Vacances scolaires, quelques bons plans des vacanciers camerounais

11755777_10205835959111187_1457800223047810646_nIl est généralement de coutume, pour les élèves comme pour les parents, de réfléchir sérieusement sur l’activité à mener pendant les grandes vacances. Ainsi, durant la période qui va de mai à août, les enfants s’adonnent à une activité au choix. Pour beaucoup d’entre eux, c’est l’occasion de s’adonner une activité généralement peu commode en ces périodes pour la simple raison qu’ils doivent consacrer leur temps aux loisirs.

Les parents se plaignant à la fois du manque d’infrastructures de loisirs dans les grandes villes comme Yaoundé et Douala et de la cherté de celles qui existent car appartenant aux personnes ou structures, disent envoyer les enfants dans la rue par défaut. C’est, selon eux, la meilleure solution pour occuper les enfants et les empêcher de divaguer, déambuler et poireauter au quartier.

D’autres, par contre, avouent que ces arguments avancés par les parents sont de faux prétextes. La vérité se trouve dans l’exploitation des enfants par le travail en donnant comme explication selon laquelle le travail, pendant les vacances a pour objectif de former les enfants à affronter la vie future. Les activités rémunératrices de revenus sont donc les plus ciblées par ces enfants qui n’ont pour seule préoccupation que la préparation de leur rentrée scolaire. Voici en quelques mots, la description de quelques-unes de ces activités qu’on rencontre généralement en milieu urbain.

Le petit commerce
Le petit commerce est l’activité le plus populaire chez nos élèves vacanciers. Ils choisissent la commercialisation des arachides cuits, des œufs bouillies, les rôtis d’escargots, les risottos, les prunes, plantains murs et maïs braisés au charbon de bois, etc. leur principale caractéristique est leur mobilité. Ce sont des commerçants ambulants, pour ne pas dire les enfants dans la rue. Ainsi, de Bépande, ils se retrouvent facilement à Bonabérie ou à Bonamoussadi, de Madagascar, on les voit aussi à Mvan en passant par Mokolo. Ils sont partout, à pieds, à la recherche de la clientèle.

Les cours de vacances
Les parents qui estiment que l’enfant n’a pas été exemplaire durant l’année scolaire estiment parfois que les mois de juillet et août doivent être réservés aux cours de vacances pour préparer l’enfant. Ces cours sont principalement réservés aux enfants qui vont en classe d’examens et qui ont une difficulté particulière dans une matière. Ils ne sont plus à la mode aujourd’hui, car les autorités éducatives l’avaient interdit en craignant les conséquences des surmenages.

Les stages d’entreprise
Voilà une autre activité de revenu ciblée par les enfants : faire un stage de vacances dans une entreprise locale ou une multinationale de la place. Le hic, c’est que ces stages ne sont réservés qu’aux privilégiés, c’est-à-dire aux enfants de cadres ou autres passe-droits. Et le nombre de place étant limité, seuls les élèves courageux tentent une incursion et sont acceptés. Mais, l’exception ici, à mon avis, ce sont les Communautés Urbaines qui recrutent des centaines pour les unes et des milliers pour les autres. Même comme les couacs ne manquent pas, ça sauve quand même hein.

Les entreprises familiales
Après les activités de commerce de la rue décris plus haut il y a ici une autre qui ne passe pas inaperçue : les enfants travaillant dans les entreprises familiales comme des quincailleries, des salons de coiffure et de couture, des menuiseries, des réparateurs de motos et des mécaniciens, etc. ce sont donc, pour la plupart, des activités informelles. Ici, l’exploitation est plus décriée pour la simple raison que, contrairement aux enfants exerçant le commerce ambulant, les enfants exerçant dans ces entreprises n’ont pour seuls revenus que leur repas de midi pour leur journée de travail. Ici, par contre, c’est le parent patron qui se chargera de prendre en charge l’éducation de son stagiaire.

