La montée du jihad en Afrique dans un contexte de pluralisme religieux

« Un islamiste est certainement un musulman, mais un musulman n’est pas forcément un islamiste ». C’est par cette petite boutade que j’aimerais attirer l’attention de beaucoup de lecteurs qui pensent malheureusement que la pensée islamiste peut et doit être confondue à la religion musulmane. Certains pensent aussi que la différence entre les deux peut résider dans la pratique de la religion musulmane, en ce sens que les islamistes sont plus pratiquants et plus respectueux des lois coraniques et que les musulmans le sont moins. C’est donc tout simplement des balivernes. Ces préjugés sur la religion font des musulmans des victimes à la fois des terroristes supposés ou non islamistes et des non-musulmans. Mais, à la base se trouve la question de la civilisation. Après avoir lu quelques écrits, embryonnaires soient-ils, expliquant la pensée islamiste, je me rends compte à l’évidence que le combat des islamistes aujourd’hui est presque ou même très semblable à celui que les peuples ont connu lors de la pénétration occidentale en Afrique et ailleurs. La résistance des peuples contre l’occupation extérieure, à cette époque, était toute légitime compte tenu du fait que, moralement, aucun autre peuple n’avait le droit de venir s’approprier des territoires qui ne lui appartiennent pas. Par la suite, ce droit est devenu caduc par le droit à la civilisation des peuples à qui les Occidentaux ont tôt fait d’apporter plus principalement les langues (français, anglais, etc.) et les religions (plus principalement la religion chrétienne et la religion musulmane) d’origine non africaine sous le simple prétexte que les Africains étaient des barbares et ne connaissent pas Dieu. La question qu’on pourrait se poser est celle de savoir comment les islamistes en Afrique disent défendre l’intérêt du peuple africain en luttant contre la civilisation occidentale et en imposant une autre qui n’est pas elle aussi d’origine africaine ? En d’autres termes, le jihad a-t-il sa place en Afrique ?

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« Religions chrétienne, musulmane et traditionnelle cohabitent en Afrique. Cette mixité a eu des effets de cohésion sociale dans certains pays, tandis que dans d’autres cela a contribué à la fracturation de la société » (https://www.ledevoir.com/)
Crédit photo: Agence France-Presse (photo) Sia Kambou

Qu’est-ce que le jihad ?

J’aimerais d’abord dire ici que l’on ne peut pas parler du jihad sans faire allusion aux termes de fondamentalisme, d’intégrisme, de salafisme et d’islamisme. En fait ces concepts, dans leurs différentes assertions, renvoient à un retour et au respect de la tradition religieuse, un retour aux sources et aux origines. Le jihad est donc cette forme de pression, de répression, de violence exercée sur celui qui refuse et empêche le peuple dans le respect des pratiques religieuses comme le Coran le souligne. Une sorte de légitime défense, donc. Le jihad tel qu’il est pratiqué aujourd’hui reste quand même interrogateur pour deux raisons : cette façon d’exercer la violence sur autrui au nom des principes divins et la violence faite sur des civils, donc des innocents sont-elles légitimes ? Faisons un tour dans un article intitulé “Recollecting the Spirit of Jihad,” dans Islam, Fundamentalism and the Betrayal of Tradition, Edition Joseph Lumbard (Bloomington, IN: World Wisdom, 2004) pour avoir le cœur net. Selon le Dr Reza Shah-Kazemi, auteur de l’article et chercheur associé à l’Institut des études islamiques de Londres, tous les combats doivent être guidés en soi par les principes divins : « Si le combat de chacun est réellement pour Dieu, il doit être mené en Dieu, les moyens comme la fin doivent être définis par des principes divins, donc inclus dans la présence divine et inspirés par elle ». En d’autres termes, même si le mot arabe jihad signifie guerre sainte il est clair que les combats menés au nom des principes islamiques qui sont dirigés contre les innocents ne sont pas inspirés du Coran. Moralement, on pourrait concéder le jihad, selon la définition de Reza Shah-Kazemi, à toutes les religions dans la mesure où chaque religion, et pour aller plus loin, chaque civilisation doit lutter, doit se battre contre ses ennemis, contre ceux qui œuvrent pour sa destruction. Nous voyons donc qu’il ne s’agit pas seulement d’un principe religieux, mais d’un principe moral et éthique universellement acceptable pour la lutte contre la destruction de la nature humaine. Car personne ne peut accepter sa propre destruction. Reste maintenant la préoccupation qui est celle de savoir pourquoi ceux qui se revendiquent du jihad ont-ils tendance à imposer le fondamentalisme religieux par la force, comme pour dire que « l’enfer c’est les autres » ?

