienne pimenté avec des ailes de criquet. Il vole, il vole, il vole…    Sur la relance, quand le coach Cissé demande la fin de la partie, l’arbitre lui obéit de trois coups de sifflets secs. Le Sénégal  est en train d’écrire une autre épopée…

Après 4 représentants qui n’ont pas inscrit le moindre but, Les Lions  de La Terranga rugissent, L’Afrique DANSE   le MBALAX AU rythme des sénégalaises aux corps de RÊVE!

N’est-ce pas ça devait être la  poule de Colombie  et Pologne?

Le Japon  le Sénégal  sortent donc de quelle planète?

Par Mathias Mougoué