11247970_434190143448115_6941236255254478342_nLes colonies de vacances
Comme je le disais à l’intro, le manque d’infrastructures réservées aux loisirs des enfants ici au Cameroun. Les structures comme Cameroon Telecommunications (CAMTEL) et quelques agences de voyages, organisent des colonies de vacances pour permettre aux enfants de profiter des équipements du complexe CAMTEL pour les loisirs et les sports installés dans les locaux de l’entreprise. Les agences de voyage, par contre, organisent des randonnées touristiques dans une localité du pays où les enfants certainement apprendre quelque chose de la culture de leur pays.

Les cours d’apprentissage
Voici donc ce que je conseillerai aux parents qui réfléchissent trop sur comment occupé les enfants en période de vacances. Ce sont des cours d’apprentissage orientés dans les domaines comme la cuisine, la pâtisserie, la blanchisserie, la peinture, la musique et beaucoup d’autres bricolages que je ne pourrais citer ici. Ce sont des formations payantes, mais elles ont l’avantage d’amener les enfants à développer d’autres réflexes qu’ils auraient en eux et que l’école camerounais, trop rigide, ne saurait faire. Parfois, les parents qui avouent ne pas avoir assez de temps à consacrer à leur gosse, profitent de ces formations pour permettre à l’enfant de bien tenir une maison en faisant le ménage.

Les sports et loisirs
A défaut d’aller payer dans des structures privées pour bénéficier des infrastructures de sports et de loisirs de qualité, les badauds vacanciers prennent généralement l’habitude d’organiser, avec l’aide de quelques élites et le concours de l’entreprise Orange Cameroun, les championnats de vacances. Il ne me souvent même pas avoir rencontré dans un quartier des villes et mêmes des villages, d’autres sports en dehors du football. Celui-ci est donc le sport le plus prisé, vous en convenez avec moi ! Loin d’être une activité de source de revenus pour ces gamins footballeurs, c’est d’abord et surtout une opération de charme vers un probable avenir radieux, car ne sait-on jamais, un recruteur ou un agent de joueur agréé FIFA peut être dans les parages, et pourquoi pas les écoles locales de football comme les Brasseries du Cameroun ou encore Kadji Sport Académy (KSA), les plus célèbres du moment.

11401153_924151414273728_6487925414670024277_nUne escapade chez pépé et mémé
D’autres parents, par contre, préfèrent « expédier », le mot est trop fort, mais c’est le lieu de le dire, leurs enfants passer leur vacances au village. Pour ceux dont les grands parents vivent encore, ils iront côtoyer ce qu’on appelle civilisation ancestrale ou la tradition. Les activités de champs sont des travaux très prisés dans les campagnes. Les enfants ont surtout pris la mauvaise habitude de trop parler les langues officielles que sont le français et l’anglais en oubliant que les langues maternelles africaines doivent être préservées. C’est l’un des objectifs de ces types de choix des parents. Mais, le village est devenu une destination moins prisée par nos enfants et parents qui n’y trouvent plus aucun intérêt parce que les cours de vacances en langues maternelles sont aussi organisés dans certains établissements scolaires.

La préparation des concours
Cette activité n’est réservée que pour les élèves nouvellement bacheliers qui n’ont eu leur résultats qu’en mi-juillet. Ceux-ci n’ont donc pratiquement pas de vacances, puisqu’à partir des mois d’août et septembre, les concours d’entrée dans les grandes écoles sont organisés. Les bacheliers n’ont donc presque pas de répit.

L’oisiveté
Oui, ça existe aussi ! Il y a des enfants qui n’ont presque ou pratiquement rien à faire et passent leur temps à se livrer à toute sorte d’activité, par défaut. Ils sont tantôt sur les billes, tantôt sur playstation, tantôt devant le petit écran voir même ils dorment carrément.
Comme quoi, il faut de tout pour faire un monde.

Tchakounte Kemayou

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Yves TCHAKOUNTE
Camerounais, doctorant, chercheur, sociologue, universitaire, chroniqueur et... blogueur. Le social, l'humanitaire, le volontariat, le bénévolat sont mes champs d'action. L'économique, le politique, le philosophique, le sociologique, bref, l'actualité du monde et de l'Afrique sont mes champs de réflexion. Vivons ensemble autrement!

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