Donald Trump : le caillou dans la chaussure ?

Décidément, Donald Trump ne finit pas de surprendre. Le jeudi 11 janvier 2018, le président des États-Unis d’Amérique s’est exprimé à propos de l’immigration aux États-Unis. Habitué aux provocations et aux paroles choquantes, Donald Trump qualifie alors les pays d’origine des immigrés comme Haïti, Salvador et d’Afrique de « Pays de merde ».

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Donald Trump. Crédit photo, licence libre de droits : pixabay.com

Donald Trump recevait dans son bureau ovale de la Maison Blanche des sénateurs Républicains et Démocrates, en particulier Lindsey Graham et Richard Durbin. Cette rencontre avait pour objet une discussion sur le projet DACA (Deferred Action for Childhood Arrival). C’est un projet qui vise à régulariser la situation de 690 000 jeunes immigrés entrés illégalement. A l’époque, leur jeune leur jeune âge ne permettait pas aux États-Unis de les expulser. C’est donc un programme hérité du gouvernement de Barack Obama. La régularisation des ces immigrés pourra donc les permettre de travailler et d’étudier en toute légalité.

C’est donc au cour de cette rencontre avec les parlementaires que Donald Trump a tenu des propos suivants : “Pourquoi est-ce qu’on voudrait des Haïtiens chez nous ? Pourquoi vouloir tous ces Africains chez nous ? Pourquoi est-ce qu’on voudrait avoir chez nous tous ces gens venus de pays de merde ?”. En utilisant « shithole countries » pour qualifier ces pays d’origines des immigrés, toutes les communautés concernées se sont soulevées pour le décrier en qualifiant ces propos d’insultes.

Ce qui est pourtant curieux c’est que, loin d’être de mauvais goût, ces propos ne cacherait-il pas une réalité bien que choquante ? Depuis le début de son mandat, voici bientôt un an, le président Donald Trump multiple des frasques dont il a seul le secret. Il a la particularité de botter en touche le politiquement correct en bafouant les protocoles. C’est une marque déposée qui ont fini par dire qu’il est le seul président Blancs qui dit aux Noirs ce que les Blancs pensent tout bas d’eux. Ce qui n’est pas du goût des puristes qui estiment qu’un président, de par sa posture, devrait s’abstenir au risque de révéler des « vérités » bouleversantes.

Donald Trump, étant un homme imprévisible, serait-il alors un caillou dans la chaussure ? Celui qui risque balancer les secrets dehors ? Ces secrets qui montreront enfin à la fois le vrai visage du côté mesquin de l’Occident sur qu’il pense de l’Afrique et Haïti et aussi une réalité difficilement compréhensible de ces pays des Noirs ? Une réalité difficilement compréhensible qui montre justement cette contradiction entre la richesse de la nature et la pauvreté des hommes.

Le Camerounais Jean-Aimé Dibakana nous dit un plus sur cette contradiction en plaçant les propos de Donald Trump sous l’angle d’une révolution de la mentalité.

Et si Donald Trump était (en réalité) « aimable (pour les Africains) ?

Selon Donald Trump, le président américain, certains pays africains (ainsi que Haïti et Le Salvador) sont des « shithole countries », c’est-à-dire des « trous à rats », pouvant aussi se traduire (plus gentiment) par « pays de merde »… Et voici, partout, relayé par la presse occidentale, le tollé d’indignations contre ce énième « dérapage »… Hum !

Et si Donald Trump était « une chance » pour les pays africains (et les pays dits « pauvres » en général) ? Celle de leur faire connaître les jugements de TOUS les (dirigeants) Occidentaux à leur égard ? Autrement dit, Trump dirait en quelque sorte « tout haut » ce que que TOUS les (dirigeants) Occidentaux – en tout cas la majorité – penseraient « tout bas »…

En effet, depuis son élection, le milliardaire ne cesse de s’illustrer en dérapages vis-à-vis des « faibles ». « Dérapages » ? Et si, ici, l’homme d’affaires, ADNisé (et trop accoutumé) au pragmatisme qu’impose le monde des affaires, n’arrive pas à (et ne pourra pas) se faire à la langue de bois que s’impose le monde politique occidental sur les pays pauvres ?

Il faut donc peut-être voir en Donald Trump, ce dirigeant occidental qui permettra à tous les Opprimés, à tous les Estropiés, à tous les « Nés du mauvais côté », à tous les Pauvres, à tous les Exclus, à tous les Déclassés du monde de connaître ce que les Puissants qui gouvernent la planète pensent d’eux. Parce que ce dirigeant-ci, Trump, ne se fait pas (et ne pourra pas se faire) au filtre que ces camarades s’imposent à leur propos.

Car : Qui peut sérieusement penser que TOUS les puissants qui tiennent ce monde ne pensent pas que les pays africains (et les pays pauvres en général) ne sont que des « shitole contries » ?

Si non :
Pourquoi les laissent-ils périr ? Pourquoi les exploitent-ils avec tant de férocité égoïste ? Pourquoi continuent-ils à leur vendre des armes (et à entretenir les différents camps rivaux) pour que les guerres fratricides qui s’y livrent ne s’arrêtent jamais ? Pourquoi leur imposent-ils des conditions d’aide (au développement) qui, en réalité, les tuent à petit feu ? Pourquoi laissent-ils périr leurs enfants en haute mer alors qu’ils ont les moyens techniques et politiques pour arrêter cette tragédie ? Pourquoi construisent-ils des murs pour que les populations qu’ils affament n’arrivent pas sur leur sol ? Pourquoi aident-ils à se maintenir au pouvoir des tribaux, voleurs, incompétents qui font tant de mal à leurs concitoyens alors qu’ils sont informés (à la seconde) des viols, vols, assassinats, emprisonnements arbitraires, … perpétrés par ces derniers au quotidien sur leur peuple ? etc.

Oui, c’est seulement dans des « trous à rats », seulement dans des « pays de merde » que l’on peut se permettre de tels agissements… Trump a juste dit ce que tous les autres (gouvernants) occidentaux pensent, puisqu’ils agissent tous – en tout cas la majorité – avec ces pays africains comme l’on agirait avec des « trous à rats », avec des « pays de merde »…

Et dire que ces mêmes pays africains (et leurs ressortissants) pensent que leur bonheur dépend de ces mêmes Occidentaux qui les traitent de « trous à rats », de « pays de merde »… Pauvre de nous !

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Yves Tchakounte
Camerounais, doctorant, chercheur, sociologue, universitaire, chroniqueur et... blogueur. Le social, l'humanitaire, le volontariat, le bénévolat sont mes champs d'action. L'économique, le politique, le philosophique, le sociologique, bref, l'actualité du monde et de l'Afrique sont mes champs de réflexion. Vivons ensemble autrement!

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