Non, Monsieur le Président, les laptops, les Camerounais n’en veulent pas, ils veulent le job

Le président de la République, Paul Biya, pour ceux qui le connaissent pas, a, comme un fin stratège politique, pris tout le monde dans son jeu. Une nouvelle, et pas la moindre, vient de sortir l’opinion de leur torpeur : Paul Biya offre les ordinateurs porteurs portables à chaque étudiant de tous les établissements supérieurs publics ou privés. Généralement obnubilé par les promesses de campagne électorale ou de fêtes de fin d’année, les Camerounais apprennent la nouvelle par voie radio. Qu’est-ce qui a motivé ce geste dit de magnanimité vis-à-vis de la population estudiantine ? Beaucoup d’analystes se sont mis à questionner le geste en lui-même pour comprendre l’opportunité et le sens. Pour avoir une idée précise sur la quintessence de ce cadeau présidentiel, je vous propose ici deux position d’internautes bien suivis des abonnés de Facebook. Tous deux ont mis en exergue la duplicité de ce geste plein de calcul politique et politiciens.

L'échantillon du laptop en question présenté par le ministre de l'enseignement supérieur

L’échantillon du laptop en question présenté par le ministre de l’enseignement supérieur

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Roland Romain Kouotou, activiste politique

Une fois de plus Mr Biya vient de démontrer a la face de la nation, son mépris pour les enfants du pays. Alors que le pays compte plusieurs millions de jeunes désœuvrés, qui tout au plus savent lire, écrire et compter, alors que l’on attends que le père de la nation apporte des solution a l’oisiveté qui caractérise la vie quotidienne des jeunes camerounais, comme il est de coutume, le président national du parti de la flamme a choisi la fuite en avant.

Son annonce par son média fait part de ce que il organise une donation aux étudiants camerounais d’un ordinateur portable communément appelé Laptop. Ses griots pour assaisonner l’annonce laissent entendre qu’il s’agit la d’un booster de l’économie numérique. Comment la détention d’un ordinateur peut elle favoriser l’émergence d’une économie numérique dans un pays ou l’accès a internet est pratiquement interdit, pour des raison de coût prohibitif.

Ces ordinateurs selon le journaliste présidentiel coûteraient la modique somme de 150.000 Fcfa, une vraie maudite somme qui compromettrait davantage l’avenir des enfants.

Mr Biya pour faire bénéficier les enfants de sa magnanimité, solliciterait un crédit auprès de la banque chinoise EximBank, ce bras séculier de la colonisation de l’Empire du milieu. Comment peut-il être aussi inconséquent, en empruntant l’argent au nom de la jeunesse pour faire un don a cette jeunesse ? L’achat par lui de 500 mille portables auprès des chinois a plusieurs impacts défavorables pour notre pays.
1 – Mr Biya crée de l’emploi pour chinois
2 – Mr Biya favorise une fuite des capitaux
3 – Mr Biya joue a la mégalomanie en organisant une vie au dessus des moyens.

Non, Mr Biya est hors jeu pour apporter des solutions aux problèmes de développement du Cameroun, puisqu’il en ait incapable d’identifier les besoins.

Non Mr Biya, nous voulons des emplois et non des ordinateurs. 75 milliards a gaspiller, c’est pas responsable. Avec 75 milliards, l’on peut créer 15 entreprises comme MTN, comme Orange, comme camtel, NON, NON et NON, MERCI. NOUS, ON VEUT PAS

 

Armand Okol, Journaliste

Armand Okol, Journaliste

Le cadeau spécial du Président de la République: 500 milles ordinateurs portables à la jeunesse universitaire. Soit un étudiant pour un ordinateur. C’est ce qu’on a voulu nous faire avaler comme information majeure de la journée d’hier au Cameroun. Ces spécialistes des annonces parlent de la signature d’un accord cadre d’un prêt entre le pouvoir de Yaoundé et Exin Bank of China pour le financement du « faramineux » projet. Mais pour le Camerounais lamda que je suis, mille et une questions taraudent l’esprit. Notamment: quand est que ce fameux projet va t’il effectivement démarrer, comment l’opération va t’elle concrètement être menée, qu’elles vont être les critères d’octroi, quel montant précis devront débourser les générations actuelles et futures pour le remboursement? Curieux silence radio!

Dès lors, pour le citoyen ordinaire que je suis, j’ai juste envie de croire qu’il ne s’agit ni plus ni moins là que du pipo, et n’eut été la modeste éducation que j’ai reçu de mes parents, j’aurais tout simplement conclu à un grossier mensonge, du bluff tout simplement. Et ce pour trois raisons au moins :

_ Primo, parce que l’intitulé  » cadeau spécial » ne sied pas à cette opération. Car qui dit prêt dit endettement et donc remboursement ultérieur. Mais encore, l’accord de prêt étant signé avec la banque Chinoise par le gouvernement de la République, l’on ne saurait dans ce cas parler d’une quelconque magnanimité d’un individu quelconque fût il Président de la République du moment où il appartiendra au contribuable, donc à monsieur tout le monde de restituer les sommes colossales empruntées.

_ Secundo, ces optimistes du dimanche feignent d’oublier qu’il projettent leur expérimentation à problèmes dans un pays autrefois classé deux fois consécutivement pays le plus corrompu au monde et où la gangraine sévit encore avec violence 10 ans après ce hit parade de la honte.

_ Tercio, qu’aucun projet marqué du sceau de la gratuité n’a jamais prospéré dans ce pays dit Afrique en miniature pour ne prendre que le seul cas de l’annonce pompeuse de la gratuité de l’école primaire publique. Et que dire du slogan « Santé pour tous en l’an 2000 »? Mort-né.

Pourquoi nous bourrer alors les oreilles avec un disque aussi rayé et grippé sachant d’emblée que les sonorités et les décibels issus de ce ronronnement seront à n’en point douter de piètre qualité? Et puis même, qui a bien pu laissé entendre aux nôtres que lorsque le nerf de la guerre provient des caisses de l’État c’est aux patrons de nos exécutifs que reviennent louanges et mérites des actions qui en découlent? Dans ce cas, pourquoi refusons nous alors de leur imputer et leur attribuer aussi la paternité des échecs des sempiternelles questions que sont: misère, pauvreté, sous emploi, chômage, insécurité galopante, etc qui sévissent dans notre Afrique au sud du Sahara? Une logique plutôt illogique.

Enfin, en faisant même par extraordinaire confiance au succès de cette opération « cadeau spécial » du Président de la République et en raisonnant pourquoi pas par l’absurde, quelle efficacité et quel rendement peut-on bien attendre d’un étudiant à qui on aura certes offert un ordinateur mais qui n’aura pas les moyens de s’offrir une parfaite connexion internet? À quoi lui servirait donc cet outil s’il sera en permance victime de délestage dans l’offre de l’énergie électrique? Vous avez parlé de génération androïde comme nouvelle mine d’or à exploiter pour le développement économique de la jeunesse? JE SUIS THOMAS.

 

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Yves TCHAKOUNTE
Camerounais, doctorant, chercheur, sociologue, universitaire, chroniqueur et... blogueur. Le social, l'humanitaire, le volontariat, le bénévolat sont mes champs d'action. L'économique, le politique, le philosophique, le sociologique, bref, l'actualité du monde et de l'Afrique sont mes champs de réflexion. Vivons ensemble autrement!

Une réflexion au sujet de « Non, Monsieur le Président, les laptops, les Camerounais n’en veulent pas, ils veulent le job »

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