La problématique de la tolérance religieuse

D’une manière générale et cela doit être tenu pour vrai, à travers l’histoire des religions, une persécution active et systématique des juifs et des chrétiens sous autorité islamique est quasiment inconnue. Bien entendu, les attentats à la bombe et les enlèvements sur des civils sont le fait des personnes qui n’ont pour seul objectif que de semer la terreur pour des buts non orthodoxes au nom de l’islam. Il n’existe donc pas une hostilité au judaïsme inhérente à l’islam. Dans un contexte comme celui-ci, où une sorte de résurgence atavique de haine de l’Occident est en train de naître à travers l’opinion africaine, il est de bon ton de relever ce détail peu évident. A l’origine se trouve être l’opposition entre les musulmans et les juifs. L’antisémitisme, donc.  D’ailleurs, comme le note Bernard Lewis dans son ouvrage Juifs de l’Islam, un critique acerbe de l’islam, le phénomène de l’antisémitisme n’a absolument rien à voir avec l’islam. L’intolérance religieuse viendrait probablement d’une certaine vénération qui n’a rien à voir avec la croyance religieuse et donc les intérêts sont ailleurs. Même si au-delà de la religion les intérêts sociaux économiques sont en jeux, on ne saurait encourager le jihad sous cette forme. Car il faut le dire, la religion en soi ne pourrait se comprendre sans ramification avec le social, le politique, et l’économique. Il advient que les pratiques et les lois religieuses ont des incidences sur les différents pans de la société. Dans cette approche, la difficulté est de penser une société où une loi religieuse issue de l’islam implique toute la société entière et s’impose à tous. Comment concevoir donc une société dite « République » sans toutefois tenter de violer une loi religieuse islamique ? Où s’arrête et où commence la tolérance religieuse dans une communauté où différentes croyances religieuses s’entremêlent ? A mon avis, je pense que c’est à ce niveau que se pose le problème du jihad. Car, il se trouve que, l’avènement de la modernité et l’hégémonie occidentale, ou si l’on veut, de la mondialisation, a fait naître et mis en exergue les exacerbations des minorités, généralement celle religieuse. Si l’on prend pour principe que chaque peuple a sa civilisation et qu’un peuple a toujours un rattachement territorial, il ne fait donc l’ombre d’aucun doute que chaque religion a sa sphère géographique. Selon ce principe, même les migrations et des échanges commerciaux internationaux ne sauraient mettre en doute le fondement selon lequel à chaque peuple doit correspondre à la fois sa civilisation et son territoire géographique. La colonisation à travers la religion et la mondialisation à travers le système économique par les multinationales, en sapant ce principe, sont venues réveiller cet esprit de haine contre ce que je pourrais appeler « l’occidentalisation de la société ». Du coup, à côté de ce jihad se sont formées des sortes de militantisme contre l’oppression, contre les pays colonisateurs à qui les Africains reprochent de ne pas vouloir quitter définitivement les pays du continent africain malgré les indépendances de ceux-ci. Les plus sceptiques sur la sincérité et la réalité de ces indépendances affirment que celles-ci ont été fabriquées de toute pièce. Conséquence, les Etats et les régimes politiques africains n’ont été que des sous-fifres des anciennes colonies qui continuent, malheureusement, à régner sur le continent. Cet esprit revanchard persiste jusqu’aujourd’hui à telle enseigne que ceux qui s’en revendiquent se font appeler les « panafricanistes » pour qui la religion doit être considérée comme l’un des pans sur lequel les Africains doivent s’affranchir car la religion est l’une des superstructures qui les lient aux ex-colonies. Chez les panafricanistes, il y a des minorités religieuses que je pourrais appeler traditionalistes (les adeptes des religions coutumières, religions des terroirs, aux cultes ancestraux et aux cultes de possession  qui revendiquent une fidélité à la Tradition) qui estiment pourtant que l’Afrique doit se battre pour reconquérir et renouer avec sa racine. Une sorte de fondamentalisme religieux, de jihad à la mode africaine. Ainsi, la confrontation des valeurs traditionnelles avec l’universalité des valeurs modernes et occidentales ont généré des nouveaux types de mouvements sociaux, politiques et culturels au sein de l’opinion africaine. Ce n’est qu’à partir de ce moment que l’esprit de militantisme et mouvements religieux prend son essor que ce soit chez les islamistes que chez les traditionalistes.

