Pourquoi je m'engage pour le CHAN ?

J’ai été, avec 24 autres blogueurs de l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC), sélectionné pour être blogueur officiel du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), qui se déroule du 4 au 25 avril prochain au Cameroun. Cette nouvelle a fait des vagues à mon sujet parmi mes amis qui furent surpris de me voir dans cette cuvée. D’où leur vient cette surprise ? Et si celle-ci est légitime, pourquoi ai-je accepté de faire partie de cette aventure ?

Je dois commencer par préciser que, durant toute ma vie, pour ceux qui ont lu ma biographie, je n’ai cessé de m’approprier moi-même des situations difficiles, c’est-à-dire de me donner la peine d’être un acteur impliqué de près ou de loin dans certains événements qui portent en eux des enjeux socioéconomiques et politiques majeurs. En tant qu’anticonformiste, les erreurs que l’on m’attribue relèvent surtout du fait de la distance que j’ai vis à vis des faits que je critique. Cela a été le cas en politique avec mes engagements dans les activités associatives où j’ai joué et je continue toujours de jouer le rôle d’observateur électoral. Cela m’a permis de toucher du doigt les réalités et d’avoir une lecture assez précise des situations.

Pourquoi dois-je m’intéresser aux sports?

Cependant, cela n’a jamais été le cas dans le sport où je suis toujours resté en retrait dans mes analyses pour la simple raison que je ne maîtrise pas justement les enjeux. Le sport n’a jamais fait partie de mes choix de lectures en termes d’actualité sauf dans les cas où ont lieu des scandales. Ma position de chroniqueur m’oblige à être partie prenante pour vivre les réalités des événements sportifs que je ne connais pas. Donc, un chroniqueur qui est impliqué dans un fait est mieux placé pour en parler. Voilà pourquoi j’avais soif de faire partie, non pas en tant que spectateur, mais en tant que personne impliquée, de quelque manière que ce soit, dans un événement sportif.

Comme en politique dans les années 1990, mon intérêt pour le sport commence véritablement en 2014. En effet, le 14 septembre 2014, la Confédération Africaine de Football (CAF) attribue au Cameroun l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 2019, après celle de 1972, donc 47 ans après ! L’occasion était donc venue pour moi de vivre la 32ème édition en chair et en os. J’avais toujours l’habitude de rédiger des billets pour des éditions précédentes et même pour la Coupe du Monde pour des appels à contribution à Mondoblog. Cette fois-ci ça allait être différent.

Le rêve de la CAN était permis

Au moment de l’attribution de l’organisation de la CAN au Cameroun, rien ne laissait présager sur la suite malheureuse des événements. La contestation a commencé à se faire ressentir dans l’opinion à travers principalement les réseaux sociaux. Pendant que les uns avaient des doutes sur les capacités du Cameroun à organiser la CAN, les autres s’inquiétaient plutôt sur les sommes faramineuses que le gouvernement avaient mis à la disposition pour la construction des infrastructures sportives en comparaison aux autres stades du même acabit dans d’autres pays africains. En fait, les polémiques en cours étaient simplement liées au fait que le président de la CAF, le Camerounais Issa Ayatou, était accusé de favoritisme dans l’attribution de la 32ème édition de la CAN.

La délégation camerounaise qui avait présenté le dossier du Cameroun à la CAF pour l’attribution de la CAN bénéficiait, non pas seulement des faveurs de Issa Ayatou, mais surtout d’un programme important de développement des infrastructures sportives. Il s’agit justement du programme dénommé PNDIS où figurait en bonne partie un projet de construction de dix stades à travers la république. Programme signé le 7 mai 2008 avec les partenaires Chinois, devrait doter le Cameroun des infrastructures sportives de dernière génération. A cette occasion, la construction du stade Olembé de Yaoundé, baptisé plus tard « Stade Paul Biya » avait été lancé en grand renfort de publicité en 2009. Le rêve était donc permis et rien ne présageait jusque-là quoi que ce soit de scandaleux.

Les rêves brisés de la CAN

Les doutes émis auparavant ont commencé à s’intensifier avec les crises sociopolitiques qui ont suivies : la guerre civile dans les deux régions anglophones qui a commencé en 2016 et la crise post-électorale de depuis 2018. Des campagnes de sabotages, de dénigrements de cet événement ont eu lieu surtout dans les réseaux sociaux. Pour des fins politiques, certains acteurs étaient engagés dans l’échec de cet événement à travers ne serait-ce que dans la propagande médiatique. Ajouté à cela les polémiques sur les propos du nouveau président de la CAF, Ahmad Amad, qui faisait état de la volonté cachée du nouveau patron du football africain, de retirer l’organisation de la CAN au Cameroun pour des raisons vindicatives ou de conflits d’intérêts avec l’ancien parton Camerounais. Une histoire de règlement de compte ? Je n’en sais trop rien. En tous les cas, tout allait dans tous les sens.

