Que cache l'assassinat du pasteur américain Charles Wesco au Cameroun ?

Un Blanc, Charles Wesco, perd la vie dans sa voiture après avoir reçu une balle en pleine ville à Bamenda. Cette information a tellement fait grand bruit. Les indignations de la presse nationale se sont limitées aux interrogations sur la provenance du tire tandis que la presse américaine et quelques journalistes camerounais accusaient l’armée camerounaise. Maintenant que l’origine du tir est connue de tous, la question qui reste pendante est donc celle de savoir ce qui adviendrait comme conséquences ?

Que s’est-il passé ? (Par Kand Owalski)

Il y’a deux semaines, un Missionnaire américain débarquait avec toute sa famille sur le sol du Cameroun en direction du Nord-ouest. Il avait tout vendu aux USA pour s’installer définitivement ici afin de prêcher la parole. Le 30 octobre 2018 il est assassiné dans son véhicule par une balle « perdue », a d’abord affirmé le gouvernement camerounais avant de déclarer officiellement que le tir provenait d’un fusil des sécessionnistes. Les sécessionnistes, eux, rejettent cette accusation et posent que c’est bien un soldat de l’armée camerounaise qui a abattu l’Américain. Au milieu de ce rejet mutuel de la « faute », l’agence américaine Reuters tranche : c’est bien un soldat de l’armée camerounaise qui a assassiné le missionnaire.

Interpellé, le vice président américain s’indigne et précise, pour le résumer, qu’un fils de l’oncle Sam a perdu la vie au milieu d’une crise due au rejet de la politique du gouvernement actuel et à l’aspiration de ces populations marginalisées à être libre. Interrogée, la femme de Wesco classe la mort de son mari comme le fait d’une volonté divine. Elle prie que ce décès ne soit pas vain ; que son sang ait été versé pour la paix et la stabilité dans ces régions sinistrées. D’autres réactions des citoyens dont celle de l’épouse de Dave Halyman, l’Américain qui conduisait Wesco ce jour là mais qui  »heureusement » ou  »stratégiquement » n’a pas été touché, demandent au gouvernement américain de prendre ses responsabilités.

A quel jeu joue Yaoundé après la mort de Charles Wesco ?

A la suite de l’annonce, par les médias locaux, de la mort d’un pasteur évangéliste américain à Bamenda, on croyait affaire à un Fake-News. Il a fallu, bien évidemment, que les autorités de Yaoundé confirment cette nouvelle qui relèverait, a priori, d’un secret d’Etat (?) pour que l’on se rende compte de la gravité de la situation. L’on se souvient encore de cette fausse-vraie nouvelle qui révélait le kidnapping des touristes dans les deux régions anglophones en proie à guerre d’indépendance. Elle avait tellement défrayer la chronique pendant des heures qu’on a dû comprendre l’intérêt du gouvernement de préserver la vie des étrangers Blancs.

Il devient donc évident que la vie d’un Blanc, dans ces régions en guerre, peut être utilisée comme un outil diplomatique. Du coup, lorsqu’elle est mise en danger, l’empressement de rendre les indépendantistes coupables devient très courant. C’est la raison pour laquelle le 2 février 2018, le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, avait annoncé le « Kidnapping » des 12 touristes dans la région du Sud-Ouest par les séparatistes. De même, le décès du pasteur Charles Wesco avait été mis sur le compte des séparatistes par ces mêmes autorités de Yaoundé à travers le ministère délégué à la Présidence chargé de la défense. D’où la question, pourquoi les autorités de Yaoundé renvoient toujours la responsabilité des crimes et des attaques sur les Blancs aux séparatistes anglophones ? Ou alors, que cache l’assassinat du pasteur Charles Truman Wesco ?

La première réponse qu’on tenterait de donner à cette question est que le gouvernement de Yaoundé est à la recherche d’une légitimité. En fait, le régime de Yaoundé attend des puissances occidentales, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, etc., un soutien intellectuel à travers une prise de position totale et ferme contre les indépendantistes appelés ici « sécessionnistes ». Les nombreux soutiens des indépendantistes de l’Ambazonie sont d’origine américaine à travers la diaspora anglophone. Selon Yaoundé, ces soutiens ne sont pas inconnus de l’Etats américain. Le gouvernement camerounais espère de l’Oncle Sam l’anéantissement et l’éradication de cette diaspora « nuisible » à tout point de vue.

Conséquences d’un tel crime (Par Kand Owalski)

Doit-on y voir un hasard ou une machination ? Pourquoi avoir choisi d’abattre principalement ce fils d’une famille puissante de religieux américain et dont le frère est sénateur ? Pourquoi pas l’autre ? En tout cas, on peut rapidement se souvenir que c’est l’enlèvement puis l’assassinat par la milice de Gbagbo, du français Stéphane Frantz alors directeur de Novotel d’Abidjan, qui provoqua l’intervention officielle de la France et son délogement. On peut rapidement se souvenir que c’est l’attentat à la vie du prince Ferdinand en fin juin 1914 qui provoqua la première guerre mondiale. On peut rapidement se souvenir que le 30 septembre dernier, 07 jour avant l’élection sur sa page Twitter, le président des États-Unis, Donald Trump traitait Paul Biya de brosse à dents en signifiant aux camerounais  »qu’une brosse à dents de 36ans est forcément vieille et inefficace et qu’il fallait s’en débarrasser à tout prix ».

On peut encore se souvenir qu’il y’a quelques mois l’ambassadeur américain demandait à monseigneur Biya de songer à une retraite honorable. La position des USA était donc déjà claire : monsieur Biya doit s’en aller. Mais si malgré ce  »lâchement » le gouvernement tyrannique continue de voler d’arrogance en arrogance, de violation en violation, c’est qu’il croit pouvoir compter sur le soutien de la France. Sauf qu’ils oublient vite que Gbagbo avait le soutien de la France jusqu’à un certain moment, que Kadhafi avait le soutien de la France jusqu’à un certain moment, que Moubutu venait de déjeuner avec l’ambassadeur américain lorsque le malheur frappa à sa porte. La diplomatie est une chose qui ne se voit pas dans les poignées de mains et les sourires des grandes gens.

Charles Wesco sera-t-il le Jésus Christ du peuple camerounais ? A-t-il versé son sang pour nous ? Si telle est le cas nous dirons  »amen ». Et à ceux qui viendront crier à l’ingérence nous dirons  »assiiiiiiaaaaaah ». Pendant deux années on a mendié un dialogue inclusif mais les hommes ont dit qu’ils ne dialoguaient pas avec les chiens, les rats, les terroristes. Ils nous ont demandé ce qu’on allait faire. Pendant deux ans on a supplié monsieur Biya de mettre fin à cette guerre; de multiples propositions de sorties de crises lui été faites mais pourquoi faire? Si ces gens débarquent au Cameroun ce sera pour le bien des populations sinistrées et moi particulièrement je me tairais pour laisser la parole à ceux qui ont fraudé pour Biya!

Kand Owalski

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