Le militantisme et les mouvements de la pensée religieuse

Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du militantisme et du mouvement de la pensée religieuse ici je m’évertuerai à montrer les enjeux des manifestations qui existent entre le militantisme religieux dans la pensée islamiste et les mouvements religieux dans la pensée traditionaliste africaine. Les querelles actuelles qui existent et qui opposent ces deux courants et les tenants de la pensée occidentale sont le fait que les sociétés et les communautés africaines acceptent la technologie occidentale et refusent en même temps d’intégrer les valeurs et l’éthique occidentale au nom des valeurs dites africaines. Le conflit entre ces deux courants de la pensée (africaine et ocidentale) et la difficulté de trouver un conciliabule entraînera l’exacerbation et la canalisation des discours rebelle et révolutionnaire anti-occidental, un discours idéologique combattant plus présent chez les islamistes. Le discours traditionnaliste va même jusqu’à « réveiller » la conscience des Africains pour leur « révéler » que l’Afrique étant le berceau de l’Humanité ne pourrait être que le parent géniteur de la technologie moderne. Et par conséquent, les valeurs de la société moderne n’ont pas de place en Afrique. Autrement dit, l’Afrique a ses propres valeurs à promouvoir et elles sont non négociables. Je n’aimerais pas revenir ici sur le débat philosophique concernant l’universalité des valeurs défendues par les spécialistes de l’éthique. Le militantisme religieux ici consiste donc, aux différents courants de la pensée religieuse exerçant en Afrique, à exercer la pression et la répression afin de faire prévaloir leurs idéologies. A l’heure actuelle, je distingue deux mouvements religieux qui ne se ressemblent pas, ont des idéologies différentes et divergentes, je dirais même antagonistes, mais ont un même objectif à travers le continent : la pensée islamique (l’islamisme) et la pensée traditionnelle africaine (le khémitisme) que je compare ici, à tort ou à raison, à l’égyptologie.