Puis un soir du 30 novembre 2018… Puff ! Ahmad Ahmad annonce le retrait de cette 32ème édition de la CAN au Cameroun pour des raisons, dit-on, d’insuffisance d’infrastructures. Les langues commencent à se délier. Pendant que les uns parlent des sommes colossales d’argent déjà dépensées par le Cameroun, d’autres s’offusquent plutôt sur l’incompétences qui n’est que le reflet de 38 ans de tyrannie. Cette situation m’exaspère et je commençais à déchanter. Du coup je me posais toujours cette lancinante question : comment les stades, surtout celui d’Olembé à Yaoundé, dont la construction a commencé en 2009 et n’a toujours été achevé en 2019, 10 ans après ? Incompréhensible. De quoi me donner mes tournis !

Le retour de la CAN

Mais, c’était sans compter la témérité des autorités Camerounaises soucieuses de laver cet honneur jadis vanté. Et du 13 au 15 janvier 2020, le président Ahmad Ahmad est annoncé au Cameroun. C’est donc à l’occasion de cette visite que le président de la CAF annonce finalement l’organisation du CHAN (du 4 au 25 avril 2020) et de la CAN (du 9 janvier au 6 février 2021). L’espoir peut-il renaître ?

Les questions me fusent de toutes parts : serait-il encore possible d’espérer jouer un rôle ne serait-ce que secondaire dans un tel événement ? Que va-t-il rester de ma crédibilité en tant que blogueurs critique pour un événement sabordé par les critiques du régimes de Yaoundé dont je fais partie ? En m’arrêtant à ce niveau, il devient évident que je ne pourrais être impliqué ni de près ni de loin à un tel événement au risque de perdre ma crédibilité d’anticonformiste ou de blogueur critique pour avoir participé à ce qui pourrait être considéré par les pourfendeurs du régime comme l’un des scandales les plus spectaculaires du régime vieillissant.

Puis, une vieille question lancinante me vint à l’esprit, celle que je m’étais toujours posée et qui m’échappait jusqu’alors : pourrais-je être crédible dans mes analyses si je continue à être spectateur, à écouter, regarder et lire ce que les autres chroniqueurs et journalistes surtout de par leur position privilégiée d’accès à l’information, continuent d’assommer mes méninges à coups de caquets sur ce qui se passe à côté de moi ? Dois-je toujours construire mes opinions sur la base des analyses des autres alors que j’ai la possibilité de la bâtir par moi-même ? Pourquoi devrait-on laisser aux seuls journalistes le droits d’avoir à éduquer des masses pour le simple prétexte qu’il est le seul à avoir accès à certaines sources ? Il est temps de changer la donne et d’ouvrir d’autres horizons, je pense.

https://twitter.com/BloggersCM/status/1222524638577725441

Le CHAN, quels enjeux pour le blogging camerounais ?

L’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC) à laquelle j’appartiens a sollicité le président du comité d’organisation du CHAN 2020 et de la CAN 2021 (#CocanCmr2021) en la personne du ministre des Sports et de l’Education Physique Narcisse Mouelle Kombi, pour la couverture digitale du CHAN. L’association a reçu l’avis favorable. Une grande première au Cameroun. Ce succès, je le met au compte du Bureau de l’association conduit par mon compatriote Dania Ebongue.

L’association a donc engagé 25 blogueurs pour la circonstance. Evidemment, comme vous pouvez vous-même l’imaginer, cela représente pour moi une aubaine. Mais cela représente surtout une belle occasion pour les blogueurs de pouvoir démontrer enfin de quoi ils sont capables, car il n’est pas coutume de voir les autorités si réticentes à accorder du crédit aux professionnels de la communication digitale de crise où la frilosité du régime est de mise. Oubliés qu’ils sont des grands événements du pays, ce CHAN sera, pour les blogueurs, une première expérience camerounaise de couverture digitale événementielle après celle qu’ont vécu les blogueurs en Côte d’Ivoire lors des 8ème jeux de la Francophonie en juillet 2017.

Quoi de plus normal pour moi de faire partie de cette première aventure du blogging au Cameroun ! Je ne saurais cracher sur une si belle occasion qui fera partie d’une expérience importante dans le blogging, surtout que rien ne m’a été exigé sur le respect d’une ligne éditoriale quelconque. Je garderai toujours mon ton habituel et je ne changerai outre mesure. En somme, ça sera un événement historique, quoi !

En espérant que ma position ait été comprise, je vous invite à suivre les blogueurs de l’ABC sur leur blog respectif et sur les hashtags de Evènement : #TotalCHAN2020 et #CocanCmr2021 et mon hashtag : #tkcCHAN2020 sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter.

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