L’expansion de la civilisation occidentale va jalonner toute l’histoire des civilisations en Afrique, de telle sorte que les conflits d’intérêts vont surgir pour remettre à l’ordre du jour et remettre en cause cette tendance hégémonique occidentale voulant établir une idéologie universelle appelée « Pensée unique ». C’est dans cette posture que les deux pensées religieuses placent leur objectif de combat : mettre en déroute l’expansion de la civilisation occidentale. Pour y arriver, les méthodes ne sont pas les mêmes puisqu’elles se différencient par leurs idéologies. Ces mouvements militants vont donc se manifester de différentes manières. Selon Terje Ostebo, professeur adjoint au Centre d’études africaines et au Département des religions, à l’université de Floride, dans un article intitulé « Le militantisme islamique en Afrique », fait la distinction entre « Le militantisme islamique » et « les mouvements islamiques ». Le militantisme islamique utilisera le jihad comme mode d’expression pour faire passer son message tandis que « Les mouvements islamiques veulent induire un changement politique par des moyens pacifiques ou promouvoir des réformes de nature religieuse par l’intermédiaire de l’éducation et de la da’wa (prosélytisme), par exemple. Il faut également remarquer que le militantisme islamique est le reflet d’un point de vue minoritaire au sein des diverses idéologies islamiques ». Des groupes et mouvements musulmans que je vous ai présentés au précédent billet illustrent bien cette définition et cette différence du point de vue pratique en ce sens qu’ils se définissent par la violence en se fondant sur les préférences religieuses pour faire appliquer les normes religieuses, sociales et politiques. Le pire est-il déjà arrivé ou à craindre en Afrique ? Selon William Assanvo dans un article intitulé « Etat de la menace terroriste en Afrique de l’Ouest » publié en 2012, au regard de l’actualité que nous vivons actuellement, « L’Afrique est l’une des régions du monde qui connaît une évolution constante de la menace terroriste ». Ce constat est fortement illustré par les rapports annuels du Département d’Etat américain sur le terrorisme dans le monde. Selon les statistiques du « Country Reports on terrorism  2013 », le rapport affirme qu’il y a eu, en 2012 pas moins de  6.771 attaques terroristes, avec plus de 11.000 morts et plus de 21.600 blessés et en 2013, c’est 9.707 attaques terroristes dans le monde, culminant en la mort de plus de 17.800 personnes et plus de 32.500 blessés. Ainsi les pays les plus touchés en Afrique sont la Somalie, le Kenya, le Mali et le Nigeria. A côté de la théorie de la violence prônée par l’islamisme, nous avons de l’autre côté la pensée khémite qui s’exerce par les moyens pacifiques.

Tout comme la Grèce Antique pour l’Europe, l’Égypte Antique est la base de toutes les traditions africaines actuelles. Conséquences, les religions africaines modernes découleraient automatiquement de la religion africaine antique, dont le vaudou, le bwiti, etc. Voilà la logique épistémologique et heuristique que les tenants de la pensée religieuse traditionnelle africaine utilisent pour faire adhérer les Africains à leur cause. Pour eux, le jihad (La guerre sainte) doit se faire par la conscientisation, l’éducation des masses. Sans entrer dans les détails de leurs stratégies et techniques de combat contre ce que j’ai appelé ici « l’occidentalisation de la société africaine », il faut distinguer deux courants du khémitisme qui existent actuellement et font parler d’eux. Il s’agit du mouvement néo-paganiste, et du mouvement panafricain. Le khémitisme panafricain trouve sa source à la fois dans la tradition des peuples Africains et dans les travaux de l’historiens et anthropologue Cheikh Anta Diop. Cette tendance se caractérise par des revendications politiques et compte y parvenir à travers des campagnes de sensibilisations. Par exemple, au Cameroun, le Professeur Grégoire Biyogo, chaire de philosophie à l’Université de Paris-Sorbonne, a fait des cours magistraux, des séminaires doctoraux dans les universités de Yaoundé et de Douala où l’occasion lui a été donné de monter justement aux jeunes chercheurs qu’il est temps de présenter l’Afrique comme référence dans leurs travaux scientifiques. Pour ce courant, il y a un lien entre la culture africaine et la culture égyptienne et les revendications politiques et spirituelles sont indissociables. Puisque les lois religieuses ont des influences automatiques sur l’ensemble de la société. C’est la raison pour laquelle le mouvement panafricain organise leur argumentaire autour du système politique et du régime gouvernant défaillant pour légitimer sa théorie en espérant canaliser les esprits et les consciences sur la nécessité de changer de paradigme dans la vision du monde. Le mouvement néo-paganiste, par contre, se contente de mettre l’accent sur la spiritualité tout-court. Au vue donc de tout ce qui précède en matière de militantisme et de mouvements religieux en Afrique, nous sommes en droit de nous poser véritablement la question sur les raisons de cette résurgence, pour le moins brutal, de cette volonté à couper le pont, pour le dire ainsi, avec les puissances occidentales.

Facteurs propices au développement du militantisme et des mouvements religieux

Logiquement ici, il serait très maladroit de penser que le politique n’a rien à voir avec la crise religieuse, si je peux l’appeler ainsi, qui sévit en Afrique. A l’origine de la crise se trouve être l’opposition non seulement de l’universalisation de la modernité, mais aussi de la légitimité voire la légalité du pouvoir politique en place dans chacun des pays Africains où le régime politique est contesté. Cette opposition existe depuis 1970 au Etats-Unis, année où le khémitisme fut créé et depuis les années 1980 qui a vu la création d’Al-Ittihad Al-Islami (Union islamique), qui a étendu ses opérations militaires au début des années 1990 et qui a disparu en 1996 et a donné naissance à Al Shabaab (Shebab). Voilà sur le plan historique comment on peut situer le militantisme et les mouvements religieux. Schématiquement, ces courants de la pensée religieuse naissent après les indépendances des pays africains qui ont connus la colonisation. Je ne reviendrais pas ici non plus sur les conditions dans lesquelles ces pays ont connu leur indépendance. Ce qu’il faut juste savoir, pour bien comprendre mon propos ici, c’est que les Etats Africains n’ont pas été créé dans les conditions qui ne souffrent d’aucune légitimité. Ce qui est paradoxal par contre, c’est que les Etats ainsi créés se voient dirigés par les personnes qui étaient pourtant contre cette indépendance et qui estimaient que les Africains n’étaient pas prêts pour gérer un Etat. C’est avec raison que certains analystes ont pensé que ces chefs d’Etats n’étaient pas là pour l’intérêt des Africains. Ainsi, ayant donc pris le pouvoir dans ces conditions, ils avaient en face des oppositions dites nationalistes considérées comme « des subversives » et plus tard « des rebelles » et qui ne leur faisaient pas de cadeaux. Ils devaient logiquement combattre ces nationalistes pour espérer gouverner dans la quiétude. C’est l’avènement de la dictature et du totalitarisme. Cette dictature qui persiste jusqu’à nos jours fait monter la colère des africains face aux conséquences des défaillances étatiques ou de l’absence d’Etat qui ont très souvent été aggravées par des déficits de la gouvernance politique, économique et sécuritaire. Sous le plan politique, cette faillite de l’Etat, peut vraisemblablement se manifester par des systèmes politiques faillibles parce que faibles, ne reposant pas sur la base d’un consensus. Les principes et les valeurs de respect des principes démocratiques, de bonne gouvernance et de l’état de droit, ou encore se caractérisant par une démocratie de façade n’ont et ne sont jamais une préoccupation de ces nouveaux dirigeants plus prompts à se battre pour la conservation de leur pouvoir. Les pays sont noyés une corruption généralisée et criarde. Du coup, un grand nombre de secteur de ces Etats sont affectés et sinistrés. Malheureusement pour les populations, ce sont les secteurs les plus sensibles qui sont particulièrement touchés à savoir : le système de défense et de sécurité. Conséquences, ces Etas sont incapables de remplir de manière effective et efficace leurs missions fondamentales et vitales. Autres conséquences, les systèmes éducatifs, sanitaires, socioéconomiques sans oublier le chômage, tous considérés comme les besoins de base des populations n’ont jamais été penser. Cet état des lieux a généré des situations se traduisant par un sentiment de négligence et d’abandon. Ce sentiment a à son tour généré des minorités diverses et désespérées. Outre le recours aux organisations humanitaires (au gré des crises alimentaires ou sanitaires), le développement de dispositifs de solidarités religieuses ou claniques est devenu le lot quotidien des populations qui ne jure que par des dons. Cet état de pauvreté et de clochardisation a fait de cette population un bétail électoral qui n’est important que pour servir d’appât. Dans certains cas, et c’est le plus grave dans tout ça, cet état de dénuement a aussi amené les populations à accepter même ce qui est dangereux pour sa survie, comme celui d’être à la merci des forces criminelles ou islamistes. Ces organisation criminelles sont généralement bien inspirées et profitent pour gagner à leur cause les plus démunies et désœuvrés afin de bénéficier de soutiens locaux au sein des communautés.

Tchakounté Kemayou 

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